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Simon Jeune (Éditeur scientifique)Joris-Karl Huysmans (Préfacier, etc.)
ISBN : 2859569979
Éditeur : Ramsay (1992)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Gamiani ou Deux nuit d'excès est un petit chef-d’œuvre de la prose érotique. Les dérèglements des sens d'Alfred de Musset, sa vie de débauches, son personnage donjuanesque, son esprit aristocratique, le saphisme de George Sand, la mort dramatique de la Malibran ont pu lui inspirer l'histoire pornographique et mortifère de la comtesse Gamiani qui, selon le jugement exagéré du Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, "dépasse les monstruosités du marquis de Sade e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
05 août 2013
  • 2/ 5
Une rumeur arrive aux oreilles d'Alcide : la comtesse Gamiani aurait de forts penchants homosexuels. Il ne lui en faut pas plus pour que son imagination s'emballe et décider de voir ça de ses propres yeux. le soir même, il parvient à se cacher dans la chambre de la comtesse. Incapable de se maîtriser en la voyant s'ébattre avec son amie, il sort bientôt de sa cachette pour se précipiter dans leur lit, où il est d'ailleurs favorablement accueilli.
Après la bataille, et quelques exclamations de dégoût un peu tardives pour les pratiques effectuées, la comtesse raconte ses souvenirs de jeunesse : sado-masochisme, viol, relations avec un singe, avec un pendu, et j'en passe. Ces souvenirs enflamment les sens des auditeurs et les lancent de nouveau dans des pratiques bestiales qu'ils regrettent sitôt finies.
On retrouve finalement la marque de fabrique des textes érotiques des siècles passés : transgressifs, beaucoup, mais érotiques, bien peu.
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brigittelascombe
23 novembre 2012
  • 3/ 5
"Une tribade! Oh! ce mot retentit à l'oreille d'une manière étrange;puis il élève en vous je ne sais quelles images confuses de voluptés inouies,lascives à l'excés" confie Alcide le narrateur, qui après avoir surpris les rumeurs d'homosexualité qui courent sur la Comtesse Gamiani, une femme du monde "gracieuse, empressée" et souriante, va se cacher pour surprendre ses secrets, puis surexcité par la vision de ses ébats avec Fanny, une jeune amie "ravissante" et crédule, va se mêler à leurs jeux amoureux.
Entre monologue (du voyeur actif) et dialogues de théâtre, entre érotisme et poésie; Alfred de Musset "le dandy débauché" joue le registre des fantasmes les plus pervers (allant puiser dans les souvenirs passés de Gamiani "extrême en tout": zoophilie,orgies,viols, nécrophilie, sado-masochisme..la lubricité ambiante) et a l'air de s'en donner à coeur joie à grand renfort de Ahhhh!!!
Et pourtant l'écriture, du dramaturge et poète incontournable, est belle ("Nos langues se croisaient,brûlantes,acérées;nos âmes se fondaient en une seule") parsemée de mots désuets qui signent son élégance.
Gamiani: Ou Deux Nuits d'excès reprend le thème de On ne badine pas avec l'amour où l'on se désire, on souffre jusqu'à en mourir, le thème aussi de Les deux maîtresses puisque les trois personnages sont un homme et deux femmes.Les personnalités du trio amoureux sont bien rendues...mais trop c'est trop!
On pense à la rentrée littéraire 2012, où Christine Angot avec Une semaine de vacances choque le tout venant en dépeignant une sexualité torride mais mécanique avec prise de pouvoir. Là, les trois acceptent cette sexualité débridée,même si Alcide et Fanny ("vous me forcez à rougir") se culpabilisent ou font parfois les dégoûtés(ce qui est quelque peu risible),ils se prêtent au jeu sauf lorsque "l'ivresse des sens" de la comtesse lui fait perdre la tête.
On pense à L'amant de Lady Chatterley, mais ici la possession et la violence des relations prévaut.
Les deux nuits d'excès étaient des nuits de folie dans tous les sens du terme et on pousse un ouf de soulagement lorsqu'on voit les âne, toutou et singe....et autres énergumènes se fondre dans la nuit!
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seblac
01 mai 2016
  • 4/ 5
Ecrit en 1833 par Alfred de Musset, ce court roman s'avère assez difficile à lire pour deux raisons. La première c'est un roman pornographique avec tout ce que cela suppose d'orgies décrites par le menu.
La seconde tient en ce qu'il est un roman pornographique du XIXe siècle avec tout ce que cela suppose d'excès à la limite de l'insoutenable : zoophilie, nécrophilie etc. L'héritage du XVIIIe siècle est encore prégnant.
