> Sylvain Cardonnel (Traducteur)

ISBN : 2877308464
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2006)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
" Et toi, tu sais pourquoi Van Gogh s'est taillé une oreille ? " C'est par cette énigme que Miyashita, le je fragile de l'histoire, va se laisser entraîner dans un autre jeu - qui lui sera fatal - de relations sadomasochistes. Aspiré malgré lui par la recherche vertigin... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (7)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 30 décembre 2007

    Woland
    Ecstasy
    Traduction : Sylvain Cardonnel
    "Ecstasy" constitue la première partie des "Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort." Dans les deux livres qui lui font suite, "Melancholia" et "Thanatos" qui vient de sortir en France, on retrouve l'énigmatique personnage de Yazaki, "le Maître."
    Je place ici la partie la plus dérangeante de l'oeuvre de cet auteur car, toutes proportions gardées, on peut comparer certains de ses textes à ceux du marquis de Sade avec cette différence que Murakami Ryû en fait une véritable réflexion sociale sur l'influence de l'Occident et surtout de l'Amérique sur le mode de vie japonais.
    Du Japon, "Ecstasy" a l'élégance mais aussi la cruauté. Bien que ce livre conte l'histoire d'une déchéance par les drogues et le sexe, rien n'y évoque le galop apocalyptique qui scande par exemple "American Psycho." Tout ici est pesé, lent et solennel : le mot "rituel" y est d'ailleurs souvent utilisé.
    Tout commence pour le héros par cette phrase que, dans le quartier du Bowery, lui lance un SDF parlant un japonais impeccable :
    "Eh ! toi, tu sais pourquoi Van Gogh s'est coupé l'oreille ?"
    Miyashita va alors se lier avec cet étrange clochard qui lui conseille, une fois rentré au Japon, d'appeler un certain numéro de téléphone. Déjà trop attiré par l'Inconnu, Miyashita suit ses directives et rencontre Kataoka Keiko, une femme d'un âge indéterminé mais extrêmement belle, laquelle lui conte une partie de l'histoire du SDF dont il apprend enfin l'identité : Yazaki.
    C'est lors de cette rencontre que Miyashita commence à perdre pied. Chez lui, le "Moi", probablement trop fragile, ne rêve plus que de se disperser dans un "Autre" que la prise de drogues comme la cocaïne mais aussi l'Ecstasy, encouragée par Kataoka Keiko, morcelle encore plus. Là-dessus se greffe la révélation de sa personnalité masochiste qui n'aspire plus qu'à lécher les pieds de Keiko afin de parvenir à la jouissance. Bref, au gré des descriptions des rituels SM jadis pratiqués par Keiko avec Yazaki et une deuxième partenaire, Reiko (qui ne cessera d'appeler Yazaki "le Maître" pendant l'entretien final que Miyashita aura avec elle à Paris), le héros bascule dans la négation absolue de sa personnalité.
    La phase terminale sera son asservissement consenti à un travail de "mulet" pour Keiko et Yazaki puisqu'il acceptera d'avaler des préservatifs bourrés de cocaïne à Paris et de les faire passer au Japon pourvu que Keiko s'occupe personnellement de les lui faire "restituer."
    Je ne vous dirai rien de la fin, si ce n'est qu'elle est atroce.
    "Ecstasy" constitue d'ailleurs un curieux mélange d'atrocités tranquillement et minutieusement décrites et de réflexions sur le "Moi" et ses tendances suicidaires, le tout nimbé d'une aura de fatalité. Certes, on croit comprendre que Miyashita était prédestiné à ce genre de chute et pourtant ... pourtant n'aurait-il pas pu se maîtriser ? Lui-même, qui est aussi le narrateur de ce roman, note souvent le désir qu'il a de tout laisser tomber, de reprendre le bon chemin. Mais ...
    Et c'est ce "mais" qui fait de ce roman, au demeurant écrit sans complaisance aucune dans les scènes sexuelles pourtant hard, une oeuvre dérangeante, à ne pas placer, à mon sens, entre toutes les mains. Jusqu'au bout de cette descente aux Enfers, le lecteur ne sait ce qui l'emporte en lui, de la fascination ou de l'horreur. N'est-il pas en effet un voyeur, aussi coupable en un sens que Keiko et Yazaki - peut-être plus même, qui sait ? ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par ZetaZeta, le 29 mars 2010

