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ISBN : 2264059265
Éditeur : 10-18 (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.75/5 (sur 473 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ils ne le savaient pas alors, mais c’était l’unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n’être pas aux couleurs de la solitude.

Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d’Ushikawa.

Et pose d'aut... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Laurence64, le 09 mai 2013

    Laurence64
    Arrrrrrgggggggghhhhhhhhh !!!
    Ceci est le cri proche de l'agonie d'une lectrice (moi) qui pensa ne jamais se désembourber de la troisième épreuve de son triathlon littéraire murakakamien.
    Grrrrrrrrrrrrrrr!
    Ceci est le cri de colère de la même lectrice (moi toujours) , qui après avoir été appâtée au thon à sushi lors du premier volume, a persisté avec le second tome alors que les trop nombreuses arêtes signalaient une très nette baisse de qualité.
    Cela sentait déjà la godiche, il y avait des airs de Bridget Jones, et l'on s'attendait à ce que des écureuils tristes en début de semaine (les lundis par exemple) dansent avec des tortues (une valse) dès la première nuit ou bien le premier jour (je me mets en mode clonage avec Murakami qui ne cesse d'égayer son absence d'intrigue par de jolies citations d'auteurs connus et/ou reconnus).
    La référence à l'illustre Wittgenstein n'offre aucune caution à ce 1Q84 T3, proche de la pire indigence. Pas plus que Proust.
    Maître de la redite dès le second tome, Murakami est élevé au grade de Grand Chevalier du délayage creux dans ce troisième volume.
    Trois personnages ne cessent de conjecturer. Aomamé (qui devient aussi intéressante qu'un bol de haricots de soja), Tengo (plus plat qu'une limande-sole), Ushikawa (aussi méchant dedans que vilain dehors, utile pour le rabâchage pédagogique ).
    La conjecture à foison des uns et des autres permet à l'écrivain nippon de redire une bonne trentaine de fois ce qu'il avait déjà été écrit plus de vingt fois précédemment. L'avantage est que son lecteur est certain de ne pas s'égarer, de ne commettre ni faux sens, ni contre-sens.
    Et comme l'intrigue est aussi vide que le réfrigérateur d'une anorexique (une tranche de jambon cuit, un yaourt allégé ici. Un bâtonnet de cèleri, une soupe au miso là-bas), il est possible de déposer ses neurones pour un dépoussiérage le temps de la lecture.
    En revanche, l'achever (la lecture) constitue un très louable effort de volonté dont je ne suis pas peu fière. On se réconforte comme on peut.
    Sans parler de la qualité littéraire globale de ces …. (bouh ouh ouh) quelques 1500 pages au total. (Petit aparté: en 1500 pages, le Don Paisible offre un incroyable moment de lecture).
    Ainsi, pour illustrer mon propos, il aurait été dommage de se priver de cette remarquable péripétie:
    "Elle n'avait pas envie d'uriner. Elle sortit du réfrigérateur une bouteille d'eau minérale, en but deux verres. Mais l'envie n'était toujours pas là. Après tout, elle n'était pas pressée. Elle mit de côté les tests de grossesse, s'installa sur le canapé et se concentra sur sa lecture de Proust. L'envie d'uriner se manifesta trois heures plus tard. Ce qu'elle fit dans un récipient adéquat".
    J'ai admiré la futée Aomamé. Faire pipi dans un dé à coudre n'aurait pas été judicieux. Ni dans un entonnoir. Effectivement, un récipient adéquat s'imposait. A mon tour, je me suis lancée dans quelques hypothèses distractives : avait-elle utilisé une tasse à thé? Une petite casserole? Un pot de confiture vidé au préalable? On se désennuie avec les moyens du bord.
    Dans la foulée, j'ai salué le talent de l'écrivain quant à l'hasardeux mariage de l'évènement urinaire avec la recherche proustienne du temps perdu.
    Deux cent pages plus loin, aucune amélioration n'était à espérer.
    "elle se massait le visage à l'aide de crème et de lotion et, avant de se coucher, elle s'appliquait un masque. Comme, de nature, elle jouissait d'une bonne santé, très peu de soins suffisaient pour qu'immédiatement sa peau soit lisse et éclatante".
    Passionnant, non? Et avec 1Q84, vous prendrez bien un abonnement à Elle?
    Dans la multitude de non-évènements, de bavardages et ratiocinations divers, on s'achemine sûrement vers un mélo sirupeux. La fin ne déçoit pas. On reste les doigts tout poisseux (mais les neurones frais).
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 13 mars 2012

