ISBN : 2021025071
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres

Dans un petit village sarde des années cinquante, la vieille couturière, Tzia Bonaria, décide d'accueillir chez elle Maria, quatrième fille d’une veuve d’humbles origines. Ce sera sa « fille d’âme », à la... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 12 mai 2012

    mariech
    Sardaigne années 50 , Maria de famille très pauvre va habiter chez la couturière du village Tia B. , celle-ci n'a jamais eu d'enfant et accueille Maria avec bonheur , elle va lui donner de l'amour et lui apprendre son métier .
    Les années passent ; Maria grandit et commence à se poser des questions , parfois sa mère d'adoption disparaît , et Maria s'interroge sur ces absences dont elle ne connaît pas le but .
    L'auteur nous raconte de façon sensible , un fait de société dont on parle très peu et que je ne dévoilerai pas pour garder le suspense .
    Un beau livre sur la transmission dans une Sardaigne aujourd'hui disparue .
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par zazy, le 27 mai 2012

    zazy
    C'était il y a longtemps et pourtant, nous sommes en 1950 à Soreni, village de Sardaigne. Les femmes sont habillées en noir, deuil d'un mari, d'un enfant, d'un fiancé mort pendant les 2 dernières guerres. La terre est dure, les traditions tenaces, les habitants de ce village s'épient, se jalousent, se volent, s'entraident…. La vie normale d'un petit village.
    Tzia Bonaria, veuve avant d'être mariée, ventre sec, va trouver Anna Teresa Listru et lui propose de recueillir sa dernière fille Maria, dite, la dernière, la quatrième, la fille en trop…. Maria « Fill'e anima », fille d'âme, est élevée par Tzia qui lui donnera tout son amour, la confiance, l'éducation. Elle découvrira la sensation insolite d'être importante pour quelqu'un, de pouvoir grandir tranquillement. Pourtant, une nuit, elle découvre que Tzia s'absente la nuit…. Ce secret, ce sera son ami d'enfance qui le lui dévoilera à l'occasion du décès de son frère. Tzia est Accabadora, l'endormeuse… Les femmes sardes donnent la vie mais certaines sont appelées au chevet de moribonds, qui le demandent, pour donner la mort. Pour l'accepter, il faudra que Maria quitte le village pour aller sur le continent, puis revienne assister Tzia mourante.
    Fill'e anima, fille de l'âme, celle que l'on choisit pour l'amener vers soi, pour l'élever. Accabadora, fait presque penser à une formule magique. le pouvoir poétique des mots étrangers est immense.
    Quel plaisir cette lecture lente, au rythme de la vie de ce petit village du bout du monde où la modernité, synonyme de la fin de ces traditions, arrive à tous petits pas. Michela Murgia tisse autour de nous un voile de tendresse, de rudesse, de filiation, de transmission grâce à une écriture fluide, tout en retenue et si poétique que je n'ai pu reposer le livre. Un très bon livre que je ne peux que recommander.


    Lien : http://zazymut.over-blog.com/article-michel-murgia-accabadora-105894..
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 30 octobre 2011

    brigittelascombe
    Accabadora. Un titre aux résonnances magiques qui désigne "la dernière mère que certains ont vue", la femme qui donne la mort. Tzia Bonaria, "dont le ventre ne s'est jamais ouvert", est l'une de ces femmes, qui jouent avec le feu de la vie, persuadées d'être dans leur bon droit pour alléger les souffrances des suicidaires en demande.
    Euthanasie. le débat est lancé à travers Maria, la "fill'e anima" de Tzia Bonaria (veuve en mal d'enfant), "arrivée trop tard dans le ventre de sa mère".
    D'où le talent de Michela Murgia, auteur née à Cabras, qui situe un sujet d'actualité brûlant dans les traditions, croyances et superstitions sardes (entre "mauvaises intentions" lors des querelles entre voisins à la haine aussi tenace que le basalte noir de leurs murets et "bons augures" qui peuvent changer le cours d'un destin lorsqu'ils partent en miettes un jour de fiançailles).
    Maria boit les paroles de cette femme en noir, couturière et humaine qui l'a recueillie et représente "la loi de Dieu sur terre".
    Ses absences la nuit l'intriguent. En apprenant la raison fortuitement, elle va juger jusqu'au jour où elle même sera confrontée à ce problème.
    Peut-on donner la mort? Dans quels cas peut-on donner la mort?
    Euthanasie, mais aussi adoption.Qui est la vraie mère, la biologique ou celle qui élève et recueille?
    J'ai donc apprécié Accabadora pour son écriture, son dépaysement, son originalité et ses questionnements.
    Accabadora a reçu le prix Campiello en 2010 et a été traduit en plusieurs langues.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 22 avril 2012

