> Corinne Atlan (Traducteur)

ISBN : 226403629X
Éditeur : 10-18 (2003)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 300 notes) Ajouter à mes livres
A douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-san, sa petite voisine. Avec elle, il découvre la musique, les sourires complices, les premiers frissons sensuels ... Et puis celle-ci déménage, laissant à son ami le goût amer de l'abandon. Lorsque, trente ans plus tard, elle réa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Lucile, le 08 mars 2012

    Lucile
    La lecture dont je vais vous parler aujourd'hui est assez récente, pourtant elle est déjà assez floue dans mon esprit. Je retrouve une fois encore la sensation de ne pas savoir quoi raconter en commençant la rédaction d'un billet... Eh bien, je vais faire comme d'habitude : dire quelques mots sur la façon dont "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" est arrivé jusqu'à moi...
    Il y a quelques mois, alors que je causais lectures avec ma belle-soeur, elle me parla du roman qui l'occupait alors, et dont elle ne savait pas trop quoi penser ; elle attendait de voir ce que la fin lui réservait. Je connaissais ce titre ; celui-ci, que je trouve très poétique, était d'ailleurs à l'origine de mon envie de lire le bouquin. Et puis "La course au mouton sauvage", du même auteur, m'avait beaucoup plu... Je trouvai ainsi - délicate attention - "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" posé sur le lit qui m'était destiné dans la maison où nous nous croisâmes un peu plus tard, ma belle-soeur et moi, pour les fêtes de Noël. Après l'avoir lu, je partage assez le flottement qu'elle m'avait décrit avoir ressenti...
    Pour commencer, et en finir une bonne fois pour toute avec l'espoir que j'avais de retrouver ce qui m'avait plu dans ma découverte de Murakami, ici, on est bien loin de l'esprit loufoque de "La course au mouton sauvage", et je n'ai pas l'impression d'avoir retrouvé non plus les particularités du style qui m'avaient tant plu. Dans ce roman-ci, je n'ai rien remarqué de spécial dans la façon d'écrire. En le reprenant pour rédiger ce billet, je constate que les phrases sont classiquement construites, équilibrées ; sans tape-à-l'oeil inutile, elles sont cependant raffinées et élégantes, à l'image du narrateur au moment où il nous raconte l'histoire, alors qu'il a monté deux ou trois bars-restaurants d'ambiance où l'on peut écouter du jazz et qui connaissent un franc succès. Notre narrateur, donc, est en même temps le héros du roman : né au cours de la première semaine du premier mois de la première année de la seconde moitié du XXe siècle, il a été nommé Hajime, ce qui signifie "commencement". Mais dans sa famille, le commencement fut aussi d'une certaine manière la fin, puisque Hajime est fils unique ; pour d'aucuns, cela n'aurait pas tellement d'importance, mais notre héros, lui, y voit un aspect fondamental de sa personnalité, quelque chose qui l'écarte des "autres", qui fait que personne ne peut le comprendre qui ne soit aussi fils ou fille unique. Une relation l'a d'ailleurs fortement marqué alors qu'il était enfant : la fréquentation de Shimamoto, une petite fille boîteuse n'ayant, comme lui, ni frère ni soeur. Les deux enfants avaient été éloignés l'un de l'autre à l'orée de leur adolescence par les aléas de la vie ; le roman raconte le bouleversement que produit la réapparition soudaine de Shimamoto dans la vie bien rangée de Hajime.
    Je me rends compte que, dit comme ça, le roman peut avoir l'air palpitant alors qu'il ne l'est pas du tout. Ça ne veut pas dire non plus qu'on s'ennuie, mais simplement qu'on est là dans cet entre-deux qui caractérise si souvent (à mes yeux du moins) la littérature japonaise. Dans ce roman-ci, le flou et l'incertitude proviennent en grande partie du personnage de Shimamoto-san : magnifique jeune femme luxueusement parée à chacune de ses apparitions, elle ne souhaite absolument rien dévoiler de sa vie privée (elle ne peut pas, à l'entendre), disparaît parfois pendant des mois sans donner signe de vie avant de réapparaître comme si de rien n'était, parle en faisant des mystères de tout, élude les questions, affiche des mines impénétrables... Hajime lui-même se demande à plusieurs reprises au cours du roman si elle existe réellement ou si elle n'est que le fruit de son imagination (et nous avec lui, parfois!). Dans le même ordre d'idée, est-elle profondément idiote ou au contraire extrêmement vive et perspicace, difficile à dire... Est-elle escort girl, ou mariée à un richissime homme d'affaires qu'elle n'aime pas