> Patrick De Vos (Traducteur)

ISBN : 2020562286
Éditeur : Seuil (2002)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
A Tokyo, un jeune cadre publicitaire mène une existence tranquille. Il est amoureux d’une jeune fille par fascination pour ses oreilles, est l’ami d’un correspondant qui refuse de lui donner son adresse pour de confuses raisons..., jusqu’au jour où cette routine confort... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Hitsuji wo meguru bōken
    Traduction : Patrick de Voos
    Terminé aujourd'hui "La course au mouton sauvage" dont on peut se demander, par une réflexion de l'Homme en Noir un peu avant l'épilogue, s'il ne serait pas plus exact de l'appeler : "La sauvage course au mouton."
    Et c'est un livre pas-sion-nant ! Une petite merveille de récit à la fois insolite et initiatique qui, à partir du début de la "course", flirte carrément avec le fantastique. Mais un fantastique diffus, fidèle à une certaine tradition japonaise, un fantastique poétique et doux, avec des pointes de cruauté mélancolique.
    Tout bien sûr débute de façon banale avec un narrateur de 36 ans qui vient de divorcer et qui traîne à Tôkyô une existence de publicitaire aisé mais désabusé. On peut croire longtemps à une histoire d'amour un peu semblable à celle de "La Ballade ..." jusqu'au moment où notre narrateur se voit convoqué par l'Homme en Noir, mi-conseiller politique, mi-yakusa, dévoué secrétaire du Maître, ponte moribond de l'Extrême-droite japonaise.
    Avant de prendre son envol vers les hautes sphères du pouvoir, à la fin des années 30, le Maître n'était qu'un jeune homme tout à fait banal. Mais, à partir de l'an 1937, il s'est mué en un leader incontesté et incontestable. Pourquoi ? La réponse est toute simple : parce qu'un mouton - pas n'importe quel mouton, bien sûr - s'est emparé de son esprit. Mais le corps du Maître étant arrivé sur la fin, le mouton-parasite vient de le quitter, en quête d'un nouvel hôte. Et ce que l'Homme en Noir exige du narrateur - pour certaines raisons que je vous laisse découvrir - c'est qu'il déniche ce fameux mouton - et éventuellement le nouveau corps qu'il a choisi.
    Comme le fait lui-même remarquer le narrateur lors de son entretien avec l'Homme en Noir, l'histoire est complètement absurde et pourtant, quelque chose fait qu'on la sent authentique ...
    Autant parce qu'on lui force la main que parce qu'il est lui-même taraudé par la curiosité, notre héros accepte donc la "mission" dont on veut à tous prix le charger. Et il part en quête, accompagné par sa girl friend, une jeune femme aux oreilles d'une beauté délicate qui, en parallèle de ses activités de correctrice pour une obscure maison d'édition et pour une agence de mannequins spécialisée dans les photos ... d'oreilles, travaille aussi comme escort-girl.
    En sortiront-ils indemmes ? Physiquement, oui. Moralement, c'est autre chose.
    Quoi qu'il en soit, à l'image d'une bonbonnière japonaise dont on se demande en vain pourquoi on n'accepterait sous aucun prétexte de se séparer d'elle, ce livre a quelque chose d'exquis et même d'envoûtant. Aux antipodes de "La Ballade ..." (qui m'avait laissée un peu sur ma faim ...), il laisse présager chez son auteur une grande faculté de renouvellement, qualité à mon avis trop rare dans le roman actuel. N'hésitez donc pas à vous faire votre propre idée sur la question : lisez "La course au mouton sauvage" ! ;o)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yokai, le 20 décembre 2011

