> Isabelle Rosselin (Traducteur)

ISBN : 2070418871
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.04/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque dans la nuit du 13 février 1967, Max Delius prend en stop Onno Quist sur la route d'Amsterdam, il ne sait pas que cette rencontre changera le cours de son existence. En apparence, tout sépare les deux hommes : l'un est astronome, coureur de jupons, extraverti et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Teatatteredpages, le 01 octobre 2011

    Teatatteredpages
    Le désarroi des anges.
    « La Découverte du ciel », voilà un magnifique roman écrit par un écrivain néerlandais, Mulisch, très connu dans son pays et qui vient à juste titre d'être traduit en français. Une jolie couverture, un titre prometteur, et la perspective gourmande de m'enfoncer dans les profondeurs moelleuse d'un roman de plus de mille pages (en édition de poche !) : voilà qui a suffi à me donner envie de le lire.
    C'est un livre ample, généreux, écrit avec un esprit à l'espièglerie toute socratique. Comme Socrate, Mulisch titille sans cesse l'esprit du lecteur et le pousse à se poser ces questions essentielles sur la vie, la mort et notre devenir d'être humains tel qu'il s'est douloureusement posé au XXe siècle.
    Un athéisme de plus en plus répandu et des progrès techniques qui font de l'homme de plus en plus l'égal de Dieu mettent au désespoir deux anges qui dialoguent entre eux, ponctuant le récit comme un chœur antique. L'un des personnages principaux est un astronome qui s'interroge sur les débuts de l'univers, la création, Dieu, le sens du monde. Un soir qu'il est ivre mort (!) il parvient presque à résoudre la question du Big Bang.
    J'imagine tout à fait Socrate comme un homme qui aimait l'amour et la bonne chère, et rire en bonne compagnie. Tout cela se retrouve aussi chez Mulisch – certaines intrigues amoureuses ou situations sexuelles sont aussi tordues qu'amusantes !
    Ce qui est magnifique, c'est que ces sujets plus ou moins graves sont amenés avec finesse, intelligence, de sorte à apprendre au lecteur ce qu'il ne sait pas, en toute discrétion. Et puis la construction de l'intrigue centrale est magistrale. Les dialogues fusent et sont plein de bons mots, on rit souvent, on est ému et on est pris dans les filets d'un suspens sans faille.
    Le rythme du récit est très bien maîtrisé, tout est amené avec douceur, on a le temps de souffler, mais jamais de s'assoupir car l'intrigue est foisonnante et surtout passionnante.
    Le thème qui m'a le plus touché est celui de l'identité, à travers l'exemple de la judéité, car "qu'est-ce qu'être juif ?" est une question toujours d'actualité. On devine que c'est une préoccupation personnelle de l'auteur car une brève notice biographique nous indique que qu'il est né de mère juive et d'un père qui est devenu pendant la guère un collaborateur des nazis. J'ai beaucoup apprécié la description de Jérusalem : c'est une ville où j'ai vécu et j'ai bel et bien retrouvé son atmosphère si particulière sous la plume de Mulisch. Enfin, il est rare de tomber sur un livre écrit dans une langue européenne qui cite de l'hébreu (que je parle couramment) sans déformer les mots ou faire d'erreur !
    Voilà un roman qui place la barre très haut pour le romancier tandis qu'il déroule un moelleux tapis rouge de mille pages sous les pieds du lecteur. Il n'y a plus qu'à se laisser faire !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par AnneCath, le 02 août 2011