et qui la délaisse, ou membre d'une secte, ou...? Toutes les hypothèses sont permises là aussi tant elle se comporte comme une femme "libre" et indépendante sur certains points, mais sur d'autres semble prisonnière de quelqu'un ou quelque chose sur qui/quoi elle n'a aucune prise... D'ailleurs, j'ai trouvé cela un peu "facile" de la part de Murakami, de nous livrer çà et là quelques éléments sans grande importance et qui ne nous permettaient pas de déduire quoi que ce soit quant au passé ou à la situation de Shimamoto-san. En même temps, à la réflexion, je dois admettre qu'Hajime n'en sait pas plus que nous ; du coup, ça aide à comprendre qu'il perde un peu les pédales, le pauvre homme.
    Le roman est donc fait de ces rencontres, soir après soir, au Robin's Nest (l'un des bars de Hajime), entre la belle et mystérieuse Shimamoto-san qui ne boîte plus et le patron attentif qui cherche à rétablir un contact avec elle sans l'effaroucher. Si le retour de Shimamoto fait l'effet d'un cataclysme pour Hajime, en-dehors du bouleversement de son monde intérieur (que le personnage exprime néanmoins de façon très lucide et posée, en essayant de s'expliquer ce qui lui arrive, en décortiquant ses émotions ; par cette verbalisation, on perd d'ailleurs ce qu'il aurait pu y avoir de tension narrative à relater ce chamboulement), rien ou presque ne change en apparence. Les rencontres des amis d'enfance sont chastes et, assis au bar, ils devisent, sur fond d'airs de jazz feutrés, de thèmes existentiels qui (au moins pour Hajime) ne semblent pas les intéresser plus que ça ; le narrateur continue de faire l'amour à sa femme, même s'il lui arrive de plus en plus souvent de penser à Shimamoto-san quand cela se produit ; il continue d'amener ses filles à l'école et va au bureau tous les jours, même s'il n'y fait plus grand-chose... Sa femme, fine, intelligente et surtout amoureuse, se rend évidemment compte que quelque chose ne tourne pas rond, mais là encore, tout sera réglé "à la japonaise" c'est-à-dire sans éclats de voix ou presque et de façon raisonnable...
    Du coup, difficile de dire de quoi parle le livre, ni comment ça se finit... On n'a pas de réponses à la fin : on n'aura fait qu'accompagner Hajime dans un étrange épisode de sa vie sans avoir l'explication non plus de ce curieux événement qui s'était produit alors qu'il était jeune (un inconnu lui avait remis une enveloppe pleine d'argent dans la rue en lui demandant de "ne rien dire" sur il ne savait quoi ; des années plus tard, alors qu'il n'avait jamais touché à cet argent mais souvent vérifié qu'il était bel et bien réel, l'enveloppe avait disparu). On ne saura pas trop non plus pourquoi le personnage d'Izumi (la première petite amie de Hajime, alors qu'il était adolescent) se voit accorder une telle importance dans le roman (elle aussi réapparaîtra, d'ailleurs, et elle aussi de manière assez spectrale, dans un épisode dont on sera franchement en droit de mettre la réalité en doute tant il oscille entre surréalisme et onirisme ; cela m'a rappelé le malaise que j'avais ressenti dans cette scène absurde de Dans la peau de John Malkovitch où le monde entier devient Malkovitch - les gens, les mots, tout). Je pressens qu'il doit y avoir un sens bien précis à donner à ce personnage et à ce qu'il est devenu suite à l'échec de sa relation avec Hajime, mais j'avoue que cela m'échappe...
    Donc, certes, à la fin du livre on aura bien compris le point de vue du (très raisonnable et très responsable) narrateur (et en cela, le roman est très réussi), mais en tant que lecteur, cette posture est quand même sacrément frustrante! Je veux bien que pour avancer dans sa vie, il faille se dire par moments : "J'accepte de ne pas tout comprendre à ce qui m'est arrivé. Ça s'est produit, mais maintenant je dois avancer et ne plus y penser", mais en tant que lecteur, ça revient un peu à se dire : "Ok, ce n'est pas important ; faisons comme si nous n'avions jamais lu ce livre!" Avouez que c'est un peu problématique... En tout cas, ce n'est pas commun!
    Ma conclusion sera donc simple : il m'est fort difficile de conseiller ce roman hors contexte. Si vous aimez les nuances japonaises et ne pas tout comprendre, alors allez-y. Sinon... lisez autre chose! :)
    P.S. : le titre du roman est en partie inspiré d'une chanson que Hajime et Shimamoto écoutaient alors qu'ils étaient enfants, South of the Border, interprétée par Nat King Cole. (La partie "à l'ouest du soleil" est issue, il me semble, d'une réflexion de Shimamoto-san dont je ne me rappelle malheureusement plus la teneur...)