    yokai
    Haruki Murakami est un grand auteur japonais. Ses romans se caractérisent pas l'insinuation du fantastique, bien souvent poétique, dans le quotidien des personnages. Il surgit incidemment, sans que l'on sans rende vraiment compte, un peu comme quelque chose qui nous paraît bizarre mais que l'on ne remarque pas tout de suite. Puis, petit à petit, il prend de l'importance et devient prépondérant dans l'histoire. N'allez pas croire pour autant que c'est là, et uniquement là, que réside l'intérêt de ses romans. le quotidien, qui chez d'autres peut être insignifiant et ennuyeux, est souvent particulièrement intéressant et agréable à lire — je suis convaincu qu'il y a beaucoup à apprendre de cet auteur sur ce point. C'est certainement lié aux détails, aux ambiances, reconnaissables entre milles, qu'il parvient à dépeindre. On se sent tout de suite parfaitement à l'aise et on prend beaucoup de plaisir à boire une bière ou à préparer un repas en compagnie de l'un des personnages. A rêver avec eux et à basculer peu à peu dans l'autre monde.
    C'est exactement le cas de ce livre. L'auteur nous propose de vivre une aventure au côté d'un publicitaire qui va être confronté à une drôle d'histoire, une véritable quête à la recherche d'un mouton !
    Je suis un grand amateur des oeuvres de Murakami mais je pense que ça ne doit pas être la cas de tout le monde. Je suis très sensible à sa façon d'écrire et j'apprécie beaucoup l'originalité de ses romans. Celui-ci est particulièrement prenant et flirte avec le fantastique jusqu'à y sombrer complètement dans une fin assez déstabilisante — je n'ai pas tout compris mais ce n'est pas très grave ni très important. Ce roman est l'un des premiers de l'auteur et comme chacun sait, les premiers romans recèlent de nombreux éléments autobiographiques. Celui-ci n'échappe pas à la règle. Avant d'être un talentueux romancier, il a été patron de bar et vous retrouverez en J. certains traits communs avec l'auteur. Ce n'est pas le premier livre de Murakami que je lis et je suis toujours client de sa prose qui m'enchante à chaque fois. Par contre, certains seront totalement déstabilisés par la bizarrerie de l'histoire et décrocheront sans l'apprécier — d'ailleurs si quelqu'un a une théorie pour expliquer la fin du livre, je suis preneur.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2011/08/la-course-au-mouton-sauvage-par-ha..
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par pops74, le 27 septembre 2011

    pops74
    Pourquoi ce livre : Il y a encore deux mois, je n'avais encore jamais entendu parler de Haruki Murakami. Mais depuis, il y a eu la rentrée littéraire et ses livres dont on entend parler sur toutes les ondes, sur toutes les chaines, sur tous les forums : 1Q84 tome 1 et 2.
    Alors sur le forum de Vendredi Lecture, j'ai demandé des conseils pour savoir par quel livre de sa bibliographie il fallait commencer. On m'a conseillé Kafka sur le rivage et La course au mouton sauvage. Kafka sur le rivage étant un pavé, j'ai préféré commencer par La course au mouton sauvage pour découvrir le style d'écriture de Dieu de Marion !
    Résumé : C'est l'histoire d'un publicitaire japonais. Un ancien ami qui a disparu de sa vie depuis 10 ans tente de renouer les liens qui les ont unis en lui écrivant une première lettre puis une autre quelques mois plus tard. Cette seconde lettre est accompagnée d'une photo représentant un pâturage au milieu des montagnes. Dans ces pâturages, on aperçoit un troupeau de moutons. L'un de ces moutons est différent, sur son dos, une touffe de poils bruns représentant une étoile. Cette photo va changer la vie de notre publicitaire qui va partir à la recherche de ce mouton.
    Mon avis : Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas accroché du tout !
    Premier point, aucun personnage n'a de nom ou prénom, certains ont un surnom ou un pseudonyme, d'autre ne sont jamais identifié. Ainsi on se retrouve en compagnie de la girl friend du personnage principal, de ses amis « le Rat » ou J. Plus tard nous rencontrerons le docteur es mouton et l'homme-mouton mais aucun n'a de vrai prénom, même le héros qui n'a pas à être identifié puisque le texte est à la première personne. Même le chat n'a pas de nom (mais lui il a de la chance, il va en acquérir un au fil de l'histoire !)
    J'ai trouvé le début de l'histoire extrêmement lent et inintéressant. Durant les 70 premières pages, le héros raconte sa vie de célibataire divorcé qui mange des sandwiches et des omelettes dans des bars 1 soir sur 3 et qui est amoureux des oreilles de sa girl friend. Ensuite, le personnage principal fait la connaissance de celui pour qui il va partir à la recherche du mouton sauvage. Ici, on assiste à des débats absurdes et /ou philosophiques et à l'indécision plus que longue du héros pour savoir s'il va ou non accomplir sa mission ! Et puis enfin, il part dans sa quête ! Sur les 50 pages suivantes, l'histoire est enfin intéressante, pas trop d'absurde, des pistes que l'on arrive à suivre et qui ont de la cohérence. L'adrénaline monte un peu quand on sent que le héros arrive au bout de sa quête mais qu'un ultime rebondissement l'en empêche. Et puis là, arriver au plus près de son but, c'est l'absurde et l'incompréhension qui reprend le dessus. Je ne suis pas sur d'avoir compris la fin de l'histoire, en fait je ne suis pas sure qu'il y ait quelque chose à comprendre… Je n'ai tout simplement pas saisi le sens de l'histoire, ce que Murakami veut nous dire, le message qu'il veut faire passer. Parce qu'il y a surement quelque chose de caché derrière. C'est comme dans l'art contemporain, même à travers le carré blanc sur fond blanc, Malevitch voulait faire passer un message, celui d'une vision globale du monde, etde la pure jouissance de l'immatériel.
    En bref je n'ai pas spécialement apprécié cette lecture qui m'a pris beaucoup de temps pour un livre de seulement 250 pages ! Je réessayerai certainement de lire un Murakami dans quelques mois, pour voir si c'est juste sur ce livre que je n'ai pas accroché ou si c'est l'ensemble de son œuvre.

