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ISBN : 2070777251
Éditeur : Gallimard (2006)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Quiconque visite le Rwanda est saisi par la beauté de son paysage, mais il est aussi effaré par la violence de son histoire postcoloniale. Tout se passe comme si le bien et le mal irrémédiablement inséparables avaient scellé sous ses mille et une collines un pacte d'amitié. Il y a d'un côté les collines ; il y a, de l'autre, le million de crânes qui les jonchent. Mais ce qui prédomine, dans ce récit, c'est le remords des survivants, qui se traduit par les multiples ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
bina
bina23 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
Les cafards doivent être éradiqués, c'est à ce titre que les tutsi furent massacrés.
Inyenzi ou les cafards est le premier titre écrit par Scholastique Mukasonga. C'est un livre témoignage, hommage à ses morts, 37 membres de sa famille (père, mère, frère, soeurs, beaux-frères, belle-soeur, neveux et nièces) ayant été massacrés en 1994 au Rwanda, pour le seul motif qu'ils étaient tutsi dans un pays dominé par les hutu. Ils avaient une volonté d'éradication systématique des tutsi, au même titre que les cafards.
Enfant, adolescente, jeune femme, Scholastique Mukasonga a toujours connu les suspicions, la fuite et la crainte pour des raisons ethniques. Jusqu'à sa fuite au Burundi avec son frère, laissant le reste de sa famille sur place. Son père voulait que ses enfants s'en sortent par le haut, par les études, c'est pourquoi son frère et elle vont alternativement poursuivre leurs études, et partir à l'étranger. Son frère au Sénégal, et elle, en France, en suivant son mari rencontré au Burundi.
Le massacre de sa famille, elle le vit dans la terreur, à distance, depuis la France, et il lui a fallut dix ans pour avoir la force de revenir sur les lieux du drame avec son mari et ses deux fils.
Alors pour ne pas que les morts sans sépulture tombent dans l'oubli, elle écrit, mémoire de sa famille comme le souhaitaient ses parents. Elle a été choisie pour survivre.
Ce livre est un témoignage bouleversant, qui mêle le regard de l'adulte,( le temps de l'écriture), et le vécu de l'enfance (le temps de la narration), avec une opinion avisée sur ce qui s'est passé dans son pays. Ce tableau du Rwanda de la fin des années 1950 au massacre de 1994 dresse en négatif l'impact de la politique coloniale belge, et le rôle, ou plutôt le non-rôle des institutions internationales (l'ONU en particulier) pendant ce génocide.
A lire, à faire lire, pour ne pas que cela se reproduise.
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thedoc
thedoc04 mai 2014
  • Livres 5.00/5
Scholastique Mukasonga nous raconte ses souvenirs du Rwanda, avant le génocide, de sa petite enfance jusqu'à sa fuite en 1973 alors qu'elle était étudiante. Tutsi, elle n'a connu que les humiliations, les persécutions et les violences quotidiennes perpétrées par les Hutu, jusqu'aux derniers pogroms qui l'ont obligée à se réfugier au Burundi pour sauver sa vie. Son récit fait frémir lorsque l'on songe que le génocide n'a été que "l'horreur attendue". Pendant 40 ans, les Tutsi ont été traités comme des parias, à un tel point que chacun d'entre eux savait que la seule issue possible était la mort. Ils l'attendaient presque comme un soulagement...
Scholastique Mukasonga redonne vie aux membres de sa famille et à la communauté avec laquelle elle a partagé ses jeunes années. Elle revient sur la terre de son enfance pour recueillir les témoignages des derniers instants des membres de sa famille. Ce récit est essentiel pour réaliser jusqu'où la haine raciale des hommes peut mener. Jusqu'à l'abomination.
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Flodopas78
Flodopas7829 juillet 2014
  • Livres 4.00/5
A l'occasion du 20ème anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda, Gallimard réédite en collection folio le premier livre de Scholastique Mukasonga où elle raconte les persécutions qu'ont connues sa famille entre 1950 et 1994. En France au moment des évènements tragiques qui ont frappé la population Tutsi et où la quasi-totalité de sa famille a perdu la vie, souvent dans des conditions atroces, la vie de Scholastique Mukasonga bascule dans la douleur de se savoir une des seules survivantes. Il lui a fallu attendre 10 ans pour avoir la force de retourner au Rwanda sur la trace de ses chers disparus auxquels elle dresse un mémorial à travers le récit de sa vie. "J'avais en charge la mémoire de tous ces morts : ils m'accompagneraient jusqu'à ma propre mort". Récit bouleversant mais nécessaire, pour ne pas oublier.
