> Jacqueline Huet (Traducteur)
> Jean-Pierre Carasso (Traducteur)

ISBN : 2879295645
Éditeur : Editions de l'Olivier (2008)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Elles partent. Fuguent. S'enfuient. S'en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies boulevers... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par annie, le 29 août 2008

    annie
    Rentrée littéraire septembre 2008
    Il serait peut-être temps pour moi de découvrir cet auteur... Aucun souvenir de l'avoir déjà lu.
    Quant à la littérature canadienne, me semble pas non plus l'avoir abordée... grande honte !
    Et comme il faut bien commencer un jour, autant débuter par cet auteur... candidate au nobel

    Carla vit dans un mobile home avec Clark.
    Ils ont monté un petit centre équestre.
    Un soir, pour casser la routine et s'amuser un peu, elle a raconté à Clark que M. Jamieson, le voisin, lui demandait des faveurs sexuelles.
    À la mort du vieil homme, Clark veut faire chanter sa veuve. Carla n'ose pas avouer son mensonge.
    Il pleut à longueur de journée et les cours d'équitation sont déserts. Et puis sa chèvre préférée, Flora, a disparu.
    Lassée de tout, Carla s'enfuit.
    La fille de Juliet, Penelope, est partie vivre dans un "Centre d'équilibre spirituel".
    Au début, elle donnait signe de vie en envoyant des cartes d'anniversaires impersonnelles. Puis plus rien.
    Des années après, Juliet apprend par hasard que Penelope est vivante et qu'elle a cinq enfants. Elle n'en sait pas plus. Ne réclame ni détail ni indice.
    "Elle continue d'espérer un mot de Penelope, mais sans aucun acharnement. Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusion des aubaines imméritées, des rémissions spontanées, des choses comme ça.
    "Huit Nouvelles. Huit variations autour de l'amour et du destin.
    Dans un style souvent comparé à Tchekhov ou à Raymond Carver, Alice Munro explore les relations entre les êtres et ces moments de l'existence où une révélation, une rencontre, font tout vaciller.
    Des années 20 à nos jours, ses héroïnes cherchent à échapper à une vie aliénante, à un passé trop lourd ou au couperet du temps qui passe. Munro excelle dans ces portraits de femmes en quête d'ailleurs.
    Des femmes modestes, ni des modèles ni des héroïnes mais des sœurs, des voisines d'Outre-Atlantique, des passantes imparfaites, avec leurs compromis et leurs échappée-belles.
    Plongées dans le hasard, elles l'organisent pour se faire croire qu'elles le maîtrisent. Elles ne prétendent même pas être lucides, et cette authenticité nous donne envie de nous asseoir à côté d'elles et d'essayer de les comprendre.
    Toutes décident à un moment ou un autre de s'en aller.
    Dans Pouvoirs, qui clôt ce recueil, Alice Munro nous manipule avec brio, passant d'un narrateur à l'autre, changeant de points de vue, de chronologie, de perspectives.
    Nous perdons pied, car qui est réellement cette femme ?
    Nous la découvrons à cœur avant de la perdre tout à fait. Nous savons des choses que nous oublions par la suite. Nous croyons être près d'elle alors qu'elle s'éloigne.
    Elle est une fugitive, dans une vie qui s'échappe d'elle.
    Le temps délite les choses et l'emmène« doucement, inexorablement, loin de ce qui commence à se désagréger derrière elle, se désagréger et s'assombrir tendrement pour se résoudre en une apparence de suie, une douceur de cendres ».
    sources :
    http://www.rue-des-livres.com/livre/2879295645/Fugitives.html
    http://culturofil.net/2008/08/23/Fugitives-de-alice-munro/
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    • Livres 2.00/5
    Par mandarine43, le 09 juin 2011