    Lien : http://lameralire.blogspot.com/2012/03/south-of-border.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 21 février 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    L'histoire se déroule au Japon, où deux jeunes adolescents de douze ans se rencontrent sur les bancs de l'école. Shimamoto-san est nouvelle et Hajime, habitant près de chez elle, va être désigné par le professeur pour l'aider à s'intégrer. L'aider d'autant plus qu'elle souffre d'un léger handicap.
    Le courant passe tout de suite entre eux, il faut dire que le fait d'être tous les deux des enfants uniques les rapprochent car à cette époque, c'est assez rare de n'avoir ni frères ni sœurs. Une complicité s'installe rapidement, ils passent des heures à se promener, à écouter de la musique. Leur amitié est telle qu'ils ne se soucient même pas de ce que les autres pourraient penser. Peu à peu, leur amitié évolue mais seulement dans leurs têtes. Dans leurs actes, ils sont encore si jeunes qu'ils n'osent pas.
    Malheureusement, les choses ne vont pas continuer dans ce sens et lorsque la distance les sépare physiquement, elle finit par les séparer totalement. Bien sûr, au début, Hajime fait l'effort de venir la voir dès qu'il le peut mais au fil du temps, il ressent de la gêne, il a peur que les gens se posent des questions sur ce garçon qui vient voir une fille n'étant même pas de son école. Il prend alors ses distances et c'est ainsi que plus de vingt années s'écoulent.
    Entre temps, il rencontre des femmes. Très peu de relations mais des relations intenses, parfois chaotiques. Chaotiques parce qu'au fond, elles ne seront jamais Shimamoto-san. Hajime, durant toutes ces années, est très nostalgique de la relation qu'il avait avec la jeune fille. Certes, il avait trouvé une fille qui lui plaisait mais surtout, il avait trouvé une personne qui le comprenait entièrement, comme s'il avait trouvé son double.
    Mais les années passent et il se rend compte que vivre dans le passé n'est pas une solution, c'est alors qu'il rencontre une femme avec qui il se marie et qui lui fera deux enfants. Une femme attachée et attachante, une femme qui semble l'apaiser et lui apporter la stabilité qu'il ne trouvait pas depuis des années. Une routine agréable semble alors s'être installée jusqu'à ce qu'un « presque » hasard lui fasse croiser la route de Shimamoto-san. Et là, c'est le chamboulement ! Un bouleversement discret mais intense. Pas de sous-entendus entre eux, chacun respectant la position de l'autre, la vie de famille. Pas de séduction, mais à quoi servirait-elle ? Leur histoire est une telle évidence que leurs conversations, même banales, reflètent une très forte intensité.
    Concernant ce livre, mon seul bémol concerne la fin. J'ai beaucoup de mal avec les livres qui finissent sans finir réellement. Et ici, c'est l'impression que j'ai eu en refermant la dernière page. J'aurais préféré une fin tragique plutôt que de ne pas savoir du tout. Alors peut-être l'est-elle mais peut-être pas. Une fin ouverte fait que l'on s'imagine plusieurs alternatives mais ici, elle est encore plus qu'ouverte, ce qui m'a laissé un léger sentiment de frustration.
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    • Livres 5.00/5
    Par yvesmenu, le 29 juin 2008

