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> Frank Lestringant (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070412660
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 342 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Octave, bohème et libertin, plaide auprès de Marianne, sa cousine par alliance, la cause de son ami, le timide et romanesque Coelio. Mais il n'obtient d'autre résultat que d'intéresser la jeune femme en sa propre faveur. Par "caprice", elle lui offre un rendez-vous. Oct... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par PiertyM, le 24 avril 2014

    PiertyM
    Pour la première fois que j'ai lu cette pièce je n'ai pas pu aller plus loin je trouvais l'intrigue trop banale. Mais j'ai eu la volonté de lire à nouveau la pièce, je me suis rendu compte de mon impatience lors de sa première lecture.
    C'est une pièce de théâtre bien écrite, les phrases font tellement voyager qu'on prend gout à l'histoire et on se laisse emporter par la philosophie de chaque personnage. Les personnages ici sont plus convaincants que ceux de la nuit vénitienne. On se rattache à eux un peu plus facilement, chaque pas est exploitation de nouvel horizon, aussi l'apparition brève de la mère de Coelio qui lui raconte son histoire d'amour de jeunesse dans laquelle un amoureux s'est donné la mort pour elle....
    C'est alors que Coelio décide d'abandonner sa quête envers la capricieuse Marianne dont il est très épris. Mais est-il que l'histoire peut-être vengeresse contre sa mère va le rattraper, si bien que cela coûtera à sa vie...
    Une petite pièce de théâtre bien intime, l'auteur ne s'y prend pas la tête, le lecteur aussi bien sûr!
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  • Par kuroineko, le 27 avril 2013

    kuroineko
    La pièce retrace un trio amoureux autour duquel gravitent quelques satellites. Est-il besoin de faire leur présentation?
    Coelio, jeune homme pétri de principes et d'histoires maternelles plus ou moins morbides (Freud aurait eu beaucoup à dire sur cette relation du fiston et de sa môman), amoureux transi mais de loin, de Marianne. Un pur esthète.
    Octave, noceur, ripailleur, drôle, insouciant et insolent. Aimant l'amour (tarifé, c'est plus simple visiblement) et le vin.
    Et Marianne bien sûr. Sage et vertueuse épouse du juge Claudio. Fervente pratiquante, l'odeur du couvent n'a, semble-t-il, pas encore quitté sa garde-robe. Pourtant, harcelée par le libertin Octave, avocat des amours du beau Coelio, un vent nouveau va secouer toutes ces vieilles poussières, éveillant la capricieuse du titre.
    Et Musset de nous entraîner dans un mélodrame aux relents raciniens, où Coelio aime Marianne qui aime Octave qui aime... les femmes et le bon vin. Comme dans d'autres pièces, Musset mêlent la poésie à l'humour dans ses répliques. On lui doit un beau discours sur la condition de la femme aux yeux de nombres d'hommes, discours placé dans la bouche d'une Marianne encore en mode sortie de couvent (mais plus pour longtemps).
    Si certains aspects de la pièce ont vieilli, le thème central demeure toujours d'actualité. Elle se lit donc toujours avec autant d'intérêt. Surtout que Musset n'y laisse aucun temps mort. Si le rôle de Marianne frôle un peu la caricature en passant des vêpres à une quasi vamp, celui d'Octave est réjouissant par ses sorties pleines d'humour et d'auto-dérision. Quant à Coelio, personnellement, il m'a toujours tapé sur le système avec son amour languissant et pleurard. Mais c'est juste mon opinion.
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    • Livres 5.00/5
    Par solasub, le 22 janvier 2012

    solasub
    Qu'on ne s'y trompe pas : les « caprices » évoquent ici plus ceux de Goya que le théâtre de boulevard.
    Marianne est une figure féminine passionnante et d'une extrême modernité par son indépendance et son refus de se laisser enfermer dans les rôles que la société lui a attribués. Octave et Coelio construisent un rare duo amical, un jeu d'échos nourri de contrepoints, qui interroge notre propre dualité. La simplicité des thèmes abordés (l'amour, l'amitié, le désir, la trahison…) s'associe à la complexité des responsabilités, des culpabilités (car tous sont responsables autant qu'innocents) pour construire une intrigue à la fois épurée et subtile et une pièce qui conserve toute son humanité et son actualité.
    Malgré le rire d'Octave et l'ambiance de Carnaval, sous la légèreté apparente, Musset refuse ici le dénouement heureux et place le destin de ses trois personnages sous le signe de la mort et de la tragédie : Coelio repose au cimetière, Octave choisit de mourir au monde, de renoncer à tout ce que la vie pourrait offrir, et Marianne est confrontée à la mort de tout espoir de bonheur. L'écriture De Musset est magnifique.
    Une grande pièce.
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 16 février 2015