    Lien : http://quandpaulinelit.canalblog.com/archives/2011/09/23/22134273.html
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    • Livres 3.00/5
    Par clarinette, le 29 juin 2008

    clarinette
    Le jeune patron d'une agence de publicité se trouve embarqué dans une aventure qui le conduit à partir à la recherche d' un mouton extraordinaire. Entre temps il est tombé amoureux d'une call-girl aux oreilles "magiques"...
    J'ai mis beaucoup de temps à entrer dans ce livre. Je n'ai commencé à m'intéresser réellement à cette histoire que vers la moitié du livre, au moment où il commence à être question du mouton et de ses aventures rocambolesques. J'ai fini par accrocher à l'intrigue et par avoir envie de savoir ce qu'il allait advenir des personnages à la recherche du fameux mouton.
    Un des côtés déroutants de ce roman est le fait que aucun des personnages n' a un nom, tout au plus un surnom tel que « le Rat ». De plus, les héros ne s'appesantissent guère sur leurs états d'âme. Ils font toujours preuve d'un certain détachement face aux épreuves de la vie. Ils décrivent leur sentiments d'une manière assez précise en utilisant termes choisis et des métaphores, puis, passent à autre chose et poursuivent le cours de leur vie. Ce qui peut donner à ce livre un ton un peu froid et impersonnel...
    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-1035386.html
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    brigittelascombe
    Fan, en général d'Haruki Murakami, j'avoue avoir trouvé des longueurs à cette course au mouton sans trop de queue ni tête.
    C'est sans doute le surréalisme ambiant et le flou persistant qui font évoluer le livre d'un bout à l'autre dans un état de semi délire.J'ai préféré de loin "La Ballade de l'impossible" ou "Les amants du Spoutnik" qui bien qu'écrits sur une trame poétique possèdent une réalité plus tangible.
    Le narrateur, ici, personnage ordinaire (travaillant dans une agence de publicité de Tokyo) va vivre une aventure extraordinaire.
    Son ami "le Rat", ainsi nommé car les personnages restent impersonnels, lui envoie un jour la photo d'un banal mouton de l'Hokkaïdo qui s'avère mélé à un mouvement d'extrème droite très puissant. Il part à la recherche de cet animal doté de pouvoirs qui habite les hommes,se nourrit de leur esprit puis s'en débarasse.
    A noter l'originalité de ses compagnons d'aventure: le Rat (plein d'humour entre deux ivresses), la girl friend aux sublime oreilles qui le fait chavirer dans un état de fantasme hautement érotique dés qu'il entrevoit un seul bout de lobe, l'homme mouton fantastique,le chauffeur de taxi qui téléphone à Dieu chaque soir.
    Un style simple et léger, souvent poétique.Le don de nous transmettre une ambiance,une atmosphère,un ressenti.
    J'adore des phrases telles que:
    "Son visage n'avait pas la moindre expression. Il me rappela cette photo d'une ville engloutie sous la mer que j'avais vue un jour".
    ou "Le silence était posé là dessus telle une fine poussière".
    On retrouve l' univers propre d'Haruki Murakami et la mélancolie du jazz man qu' il a été. Sans doute part il dans cette enquête confidentielle à la recherche de sa face cachée, mais bon....
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 30 juin 2008