    cicou45
    Ça y est, je suis arrivée au bout du troisième tome tant attendu et je ressens comme un grand vide car je me dis que l'auteur ne peut pas laisser ses lecteurs comme cela. Certes, la fin est on ne plus ouverte et laisse le lecteur vagabonder dans toutes les directions possibles mais justement, il y a encore trop de choses à dire à découvrir...
    Dans ce troisième volet, le lecteur voit apparaître un troisième personnage principal, Ushikawa, qui engagé à la solde des Précurseurs, est chargé de retrouver Aomamé, la meurtrière du leader. L'intrusion de ce nouveau personnage dans ce troisième ouvrage est une excellente idée, de mon point de vue, de la part de l'auteur, puisqu'il permet au lecteur de vivre à la fois les évènements de manière intrinsèque, au travers de Tengo et d'Aomamé mais aussi de prendre du recul et d'envisager celles-ci sous un autre angle de vue.
    Ushikawa est une sorte de détective privé, très intelligent et qui remonte facilement les étapes. Cela permet au lecteur de se remémorer ce qu'il s'est passé dans les deux premiers tomes mais aussi d'en apprendre plus sur les deux protagonistes, choses qu'ils ignorent parfois eux-mêmes.
    Roman qui s'ouvre sur une multitudes de dénouements possibles : Tengo et Aomamé sont-ils revenus en 1984 ou sont-ils dans un nouveau monde, qui ne serait donc ni celui de l'année 1984 ni celui de 1Q84 ? La petite chose qui grandit dans le ventre d'Aomamé va-t-elle réellement joué le rôle de DAUGHTER ? La secte pourra-t-elle continuer à survivre et l'un de ses membres pourra-t-il à nouveau entre "Les Voix" ?
    Autant de questions qui restent sans réponse (un tome 4 aurait-il été envisagé ? ).
    En tous cas, une pure merveille, l'écriture est toujours aussi fluide et limpide et l'intrigue toujours aussi envoûtante. Je me suis complètement laissée séduire par ces trois volets à tels point que j'en redemande. A découvrir !
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    • Livres 4.00/5
    Par ChristopheM, le 13 mai 2013