    argali
    Sous nos yeux, se dessine Soreni, un village sarde tel qu'on se l'imagine, avec ses rues écrasées de soleil ; des vieilles vêtues de noir vous dardant de leur regard de braise, comme si elles sondaient votre âme ; des hommes au teint buriné, fiers et distants ; des champs et des vignes à perte de vue, poussant sur une terre rude, comme ses habitants. le village est un personnage à part entière dans ce récit. Il a enfanté les hommes et les femmes qui le peuplent, les rend solidaires ou les accable de ses rumeurs et de ses médisances.

    L'écriture féminine et poétique de Michela Murgia nous fait d'emblée nous intéresser à ceux qu'elle décrit avec tendresse. Avec délicatesse, elle nous amène à les apprivoiser peu à peu et on se prend rapidement à les aimer, tels qu'ils sont. Avares de mots vides, de gestes inutiles. Sous sa plume sobre et juste, toute en nuances, nous découvrons les traditions sardes, les superstitions, les légendes qui rythment leurs vies, nous invitant par la même occasion à une réflexion sur le destin des êtres.

    Avec pudeur et beaucoup d'humanité, Michela Murgia nous parle d'un sujet grave sans jamais s'appesantir, juger ou condamner. A chacun d'entre nous de se faire son propre avis sur la question.


    Lien : http://argali.eklablog.fr
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par tessgeffroy, le 03 décembre 2011

    tessgeffroy
    je ne connaissais pas cette écrivain , et je peux le dire sans fausses notes : j'ai adoré !
    Ont est dans une atmosphère de poésie, légende, ....et cette histoire poignante de ces deux femmes qui se découvre s'attachent l'une a l'autre avec des creux et des vagues de tendresse et de haine... sans parler du thème du livre abordant l'euthanasie....
    chacun y piochent ce qu'il veux et l'ont en ressort pas indemne !
    A lire absolument !
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • LeMonde , le 28 octobre 2011
    Remarquablement traduit par Nathalie Bauer, Accabadora est un texte de la révélation. La vie et la mort appartiennent aux femmes. Entre le monde ancien et celui qui s'annonce, chargé d'une inquiétante modernité, Michela Murgia raconte avec une pudeur de chaque phrase comment une toute jeune fille va pouvoir à son tour affronter son destin.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Bibliobs , le 30 août 2011
    Comme un souffle, la plume de Michela Murgia balaie une Sardaigne aujourd’hui presque disparue.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par zazy, le 27 mai 2012

    « Puis la jeune fille commença à comprendre ce que Bonaria Urrai entendait quand elle lui avait lancé trois ans plus tôt : « Ne dis pas : fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». »
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  • Par zazy, le 27 mai 2012

    Malgré le temps qui s’était écoulé, Maria n’était pas encore certaine d’avoir compris à quel point ce choix avait dévié le cours de sa vie. Une seule chose avait été portée en compte depuis le début : ce lit, au chevet duquel sa présence avait à présent le poids d’un accomplissement.
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  • Par zazy, le 27 mai 2012

    Fillus de anima.
    C’est ainsi qu’on appelle les enfants doublement engendrés, de la pauvreté d’une femme et de la stérilité d’une autre. De ce second accouchement était née Maria Listru, fruit tardif de l’âme de Bonaria Urrai.
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  • Par Myrtle, le 26 août 2011

    "Quand s'achève le deuil, Tzia?"
    La vieille femme n'avait même pas pris la peine de détourner les yeux du tablier auquel elle mettait la dernière main.
    "Quelle question... le deuil s'achève quand s'achève le chagrin.
    - Alors on prend le deuil pour montrer son chagrin... avait commenté Maria, croyant avoir compris, tandis que la conversation s'estompait déjà dans le lent silence du fil et de l'aiguille.
    - Non, Maria. Le chagrin est nu. Le noir sert à le couvrir, non à l'exhiber."
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  • Par Myrtle, le 26 août 2011

    Il n'était pas facile, à l'époque, de déterminer l'âge de Tzia Bonaria : on aurait dit qu'elle avait volontairement vieilli d'un coup, de nombreuses années plus tôt, et qu'elle attendait d'être rejointe par le temps. Arrivée, quant à elle, trop tard dans le ventre de sa mère, Maria s'était habituée à être le cadet des soucis d'une famille qui n'en avait que trop. Et voilà qu'elle expérimentait auprès de Tzia Bonaria la sensation insolite d'être importante.
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