    canel
    Coelio s'est entiché de Marianne, mais la belle est mariée au vieux juge Claudio et semble indifférente au jeune homme. Trop timide, Coelio envoie son ami Octave - cousin de Claudio - lui déclarer sa flamme. Marianne résiste, piquée. Et puis, à tout prendre, puisque son mari s'avère être un gros blaireau, pourquoi ne pas se laisser aller à quelques caprices...
    J'ai eu envie de découvrir les textes De Musset en lisant une biographie de George Sand, interpellée par leur liaison tourmentée, curieuse de connaître sa vision de l'amour. Mauvais choix : ces 'Caprices de Marianne' ont été écrits avant leur rencontre. Pas grave, j'y reviendrai avec plaisir, cette lecture a été une découverte agréable. le schéma est classique et la distribution des rôles rappelle certaines pièces de Molière et de Shakespeare : l'amoureux, l'élue, le mari, l'entremetteur. Mais cette comédie dramatique réserve de bonnes surprises, certains échanges sont savoureux, l'intrigue est habilement construite et riche en rebondissements malgré sa brièveté (40 pages).
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    • Livres 5.00/5
    Par crapette, le 02 avril 2015

    crapette
    Je redécouvre cette oeuvre De Musset avec beaucoup de plaisir et je n'ajoute rien de plus à la critique rédigée par Solasub introduite par : "Qu'on ne s'y trompe pas : les « caprices » évoquent ici plus ceux de Goya que le théâtre de boulevard".

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Citations et extraits

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  • Par raynald66, le 30 mars 2014

    Ah ! si vous saviez sur quel autel sacré vous êtes adorée comme un dieu ! vous, si belle, si jeune, si pure encore, livrée à un vieillard qui n'a plus de sens et qui n'a jamais eu de coeur ! Si vous saviez quel trésor de bonheur, quelle mine féconde repose en vous ! en lui ! dans cette fraîche aurore de jeunesse, dans cette rosée céleste de la vie, dans ce premier accord de deux âmes jumelles ! Je ne vous parle pas de sa souffrance, de cette douce et triste mélancolie qui ne s'est jamais lassée de vos rigueurs, et qui en mourrait sans se plaindre.
    Oui, Marianne, il en mourra. Que puis-je vous dire?
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  • Par patrick75, le 26 juillet 2013

    Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s'abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s'il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s'éloigne peu à peu de la rive; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l'entraînent en silence, et quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté; il ne peut plus ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.
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  • Par patrick75, le 26 juillet 2013

    Marianne

    Voilà une jolie question ! et si je n'avais que dix-neuf ans, que voudriez-vous que j'en pense ?

    Octave

    Vous avez donc encore cinq ou six ans pour être aimée, huit ou dix pour aimer vous-même, et le reste pour prier Dieu.
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  • Par kuroineko, le 27 avril 2013

    Marianne: N'est-ce pas une chose bien ridicule que l'honnêteté et la foi jurée? que l'éducation d'une fille, la fierté d'un coeur qui s'est figuré qu'il vaut quelque chose, et qu'avant de jeter au vent la poussière de sa fleur chérie, il faut que le calice en soit baigné de larmes, épanoui par quelques rayons de soleil, entrouvert par une main délicate?
    (...) Qu'est-ce, après tout, qu'une femme? L'occupation d'un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu'on porte à ses lèvres et qu'on jette par-dessus son épaule. Une femme! C'est une partie de plaisir! Ne pourrait-on pas dire quand on en rencontre une: voilà une belle nuit qui passe?
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  • Par PiertyM, le 24 avril 2014

    Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie avant de savoir où sa chimère le mène et s'il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s'éloigne peu à peu de la rive, il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l'entraînent en silence et, quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté ; il ne peut ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas
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