    AnneCath
    J'ai tourné ce matin avec regret la dernière page de ce roman qui en comporte exactement 683 (éd. Gallimard)... Un récit dense, compact, qu'on ne lâche pas. Il fait partie -je crois- de ces livres qu'on ne peut oublier de sitôt, non parce que, du fait de son épaisseur, il nous a accompagné durant de longues soirées, mais bien parce qu'il met en lumière l'essentiel de ce qui fait notre humanité en ce bas monde. Qu'on le veuille ou non.
    D'une improbable rencontre un 13 février sur la route d'Amsterdam nait une indéfectible amitié entre deux hommes, que ni le temps, ni la cruauté de la vie, ni la mort, n'arrivera à appauvrir. Pourtant, rien, absolument rien, n'est fait pour les rapprocher : Max Delius, fils d'une juive déportée et d'un collaborateur, est astronome, extraverti et jouisseur. Onno Quist vient d'une grande famille de notables calvinistes, il est spécialiste des langues anciennes, timide et solitaire. Contre toute attente, cette relation exceptionnelle les pousse à mêler leurs destins, de manière inconsciente et à oeuvrer pour une mission divine, qui a quelque chose à voir avec le Sancta Sanctorum au Latran.
    Le ciel est effectivement omniprésent dans ce récit, un ciel tour à tour lumineux, lugubre, tourmenté, cruel, comme l'est la quête existentielle de Quinten, fils d'Onno (ou de Max?), qui n'arrive pas à trouver sa place dans un monde par trop réel.
    L'ensemble du savoir humain est aussi représenté à travers cette oeuvre, ce, avec une érudition impressionnante : les arts, les lettres, l'histoire, les religions, les sciences, etc. Il est question également du sens de la vie et de l'holocauste.
    Certes, on peut trouver que le sort s'acharne un peu trop sur les différents protagonistes, à la manière des récits à rebondissements que sont les sagas ; on peut aussi être rebuté par les innombrables références faites à la Bible. Mais, à partir du moment où on se laisse emporter par l'histoire, cela fait partie d'un tout indissociable. Il faut en tout cas essayer... c'est sans conteste un livre qui se mérite.
    Quelques mots sur l'auteur : Né en 1927 d'une mère juive et d'un père austro-hongrois pro nazi, Harry Mulisch est considéré comme l'un des plus grands romanciers néerlandais contemporains. "La Découverte du ciel" est son sixième roman. Il est malheureusement décédé le 30 octobre 2010 à Amsterdam.

    Lien : http://rozven.hautetfort.com
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 01 février 2011

    ay_guadalquivir
    Ce roman fut sans doute mon premier contact avec la littérature néerlandaise, sur la recommandation d'un prof de ladite langue. J'ai découvert depuis combien Harry Mulisch était un auteur emblématique des Pays-Bas, dans son travail qui embrasse une bonne partie de l'histoire inconsciente de son pays. De la pièce où il écrit, qu'il appelle son "entremonde" (een tussenwereld), il compose une réalité à part, entre ses livres et la vraie vie. Harry Mulisch a beaucoup retourné l'histoire européenne, et notamment la shoah. Dans La Découverte du ciel, il tricote une aventure palpitante, digne du Pendule de Foucault, qui brasse les grands thèmes de l'humanité. HM est mort le 30 octobre 2010, et semble avoir laissé un vide dans la littérature de son pays, comme disparue avec lui une certaine façon d'appréhender le monde.
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    • Livres 3.00/5
    Par luocine, le 29 décembre 2011