    ChristopheM
    La trilogie
    Belfond 2011-2012
    10/18 2012-2013
    Je me suis plongé dedans parce que quelque chose m'attirait chez l'auteur depuis un long moment. J'ai vraiment attendu avant de l'aborder. J'étais intimidé.
    Pour ma part, c'était ma première vraie lecture surréaliste de Mr Murakami car le seul que j'avais lu de lui était auto biographique. Et d'une longueur qui allait aux antipodes de 1Q84. Seulement 224 pages. Il s'agit d'« Autoportrait de l'auteur en coureur de fond » (paru en poche 10/18 en février 2011). Je ne savais pas comment résumer cette trilogie, une fois de plus, je me suis senti dépassé, j'étais impressionné malgré la taille de l'histoire. Finalement, j'ai trouvé une synthèse que j'ai choisi de recopier, je ne pouvais pas proposer plus claire. En sachant que j'ajouterais un commentaire personnel, c'était certain.
    Résumé:
    « … En pénétrant dans 1Q84, abandonnez toutes certitudes ! À Tokyo évoluent séparément deux personnages en marge de la société, unis par un lien mystérieux : Tengo est professeur de mathématiques, mais aussi écrivain, Aomamé est une tueuse à gages, déterminée et efficace. Lorsqu'un éditeur demande à Tengo de réécrire secrètement La Chrysalide de l'air, le manuscrit d'une jeune fille de 17 ans, pour le transformer en un roman à succès, il sera emporté, tout comme Aomamé, dans un tourbillon d'évènements étranges où interviennent deux lunes, une secte de fanatiques, de mystérieux Little People, un enquêteur tenace et menaçant… » (source: http://www.10-18.fr/site/1Q84_&401&84.html)
    On ne peut plus limpide. Sur cette page se trouvent des liens qui mènent à de très belles Chroniques de blogueurs aguerris ou de journalistes-chroniqueurs professionnels. Faites-vous plaisir.
    Petit plus
    Pour une immersion totale dans le monde étrange d'1Q84, il est capital d'écouter l'impressionnante « playlist » concoctée par Brusselando RadioAlma(http://radioalma.eu/brussellando/). Un peu plus de 2 h qui vous entraînera du Jazz de Louis Armstrong à la « Sinfonnietta » de Janacek (majeure dans la trilogie), ou encore du pianiste Glen Gould au Rock des Stones. Même sur le plan musical, l'auteur est minutieux. Ici :http://www.youtube.com/playlist?list=PLC7C3EB88F1DC8240
    Les personnages :
    Des solitaires, à l'enfance douloureuse due à l'absence des parents.
    Tengo, AOmamé, Fukaéri, Tamaru, Ushikawa ont des points communs flagrant. Ils sont tous dotés d'une grande intelligence. À la recherche d'une reconnaissance ou d'une utilité. C'est pourquoi j'ai décidé de les présenter avec leurs particularités.
    Tengo : chaleureux, loyal, honnête. Mathématicien, écrivain, ancien judoka de haut niveau. Réécris un manuscrit « La chrysalide de l'air » écrit par une adolescente de 17 ans, Fukaéri. Sa mère a disparu. Son père, collecteur de redevance télé pour la NHK, lui étouffa les plaisirs de l'enfance en l'obligeant à l'accompagner à la collecte tout les weekends. Pas de relations parentales chaleureuses, froid, sévère, sans reconnaissances.
    Fukaéri. Ado énigmatique a écrit la Chrysalide de l'air. Taciturne, mémoire impressionnante, peu bavarde, dyslexique. Élevée par un ami de ses parents membres d'une secte : « Les Précurseurs ».
    Aomamé. Direct, franche, parfois inattendue. Vit seule, tueuse à gage à la méthode hors du commun, au service d'une riche vieille dame qui défend les femmes victimes de violences conjugales. Tamaru son homme de main est un de ces rares contacts. Ses parents suivent les préceptes d'un groupe religieux strict « Les témoins ». Pas de reconnaissance. A fui sa famille aux principes trop carrés. Elle maîtrise les arts martiaux, étude de sport, très bonne mémoire, excellente connaissance du corps et passionnée d'histoire.
    Tamaru. Orphelin d'après la Seconde Guerre mondiale. Homme de main de la riche vieille dame. C'est lui qui amène « La recherche du temps perdu » à Aomamé pour qu'elle s'occupe l'esprit. Son temps il le passe à attendre qu'une tâche lui soit confiée. Un individu patient, éclairé et dangereux quand c'est nécessaire.
    Ushikawa. Détective très intelligent. Esprit logique et de déduction affûtée digne des plus grands qui ont nourri les histoires policières. Très proche et aussi brillant que Tyrion Lannister (Games of throne de GRR MARTIN). Rejeté par sa famille à cause de son apparence physique. Ancien avocat. Travaille à son compte.
    On dirait une ode à la résilience qui provoque la réussite des personnes qui ont connu un passé douloureux, des gens qui cherchent à combler un manque de reconnaissance, d'amour parental. Ils s'investissent très jeunes, empli d'une détermination sans failles et deviennent doués dans leurs domaines de prédilection. de manière générale, il n'y a pas beaucoup de place pour un cancre dans l'aventure.