    mandarine43
    Le titre et la 4ème de couverture m'avaient mis l'eau à la bouche, 8 nouvelles de femmes qui "fuguent. S'enfuient. S'en vont voir ailleurs."
    La lecture a été laborieuse, même très laborieuse, j'ai bien failli l'abandonner plusieurs fois, mais vu que ce sont des nouvelles, je me disais "bon je termine au moins celle-ci.".... J'ai tout de même réussi à venir à bout de ces 382 pages... Pfffiou...
    Je n'ai pas souvent compris le rapport entre les nouvelles et leur "thème" ?! Je me suis même demandée si l'exemplaire que j'avais acheté n'avait pas eu un souci à la production, et que la couverture ne correspondait pas à l'ouvrage !.... Surtout que 3 nouvelles à la suite s'attachent à la même femme, et ce continuum m'a quelque peu perturbée... et ennuyée, puisque je ne m'étais pas du tout attachée à elle, et j'avais justement eu très hâte de passer à une tout autre nouvelle.
    Ces histoires m'ont vraiment très peu intéressée, j'ai très souvent pensé : "heu oui, et alors ?"
    J'ai donc dû passer complètement à côté de cet ouvrage. Je n'ai pas du tout saisi son "essence", s'il y en avait une.
    De plus, je n'ai pas non plus aimé le style ! Je l'ai même parfois trouvé très lourd, et certaines constructions de phrases m'ont vraiment parues imbuvables. Est-ce la "patte de l'auteur", ou les conséquences des difficultés de traduction ?
    J'ai aussi eu beaucoup de mal avec les fils décousus des récits, ces différents flash-back. J'aime beaucoup cela d'habitude, mais sans doute parce que je n'entrais pas vraiment dans les histoires, ces sautes de chronologie m'ont demandé beaucoup trop d'efforts.
    Au final, je n'ai apprécié qu'une seule nouvelle, la 6ème : "Offenses", car j'ai trouvé la jeune adolescente, Lauren, très attachante.
    Je pense en fait que justement, si je n'ai pas aimé cet ouvrage, c'est qu'aucun de ses personnages, principaux ou non, ne m'ont paru intéressants ou attachants. Ils sont justement restés pour moi des "personnages", au sens négatif du terme.
    Ces "Fugitives" (?!), ces femmes et leurs afflictions, me sont donc restées étrangères. Et bien que proches de ma génération, c'est d'une jeune fille de l'une d'elles que j'ai seulement su me préoccuper...
    [ En postant cette critique, je trouve celle de @wakinasimba, et son : "Des personnages falots, un style ampoulé avec des flash-back mal-à-propos, bref, je n'ai pas aimé." Synthèse qui ressemble vraiment à mon sentiment sur ce livre ! ]
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 13 octobre 2009