    luocine
    C'est un gros livre de plus de 1000 pages, mais qui se lisent très bien.
    Les personnages sont pétris d'érudition religieuse, et nous entraîne dans les méandres des secrets des textes anciens.
    Pour tenir le lecteur en haleine, les personnages sont mêlés à la vie du 20 ° siècle et on suit sans déplaisir les tourments des aventures amoureuses et pontiques de Max Délius dont l'origine Juive et Nazie ressemble à celle de l'auteur et d'Onno Quist érudit et fils d'une grande famille calviniste.
    J'ai essayé de dire d'abord tout ce qui m'a plu, mais le principal compliment c'est que je n'ai pas abandonné la lecture et que je n'ai pas trouvé ce roman trop long.
    Mais, (parce qu'il y a un Mais) certaines choses m'ont carrément horripilée.
    D'abord aucun personnage n'est vraiment crédible, ils sont comme des caricatures de personnalités, mais petit à petit je suis rentrée dans le style de cet auteur.
    J'ai franchement été déçue par le dénouement, pour arriver à tenir tous les fils de l'histoire quelque peu mouvementée, le personnage principal découvre que son fils n'est peut-être pas de lui, en remarquant les yeux d'une inconnue croisée à Jérusalem qui pourrait être la mère de Max son seul ami!
    Je ne dévoile pas grand-chose en vous disant cela car il y a bien d'autres invraisemblances mais le pire, à mon avis, c'est l'intervention divine en direct, et oui Dieu nous parle et Harry Muslich n'est que son interprète.
    Sans donner du poids au côté mystique du roman, cela lui enlève de l'intérêt car si Dieu s'en mêle alors tout est possible et l'écrivain n'a plus besoin de soigner la vraisemblance.
    Je crains en disant tout cela de vous donner peu envie de lire les 1139 pages de « La Découverte du ciel » ce serait dommage, car je vous le redis je ne me suis pas ennuyée et j'ai découvert beaucoup, beaucoup d'aspects que je ne connaissais pas à propos des religions.


    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par moustafette, le 01 janvier 2011

    moustafette
    Onno est issu d'une famille calviniste influente; c'est un spécialiste des langues anciennes, peu porté sur les plaisirs de la vie, plutôt tête en l'air et un brin provocateur.
    Max, astromone à l'observatoire de Leyde, il est le fils d'un collabo fusillé après guerre et d'une mère juive décédée en déportation; sans attache, célibataire, séducteur, il croque la vie comme elle vient.
    Tout les oppose et ils n'auraient jamais dû se rencontrer en cette nuit de Février 67, seulement voilà...
    Ce véritable coup de foudre amical nous entraîne, à la suite des deux protagonistes, dans une fresque romanesque grandiose. Des Pays-Bas en passant par la Pologne, Cuba, l'Italie, nous suivons ces deux personnages originaux, et quelques autres, jusqu'à la fin des années quatre-vingts dans un véritable tourbillon intellectuel, historique et métaphysique.
    Entre Ciel et Terre, la philosophie, l'Art, les sciences, la politique, la psychanalyse, l'Holocauste, la religion sont autant de routes adjacentes qui mènent Max et Onno à s'interroger sur le sens de la vie et qui les conduiront là où ils ne pensaient peut-être pas arriver. Car le libre-arbitre a du souci à se faire ...


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/09/20/index.html
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 29 décembre 2011

    Mais il savait aussi qu'on oubliait facilement un simple secrétaire d'état, ou même ministre, on continuait a en tirer gloire, soi et sa famille, pour l’éternité. Mais a part cela, d'ordinaire, plus personne dans le public n'en savait rien. Et peut-être etait-ce bien ainsi, comme tout se répétait toujours, la politique serait absolument impossible sans la mauvaise mémoire de l'humanité.

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  • Par luocine, le 29 décembre 2011

    Je ne sais pas comment le monde est fait, mais peut-être est-ce la ma force. D'après moi le monde - du moins sur terre- est une gigantesque pagaille improvisée, qui pour des raisons inexplicables continue plus ou moins de fonctionner.

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  • Par luocine, le 29 décembre 2011

    Toi, en tout cas, tu es totalement inapte a la politique, parce qu'il faut être ne dans une famille nombreuse. Le métier s'apprend dans cette lutte sans merci entre frères et sœurs. Si l'on n'a pas fait cet apprentissage de l'intrigue, du mensonge et de l’intimidation, on n'arrivera jamais à rien.
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  • Par luocine, le 29 décembre 2011

    En prenant la virginité d'une femme, on occupait dans sa voie une place comparable seulement à celle du médecin qui l'avait mise au monde, ou de qui l'assisterait sur son lit de mort
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  • Par luocine, le 29 décembre 2011

    Il ne faut jamais rien dire à une femme, elle en fera toujours mauvais usage pour mieux te comprendre.
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Harry Mulisch : Siegfried, une idylle noire
Olivier Barrot présente un livre du romancier néerlandais Harry MULISCH.











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