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Critiques sur La Fin des temps (15)


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    • Livres 4.00/5
    Par joedi le 26/11/2011


    Deux histoires en parallèle, en alternance chapitre après chapitre, l'une « Pays des merveilles sans merci », l'autre « La fin des temps ».
    Dans les chapitres « Pays des merveilles sans merci », le personnage principal est un informaticien hors pair de la Société System. Il a été formé et « mis au point » par le savant chez qui il se rend – début de l'histoire – qui se terre dans les souterrains d'un immeuble dont l'ascenseur, d'une lenteur extrême, le conduit d'abord à un étage supérieur où l'accueille étrangement la petite fille du savant. Elle lui donne des consignes des plus bizarres pour atteindre les souterrains dans lesquels se trouvent les laboratoires du savant.
    Notre informaticien se trouve être « l'objet » d'une guerre de l'Informatique qui divise la Société System et les pirates de la Société Factory.
    Dans les chapitres « La fin des temps », le personnage principal entre dans une ville très étrange, cernée de hautes murailles, de laquelle on ne peut sortir. Les habitants sont séparés de leur ombre, une des caractéristiques étrange de cette ville. Notre personnage principal a pour mission de lire les vieux rêves, enfermés dans des crânes de licornes dans la bibliothèque.
    Points communs : nos deux personnages sont, chacun dans leur monde, amoureux de la bibliothécaire, de plus, l'informaticien va recevoir, du savant, un crâne de licorne tandis que le liseur de vieux rêves lit ceux-ci dans les crânes des licornes de la bibliothèque de la ville de « La fin des temps ».
    Dans ce roman, Haruki Murakami nous surprend, comme toujours, nous fait vivre dans un univers futuriste et aborde une Fin du monde des plus étrange.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par solasub le 19/01/2012


    Il est quelques auteurs dont chaque livre est une rencontre, rencontre amicale ou amoureuse, c'est selon, qui ajoute à votre vie de nouveaux liens, un passé commun et intime et redessine votre réalité. Murakami bien sûr est de ceux-là, et votre vie et le monde ne sont plus jamais exactement les mêmes après la lecture d'un de ses romans.
    Mais bien entendu, il ne s'agit pas d'un bouleversement, d'un raz de marée : de tels mouvements lui correspondraient bien peu. Seulement un léger déphasage des choses, une vibration sourde, un tremblement du réel, l'apparition de brisures dans ce qui vous semblait coïncider, et de coïncidences soudaines entre ce qui vous semblait pourtant jusqu'ici appartenir à des sphères irrémédiablement distinctes. Murakami réinvente le monde et le métamorphose, ce qui est justement la définition du poète.
    J'ai commencé "La Fin des temps" ce soir, et une nouvelle rencontre se produit, qui s'annonce aussi belle et troublante que l'ont été par exemple "Kafka sur le rivage" ou "Chroniques de l'oiseau à ressort". Une rencontre pourtant différente, unique à chaque fois.
    Lewis Caroll, Borges, le Bradbury de "La solitude est un cercueil de verre" (un livre adoré) : "La Fin des temps" se rapproche de ces univers, plus immédiatement étrange que dans ses autres romans.
    Je savoure ce moment unique du premier rendez-vous, me précipitant avec délices dans les heures à venir, appréhendant déjà le moment où elles seront achevées.

    […]
    Ce roman, je l'ai fini la nuit dernière, vers 04h30 du matin (pas très raisonnable tout ça). Ce sont les lectures que je préfère, celles des nuits blanches, celles à perdre haleine, s'user les yeux, celles qui renouent avec l'adolescence et ses lectures interdites que l'on poursuit bien après l'heure du couvre-feu. Celles aussi qui me permettent d'oublier mon métier, après des années de fac et d'enseignement où on ne lit plus que le crayon à la main et des analyses structuralistes en tête.
    Et donc le roman est fini, et comme toujours il y a ce sentiment délicieux et ambigu de plénitude et de frustration.

