> Sylvain Cardonnel (Traducteur)

ISBN : 2877306720
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2003)


Note moyenne : 3.29/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Que deviennent les hommes lorsque leur propre humanité a fini par déserter ? Victimes d'une solitude extrême, en proie à leurs pulsions violentes, les passants qui hantent Lignes s'entrecroisent, sans que leurs destins s'en trouvent modifié... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 21 mars 2012

    le_Bison
    « Lignes », le roman pourrait également s'intituler « une nuit dans le Tokyo underground en compagnie des SDF, des marginaux, des drogués, des lycéennes « accompagnatrices », et de tous ces laissés-pour-compte que la société japonaise semble ne plus voir ».
    La structure du roman est intéressante. Ici pas de héros récurrent. On croise simplement les personnages d'un chapitre à l'autre. On ne les suit souvent que quelques minutes avant que le destin ou le hasard nous amène à croiser un nouvel anonyme qui va devenir le « héros » des prochaines pages. Une vingtaine de personnes vont ainsi défiler en autant de chapitres. Elles se rencontrent dans la rue, dans les lingeries-bars, dans les clubs sado-masos. Elles s'aiment, se déchirent, se bastonnent… Il y est question souvent de baise, et toujours de violence, physique et morale. C'est brutal et c'est le portrait d'une jeunesse désenchantée vue par Murakami. de confessions impudiques en scènes de bondage, « Lignes » déroule l'espace d'une simple nuit le destin de simples êtres enfermés dans leur solitude, en marge d'une société qui laisse à l'abandon ceux qui ne rentrent pas dans le moule. C'est beau une ville la nuit, mais décrite par Murakami cela devient vite étouffant, nauséeux, une nuit de sexe et de violence dans une belle mégalopole.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 17 novembre 2011

    zorazur
    "Lignes" de Murakami, l'"autre" Murakami, c'est LE roman que j'aurais aimé écrire. C'est un roman relativement court, qui peut se lire relativement vite et relativement facilement. Et pourtant ... on en sort secoué, bouleversé, halluciné. Chacune de ces courtes histoires, brève tranche de vie, porte un lot insupportable de douleur et de solitude. "Lignes", c'est plein de silences et plein de cris, plein de violence et de désespoir. Ce sont des parcours qui se croisent dans la nuit sans s'entrecroiser, des rencontres qui ne se font pas, des solitudes qui se heurtent et çà fait très mal. La communication est impossible à établir, d'autant que le seul moyen de l'établir est la violence. On referme le livre victime de sa propre solitude, accablé par celle des autres, frustré des Lignes qu'on n'a pas réussi à tracer, des rencontres qu'on n'a pas réussi à faire. Et on ne regarde plus jamais les autres de la même façon, se demandant ce que eux aussi peuvent bien traîner de souffrance et attendre des autres. "Lignes", en fait, c'est le récit des occasions manquées.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Dasazi, le 26 juillet 2008

