> André Fayot (Traducteur)

ISBN : 2714309259
Éditeur : José Corti (2006)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
" John Muir - Planète Terre - Univers " tels sont les mots inscrits sur la face intérieure de la couverture du carnet de route dont est issu ce volume. Ils reflètent l'état d'esprit dans lequel son auteur entreprit sa marche de quinze cents kilomètres en direction du go... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 05 février 2010

    Folfaerie
    Muir, un aimable vagabond qui parcourait inlassablement son pays pour se repaître des beautés de la nature, connaît depuis quelques temps les honneurs de l'édition française. Outre « un été dans la Sierra », ses souvenirs d'enfance (édités chez José Corti) et le présent ouvrage, on peut encore trouver son voyage en Alaska édité chez Payot. Ce n'est pas moi qui irai me plaindre de ce (durable ?) engouement pour ce respecté et estimable écologiste à qui l'on doit la création des premiers parcs nationaux américains.
    Outre le fait d'être un botaniste éclairé, John Muir est aussi un grand écrivain, et pour preuve, ses descriptions de plantes et d'arbres ont le pouvoir de captiver le lecteur ignorant du monde végétal, tant elles sont empreintes de poésie et de lyrisme. Au fil de ses pérégrinations dans un pays qui panse encore ses plaies (la nation sort tout juste de la guerre fratricide qui a opposé le Nord au Sud), Muir nous permet de faire des rencontres, parfois singulières mais toujours riches d'enseignements, car il s'efforce le plus souvent possible de faire halte chez « l'habitant », et lorsque cela est impossible, un cimetière fait aussi bien l'affaire, surtout s'il se situe à Savannah…
    Un naturaliste américain qui se mettrait en tête de refaire, aujourd'hui, le parcours de John Muir aurait certainement bien du mal à retrouver les lieux enchanteurs évoqués par l'auteur, tant les milieux naturels ont souffert de l'appétit insatiable de l'homme. Ne nous reste que la prose d'un passionné qui savait communiquer sa ferveur et son enthousiasme pour les beautés de la nature.
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  • Par keisha, le 04 septembre 2011

    keisha
    S'inscrivant chronologiquement entre Souvenirs d'enfance et de jeunesse et Un été dans la Sierra, ce récit relate les pérégrinations à dominante botaniste de John Muir, de l'Indiana à Cuba en passant par Kentucky, Tennessee, Géorgie et Floride. Un peu en train, en majeure partie à pied, et en bateau pour le retour de Cuba à New York dans le dessein d'arriver en Californie (de nos jours il est aussi plus facile de passer par Paris pour me rendre à Lyon...). Seul un palu le terrassera suffisamment pour l'empêcher de partir jusqu'en Amazonie, son premier objectif, mais il s'y rendra quelques années plus tard...

    "Mon projet était simplement d'aller droit devant moi, approximativement au sud, par le chemin le plus sauvage, le plus noyé dans la végétation, le moins battu que je pourrais trouver et promettant la plus vaste étendue de forêt vierge. la carte repliée, j'ai chargé sur mon dos mon petit sac, ma presse à plantes, et je suis parti à grands pas parmi les vieux chênes du Kentucky."

    Toujours curieux, enthousiaste, il se lance sans crainte des mauvaises rencontres et prêt à coucher s'il le faut le ventre vide et à la belle étoile. Tout en évoquant l'hospitalité plus ou moins spontanée des habitants, il herborise sans trêve, décrit extrêmement précisément la flore et la faune rencontrées, dessine et prend des notes, découvre au fil de son avancée dans le sud une végétation nouvelle et des traces de la guerre récente, qui "n'apparaissent pas seulement dans les champs dévastés, les clôtures, les moulins incendiés et les bois massacrés sans merci, mais également sur le visage des gens."

    Ses opinions sur la place de chaque être dans la nature va à l'encontre des idées de son temps, tant pis si l'alligator inscrit de temps en temps un homme à son menu... Folfaerie cite des passages fort parlants.

    Le récit s'achève dans une plaine aux vingt collines, dominées dans le lointain par la Sierra, et l'on retrouve l'exaltation d'un été dans la Sierra.

    "Si vous voulez savoir de quelle quantité de lumière, de vie, de joie, on peut profiter en plein mois de janvier, rendez-vous dans ce Val béni! Et si vous voulez assister à une résurrection végétale - des millions de fleurs colorées sortant de terre en foule- , allez à Twenty Hill en février. Si vous voyagez pour votre santé, faussez compagnie à votre médecin et à vos amis, bourrez vos poches de biscuits et allez vous cacher dans les collines du Val; allez vous baigner dans ses eaux, vous brunir à ses ors, vous réchauffer à l'éclat de ses fleurs, et tous ces baptêmes feront de vous des créatures nouvelles. Ou bien, étouffant sous les sédiments de la société et fatigués du monde, vous y verrez vos doutes les plus profonds s'envoler, vos routines charnelles se diluer, et vos âmes respireront librement, fortement, dans l'atmosphère illimitée de la beauté et de l'amour, l'atmosphère de Dieu."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-quinze-cents-kil..
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Citations et extraits

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  • Par Folfaerie, le 24 mars 2011

    Massacrer les bêtes de Dieu pour le plaisir était à mon avis la plus « f__tue » besogne. « Elles ont été créés pour nous, disent ces prédicateurs suffisants, pour nous nourrir, nous divertir, ainsi que pour d’autres usages qu’on n’a pas encore découverts. » En se mettant à la place d’un ours qui conclut à son avantage un différend avec un chasseur malchanceux, on pourrait dire avec tout autant de justesse : « Les hommes et les autres bipèdes on été créés pour les ours, et grâce soit rendue à Dieu pour des griffes et des dents si longues ».

    Si un chasseur chrétien va dans les forêts du Seigneur tuer les animaux dont IL prend soin ou des Indiens sauvages, tout est normal ; mais que parmi ces victimes ad hoc, prédestinées, un spécimen entreprenant aille dans les maisons ou par les champs et qu’il tue le plus méprisable de ces tueurs divins et verticaux, c’est un épouvantable sacrilège, et de la part d’Indiens un meurtre atroce ! Ma foi, je n’ai pas grande sympathie pour l’égoïsme distinctif de l’homme civilisé : si une guerre des races se déclarait entre les bêtes sauvages et Monseigneur l’Homme, j’aurais plutôt tendance à prendre parti pour les ours.
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  • Par Folfaerie, le 24 mars 2011

    Je me sentais complètement perdu au milieu de ces foules immenses, du vacarme des rues et de ces immeubles énormes. Je me disais souvent que cette ville, j’irais volontiers l’explorer si, comme une région de collines et de vallées sauvages, elle était vide d’habitants.
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  • Par Folfaerie, le 24 mars 2011

    Nous avons tendance à ne regarder le grand océan que comme une partie presque vide de notre globe - une espèce de désert, des eaux inutiles. Mais quoique nous soyons des animaux terrestres, la terre nous est à peu près aussi inconnue que la mer, car les regards troubles - et mercantiles, le plus souvent - que nous portons sur l’océan sont en comparaison dépourvus de valeur....
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