    yvesmenu
    Univers banal, personnages plats, pas de ressort... du moins au début. le personnage principal est présenté comme un homme ordinaire, égoïste, ayant réussi à trouver sa voie professionnelle grâce à l'aide de beau-papa, beau-papa grâce à une épouse qui lui offre commodité et par agrément, mais sans passion. Bref tout va bien. D'aulleurs il même une BMW, ce qui apparemment a la même connotation au Japon qu'en France.
    Etpuis, tout déraille, doucement d'abord, puis façon TGV. On sent que l'histoire devient dramatique, qu'il va folloir que l'auteur rame pour faire une fin, ca ril nous emmè,e très loin. Puis, petit à petit, voyant que le nombre de pages à lire s'aménuise et qu'on continue de s'éloigner de toute solution logique, on commence à se dire qu'on n'aura pas les réponses, qu'on ne saura pas tout. bref, pour le mode d'emploi, il faudra regarder inetrnet. Et pusi la dernière pagearrive, trop tôt, telmement trop tôt qu'on en est fortement frustré. Et comme on a du mal à s'en sortir, on retse avec ce livre dans la tête pendant des heures, et même des jours. A un moment, très longtemps après (suis-je plus bête que la moyenne?), on comprend finalement qu'on avait fait fausse route. ce qu'on a cru lire n'existait pas. La réalité et le rêve, le fantasme même se sont mélangés. Si tout a disparu, c'est peut-être que rien n'avait été là... Et on se rend compte alors que ce roman n'en est que plus fort. Je l'ai donc relu... et alors, je me suis demandé comment j'avais pu être aussi bêtee t inattentif lors de ma première lecture. Je crois d'ailleurs n'avoir pas été le seul en regardant les commentaires. Toutes les clés sont là, mais ce ne sont pas celles qu'on voulait. La porte qu'on peut ouvrir donne sur un labyrinthe inétreiur et sombre, et non sur un jardin de lumière et de connaissance. Qui était réellement cette épouse? Si ordinaire que celà? Non bien sûr. Cet amour d'enfance, source de vie et de mort. Vraiment du piano à quatre main ou seulement concerto pour la main gauche? Que signifie le visage d'Izumi, qui fait peur aux enfants parceque la vie l'a quitté.On ne l'avait pas compris du premier coup! Qu'est ce qui est vrai, qu'est-ce qui est imaginaire? Je recommande ce livre, très fortement, il faut le lire, et probablement deux fois!!!
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 16 mars 2011