    Dasazi
    Un ami m'a fait découvrir cet auteur contemporain avec ce roman il y a de ça 6 ou 7 ans. La 1ère lecture m'avait laissé une bonne impression, le passage d'un personnage à un autre (il y en a 20) m'avait particulièrement plu. Je l'ai donc acheté récemment et relu.
    Il s'agit donc d'une courte tranche de vie rattachée à une personne dans le japon d'aujourd'hui. Chaque personnage traîne avec lui ses souffrances, en fait subir ou vit ses pulsions (sexuelles, de violence,…). Aucune communication entre ces homes et ces femmes détruits par… La réponse n'est pas donnée mais des pistes sont données : pour chaque personnage nous avons droit à un descriptif de son enfance. Tous ont vécu un traumatisme, une expérience qui les a écartée de la voie de citoyens ordinaires pour celle de la marginalité. Ou peut être est ce la faute à cette société de plus en plus inhumaine qui jette chacun de nous dans un anonymat indolore mais dévastateur du point de vue de la compréhension mutuelle.
    C'est un roman qui parle de violence, de sexe et de mal être (thèmes cher à Murakami) mais on n'en sort pas déprimé, juste étourdi par tout ce que peut réserver la vie. Vous ne croiserez plus les gens sans vous demander ce qu'ils cachent au fond d'eux-mêmes.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 13 juin 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    Vingt chapitres, vingt personnages qui se croisent et se heurtent, une douzaine d'heures dans la nuit tokyoïte. Chaque silhouette s'accroche à la précédente avant de dériver à son tour, d'emboutir d'autres vies, d'autres corps. Des étudiants, des prostituées, des salarymen et autres otakus. Tous plus ou moins pathétiques, plus ou moins aimables, plus ou moins responsables de leurs propres malheurs. À la périphérie de tout cela, Junko, dont on dit qu'elle est capable de lire dans les câbles électriques et les Lignes à hautes tension, qui sert de point d'orgue à ce roman sans histoires.
    Le propos relève du pur Murakami-sensei – la pieuvre urbaine, les vies minuscules comme autant d'insectes sans importance, la société qui ne sert qu'à broyer les individualités, l'absence de sens et de but… Il n'y a pas une histoire, mais vingt, et vingt, trente, mille autres en négatif. Des points de vue qui se démultiplient, des perspectives qui explosent, pour former cet orchestre de paranoïas et d'instants de crise. le propos est sombre mais le tableau est d'une immense qualité artistique. Comme souvent chez Murakami, la tonalité glaciale, l'acuité du ciselage, le travail sur le rythme (ellipse, fondus au noir, enchaînement qui rendent la fresque éminemment visuelle) ont tendance à couper le souffle et il est difficile d'enchaîner les chapitres d'une traite. Et en même temps, on ne peut s'en empêcher : il y a ici une sorte de frénésie de lecture.
    Pour comparer, le Passage de la nuit, de l'autre Murakami, tient à peu près le même discours de l'obscurité qui dévoile les vraies natures et fait la part belle à l'absence de cadre et de normalité. Mais la nuit d'Haruki M. s'épand sur une texture douce, dans lesquels compagnons de hasard se laissent flotter, dériver. Chez Ryu M., la nuit est aussi délétère, débilitante, hostile ; l'étrange d'Haruki tire sur le noir et se fait désagréable. La ville n'est pas simplement le lieu où des individualités se croisent, parfois pour un bref contact: c'est ici qu'elles s'écorchent mutuellement, se livre des combats, se mentent et se trahissent. Dans cet immense ensemble aux Lignes affirmées, tout en gratte-ciel, en néons, mais aussi en bâtiments écroulés, le contact est une illusion, un appât. le motif central de la ligne, dont on pourrait penser qu'il s'agit d'une tentative (ou d'un vœu pieu) de sauvetage, de liaison entre les morceaux épars de la ville, est en fait profondément ironique. Si lien il y a, c'est celui des nasses et des filets, non la cordelette qui sauve le héros du labyrinthe. Lignes tisse un réseau, c'est certain… Celui qui fait se rejoindre des centaines de petits poissons pris au piège de l'énorme chalut.
    cette chronique et d'autres de Murakami Ryu à l'adresse ci-dessous

    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2010/12/outrenoir-murakami-ryu...
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par klagg36, le 11 avril 2012

    klagg36
    Encore un bon livre de Murakami Ryu...Décidément, son style, son écriture vont chercher en nous les certitudes enfouies de nos propres indifférences, de nos peurs ou encore de notre violence pour mieux les faire surgir à nos consciences.
    Un bémol cependant, le titre fait référence au don de l'un des personnages et je trouve que ce don n'apporte rien aux récits (quand vous lirez le livre, vous comprendrez pourquoi j'utilise le pluriel ici)
    En revanche, la lecture de la postface les éclaire d'une lumière encore plus crue et, à mon humble avis, le livre aurait gagné plus encore si la postface était devenue … la préface. Dans ce cas, nul besoin de « Lignes » ; simplement la vision dérangeante de la réalité à prendre en pleine face…
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 21 mars 2012

    A cause de cette femme, Toshihiko était arrivé à la conclusion que toutes les femmes aimaient sucer. Par la suite, il avait dû déchanter à plusieurs reprises. La fille qu’il avait connu avant Yoshiki, une lycéenne, une gosse de riches qui donnait l’impression de faire ses études à Hawaï, détestait sucer sans préservatif et c’était pour cette raison qu’il l’avait tellement frappée au visage qu’elle avait perdu l’usage d’un œil. Il lui avait déchiré l’œil avec son index légèrement tendu et se souvenait parfaitement du plaisir qu’il avait éprouvé et de la sensation quand il avait crevé la chair du globe oculaire. Toshihiko recherche depuis ce jour l’excitation qu’a provoquée en lui cet acte : il drague une fille dans la rue et après l’avoir emmenée dans un parc pour la baiser, sous le prétexte que la fille a dit ou fait quelque chose de travers, il se met à la rouer de coups, toujours au visage et en s’efforçant d’atteindre ses yeux. Enfant, Toshihiko s’amusait souvent à tuer des insectes, mais écraser un insecte ne lui avait jamais procuré la sensation qu’il avait éprouvée en crevant l’œil d’un être humain…
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  • Par zorazur, le 17 novembre 2011

    Je m'appelle Akemi. Je m'appelle Akemi. Je m'appelle Akemi. Je m'appelle Akemi. "Bon, çà suffit". C'est ainsi qu'Akemi procédait. Elle murmurait son prénom exactement trente fois.
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