    Titine75
    Fugitives” d'Alice Munro n'est pas le roman qui était prévu pour cette édition de septembre du blogoclub. Je devais lire “La tournée d'automne” de Jacques Poulain mais le bibliobus québécois n'a pas croisé ma route et n'était pas présent dans mes librairies de vacances. J'ai donc choisi de lire l'oeuvre pour laquelle j'ai votée.
    Fugitives” est un recueil de huit nouvelles parlant de femmes en partance pour une possible autre vie. Elles se nomment Carla, Juliet, Grace, Delphine, Robin et Nancy. Je ne peux évoquer le destin de chacune, je choisis de vous parler de Juliet et de Robin qui m'ont beaucoup touchées. Juliet est le personnage central de ce recueil puisque Alice Munro nous raconte sa vie sur trois nouvelles. On découvre Juliet, jeune enseignante, en route vers un homme qu'elle a rencontré six mois plus tôt dans un bus. Elle part sans savoir si cet homme est prêt à la recevoir, à l'aimer, elle part vers un avenir incertain. Heureusement pour Juliet, Eric ne l'a pas oubliée : “Au son de sa voix, elle sait qu'il fait valoir son droit sur elle. Elle se lève, toute engourdie, et voit qu'il est plus âgé, plus lourd, plus impétueux que dans son souvenir. Il s'avance droit sur elle et elle se sent ravagée de haut en bas, inondée de soulagement, assaillie par le bonheur. Que cela est donc étonnant. Que cela est proche du désarroi.” Dans la deuxième nouvelle, Juliet, jeune mère, doit faire le deuil de son enfance et fuir ses parents pour commencer sa propre vie. Dans la dernière, Juliet ne part plus, ne fuit plus rien, c'est sa fille Penelope qui largue les amarres sans raisons apparentes. La vie de Juliet est un pincement de coeur permanent.
    Robin a 26 ans, elle s'occupe de sa soeur Joanne handicapée par un asthme sévère. Robin s'évade une fois par an pour voir une pièce de théâtre à Stratford. le vol de son sac à main lui permet de rencontrer un homme qui lui promet un changement de vie dans un an si leurs sentiments l'un pour l'autre n'ont pas changé. La déception de Robin, un an plus tard, est terriblement douloureuse. Des années plus tard, elle apprendra les raisons de cette déconvenue mais la douleur n'en est que plus cruelle. le hasard chez Alice Munro contrarie les vélléités de changer de vie.
    Alice Munro décrit les vies de ces femmes avec une infinie délicatesse et une grande psychologie. Elle sait en peu de mots nous faire entrer dans les vies de ses personnages, chaque nouvelle est une vie en soi. le lecteur est également surpris, il ne devine jamais comment vont se terminer les nouvelles. C'est le cas dès le début avec l'histoire au titre éponyme, Carla pense retrouver un mari plus tendre après sa fugue mais la vérité est beaucoup plus terrifiante. On passe alors le reste du livre à s'inquiéter pour ces héroïnes qui cherchent uniquement à fuir leur vie, à changer leur quotidien. L'auteur se montre d'ailleurs sans pitié avec elles, il semble que le prix de la liberté, de l'indépendance soit cher et qu'il faille toujours le payer un jour ou l'autre.
    J'ai découvert Alice Munro avec beaucoup de bonheur, les trajectoires douloureuses de ces femmes resteront gravées dans ma mémoire. Je suis finalement très contente de ne pas avoir rencontré de bibliobus sur ma route des vacances! “Les Fugitives” vient de sortir en poche chez Points et “Du côté de Castle Rock” aux éditions de L'Olivier.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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  • Par annie, le 29 août 2008

    annie
    Revue de presse Mensup : Alice Munro livre des portraits de femmes dans un recueil de nouvelles
    Considérée comme l'un des plus grands écrivains anglo-saxons, la Canadienne Alice Munro publiera un recueil de nouvelles intitulé Fugitives le 21 août prochain aux éditions de l'Olivier.
    Candidate de premier plan au prix Nobel de littérature, elle est unanimement admirée par ses pairs comme Jonathan Franzen ou Joyce Carol Oates, et par la critique.
    Dans Fugitives, Alice Munro propose huit nouvelles autour des thèmes de l'amour et du destin.
    Elle choisit souvent dans ses fictions un moment fatidique pour ses personnages, le temps d'une révélation ou d'une rencontre.
    Ces nouvelles, qui explorent la mémoire et les souvenirs, sont portées par des héroïnes telles que Carla qui vit dans un mobile home avec Clark et ne supporte pas son mensonge et la fille de Juliet, Penelope, qui, après être partie dans un centre spirituel n'a plus donné de nouvelles.
    Alice Munro est l'auteur d'une dizaine de recueils de nouvelles.
    Son unique roman Loin d'elle a été adapté au cinéma par Sarah Polley en 2007.
    La nouvelliste a reçu dans sa carrière de nombreuses distinctions au Canada, mais aussi aux Etats-Unis où elle a remporté en 1999 le National Book Critics' Circle Fiction Award, et en Angleterre avec le W.H. Smith Award en 1995 et le Commonwealth Writers Prize en 2005.

