> Philippe Bataillon (Traducteur)

ISBN : 2020380838
Éditeur : Editions du Seuil (2003)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
"Halluciné par le manque de sommeil, il sentait qu'il serait capable, s'il fermait les yeux et se mettait dans un état de tension intellectuelle maximum, de voir le visage, de voir devant lui dans le noir non pas les phosphènes des paupières serr... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 16 mai 2012

    patouche
    Un roman policier espagnol, structuré de manière insolite, avec peu de dialogues. le récit est lent, l'auteur s'emploie surtout à nous faire découvrir le passé des différents protagonistes,leurs psychismes.
    Certaines descriptions sont assez crues.
    La lenteur du récit est certainement un atout, elle permet de se familiariser avec les personnages et installe une ambiance plus réaliste.
    Finalement, plutôt un "bon" polar.
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par philo15, le 04 novembre 2008

    philo15
    Sur un fonds (très estompé au demeurant) d'enquêtes policières, ce roman profond et intense nous plonge dans les méandres de l'âme humaine. Car c'est bien là le véritable thème de ce livre. Au travers de chacun des personnages, de leur passé et leur présent, Antonio Muñoz Molina nous emmène dans un voyage au cœur du psyché.
    La force de cet ouvrage tient aussi pour la majeure partie dans son style précis et envoutant. L'écriture est ici une peinture au sens littéral du terme. Peinture des lieux d'abord : l'atmosphère des villes andalouses se dévoile au travers de presque chaque page ; peinture des êtres ensuite : à chacun des personnages correspond un style particulier, tant dans la syntaxe que le vocabulaire utilisé. Un style, véritable signature, qui permet d'identifier chacun d'eux tout au long du roman, et qui endosse comme une seconde peau leur personnalité.
    Un livre somptueux.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Myrinna, le 30 mars 2010

    Myrinna
    Antonio Muñoz Molina diffère fortement des auteurs américains. Ces derniers centrent sur l'action et moins sur la psychologie des personnages. Je trouve ce roman plus intimiste où il y a plus d'instropection. Ici, on se consacre davantage à l'inspecteur qui essaie de découvrir l'assassin par le biais d'un regard. On voit un inspecteur qui a des failles, qui culpabilise de pas trouver le coupable assez rapidement...Bref, pas un héros à la FBI...Beaucoup d'humanité dans cet inspecteur...Un auteur à découvrir d'urgence...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 14 février 2011

    chocobogirl
    Dans une petite ville d'Andalousie, une fillette vient d'être assassinée, sa culotte retrouvée enfoncée dans sa bouche.
    L'inspecteur chargé de l'enquête, est de retour dans sa région d'origine, après des années d'exercice dans le pays Basque où il fut confronté au terrorisme et à la peur quotidienne d'être abattu. Trouver le meurtrier devient alors une obsession dévorante, comme si son salut en dépendait.
    Il s'agit moins ici d'un roman policier que d'un roman noir. L'enquête est suivi de loin, pas d'investigation poussée : l'inspecteur semble errer dans toute la ville à la recherche d'un assassin, qu'il reconnaitrerait par le vide de ses yeux.
    En effet, ce sont plutôt les états d'âme des différents personnages face au drame et à leur vie qui sont ici pointés.
    Les chapitres alternent les différentes voix des personnages : l'inspecteur, miné par son passé ; Orduna, le prêtre ouvrier ; l'institutrice Susana Grey qui culpabilise sur l'échec de son mariage ; et l'assassin, fils névrosé en quête de reconnaissance. On découvre que chacun semble avoir un côté sombre et que tous recherchent la rédemption.
    Personnellement, il m'a fallu beaucoup de temps pour rentrer dans l'histoire...
    La non-enquête, l'alternance des points de vue, le rythme lent et les longues phrases n'aident pas le lecteur à accrocher. Pourtant, passé ce temps d'adaptation, on finit par s'attacher aux personnages et à ressentir de l'empathie pour eux.
    Récit désenchanté où tout le monde semble coupable de quelque chose, l'auteur scrute les tréfonds de nos âmes, révèle les pensées que chacun refoule et souligne les ambivalences de la nature humaine.
    Pourtant c'est l'espérance, l'amour et le droit à la vie qui vaincreront : "Je ne suis pas mort " nous criera le dernier protaganiste.
    Prix Fémina étranger 1998.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-32919006.html
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Citations et extraits

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  • Par patouche, le 15 mai 2012

    Dans quels labyrinthes vont s'égarer les sentiments des hommes et des femmes, en vertu de quelle loi se convertissent-ils alternativement en anges et en exécuteurs, en bourreaux et en victimes les uns des autres, régulièrement, sans apprentissage ni repos, sans que leur serve de rien l'expérience de la douleur ni que les décourage jamais complètement la répétition de l'échec.
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  • Par patouche, le 15 mai 2012

    Je lui ai mis une chanson de Kurt Weil que chante Lotte Lenya :

    Pauvre coeur imbécile,
    qui fuit celui qui t'adore,
    qui pleure celui qui t'ignore.
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  • Par patouche, le 14 mai 2012

    -"Ce n'était pas du courage que j'avais, toutes ces années passées, quand je pensais avoir dompté la peur et que cela ne m'importait guère d'être tué, c'est que je ne connaissais pas la différence entre être vivant et être mort."
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  • Par patouche, le 11 mai 2012

    Elle perçut la banalité écrasante que même elle n'avait pas toujours été capable de remarquer avec autant de précision, les affreuses images de clowns ou de bouquets de fleurs, peintes bien des années auparavant par ses élèves de ce qu'on appelait aujourd'hui " expression plastique" et jamais décrochés, la photographie sous verre et décolorée du couple royal qui était déjà là quand elle était arrivée, les calendriers publicitaires d'une papeterie, les rayonnages garnis de vieux livres de textes et de liasses de compositions ou de dossiers, la machine à écrire qui n'avait pas encore été reléguée par l'apparition récente d'un ordinateur tout comme la photocopieuse n'avait pas réussi à supplanter totalement le papier carbone.
    Des cendriers de plastique jaune avec les marques Ricard ou Cinzano, d'anciennes affiches de semaine sainte: chaque chose comme une offense personnelle , une preuve de traîtrise de l'écoulement de temps, comme les douleurs de dos, les lignes des rides aux coins des yeux, la graisse sous la peau des hanches et des cuisses, une dégradation et au fond une défaillance de la volonté, une reddition à la fatalité de l'ennui et du vieillissement.
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  • Par patouche, le 11 mai 2012

    L'école, déjà évacué par les enfants mais pourtant encore occupée d'une certaine façon par des vestiges d'agitation, de cris, de pas, de cavalcades dans les escaliers, par un reste d'odeurs enfantines et adolescentes répandues dans l'air. Un air qui, quand elle le respirait, lui semblait usé ou fatigué, aussi usé que le mobilier ou les livres ou les installations sanitaires, aussi fatigué que tous, les instituteurs, si épuisés à la fin de la journée en comparaison de l'incontrôlable énergie physique des élèves.
    Tous les après-midi à cette heure là, quand elle se disposait à quitter l'école en longeant les couloirs plongés dans la pénombre, en descendant les escaliers déserts, elle remarquait en elle-même une fatigue montante qui était pas exactement physique pas non plus complètement mentale un mélange d'épuisement ancien et de découragement intime qui durait d'habitude jusqu'à qu'elle rentre chez elle.
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