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Sandrion
Sandrion14 mai 2016
  • Livres 3.00/5
J'ai pris ce roman tout à fait par hasard à ma médiathèque, intriguée par le titre et cet improbable nom de famille, et j'ai été évidemment happée par ce récit autobiographique très fort et très sobre en même temps sur le massacre des Tutsi au Rwanda. L'auteur raconte son enfance dans les années 60 et montre bien les tensions déjà présentes entre Tutsi et Hutu : « Les premiers pogromes contre les Tutsi éclatèrent à la Toussaint 1959. L'engrenage du génocide s'était mis en marche. Il ne s'arrêterait plus. Jusqu'à la solution finale, il ne s'arrêterait plus. »
Elle raconte leur déportation depuis leur village jusque dans celui de Nyamata dans un environnement désertique et hostile, les soldats qui les traitent de « Inyenzi » (cafards), terrorisent les enfants sur le chemin de l'école, brûlent des maisons, mais aussi la solidarité entre eux, les fêtes et les petits bonheurs de l'enfance dans cette famille unie.
Elle et son frère André réussissent les examens scolaires pourtant très difficiles et réservés à 10% seulement aux Tutsi, et sont en quelque sorte désignés par la famille pour fuir le pays et être les survivants. C'est au Burundi que l'auteur rencontrera son mari, français, rejoindra la France où naîtront ses deux fils. C'est en France aussi qu'elle apprendra que 27 personnes de sa famille ont été massacrées… « C'est comme si nous n'avions jamais existé. Et cependant ma famille a vécu là. Dans l'humiliation, la peur de chaque jour, dans l'attente de ce qui allait survenir et que nous ne savions pas nommer : le génocide. Et je suis la seule à en détenir la mémoire. C'est pour cela que j'écris ces lignes. »
Un texte choc qui m'a fait prendre conscience de ce terrible épisode de l'Histoire.
Lien : https://dautresviesquelamienne.wordpress.com/201..
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jeunejane
jeunejane30 août 2014
  • Livres 4.00/5
Ce roman m'a beaucoup touché pour la force que la famille a dû déployer pour survivre, se déplacer et encore se déplacer.
Que les hommes sont cruels et bêtes parfois. J'ai reçu le témoignage de parents de tutsis établis en Belgique et partis rechercher les survivants. Quand je croiserai encore la jeune dame arrivée ici , ramenée par sa soeur, j'apprécierai plus la qualité de son sourire et j'admirerai encore plus son intégration parmi nous qu'elle a réussie grâce à sa famille belgo rwandaise.
Je ne m'imaginais pas l'horreur décrite par Scholastique Mukasonga et pourtant c'est écrit avec de beaux mots et avec force pudeur.
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
EdenKEdenK03 septembre 2014
Notre ami nous conduit jusqu'à la maison de ses parents. Il a eu de la chance. Ses parents trop agés n'ont pas été poussés jusqu'à la rivière, ils ont été tués dans la cour de leur maison. Il a pu retrouver leurs corps. Il les a enterrés à l'entrée de l'église du bourg de Kirarambogo où son père avait été instituteur pendant vingt-cinq ans. Ainsi ses anciens élèves qui sont aussi les tueurs passent devant sa tombe quand en bons chrétiens, ils vont à la messe du dimanche.
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thedocthedoc05 mai 2014
Le 1er juillet 1962, le Rwanda devint officiellement indépendant. Avec l'aide des Belges et de l'église catholique, le MDR-Parmehutu pouvait établir ce qu'un rapport de l'ONU désignait dès mars 1961 comme la "dictature raciale d'un seul parti". Des milliers de Tutsi avaient été massacrés, plus de 150 000 avaient fui dans les pays avoisinants, ceux qui restaient au Rwanda allaient être réduits à l'état de parias.
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thedocthedoc05 mai 2014
Il était bien le seul Bertrand Russel quand il dénonçait "le massacre le plus horrible et le plus sysématique depuis l'extermination des Juifs par les Nazis". La hiérarchie catholique, l'ancienne autorité mandataire, les instances internationales n'y avaient rien trouvé à redire sinon à dénoncer le terrorisme des Inyenzi.
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Flodopas78Flodopas7829 juillet 2014
Ne me reste que le lancinant reproche d'être vivante au milieu de tous mes morts. Mais que vaut ma souffrance comparée à ce qu'ils ont souffert avant d'obtenir de leurs bourreaux cette mort qui était leur seule délivrance.
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ignatus-reillyignatus-reilly09 janvier 2016
Les assassins ont voulu effacer jusqu'à leur mémoire mais, dans le cahier d'écolier qui ne me quitte plus, je consigne leurs noms et je n'ai pour les miens et tous ceux qui sont tombés à Nyamata que ce tombeau de papier.
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Videos de Scholastique Mukasonga (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Scholastique Mukasonga
Scholastique Mukasonga "prix Océans" France Ô 2012 .Scholastique Mukasonga a reçu le prix Océans France Ô 2012.Parrainé par Alain Mabanckou et en partenariat avec Babelio.com, ce nouveau prix initié par France Ô récompense un roman écrit en français mettant en lumière les valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges et d'humanisme publié dans les douze mois précédant
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique (557)
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