    LiliGalipette
    Roman d'Haruki Murakami.
    Hajime est né fils unique dans le Japon des années 1950. À cette époque, ce n'était pas encore la norme. Hajime grandit dans la certitude qu'il est différent, pas meilleur, mais pas tout à fait conforme. Et il s'en accommode. "J'éprouvais une certaine paix à être moi-même, satisfait de ne pas être un autre."(p. 24) Solitaire par goût, il n'éprouve de plaisir qu'en la compagnie de Shimamoto-san, sa voisine et camarade d'école. Shimamoto-san est jolie, intelligente et pleine de promesses. Les deux enfants partagent une commune passion pour la musique ique et nourrissent vaguement des sentiments amoureux qu'ils n'osent se déclarer. Douze ans, ça leur semble trop jeune.
    Mais les années passent, le lien se défait. Chacun part de son côté. Hajime vit une adolescence et un âge adulte sans éclat, émaillé de quelques liaisons amoureuses qui ne lui laissent qu'un souvenir amer. La trentaine passée, il épouse Yukiko, simple et douce. Ensemble, ils ont deux filles. Enfin, la vie d'Hajime semble prendre son envol. Il dirige deux clubs de jazz qui, à son image, sont intimes et cultivent le goût de la solitude élégante.
    Et voilà que Shimamoto-san retrouve le chemin de son existence. Après vingt ans de séparation, le sentiment est toujours là. Hajime n'a jamais oublié Shimamoto-san et c'est toujours elle qu'il a cherché en toute femme. "Mon attirance allait à quelque chose de plus absolu et de plus intérieur qu'une beauté physique quantifiable ou mesurable."(p. 46) Hajime est sensible à la force d'attraction des femmes. Mais Shimamoto-san est devenue évanescente, inaccessible, mystérieuse et intransigeante. Entre elle et Hajime, il n'y a qu'un amour manqué. Ce n'est même pas une passion impossible. Ce n'est qu'une relation qui est passée à côté de l'existence.
    Celui qui nous raconte son histoire est lourd de douleurs inexprimées et de cris retenus. de s'être retenu de vivre, Hajime ne peut que faire un bilan en demi teinte de son existence. Depuis son enfance en passant par sa morne adolescence jusqu'à ses années d'homme, on le suit en attendant, comme lui, que la flamme prenne. le titre s'explique musicalement mais également médicalement. Hajime n'a pas osé aller au sud de la frontière ni à l'ouest du soleil pour y découvrir les trésors dont il rêvait. Et quand il a osé, il n'était plus temps. Son récit est celui d'un instant trop tard, d'une main qui se referme sur le vide.
    Et c'est également l'expérience que fait le lecteur. le texte de Murakami est fin, très évocateur. Mais il est inachevé, incomplet. Il ouvre des possibles que je n'ai pas eu envie d'explorer parce que les possibles passés ont avorté, que toutes les questions posées ont été soufflées sans même être considérées. le texte s'illustre en une phrase : " 'Quelque temps', ça peut paraître très long à quelqu'un qui attend. [...] Et le mot 'peut-être' pèse aussi d'un poids incommensurable." (p. 177) le texte de Murakami se situe exactement entre le quelque temps et le peut-être.
    Haruki Murakami est le traducteur japonais de John Irving et Francis Scott Fitzgerald. Rien que cela aurait suffit à me le rendre sympathique. Mais j'avais déjà lu son Kafka sur le rivage qui m'avait enchantée au-delà de toute mesure. Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, court roman intimiste, est loin d'être déplaisant mais il laisse un goût d'infini trop amer. Il me faudra lire d'autres textes de l'auteur.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/03/16/20627501.html
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    • Livres 5.00/5
    Par michelekastner, le 13 avril 2012

    michelekastner
    Hajime est fils unique, ce qui est exceptionnel dans la petite ville où il réside. Dans son école, il se lie avec Shimamoto-San, elle aussi fille unique. Ils passent de longues après-midis ensemble à écouter de la musique classique ou du jazz. Il part poursuivre ses études à Tokyo, ouvre deux bars branchés de jazz, se marie. Sa vie est agréable, mais il se sent "à côté" de la vie. Celle-ci n'est pas celle qu'il souhaitait. Il se sent récupéré par la société capitaliste qu'il combattait alors qu'il était étudiant. Shimamoto-san réapparaît un soir dans son bar, il est subjugué, elle est énigmatique et ne lui dévoile que peu de choses de son existence. Elle réapparaît plusieurs fois après de longues absences; Elle devient obsession. Tout est poésie, nostalgie, rêves perdus, illusions, renoncement, fraîcheur aussi et désir de revenir au temps de l'innocence.. On flotte dans une ambiance parfois surréaliste et on songe à "Casablanca" ou "in the Mood for love". le sud de la frontière est une chanson de Nat King Cole et l'Ouest du soleil évoque une maladie sibérienne qui touche les paysans qui partent vers l'ouest et meurent d'épuisement.
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Citations et extraits

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  • Par Fleur, le 15 juillet 2008