    Il s'y ajoute le sentiment particulier que laisse tout roman de Murakami: le coeur en suspens et égratigné, car oui, bien sûr, il ne saurait y avoir de "happy end" ni même d'achèvement. Je me suis souvent dit que la beauté de l'œuvre de Murakami, et son courage, résidaient en grande partie dans ses fins qui "malmènent" le lecteur et lui laissent au cœur une plaie ouverte, lui refusant l'apaisement des dénouements topiques et l'illusion rassurante d'une réponse.
    Peu de romanciers en sont capables.

    Je ne vous parlerai pas ici de l'intrigue, ni de sa construction, ni même du thème du livre. Sans doute la lassitude de la prof de Lettres. Mais aussi, et plus sûrement, car ce ne serait pas l'essentiel. J'ai envie de parler d'autres choses, ce qui serait pourtant aussi parler de ce livre ; ou plutôt, de faire parler d'autres que moi.

    Tout d'abord mon ami D., qui m'a laissé la dernière fois ce très beau commentaire :
    « Très belle évocation de l'univers de Murakami. Un univers où, comme tu l'écris si justement, le fantastique est plus un filigrane du quotidien qu'une rupture avérée dans l'ordre des choses. Un instant de distraction, de relâchement, et voilà que la réalité échappe à notre logique pour se réinventer dans un intervalle qui est celui de la poésie dans ce qu'elle a de plus absolu.
    Pour revenir à "La Fin des temps", j'ai acheté ce roman il y a quelques mois mais je ne l'ai pas encore lu. Je crois que j'attendais le moment propice. Chacun des rendez-vous que j'ai avec Murakami est tellement particulier que je ne voudrais surtout pas le manquer!
    PS: "La solitude est un cercueil de verre", quel roman! Depuis que je l'ai lu il n'a jamais cessé de me hanter. »

    Je trouve cette expression particulièrement juste : "Un instant de distraction, de relâchement, et voilà que la réalité échappe à notre logique pour se réinventer dans un intervalle qui est celui de la poésie dans ce qu'elle a de plus absolu."

    Ensuite Thomas Mann, dont "La montagne magique" a suscité en moi une émotion très proche de celle de l'univers de "La fin du monde", bien que ces romans paraissent en théorie très différents.
    Une émotion que je pourrai dire par ces vers d'Aragon:

    "Le ciel était gris de nuages
    Il y volait des oies sauvages
    Qui criaient la mort au passage
    Au-dessus des maisons des quais
    Je les voyais par la fenêtre
    Leur chant triste entrait dans mon être
    Et je croyais y reconnaître
    Du Rainer Maria Rilke.

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent."

    Enfin Apollinaire "J'ai tout donné au soleil/ Tout sauf mon ombre".
    Ce motif de l'ombre dans "La fin du monde", qui réactualise le mythe d'Orphée, est tout simplement magnifique.

    Tout ceci doit sembler quelque peu décousu. Sans doute les effets secondaires de ma nuit presque blanche et de la prose de Murakami.



    Lien : http://solasubnocte.blogspot.com/

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par calimaq le 29/12/2008


    Dans ce roman, Murakami se permet un mélange des genres périlleux qui déroute au premier abord, mais qui s'avère fonctionner à merveille.
    L'histoire est construite autour de deux fils narratifs entrecroisés, dépeignant chacun un monde différent.
    Dans le premier, nous nous retrouvons dans un Tokyo légèrement futuriste, parsemé d'éléments cyberpunk (une guerre de l'informatique oppose deux grandes sociétés) et d'horreur à la Lovecraft (des créatures innomables rôdent dans les ténèbres des souterrains de la ville). Un pauvre type très banal, programmeur de son état, se retrouve entraîné malgré lui dans le conflit qui opposent les deux sociétés après avoir rendu visite dans les souterrains à un professeur se livrant à des expériences farfelues.
    Dans l'autre monde, un jeune homme ayant oublié son passé arrive dans une ville cernée de hautes murailles. L'ambiance est crépusculaire, légèrement fantasy (la ville abrite un troupeau de licornes). le jeune homme découvre les règles de cette ville, qui semble à la fois parfaite et cruelle.
    Entre ces deux univers que l'on suit en parralèlle s'établissent des correspondances qui laissent penser qu'un lien les unit. Sur les deux pèse une menace, peut-être la fin du monde ?
    Personnellement, j'ai trouvé qu'il s'agissait du meilleur Murakami que j'ai jamais lu. On retrouve les thématiques qui lui sont chères, comme le sentiment de perte ou l'accumulation des remords et comme toujours avec lui, la fantaisie des univers n'est qu'un prétexte pour plonger dans la psychologie des personnages.
    A essayer d'urgence.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zorazur le 28/10/2011


