> Philippe Dumas (Illustrateur)

ISBN : 2211089259
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2008)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d'échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 04 septembre 2011

    Bigmammy
    J'aurai dû attendre l'âge plus que canonique de 65 ans pour découvrir Marie Aude Murail, une auteure aussi douée que prolifique, bardée de récompenses et qui écrit pourtant pour un public sans pitié : les enfants.
    Son roman, « Miss Charity » est un pavé de 563 pages, que j'ai dévoré en quatre jours, et dont je suis encore éblouie. Magistralement illustré par les aquarelles délicates de Philippe Dumas (quel artiste !) le propos était pourtant risqué puisque la trame du livre est l'autobiographie romancée et transposée de Beatrix Potter, la créatrice de Peter Rabbit et de toutes ces merveilleuses petites bêtes qui nous ressemblent tant.
    Nous voici donc au cœur de la vie de Charity Tiddler, jeune fille anglaise née dans la deuxième moitié du XIXe siècle, que l'on suit de son enfance à sa vie de femme indépendante devenue une artiste renommée. Miss Charity développe une approche scientifique de naturaliste, dessine avec talent, construit avec l'appui de sa nurse française, un monde merveilleux où les animaux du jardin peuvent parler.
    Faisant fi des préjugés de sa classe et de son temps, Miss Charity apprécie le théâtre d'Oscar Wilde et de George Bernard Shaw, devient indépendante financièrement grâce à son talent, et dernière transgression, épouse son amour d'enfance, le beau Kenneth Ashley, devenu un comédien de talent.
    Les rapports entre parents et enfants dans l'Angleterre de la fin de siècle, les préjugés, le rôle de la lecture, l'éducation des femmes : tous ces thèmes sont abordés avec une très grande sensibilité, sans aucune mièvrerie.
    Le livre en lui-même est un bel objet digne d'être offert à une jeune fille, mais aussi à une adulte ayant gardé son âme d'enfant. La performance est d'obtenir une histoire fluide et lumineuse, illustrée de superbes images intervenant à chaque page, mangeant les marges, inondant de couleurs nuancées la typographie élégante et des dialogues qui nous transportent au théâtre de la vie.
    Une réussite complète, que je rapproche, au niveau du plaisir de lecture, du roman d'Anna Gavalda : « Ensemble c'est tout ».
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Elphie, le 15 avril 2011

    Elphie
    Je ne suis pas très portée sur les auteurs français. J'en ai lu quelques uns, et j'ai souvent beaucoup de mal à accrocher... Mais voila, un livre dont le résumé comporte des mots tels que "société anglaise","1880" et "Shakespeare" ne pouvait que m'intéresser !
    Et j'ai tout simplement A-DO-RE !
    En fait il est impossible qu'il en soit autrement. Toutes les personnes que je connais qui ont lu ce livre, l'ont vraiment beaucoup aimé. Faut dire que Marie-Aude Murail réunit tous les éléments qui font une belle histoire : des personnages attachants, des sujets sérieux teintés d'humour et de fantaisie et le tout prenant place dans un pays cher à mon petit coeur ^^ Et comme si ça suffisait pas, elle rajoute de nombreuses références à Shakespeare, Jane Austen et d'autres encore, et fait même entrer en scène Oscar Wilde et Bernard Shaw !
    L'histoire est très librement inspirée de la vie de Beatrix Potter, et le fait d'avoir vu le film m'a sans aucun doute aidé à aimer encore plus ce roman, et surtout à ne pas m'affoler lorsque Charity accepte la demande de son éditeur. Beatrix Potter se marie avec son ami d'enfance, il devait donc en être de même pour Charity !
    Et d'ailleurs en parlant d'ami d'enfance, je suis totalement sous le charme de Kenneth Ashley Il a une telle confiance en lui, et puis il est si drôle et attachant ! Rien ne l'étonne, il est d'un naturel joyeux, et toujours prêt à aider Charity. Aussi parfait que Henry Tilney ^^ J'adore comme à chaque fois que Kenneth et Charity se rencontrent, cette dernière est la plupart du temps accroupie par terre, à la recherche de quelque chose!
    Le roman fait près de 600 pages, et cela pourrait en rebuter plus d'un. Moi c'est ce qui m'a attiré. J'aime les livres épais, ça montre que l'histoire est développée. Et là j'ai été servie étant donné qu'on suit Charity pendant 15 ans (et un peu plus) de sa vie. Je vous rassure, elle ne nous raconte pour toutes ses journées pendant 15 ans ! Non, elle se contente de nous raconter les évènements les plus marquants qui lui sont arrivés pendant ces années. Et le plus choupi-trognon dans l'histoire, c'est Charity s'adresse à celle grâce à qui elle est telle qu'elle est maintenant : Madame Petitpas, sa première souris.
    Car oui, toute l'histoire est raconté par Charity elle-même, et si au départ la présentation de la narration peut déconcerter, on se rend vite compte que c'était nécessaire pour qu'on puisse bien apprécier les remarques et les humeurs des personnages. Et je pense que c'est aussi cette narration qui rend la lecture de ce livre aussi agréable. On a l'impression de voir une pièce de théâtre, et c'est vraiment facile de s'imaginer les scènes. Et moi j'aime pouvoir me représenter mentalement une scène d'un livre...
    Je place Miss Charity au même niveau que Ella l'ensorcelée de Gail Carson Levine : ce sont tous deux des livres qui font rêver, avec des personnages attachants et des histoires qui mêlent sérieux et humour. Et je sais que, tout comme pour Ella l'ensorcelée, lorsque je relirais Miss Charity j'aurais le sentiment de le lire pour la première fois...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Deuzenn, le 23 mars 2012