    ZetaZeta
    J'ai arrêté ma lecture à plus de la moitié du livre. Franchement je me sens partagée. L'écriture a tendance à me déplaire (mais je veux bien croire que la traduction y soit pour quelque chose), je la trouve très froide et parfois faussement "poétique" (toutes les descriptions de type "sa voix m'évoquait quelque chose, elle me semblait glaciale, mais non, "glacial" n'est pas le bon mot, blablabla" m'irritent un peu). Ça manque de subtilité je trouve. Quant au contenu, je pensais vraiment que ça allait me plaire, cette réflexion sur la sexualité, le sadomasochisme, la quête du plaisir... Et finalement, c'est vraiment trop glauque pour moi, glauque pour être glauque, sans réel questionnement sur ces pratiques. Ayant lu (et beaucoup aimé) Les bébés de la consigne automatique et Lignes du même auteur, je suis plutôt déçue.
    Mais n'ayant pas terminé le livre, mon avis ne peut pas être définitif. Je reprendrai peut-être ma lecture, par curiosité.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par claudia1506, le 05 avril 2012

    claudia1506
    J'ai eu l'envie de refermer ce livre à plusieurs reprises tant certaines scènes étaient... peu engageantes...au début. Mais je me suis étonnée devant mon envie de répondre à une question : Pourquoi persiste-t-il à vouloir en savoir plus ? Et, à mon grand étonnement, j'étais prise dans le piège...je voulais savoir moi aussi. J'étais, un peu, comme Miyashita mais les questions n'ont pas eu de réponses. La recherche du plaisir, le pouvoir exercé par Keiko, la descente vers le SM, la drogue, rien n'explique mais tout est dit....vraiment tout et là, Je me suis cramponnée au livre...pour ne pas le lâcher, pour continuer cette lecture pour aller vers une compréhension de cette descente. le soulagement pouvait se lire sur mon visage quand j'ai enfin pu fermer ce livre en l'ayant terminer.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par marianne, le 27 mars 2010

    marianne
    Ecstasy (1993) est le troisième livre de Ryû Murakami que je lis, après "Kyoko" et "Les bébés de la consigne automatique". Il est le premier tome de la trilogie intitulée "Monologues sur le plaisir, la lassitude et la mort", les tomes suivants étant Melancholia (2000) et Thanatos (2005).
    Dès les premières pages de l'histoire, le style fluide de l'auteur est très agréable à lire et le personnage principal, Miyashira, n'est pas sans rappeler ceux de Haruki Murakami (quelqu'un de plus ou moins ordinaire - les héros de Murakami ne sont jamais tout à fait ordinaires ! - à qui il arrive quelque chose d'extraordinaire).
    Ici, l'élément perturbateur consiste en la rencontre de Miyashita avec un SDF d'une rue de New-York, qui lui demande "Et toi, tu sais pourquoi Van Gogh s'est taillé une oreille ?". le SDF lui donne alors un numéro de téléphone en lui disant d'appeler pour recevoir de l'argent. A son retour au Japon, il téléphone et parviendra à rencontrer sa mystérieuse interlocutrice, Keiko.
    Ce roman commençe de façon assez soft, mais tombe vers le tiers dans des descriptions sado-masoch!stes (pour 2/5 du roman). En achetant ce livre, j'ai davantage pris en compte le nom de l'auteur que le résumé, lu en diagonal, je ne m'attendais donc pas à ça ! J'ai toutefois continué (et j'ai eu raison), la suite du livre nous faisant voyager jusqu'à New-Tok (une deuxième fois) puis Paris.
    C'est bien écrit, même si le thème ne m'intéressait pas vraiment, j'ai aimé cette lecture. J'ai d'ailleurs déjà acheté le deuxième volet de cette trilogie ! C'est addictif... j'aime cet auteur ! Il ne laisse pas indifférent.
    Donc, à lire si vous aimez l'auteur (mais si vous ne le connaissez pas, je déconseille pas de commencer par celui-là !), mais à ne pas mettre entre toutes les mains !

    Lien : http://les.lectures.de.bill.et.marie.over-blog.com/article-22088087...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Azalyaa, le 07 janvier 2010

    Azalyaa
    Roman qui traite du thème préféré de Murakami, l'évolution de la jeunesse japonaise.
    Ce roman est bien ficelé et bien rythmé. Il est cependant difficile de lire les passages sur les rapports sexuels masochistes. La déchéance du personnage principal est très bien décrite et très représentative du style de Murakami.
    Très bon livre.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Ecstasy par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (82)

> voir plus

Quiz