    Le livre qui m'a fait découvrir Murakami. et qui depuis est pour moi resté son chef d'oeuvre, malgré tout ce que j'ai lu depuis de cet auteur hors norme. Je n'arrive pas à expliquer pourquoi jen reviens sans cesse vers ce livre. Son coté fantastique ? ce mystère vers lequel on avance progressivement, en passant d'un chapitre à l'aure, d'un héros à l'autre, jusqu'à la révélation et la levée du voile ? cette assurance que tous on a quelque part au fond de nous un univers qui n'appartient qu'à nous, une ville parfaite, une plage de sable d'or ? et pourtant il est triste son univers, et pourtant on ne parvient jamais à savoir si cette fille un jour pourra l'aimer. malgré cela on y plonge dans sa ville et on en redemande. Entre les deux histoires parallèles, mon coeur allait parfois vers l'une parfois vers l'autre. Entre le monde réel et ma plage de sable d'or...

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par clarinette le 04/07/2008


    Un roman long (et écrit petit !), mais une fois que je l'ai eu en main , je n'ai eu aucune envie de le lâcher. Je l'avais déjà beaucoup aimé il y a plusieurs années, et j'en avais gardé un excellent souvenir, je l'ai retrouvé avec autant de plaisir cette fois-ci. Dès les premières lignes, une atmosphère étrange s'installe et on est saisi par le suspense. L'intrigue va de rebondissements en rebondissements. Certains passages seraient dignes des aventures d'Indiana Jones (grottes obscures habitées par des sangsues et des créatures horribles) !

    Deux histoires sont racontées en parallèle pour se rejoindre à la fin...

    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-833346.html

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par AmandineMM le 01/11/2011


    Malheureusement, pour moi, cette lecture n'a rien eu de palpitant, elle a même été plutôt pénible. Je l'ai tout d'abord très mal commencée en lisant la préface : celle-ci était très intéressante et fournissait quelques clés de lecture, mais m'a révélé tout le dénouement avant même que je ne commence le roman. [Je vous conseille donc de la lire plutôt en tant que postface] Par la suite, je me suis rendu compte que j'aurais assez vite compris le nœud de l'intrigue, même sans ce spoiler indésirable, tant les indices étaient nombreux et flagrants.

    Ensuite, j'ai mis près de 200 pages (environ 1/3 du roman) à « rentrer » dans ce récit à deux narrateurs. le premier est celui auquel le plus long temps de parole est accordé dans chaque chapitre et, pour mon malheur, celui que j'appréciais le moins. Dans ce pays des merveilles sans merci, deux organisations règnent et se livrent une bataille de l'information au centre de laquelle cet informaticien va se trouver mêlé, bien contre son gré. le style de ses chapitres (j'ignore si c'est dû à la traduction ou si c'était la volonté de Murakami) m'a semblé insupportable à plusieurs reprises : les mêmes idées sont souvent répétées plusieurs fois, sans doute pour montrer la confusion des pensées du personnage (cf. le début du roman), et je déteste cet effet narratif. le second narrateur, quant à lui, vit dans le lieu dit de la fin du monde : univers parfait d'où tout sentiment venant du cœur a été banni. J'ai davantage apprécié cette partie du roman dont je pouvais au moins imaginer les décors, à défaut de m'attacher à l'un des personnages.

    Une fois ces 200 pages passées, le rythme du récit s'accélère, et j'y ai enfin accroché : on découvre notamment qui sont ces deux narrateurs et quels sont les liens qui les lient. de plus, une course contre la montre et une forme d'aventure se mettent en place, rendant enfin ce texte palpitant comme l'annonçait la présentation de l'éditeur.