    Deuzenn
    Miss Charity, c'est un grand bonheur de 563 pages qui se dévorent toute seules et qui vous réchauffent le coeur!
    L'histoire est celle de Charity Tiddler, une petite fille de la bonne société victorienne de la fin du XIXème siècle. Oui mais voilà, Charity n'est pas comme les autres petites filles : curieuse et fantasque, solitaire et animée d'un esprit tout scientifique, elle se prend d'amour pour les animaux qu'elle croise dans son jardin et les adopte dans sa nursery. Lapins, hérissons, souris et oiseaux en tout genre deviennent les compagnons de son enfance et la regardent grandir et réciter par coeur les pièces de Shakespeare pour ne pas étouffer d'ennui sous le carcan rigoureux qui l'entoure.
    Charity grandit encore, devient une jeune fille, se passionne pour l'aquarelle et le Museum d'Histoire naturelle, ose tenter de s'émanciper...Au total, le lecteur la suit de cinq à vingt-six ans, une vingtaine d'années à s'attacher à elle et à la voir faire son chemin dans un monde où les femmes ne tenaient pas une grande place.
    Inspiré de la vie de Beatrix Potter, l'auteur, entre autres, de Jeannot lapin, ce roman où se mêle narration et théâtre est une merveille à la fois tendre et ironique. Charity est le genre d'héroïne qui laisse sa trace dans la vie d'un lecteur, une jeune femme décidée et indépendante, dotée d'un certain sens de l'humour et d'une générosité sans faille. Par moments, je lui trouvais un faux air de l'Elisabeth Bennett de Jane Austen.
    A travers ce personnage, qui finira par devenir un auteur à succès, c'est aussi une réflexion sur la littérature de jeunesse que conte Marie-Aude Murail. Ainsi qu'elle le fait dire à Bernard Shaw (qui, comme Oscar Wilde, fait partie des guest-stars de cette histoire) : "Aucune religion n'a la puissance de la littérature pour un enfant de cinq ans." (p.493) et le parcours de Charity le prouve, la littérature ne s'épanouit jamais mieux qu'entre les mains des enfants!
    Merveilleux complément, Philippe Dumas parsème le roman d'aquarelles qui semblent sorties des pinceaux de Miss Tiddler.
    De la grande littérature de jeunesse, à découvrir et à garder ensuite près de soi.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Alexboule, le 24 avril 2012

    Alexboule
    Il y a des livres que l'on est sûr, dès la lecture de 4e de couverture, d'aimer. Miss Charity fait partie de ceux-là. En lisant cette fameuse 4e, j'ai pensé à Matilda de Roald Dahl, à une petite fille qui n'aurait pas eu la chance de tomber dans le bon environnement pour s'épanouir dans la vie.
    Dans Miss Charity, l'approche est différente mais il est effectivement question de l'épanouissement d'une petite fille, fillette, jeune fille puis jeune femme dans une société où l'on fait peu de cas des envies des jeunes filles et où il est mieux d'être sage et assortie avec le papier peint pour être « bien comme il faut ».
    Nous sommes donc à la fin du XIXe siècle à Londres. A défaut de pouvoir bénéficier de l'affection et et de moments d'échanges avec ses parents qui la relègue constamment dans la nursery, Charity, apathique et à moitié dépressive dès ses 5 ans, trouve une petite souris qui va lui sauver la vie. Débute alors une passion pour les animaux, la sciences, Shakespeare, le théâtre et l'écriture auxquels elle se voue chaque journée de son existence, chaque année monotone de sa vie. Nous suivons Charity durant vingt ans et la voyons s'émanciper et rechercher sa liberté et son indépendance malgré le joug maternelle et le silence paternel. Ses séjours estivaux à Dingley Bell, seules bouffées d'oxygène dans cette bourgeoisie londonienne à la pensée étriquée.
    Dans ce roman, de nombreuses inspirations se mêlent et s'entrechoquent. Outre la référence et dédicace à Beatrix Potter, il y a dans le caractère de Charity, l'indépendance et le désir d'écrire de Jane Austen. Cette façon d'être une « originale » pour la société car au lieu de fréquenter les bals en quête d'un mari, elle préfère gagner sa vie grâce à sa plume et ses dessins, réalisant un peu plus chaque jour la prophétie de la future vieille fille. On y retrouve aussi les landes des sœurs Brontë et notamment l'univers de Jane Eyre avec le personnage de Mademoiselle la préceptrice et sa relation avec Ulrich ainsi que dans le personnage hanté de Tabitha non sans rappeler une certaine femme folle de Mr Rochester !
    Et puis Wilde, Shaw, Shakespeare… Ca a été un véritable plaisir de livre ce livre truffé d'intertextualité, d'humour, d'autodérision et d'amour, oui, d'Amour, ce petit mot qui donne tout son sens aux autres éléments de l'existence de Charity.
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    • Livres 4.00/5
    Par freude, le 22 mars 2012