    "L'un après l'autre, j'ouvris ses tiroirs dans la chambre à coucher : ils étaient vides. Une vieille écharpe rongée par les insectes, trois cintres et un sachet d'antimite, c'est tout ce qui restait. Elle était partie en faisant place nette. Les petits pots et autre produits de beauté qui traînaient pêle-mêle dans l'exigu cabinet de toilette, les bigoudis, la brosse à dents, le sèche-cheveux, les médicaments pour Dieu sait quoi, les protections hygiéniques, toutes les espèces de chaussures, des botillons aux pantoufles en passant par les sandales, la boîte à chapeaux, les accessoires de fantaisie dont on aurait pu remplir un tiroir entier, les sacs à main, sacs à bandoulière et pochettes, les sous-vêtements et chaussettes qu'elle rangeait toujours avec tant de soin, sa correspondance, rien, absolument rien de ce qui pouvait garder encore son odeur n'avait été épargné. A croire qu'elle avait elle-même essuyé les empreintes digitales avant de s'en aller. Un tiers de la discothèque s'était volatilisé. C'étaient les livres ou les disques qu'elle s'était achetés ou que je lui avait offerts.
    En ouvrant les albums photos, je constatai que les clichés sur lesquels elle figurait avaient été arrachés. Ceux-là où nous étions ensemble avaient été soigneusement amputés de la partie où elle apparaissait. Les photos où j'étais seul de même que les photos de paysages et d'animaux, étaient intactes. Les trois albums ne renfermaient plus qu'un passé corrigé, sans la moindre bavure. Je m'y retrouvais tout seul, abandonné au milieu de photos de montagnes, de rivières, de daims et de chats. J'eus l'impression d'être né seul, d'avoir grandi seul et de devoir encore continuer mon chemin tout seul."
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    « Un ami qui avait appris sa mort, par hasard, en lisant le journal, m’annonça la nouvelle au téléphone. D’une voix lente il me lut dans l’appareil l’unique paragraphe de l’article paru dans l’édition du matin. C’était d’une platitude ! On aurait dit l’exercice de quelque journaliste débutant frais émoulu de l’université.

    Tel jour de tel mois, dans tel quartier, le camionneur Untel avait écrasé la personne Unetelle. Une enquête était en cours au sujet d’Untel, soupçonné d’homicide involontaire, résultant d’un manque de prudence dans le cadre de sa profession.

    Cela sonnait un peu comme un court poème porté au frontispice d’une revue. »
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  • Par chrisv, le 01 mai 2010

    Le temps passait. Les particules de ténèbres dessinaient d'étranges figures sur ma rétine. Au bout d'un moment, ces figures s'écroulaient sans bruit, puis d'autres se formaient. Dans l'espace immobile comme du mercure, seule bougeait la nuit.
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  • Par line70, le 24 mars 2011

    - Ça va te sembler bizarre que je te dise ça, mais... je ne parviens pas à me faire à cette idée que le moment présent est vraiment présent. Ou que moi, je suis vraiment moi. Qu'ici c'est vraiment ici. C'est toujours comme ça. Comme si quelque chose ne tombait pas juste. Et puis, mais bien après, ça finit par coller.
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  • Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    Le monde...Ce mot me faisait toujours penser à un gigantesque disque soutenu avec une énergie désespérée par un éléphant et une tortue. L'éléphant n'entend rien au role de la tortue,la tortue n'entend rien à celui de l'éléphant, et tous deux n'entendent rien à cette chose qu'on appelle le monde.
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Trailer du film "Norvegian Wood", soit "La Ballade de l'Impossible", première adaptation cinématographique de l'un des romans d'Haruki Murakami.








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