Mort brutalement en 1970 à l’âge de vingt-sept ans, Jimi Hendrix était déjà entré de son vivant dans la légende. Guitariste et compositeur de génie, il a franchi les frontières entre blues et soul, jazz et rock, mais aussi entre Blancs et Noirs, individu... > voir plus
Plus qu'une biographie de Jimi Hendrix, un portrait de l'homme et du musicien placé dans son contexte historique, sociologique et musical. Un livre qui donne envie de réécouter Jimi Hendrix mais aussi d'autres musiciens de blues, de soul, de jazz.
Un grand musicien comme Jimi Hendrix méritait un ouvrage de cette qualité.
Et la rumeur commença à se répandre. Hendrix jouait derrière Hammond tout la soirée, montrant sa grande maîtrise, durement acquise, de la guitare blues ; mais à la fin de chaque concert, Hammond tournait le projecteur sur son guitariste, qui se lançait alors dans sa version du " I'm a man " de Bo Diddley - déjà son morceau de bravoure avec Curtis Knight & the Squires. On avait le droit à tous les trucs que Hendrix avait appris pendant ses cinq ans aux galères du rhythm'n'blues, et qu'il avait rêvé de lâcher dans la nature : il jouait de la guitare derrière sa tête ou son dos, entre les jambes, avec les dents ; et l'instrument gémissait, rugissait, gloussait, au moindre geste de son maître. Et chaque soir, le public était en état de choc.
Cette mort prématurée a aussi ouvert la porte aux hagiographie larmoyantes, typiques des martyrs de la culture populaire, forgeant l'image d'un Hendrix simplement réduit à une étoile filante cinglant le ciel d'un grand cri, à un monstre fabuleux dont la musique venue de nulle part n'allait nulle part, sans ancêtres ni descendance.
Hendrix est un point de départ commode aux généralités abusives : phallocratie innée du hard rock, diabolisation des drogues et manie réactionnaire du solo de guitare interminable ; ou encore aux prêchi-prêcha sur le pouvoir destructeur de la célébrité, la futilité naïve de l'idéalisme hippie, et la calamité de voir mourir jeunes tous ces gens si doués.
Les gens qui meurent jeunes deviennent sans coup férir objets de nécrophilie romantique. On en fait des ersatz du Christ, morts pour racheter "nos" péchés à tous, dépeints comme ayant été en quelque sorte trop beaux ou trop sensibles pour cette vie.
Je suis là dans la matrice,
Je regarde un peu partout,
Par ma fenêtre nombril,
Et je vous jure que je ne vois que des visages renfrognés.
Alors je me demande s'ils veulent de moi...