    Les longueurs
    Il y a celles utilisées pour décrire la vie des personnages. Tout le monde à une histoire. Les parents, une amie, le « leader » des précurseurs. L'auteur a une attitude d'empathie pour chacun d'eux. Qu'ils soient secondaires ou principaux, tous ont une origine, un vécu qui les définit. Chaque geste ou objet, en raison de l'attention profonde que leur accorde l'auteur, a une existence significative. Il est pointilleux sur la description physique et comportementale de ce qu'il observe. Voilà, une des premières raisons de l'étirement de l'ouvrage.
    Il y en a d'autres sur des faits historiques, sur la vie et la culture d'indigènes… Celles-là étaient peut-être moins nécessaires.
    Une autre, qui s'explique plus en finesse, et qui est certainement celle qui dessine, qui sert de base à l'ensemble de l'œuvre. C'est l'influence qu'a eu/qu'aurait pu avoir sur Haruki Murakami, « La recherche du temps perdu », de M Proust (7 volumes).
    « Dès qu'il y a du vide, il faut le remplir. Tout le monde fait comme ça » (P184 T2)
    Dans la trilogie de Murakami ou l'heptalogie de Proust, il faut retenir l'importance de la notion du temps. Agencer, ordonner, réguler ce temps qui passe afin de maintenir un équilibre psychique chez l'homme. Combattre l'inactivité. Ne pas se retrouver seul devant soi même quand il n'y a rien d'autre à faire que de passer le temps… L'errance par manque affectif, matériel, d'objectifs ; réduis une personne à néant. C'est comme cela que Tengo, Aomamé, et Ushikawa se dispersent dans de longues réflexions, des monologues pour ne pas sombrer dans une sorte de dépression, pour ne pas perdre l'esprit. Ces longues heures d'attentes prennent une forme qui dépasse la longueur fastidieuse à lire. La recherche du temps perdu.
    C'est se construire une vie basée sur des souvenirs. Car l'individu n'a pas conscience du temps présent, il ne le voit pas, il ne voit pas sa vie s'écouler. Sauf montre en main, mais encore une fois, là, ce sont les secondes qui défilent qu'il a vu et non l'instant présent. le temps n'existe pas au présent, ni au futur, seulement au passé…

    L'autre manière d'aborder la question du temps est la transformation « physique » de celui-ci. L'idée subtile de l'auteur, le fil conducteur. À un moment le lecteur pourrait croire que ce monde transformé qu'est 1Q84 est le fruit de l'imagination de personne seule dont l'esprit divague. du fait qu'elles n'ont rien d'autre à faire. L'histoire démontrera que ce n'est pas le cas. Ce concept est intelligent. L'année 1984 s'est arrêtée pour bifurquer en 1Q84. Ce n'est pas un monde parallèle, mais le même monde qui change de trajectoire. C'est l'émergence d'un nouveau monde dont seuls quelques initiés sont capables de constater le changement. Comme l'apparition des deux lunes. Une brillante approche surréaliste tintée d'une tendance P.K. Dick. Auteur de SF dont la quête était cette recherche sur « La modification et la manipulation de la réalité ».
    « Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n'y a toujours qu'une réalité » (P23T1)
    Mais encore
    Pour l'ensemble du contenu. le tome 1 avec ses décors et ses personnages est une longue introduction et une découverte de l'étrange. L'intrigue et les coups de théâtre rendent le tome 2, le cœur de la trilogie, plus actif ; avec plus de suspens qui maintient le doute sur ce qu'est la réalité et ce qui est fictif dans la vie de Tengo et Aomamé. L'un est-il le fruit de l'imagination de l'autre ? Un monde créé pour remplir un vide affectif. Un passage intense. L'histoire subira une très grosse accalmie pendant les 2/3 du tome 3. La fin de celui-ci n'est point une chute complexe et surprenante, mais bien une fin espérée, attendue et belle.
    L'auteur sympathique offre des conseils d'écriture (introduit à travers Tengo et son éditeur dans l'histoire). La rigueur que s'impose Murakami pour écrire, qu'il explique dans son autoportrait en coureur de fond, ressort chez Tengo.
    « Écrire tous les jours. Peu importe que ce soit une histoire ou non. Les parties pourront servir plus tard à un ensemble » (? page t1).
    « J'écris des romans, mais comme ils n'ont pas encore été publiés, je ne suis pas non plus un romancier » (p88 T1)
    « le processus aboutit à une forme qui demeure une œuvre. Et si cette œuvre suscite l'accord et la sympathie d'un nombre suffisant de gens. Elle devient alors une œuvre littéraire qui possède une valeur objective » (P92 T1).
    Écrite d'une plume légère, poétique par moment, crue parfois, abondante tout le temps, cette trilogie est très astucieuse et débordante de richesse. Il y a beaucoup de concepts qui s'entremêlent. le monde n'est pas tel qu'il est, mais plutôt tel qu'on le conçoit en somme. On passe notre temps à le réinterpréter comme cela nous convient. Que ce soit par amour ou par dégoût. Murakami évoque le sentimental, le culturel, le philosophique, l'historique, le surréalisme, l'intrigue, l'auto biographique… C'est complet, sophistiqué et paradoxalement d'une longueur nécessaire qui m'a donné l'impression d'avoir touché du doigt le mystère de la patiente. Un roman-fleuve reposant. Haruki Murakami est une machine à écrire redoutable.
    Pour terminer, voici un extrait vidéo d'Aomamé dans son appart. Très représentatif… de l'attente…
    http://www.youtube.com/watch?v=eF-SQGyPyDc&feature=share
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    • Livres 3.00/5
    Par patatipatata, le 18 juin 2012