Pourtant ce roman fut le plus réimprimé du XIXe siècle (plus de quarante rééditions) loin devant les nombreux classiques que cette période faste a pu compter.
Rentrer dans Gamiani, c'est rentrer dans les angoisses De Musset et des hommes en général face à cette figure aussi fascinante qu'effrayante qu'est alors la femme. Une femme que le Code civil a depuis le début du XIXe siècle remis à sa place d'éternelle mineur. Abandonnée par la loi, les femmes, ici la comtesse Gamiani, se battent avec leur principal arme : leur corps. La femme apparaît ici comme un véritable monstre. Un monstre de luxure qu'un seul homme ne saurait satisfaire. Un monstre doté d'un corps capable de s'adapter à toutes les perversités possibles et inimaginables.
Mais la femme reste aussi cet objet de fascination. Elle mène l'homme par le bout du nez (ou d'autre chose...), à l'image d'Alcide qui surprend la comtesse Gamiani en pleins ébats avec la jeune Fanny...Une scène d'ouverture où la fascination n'a d'égal qu'un sentiment de peur.
La suite est un long chapelet d'orgies plus monstrueuses les unes que les autres. Des orgies qui dépassent très largement le simple souci de choquer. Comme l'écrit Jean Jacques Pauvert dans la préface de cet ouvrage, les folies sexuelles de la comtesse Gamiani sont avant tout l'expression d'une angoisse masculine face au corps de la femme. Une angoisse qui n'est pas sans rappeler celles du romantisme et qui rattache ce roman à ce courrant bien au-delà du simple nom de son auteur. Une angoisse qui donne corps à des femmes monstrueuses, insatiables. Un peu comme les autres créatures monstrueuses sorties de l'imagination de cette époque (Franckenstein etc..)
Difficile à lire et à saisir, Gamiani l'est assurément. A travers notre époque, on ne peut juger sa lecture véritablement plaisante (encore que le style De Musset y aide un peu). C'est toutefois un ouvrage important pour comprendre une partie des enjeux qui gravitent autour de la sexualité masculine et féminine dans ce XIXe siècle qui s'avère être, dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, une arène entre l'ordre ancien et la modernité.
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sld09
13 novembre 2015
  • 1/ 5
J'avais relevé ce titre en même temps que le rideau levé en lisant La fille qui dévorait des livres et je dois dire que j'ai beaucoup moins aimé cette seconde incursion dans l'univers des classiques de la littérature érotique. Si le langage est beaucoup moins explicite (ou vulgaire ?), l'auteur place ses personnages dans des situations "malsaines" qui mettent mal à l'aise au point que la lecture en devient écoeurante.
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Marti94
14 novembre 2016
  • 4/ 5
Alfred de Musset n'a pas écrit que des poèmes ou pièces de théâtre. Il excelle aussi dans la nouvelle érotique avec "Gamiani ou deux nuits d'excès" qui date de 1833.
Aucun mots grossiers mais un vocabulaire approprié pour raconter l'histoire de la comtesse Gamiani avide de jouissance érotico-satanique.
La première nuit, un homme nommé Alcide se cache pour regarder la comtesse dans ses ébats. Ce voyeur est peut-être le double fantasmé De Musset car il est le narrateur.
Gamiani va accueillir Fanny, une jeune ingénue, qu'elle va initier aux plaisirs de la chair. L'homme va en profiter pour expérimenter des jeux sexuels à trois.
Ils vont associer les mots aux actes en racontant leurs fantasmes et premières expériences.
Les deux femmes vont continuer au cours d'une deuxième nuit de luxure durant laquelle Gamiani va raconter à Fanny ce qu'elle a vécu au couvent, entre femmes et animaux. La comtesse à pourtant connu l'amour du coeur mais le prisme a été brisé par le désir du corps. Depuis, sa vie est consacrée à la jouissance charnelle, orgies et initiation de vierges.
Fanny veut suivre son chemin de débauche et jouir jusqu'à mourir d'excès.
Cette nouvelle est particulièrement bien écrite et j'ai même trouvé que le vocabulaire du 19ème siècle rendait certains passages assez drôles.
Lu en novembre 2016
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
lauravanelcoyttelauravanelcoytte06 juillet 2010
"Une Tribade ! Oh ! ce mot retentit à l'oreille, d'une manière étrange ; puis, il élève en vous je ne sais quelles images confuses de voluptés inouïes, lascives à l'excès. C'est la rage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance horrible qui reste inachevée.