    Dans le dernier tiers, que j'ai trouvé un peu longuet, la cadence ralentit à nouveau pour relater des moments plus calmes et sereins. J'ai apprécié lire ces derniers moments, pleins de douceur après les duretés précédentes, même si d'après moi, certains détails, comme la mention de chaque passage du narrateur aux toilettes, auraient pu être omis. Enfin, si je n'avais pas lu la préface, j'aurais sans doute été surprise par la décision finale du second narrateur.

    Finalement, je retiendrai de ce roman une série de questions plus ou moins dérangeantes, en partie suscitées par la préface. Je conseille ce livre aux amateurs de science-fiction et de dystopie, en espérant qu'il vous sera moins pénible qu'à moi.


    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2011/10/la-fin-des-temps-haruki-murakam..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par jcnb68 le 04/10/2011


    L'on ne lit par Murakami comme l'on jouerait une partie d'Uno.
    Ça, j'en suis bien conscient.
    Mais chacun possédant ses propres limites, ce livre en est venu très tôt au bout des miennes.

    Je le trouve tordu et laborieux, manquant de la poésie profonde dont l'auteur à le secret. le livre se veut une critique de la société humaine, pas forcement actuelle, sinon une critique de l'âme humaine en général.
    Pas de problème, comment pourrait-on être en désaccord ?
    Mais est-il besoin de nous torturer l'esprit à ce point ?

    Je crois qu'Orwell est bien plus talentueux à ce niveau.

    J'ai eu toutes les peines du monde à en venir à bout, et pourtant, je suis un inconditionnel de l'auteur.

    Si vous avez, malgré tout, l'intention de vous lancer dans ce périple, je vous souhaite tout le courage du monde.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par RatonLaveur le 23/11/2008


    "La Fin des temps" de Haruki Murakami. Un petit chef d'oeuvre, déstabilisant, qui ne ressemble à aucun autre roman. Un auteur à découvrir …!!!! J'ai sur ma table de chevet son succès actuel : "Kafka sur le rivage".
    Une créativité hors de l'ordinaire, un roman inclassable, un style qui dérange, qui déstabilise ...
    Quel bonheur de découvrir cet auteur; c'était une récréation, même plus, une journée de "foxage" … Mais quelle créativité !!!

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par picaudelles le 04/10/2011


    Une fois entrée on va jusqu'au bout difficile d'en sortir

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Walktapus le 23/08/2011


    Ce roman mélange deux récits. D'un côté un narrateur vivant dans une grande ville des années 80 (Tokyo, mais pourquoi la nomme-t-il ?) se trouve impliqué dans une machination mettant en scène une grosse corporation, des hackers, un savant fou et sa fille, une bibliothécaire, deux truands, des sangsues et un peuple de monstres souterrains. de l'autre, un narrateur arrive dans une curieuse ville de La Fin des temps, décor surréaliste où il doit se séparer de son ombre et "lire des vieux rêves dans des crânes de licorne". Les deux trames se rejoignent à la fin.

    Le roman mélange les genres sans aucun état d'âme. Il vaut surtout par le sentiment d'étrangeté qui s'en dégage, et par le point de vue subjectif particulier du narrateur, servi par un style prenant sans éclats, tout ça dégageant beaucoup d'originalité, et qui m'ont séduit.

    Mais sur la longueur, je me suis lassé de cette histoire. du point de vue narratif l'histoire est décousue. J'ai lu le dernier quart en lecture rapide en espérant qu'elle se recouse, mais non, dehors des deux récits qui se rejoignent, mais on a deviné depuis le début comment ils s'articulaient. Plus trace des deux truands par exemple. L'auteur n'essaie pas de rendre le récit crédible, ni les théories scientifiques balancées ça et là. Par moments ça m'a fait penser aux "et puis on n'a qu'à dire que" des jeux enfantins. Ca fait peut-être partie du charme de l'oeuvre, mais non.

    Et puis tous les apartés agaçants sur les films, la musique ou les romans favoris de l'auteur, ah lala. Bref tout ça a fini par m'agacer. J'ai bien perçu la critique de l'homme moderne solitaire asservi à un système déshumanisant et coupé de son coeur, mais ça n'a pas suffi à m'accrocher. Bref ce roman n'était pas pour quelqu'un qui aime les histoires prenantes, les personnages épais, les univers bien charpentés ou les intrigues finement ficelées.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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