    patatipatata
    On entre dans 1Q84 comme dans un jeu. Un jeu qui serait assez proche des jeux «d'escape the room» que l'on trouve sur internet et dont le but est de trouver la clé qui va permettre de sortir d'une pièce.
    On doit tout d'abord se familiariser avec le lieu, collecter différents objets, les combiner entre eux, traquer les détails pour obtenir des indices, résoudre des énigmes, dégoter des codes, piétiner énormément jusqu'au découragement et au passage collecter un maximum de pierres précieuses. Et des pierres précieuses il y en a beaucoup dans ce roman en trois tomes :
    «les petits oiseaux ne cessaient de changer de position comme des notes de musique qui bougeaient sur une portée»
    Si je peux faire un autre parallèle, je dirais que la voie express N°3 de Tokyo, lieu du basculement de l'histoire, joue la même fonction que l'avenue «Muholland Drive» de David Lynch. Dans le film de Lynch, un virage à droite ou à gauche sur Muholland Drive fait chavirer l'héroïne vers le réel ou le fictif. Dans le livre de Murakami, le tigre de la publicité Esso sur la voix express, en regardant à droite ou à gauche révèle le même indice.
    Comme toujours dans les romans de Murakami, il y a plusieurs niveaux de lecture en fonction des pistes privilégiées par le lecteur. À son rythme, chacun suivra son propre raisonnement, finira par trouver la clé, mais une fois la porte ouverte, le paysage découvert sera peut-être différent de celui des autres lecteurs.
    Comment un écrivain se débrouille t'il avec la réalité et la fiction qu'il est en train d'écrire ? Comment cette fiction peut s'immiscer dans la réalité au point de perturber sa vie ? de ne plus savoir s'il vit dans la réalité (une lune) ou dans le monde imaginaires (deux lunes) qu'il a crée. de laisser ses personnages de fiction, les little poeple, envahir ses pensées au point de se laisser emprisonner dans «une chrysalide de l'air» en suspension entre deux mondes. Voilà pour moi, les questions que ce livre soulèvent. Une belle métaphore sur le travail d'écriture.
    Murakami a ce talent de nous placer, comme Alice, sur le fil du miroir. À nous de choisir si nous voulons nous laisser emporter par la fiction, ou rester sagement assis, un oeil au-dessus de l'épaule de l'écrivain.
    ll y a sans aucun doute d'autres pistes et d'autres pierres précieuses que je n'ai pas su voir. C'est donc avec un grand intérêt que je lirai vos critiques pour découvrir ce que j'ai raté.
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    • Livres 4.00/5
    Par Guylaine, le 07 janvier 2013

    Guylaine
    Si vous aimez la douceur, la lenteur d'une écriture qui prend son temps pour vous emmener où elle le désire, une écriture qui saupoudre, au passage, un soupçon de fantaisie fantastique, qui joue avec les différents temps du récit, 1Q84 est un livre fait pour vous.
    En ce qui me concerne, à partir du moment où mes yeux ont commencé à cheminer sur les premières lignes de ce bouquin, je n'ai eu de cesse de vouloir aller plus loin, de savoir…
    Je vous avouerai tout de même, que parfois, dans ce livre 3, j'ai trouvé que Murakami tirait un peu trop sur l'élastique de son récit, prenant le risque de lasser son lecteur. Il me fait rêver lorsque les détails de son écriture me permettent de distinguer une tonalité particulière, une couleur atypique, il m'ennuie lorsqu'il m'informe à chaque fois que son nouveau personnage, Ushikawa, va aux toilettes.
    Il n'empêche que j'ai beaucoup aimé cette trilogie !
    Avant de cliquer sur le petit bouton « OK », je voulais partager avec vous cette dernière citation :
    « - Bon. Si vous le voyez vraiment, que ferez-vous sur ce toboggan ?
    - Nous regarderons la lune. »
    http://www.dailymotion.com/video/xvv4yi_jorane-j-ai-demande-a-la-lune_music#.UOspF7bylbt
    (merci Milado, pour m'avoir aidée à trouver ce que je cherchais mal !)
    Enfin, je vous souhaite à tous 明けましておめでとう ( se prononçant : Akemashite omedetô).
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Critiques presse (5)