    freude
    En voilà un livre agréable à lire ! Quelle qualité ! Je ne connaissais Marie-Aude Murail que de nom, mais je crois que je vais dévorer ces autres livres.
    Dans ce bon gros livre, elle nous compte une biographie inspirée de la célèbre "maman" du Peter Rabbit de notre enfance, Beatrix Potter ! On s'attache sans difficulté à cette Miss Charity et à sa ménagerie faite de bric et de broc ! On maudit sa mère et on plaint son père. On attend avec plaisir chaque apparition du beau Kenneth, on s'amuse souvent de la folie de Tabitha ... On ajoute à cela les splendides illustrations de Philippe Dumas qui parsèment le livre et on passe un très bon moment avec Miss Charity, trop court malgré les presque 600 pages !
    Et puis on est plein de nostalgie devant ces jolies histoires de lapin et de souris, qu'est-ce que j'ai pu le lire ce joli album intitulé "Deux vilaines souris", je rêvais de cette maison de poupée et ses mets en carton pâte que les souris essayent désespérément de manger.... Ah replonger dans l'enfance, quel bonheur !
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Citations et extraits

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  • Par MeTheBlackCat, le 20 février 2011

    Dingley Bell ne se montra pas sous son meilleur jour lorsque nous y revînmes en propriétaires. Il pleuvait depuis le matin et la maison sentait le renfermé. Mais Ned nous attendait et Néfertiti piaffait dans l'écurie. La pluie cessa peu avant le coucher du soleil et le ciel prit d'adorables teintes rosées.
    Mon bonheur dut si grand, ce soir-là, que je ne pus tenir en place dans ma chambre. Je chaussai mes bottines, jetai un châle sur mes épaules et descendais au jardin. La terre en était toute détrempée, mais l'air était doux et parfumé. J'avançai jusqu'au muret de pierres sans entendre d'autre bruit que celui des mes pas s'arrachant à la gadoue. Je levai les yeux au ciel. La nuit était magnifique, traversée par la Voie lactée. J'étais dans la boue, je regardais les étoiles, et vous vous y trouviez, Kenneth Ashley.
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  • Par Lefso, le 28 janvier 2011

    Je fus amenée à un âge précoce, puisque je n'avais pas quinze ans, à m'intéresser aux formes diverses de pourriture. Un hasard me fit oublier un morceau de pain destiné à Peter sur le rebord d'une fenêtre. Quelques jours plus tard, je pus régaler mes yeux du spectacle d'une belle moisissure de tiges blanches terminées par de petites boules noires qui sont les spores. Les moisissures ne m'éloignaient pas de mon intérêt premier pour la mycologie, puisqu'elles sont aussi des champignons.
    Je fis ensuite diverses expériences telles que de jeter des mouches mortes dans un bocal d'eau fermé. Au bout de quelques jours, les mouches se couvrirent d'une légère pellicule blanche - que je pus étudier au microscope. Je m'amusai aussi à enfermer dans un bocal des fruits abîmés et à les placer dans des endroits différents : dans un placard au chaud, sur une étagère bien fraîche dans la cave, derrière une fenêtre exposée au soleil, ce qui me permis de déterminer les meilleures conditions pour le développement des moisissures. Mon carnet scientifique prospérait et Herr Schmal m'applaudissait, allant jusqu'à affirmer que les jeunes filles devraient faire des sciences plutôt que de la broderie. J'osai un jour lui faire part de mon projet de réunir dans une même étude tous les champignons susceptibles de pousser dans un jardin londonien.
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  • Par MeTheBlackCat, le 20 février 2011

    K.A.
    Nous sommes tous dans la boue, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

    Moi
    C'est de Mr Wilde ?

    K.A.
    Oui.

    Moi
    Pourquoi me dites-vous cela ?

    K.A.
    Parce que je pourrais descendre en Enfer avec vous, je verrais toujours le Ciel...Pardonnez-moi, je n'ai pas déjeuné. Je suis toujours romantique quand j'ai l'estomac vide. Le bonjour, Miss Tiddler.
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  • Par sylvierdoc, le 16 février 2011

    - Qu'est-ce qu'elle a ? Est-elle malade ?

    - Elle est folle. Elle récite du Shakespeare au milieu de tout un ramassis de bestioles !

    J'ignore d'où elle tenait son information, mais je dus reconnaître que que c'était un assez bon résumé de ma vie.
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  • Par Bill_Veuzay, le 14 juin 2011

    Juliette Capulet avait quatorze ans et il me semblait que, si on lui avait offert à son anniversaire "Le Livre des Nouvelles Merveilles", elle eût mieux employé son temps. Elle aurait pu apprendre comme moi-même que les sporophytes sont des plantes asexuées d'un commerce plus reposant que les Montaigu.
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