    Pour certains faits, on détient la preuve tangible qu'ils ont eu lieu. Notre mémoire et nos impressions sont trop incertaines, trop générales pour prouver à elles seules leur réalité. Jusqu'où des faits que nous tenons pour certains le sont-ils? A prtir d'où deviennent-ils seulement des faits que nous tenons pour "réels"? Dans la plupart des cas, il est impossible de faire la différence. Pour nous assurer que ce nous considérons comme la réalité l'est bien, nous avons besoin d'une autre réalité qui nous permette de relativiser et qui, elle-même, a besoin d'une autre réalité pour lui servir de base. Et ainsi de suite, jusqu'à créer dans notre conscience une chaîne qui se poursuit indéfiniment. Il n'est sans doute pas exagéré de dire que c'est dans le maintien de cette chaîne que nous puisons le sentiment de notre existence réelle. Mais que cette chaîne vienne à être brisée, et immédiatement nous sommes perdus. La véritable réalité est-elle du côté du chaînon brisé, ou du côté où la chaîne se poursuit?
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  • Par sentinelle, le 01 janvier 2011

    Il me semble que j’ai toujours essayé d’être quelqu’un d’autre. Il me semble que j’ai toujours voulu aller vers des gens et des lieux nouveaux et différents, pour m’inventer une vie nouvelle, devenir un être au caractère différent.
    […] Mais pour finir, je ne suis arrivé nulle part. Je suis demeuré moi-même. Mes défauts restaient irrémédiablement les mêmes. Les paysages avaient beau changer, les échos, les voix différer autour de moi, je n’étais toujours rien d’autre qu’un être humain imparfait. J’avais les mêmes manques en moi, qui suscitaient une violente avidité d’autre chose. Une soif et une faim insatiables me torturaient, comme, certainement, elles continueront de le faire. Parce que, en un sens, ces manques font partie de moi-même. Je le sais maintenant.
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  • Par pyrostha, le 25 février 2011

    Moi,pourtant,j'étais un enfant unique.J'en ressentis un complexe d'infériorité tout au long de mon enfance.Mon existence avait une particularité: j'étais privé d'une chose que les autres possédaient et considéraient comme naturelle .

    Cette expression (fils unique) était comme un doigt tendu vers moi pour me dire:"tu es un être incomplet"

    Dans l'école que je fréquentais,les enfants uniques étaient si rares que je n'en rencontrai qu'un seul au cours de mes six années de primaire
    J'ai donc gardé d'elle (c'était une fille) un souvenir particulièrement vivace.Nous devînmes vite les meilleurs amis du monde .Nous parlions beaucoup.Nous nous comprenions.Je crois même que j'étais amoureux d'elle.

    Il me semble que j'ai toujours essayé d'être quelqu'un d'autre. Il me semble que j'ai toujours voulu aller vers des gens et des lieux nouveaux et différents, pour m'inventer une vie nouvelle, devenir un être au caractère différent.
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  • Par xavier3, le 16 octobre 2009

    "En écoutant cette mélodie belle et légère, je me rappelais toujours cette période de ma vie. On ne peut pas dire que j'étais très heureux alors. Pourtant, le souvenir de cette époque m'emplissait de nostalgie. j'étais plus jeune, plus affamé, plus solitaire que maintenant. mais j'étais vraiment moi-même. A cette époque, je ressentais en profondeur chaque note de musique que j'écoutais, chaque ligne des livres que je lisais, comme si elles pénétraient intimement en moi."
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Je suis né le 4 janvier 1951. La première semaine du premier mois de la première année de la seconde moitié du XXème siècle. Cette date de naissance significative me valut d'être prénommé Hajime, ce qui signifie "commencement". Cela mis à part, aucun évènement notable n'accompagna ma venue au monde. Mon père était employé dans une société de courtage, ma mère était une ordinaire femme au foyer. Mon père mobilisé pendant la guerre dans un contingent d'étudiants, avait été envoyé se battre à Singapour. A la fin des hostilités, il était resté interné quelques temps dans un camp de prisonniers. La maison de famille de ma mère avait complètement brûlé à la suite d'une attaque aérienne par un B29, la dernière année de la guerre. la génération de mes parents avait beaucoup souffert de cet interminable conflit."
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