  • Actualitte , le 26 avril 2012
    Le rythme est fluide, le doux balancement entre rêve et réalité, toujours agréable et enchanteur.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Culturebox , le 04 avril 2012
    Ce troisième livre est encore plus que les deux autres construit et écrit comme un polar.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 15 mars 2012
    D'une histoire à l'autre, Haruki Murakami nous ensorcèle en cousant de fil blanc un récit où l'imagination sert de viatique à un monde perverti - fanatisme religieux, sectes, violences...
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 14 mars 2012
    Murakami quitte « 1Q84 » sur un siège éjectable... sans doute pour se propulser dans un monde plus surprenant encore.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Telerama , le 14 mars 2012
    Plus intimiste, plus secret, ce troisième volet est ­celui de l'enfermement avant l'éclosion.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Bethsabee, le 18 mai 2013

    - L'espoir est le combustible que les hommes brûlent pour pouvoir vivre. Impossible de vivre sans espoir

    - C'était le problème chez les mathématiciens. Quand on abordait des domaines qui ne les intéressaient pas beaucoup, leur mémoire était étonnamment courte.

    - Quand on reste esseulé trop longtemps, ça finit par vous rendre un peu maboul

    - Il va de soi que plus ce que l'on veut savoir est sévèrement protégé, plus le prix à payer est élevé

    - Il aimait la sensation d'accumuler des connaissances dans son cerveau. C'était une habitude qu'il avait acquise quand il était jeune

    - Naturellement, personne ne peut connaître un homme, quel qu'il soit, jusqu'au tréfonds de son coeur
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  • Par Bethsabee, le 18 mai 2013

    - Parfois il le faut. Manger un tas de bons plats, boire à gogo, chanter à tue tête, raconter n'importe quoi

    - Les humains ne sont pas identiques

    - Il y a toutes sortes de façons de penser et toutes sortes de façons de sentir

    - Les hommes sont environnés de mort en vivant
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  • Par Bethsabee, le 18 mai 2013

    - Le sport avait été son point faible

    - La plupart des gens sont incapables de réfléchir avec leur propre tête. Ce sont précisément ces gens là qui ne savent pas écouter les autres

    - Comme toujours, c'est le métier qui façonne les gens

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  • Par Bethsabee, le 14 mai 2013

    - Ce n'est pas aussi simple en réalité de vivre longtemps confiné seul dans un lieu exigu, de ne voir personne, de ne parler à personne. Même si on est solide.

    - La solitude c'est comme un acide qui vous ronge

    - Là ou il y a de l'espoir, forcément, il y a des épreuves

    - C'est parfaitement vrai. Simplement les espoirs sont rares pour la plupart abstraits et les épreuves innombrables et pour la plupart tout à fait concrètes.
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  • Par bookaure, le 12 juillet 2012

    Un soir, alors qu'elle scrutait le jardin sur lequel soufflait la bise, Aomamé s'aperçut brusquement qu'elle croyait en Dieu. Ce fut pour elle une découverte inattendue. Comme si elle sentait que la plante de ses pieds rencontrait soudain un sol ferme alors qu'elle marchait dans des fonds boueux. Ce fut une prise de conscience totalement imprévue, accompagnée d'un sentiment d'incompréhension. Du plus loin qu'elle s'en souvienne, elle n'avait cessé de haïr tout ce qui s'apparentait à Dieu. Pour l'exprimer en termes plus précis, elle avait rejeté les hommes et le système qui s'étaient interposés entre elle et Dieu. Durant une très longue période de temps, elle avait assimilé à Dieu ces hommes et leur système. Les haïr, eux, c'était aussi haïr Dieu.
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Making off lecture et interview d'Emmanuel Dekoninck et de Maia Baran, lors de l'enregistrement du livre audio de 1Q84 -studio 5 /5 à Bruxelles. Decembre 2011Tournage : Vladimir Peeters pour Audiolib








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