Vainement j'écartai ces idées, elles mirent en un instant mon imagination en débauche. Je voyais déjà la Comtesse nue, dans les bras d'une autre femme, les cheveux épars, pantelante, abattue et que tourmente encore un plaisir avorté.

Mon sang était de feu, mes sens grondaient, je tombai comme étourdi sur un sofa.

Revenu de cette émotion, je calculai froidement ce que j'avais à faire pour surprendre la Comtesse : il le fallait à tout prix.

Je me décidais à l'observer pendant la nuit, à me cacher dans sa chambre à coucher. La porte vitrée d'un cabinet de toilette faisait face au lit. Je compris tout l'avantage de cette position ; et, me dérobant, à l'aide de quelques robes suspendues, je me résignai patiemment à attendre l'heure du sabbat.

J'étais à peine blotti, que la Comtesse parut, appelant sa camériste, jeune fille au teint brun, aux formes accusées. - Julie, je me passerai de vous ce soir. Couchez-vous... Ah ! Si vous entendez du bruit dans ma chambre, ne vous dérangez pas, je veux être seule.

Ces paroles promettaient presque un drame. Je m'applaudissais de mon audace.

Peu à peu, les voix du salon s'affaiblirent, la Comtesse resta seule avec une de ses amies, mademoiselle Fanny B***. Toutes deux se trouvèrent bientôt dans la chambre et devant mes yeux."
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SZRAMOWOSZRAMOWO06 mai 2015
Je pensais que Fanny, jeune encore, innocente de cœur, ne conserverait de Gamiani qu’un souvenir d’horreur et de dégoût. Je l’accablais de tendresse et d’amour, je lui prodiguais les plus douces et les plus enivrantes caresses ; parfois, je l’abîmais de plaisir, dans l’espoir qu’elle ne concevrait plus désormais d’autre passion que celle avouée par la nature, qui confond les deux sexes dans la joie des sens et de l’âme. Hélas ! je me trompais ; l’imagination était frappée : elle dépassait tous nos plaisirs. Rien n’égalait aux yeux de Fanny les transports de son amie. Nos plus forts accès lui semblaient de froides caresses, comparés aux fureurs qu’elle avait connues dans cette nuit funeste.

Elle m’avait juré de ne plus revoir Gamiani, mais son serment n’éteignait pas le désir qu’elle nourrissait en secret. Vainement elle luttait : ce combat intérieur ne servait qu’à l’irriter davantage. Je compris bientôt qu’elle ne résisterait pas. J’avais perdu sa confiance : il fallut me cacher pour l’observer.

À l’aide d’une ouverture habilement pratiquée, je pouvais la contempler chaque soir à son coucher. La malheureuse ! je la vis souvent pleurer sur son divan, se tordre, se rouler désespérée, et, tout à coup, déchirer, jeter ses vêtements, se mettre toute nue devant une glace, l’œil égaré, comme une folle. Elle se touchait, se frappait, s’excitait au plaisir avec une frénésie insensée et brutale. Je ne pouvais plus la guérir, mais je voulus voir jusqu’où se porterait ce délire des sens.
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brigittelascombebrigittelascombe23 novembre 2012
Comme elle avait livré son corps,crédule,innocente,elle livrait aussi son âme,confiante,énivrée.Je crus dans un baiser la prendre sur ses lèvres;je lui donnai toute la mienne. Ce fut le ciel,et ce fut tout!
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sld09sld0913 novembre 2015
- Messieurs, dit-il, si vous consentez à nous réunir de nouveau ici dans trois jours, j'espère vous convaincre qu'il est facile de produire un ouvrage de haut goût sans employer les grossièretés qu'on a coutume d'appeler des naïvetés chez nos bons aïeux, tels que Rabelais, Brantôme, Béroalde de Verville, Bonaventure Desperriers, et tant d'autres, chez lesquels l'esprit gaulois brillerait d'un éclat tout aussi vif s'il était débarrassé des mots orduriers qui salissent notre vieux langage.
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brigittelascombebrigittelascombe23 novembre 2012
Nos langues se croisaient,brûlantes,acérées;nos âmes se fondaient en une seule.
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