    Récompenses
    1978 - Prix du Gouverneur général
    1980 - Prix Booker
    1982 - Prix du Gouverneur général
    1986 - Prix du Gouverneur général
    1990 - Prix du Gouverneur général
    1990 - Prix Molson
    1993 - Médaille Lorne Pierce
    1994 - Prix du Gouverneur général
    1998 - Prix Giller
    2004 - Prix du Gouverneur général
    2004 - Prix Giller
    source : wikipédia
    et http://www.mensup.fr/temps_libre/lire/17987/alice_munro_livre_des_portraits_de_femmes_dans_un_recueil_de_nouvelles.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 15 février 2012

    Lostinmypal
    Ce recueil de nouvelles nous raconte les histoires de différentes femmes qui un jour ont eu envie de tout quitter, de changer de vie. Les situations sont très diverses, l'aboutissement de l'aventure varie aussi d'une nouvelle à l'autre et j'ai particulièrement apprécié que l'auteur ne cherche pas à donner une sorte de morale à ses histoires. le style de Munro, que je découvrais, m'a beaucoup plu. Il est précis, et l'auteur fait preuve d'une grande finesse psychologique ; ce sont les deux aspects qui m'ont le plus marquée. En revanche, les nouvelles m'ont semblé inégales et, autant j'ai beaucoup aimé les premiers trois quarts du livre, autant le dernier quart m'a lassée (en fait, la dernière nouvelle découpée en trois parties). Voilà, une auteur qui vaut la peine d'être découverte.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 13 juin 2011

    [ Incipit ]

    Fugitives

    Carla entendit venir la voiture sur la route avant qu'elle ait débouché au sommet du vague renflement que les gens du coin appelaient une colline. C'est elle, songea Carla. Mme Jamieson, Sylvia, de retour de ses vacances en Grèce. Depuis la porte de l'écurie - mais suffisamment en retrait à l'intérieur pour ne pas être vue facilement - elle se mit à guetter l'endroit par lequel Mme Jamieson devait forcément passer puisqu'elle habitait un peu plus loin sur la route, à huit cents mètres de chez Clark et Carla.
    Si ç’avait été quelqu'un qui s'apprêtait à tourner pour entrer chez eux, la voiture aurait déjà été en train de ralentir. N'empêche, Carla continuait d'espérer. Pourvu que ce ne soit pas elle.
    C'était elle. Mme Jamieson tourna brièvement la tête, une seule fois - elle avait toutes les peines du monde à manoeuvrer entre les ornières et les flaques que la pluie avait laissées dans le gravier -, mais elle ne leva pas la main du volant pour faire signe, elle n'avait pas repéré Carla. Cette dernière entraperçut un bras bronzé, nu jusqu'à l'épaule, une chevelure décolorée, plus pâle encore qu'avant son départ, plus blanche que blonde maintenant, et une expression qui était à la fois déterminée, exaspérée et amusée de sa propre exas­pération - exactement celle que l'on attendait de Mme Jamieson aux prises avec une telle route. Quand elle avait tourné la tête, il était passé comme un éclair sur son visage - une interrogation, un espoir - et Carla avait reculé en se faisant toute petite.
    Bon.
    Peut-être que Clark ne savait pas encore. S'il était devant l'ordinateur, il tournait le dos à la fenêtre et à la route.
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  • Par line70, le 24 mars 2011

    Je l'ai lu je ne sais combien de fois, mais je sais que la première, je me suis identifiée à Kittie, et après c'était à Anna - oh, c'était affreux, avec Anna, et maintenant, figure-toi, la dernière fois, j'ai découvert que je sympathisais tout le temps avec Dolly. Dolly quand elle va à la campagne, tu sais, avec tous ces enfants, et il faut qu'elle trouve comment faire la lessive, il y a cette histoire de baquets - je me dis que c'est comme ça que nos sympathies changent à mesure qu'on vieillit. La passion est reléguée derrière les baquets.
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