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Frank Lestringant (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070412660
Éditeur : Gallimard (2001)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 439 notes)
Résumé :
Octave, bohème et libertin, plaide auprès de Marianne, sa cousine par alliance, la cause de son ami, le timide et romanesque Coelio. Mais il n'obtient d'autre résultat que d'intéresser la jeune femme en sa propre faveur.
Par "caprice," elle lui offre un rendez-vous. Octave alors s'efface au profit de Coelio, mais le fait ainsi tomber dans un guet-apens. Drame de l'amitié autant que drame de l'amour, les Caprices sont surtout le drame de l'identité perdue. Coe... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Sirenna
23 octobre 2015
  • 5/ 5
Quelle femme extraordinaire que cette Marianne!
Un personnage qui m’attendris à chaque fois que je lis et relis le passage sur la condition de la femme commençant ainsi :"Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par-dessus son épaule. Une femme ! c’est une partie de plaisir !
Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : voilà une belle nuit qui passe ? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières que
celui qui baisserait les yeux devant elle, qui se dirait tout bas : «
Voilà peut-être le bonheur d’une vie entière », et qui la laisserait passer ?".
Une féministe avant l'heure,si lucide sur sa condition,qui se rebelle contre toutes les normes sociales en vigueur à son époque.
Que d'esprit,que de raffinement dans ce petit bout de femme qui fait fi de toutes les contraintes pour être elle-même dans toute sa splendeur.
Elle s'affirme,s'affiche telle qu'elle est au plus profond d'elle-même et se moque de ce que les autres peuvent penser d'elle car elle ne souffre pas,elle n'est pas triste des projections que les autres peuvent avoir sur elle..C'est une splendeur d’authenticité qui vibre et livre des messages qui ne peuvent que toucher ma sensibilité de femme.
"Les caprices de Marianne" me transporte dans un univers de liberté assumée et délicate.
Un bijou de littérature dont je ne me lasse pas.
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PiertyM
24 avril 2014
Pour la première fois que j'ai lu cette pièce je n'ai pas pu aller plus loin je trouvais l'intrigue trop banale. Mais j'ai eu la volonté de lire à nouveau la pièce, je me suis rendu compte de mon impatience lors de sa première lecture.
C'est une pièce de théâtre bien écrite, les phrases font tellement voyager qu'on prend gout à l'histoire et on se laisse emporter par la philosophie de chaque personnage. Les personnages ici sont plus convaincants que ceux de la nuit vénitienne. On se rattache à eux un peu plus facilement, chaque pas est exploitation de nouvel horizon, aussi l'apparition brève de la mère de Coelio qui lui raconte son histoire d'amour de jeunesse dans laquelle un amoureux s'est donné la mort pour elle....
C'est alors que Coelio décide d'abandonner sa quête envers la capricieuse Marianne dont il est très épris. Mais est-il que l'histoire peut-être vengeresse contre sa mère va le rattraper, si bien que cela coûtera à sa vie...
Une petite pièce de théâtre bien intime, l'auteur ne s'y prend pas la tête, le lecteur aussi bien sûr!
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kuroineko
27 avril 2013
La pièce retrace un trio amoureux autour duquel gravitent quelques satellites. Est-il besoin de faire leur présentation?
Coelio, jeune homme pétri de principes et d'histoires maternelles plus ou moins morbides (Freud aurait eu beaucoup à dire sur cette relation du fiston et de sa môman), amoureux transi mais de loin, de Marianne. Un pur esthète.
Octave, noceur, ripailleur, drôle, insouciant et insolent. Aimant l'amour (tarifé, c'est plus simple visiblement) et le vin.
Et Marianne bien sûr. Sage et vertueuse épouse du juge Claudio. Fervente pratiquante, l'odeur du couvent n'a, semble-t-il, pas encore quitté sa garde-robe. Pourtant, harcelée par le libertin Octave, avocat des amours du beau Coelio, un vent nouveau va secouer toutes ces vieilles poussières, éveillant la capricieuse du titre.
Et Musset de nous entraîner dans un mélodrame aux relents raciniens, où Coelio aime Marianne qui aime Octave qui aime... les femmes et le bon vin. Comme dans d'autres pièces, Musset mêlent la poésie à l'humour dans ses répliques. On lui doit un beau discours sur la condition de la femme aux yeux de nombres d'hommes, discours placé dans la bouche d'une Marianne encore en mode sortie de couvent (mais plus pour longtemps).
Si certains aspects de la pièce ont vieilli, le thème central demeure toujours d'actualité. Elle se lit donc toujours avec autant d'intérêt. Surtout que Musset n'y laisse aucun temps mort. Si le rôle de Marianne frôle un peu la caricature en passant des vêpres à une quasi vamp, celui d'Octave est réjouissant par ses sorties pleines d'humour et d'auto-dérision. Quant à Coelio, personnellement, il m'a toujours tapé sur le système avec son amour languissant et pleurard. Mais c'est juste mon opinion.
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canel
16 février 2015
  • 4/ 5
Coelio s'est entiché de Marianne, mais la belle est mariée au vieux juge Claudio et semble indifférente au jeune homme. Trop timide, Coelio envoie son ami Octave - cousin de Claudio - lui déclarer sa flamme. Marianne résiste, piquée. Et puis, à tout prendre, puisque son mari s'avère être un gros blaireau, pourquoi ne pas se laisser aller à quelques caprices...
J'ai eu envie de découvrir les textes De Musset en lisant une biographie de George Sand, interpellée par leur liaison tourmentée, curieuse de connaître sa vision de l'amour. Mauvais choix : ces 'Caprices de Marianne' ont été écrits avant leur rencontre. Pas grave, j'y reviendrai avec plaisir, cette lecture a été une découverte agréable. le schéma est classique et la distribution des rôles rappelle certaines pièces de Molière et de Shakespeare : l'amoureux, l'élue, le mari, l'entremetteur. Mais cette comédie dramatique réserve de bonnes surprises, certains échanges sont savoureux, l'intrigue est habilement construite et riche en rebondissements malgré sa brièveté (40 pages).
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solasub
22 janvier 2012
  • 5/ 5
Qu'on ne s'y trompe pas : les « caprices » évoquent ici plus ceux de Goya que le théâtre de boulevard.
Marianne est une figure féminine passionnante et d'une extrême modernité par son indépendance et son refus de se laisser enfermer dans les rôles que la société lui a attribués. Octave et Coelio construisent un rare duo amical, un jeu d'échos nourri de contrepoints, qui interroge notre propre dualité. La simplicité des thèmes abordés (l'amour, l'amitié, le désir, la trahison…) s'associe à la complexité des responsabilités, des culpabilités (car tous sont responsables autant qu'innocents) pour construire une intrigue à la fois épurée et subtile et une pièce qui conserve toute son humanité et son actualité.
Malgré le rire d'Octave et l'ambiance de Carnaval, sous la légèreté apparente, Musset refuse ici le dénouement heureux et place le destin de ses trois personnages sous le signe de la mort et de la tragédie : Coelio repose au cimetière, Octave choisit de mourir au monde, de renoncer à tout ce que la vie pourrait offrir, et Marianne est confrontée à la mort de tout espoir de bonheur. L'écriture De Musset est magnifique.
Une grande pièce.
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Citations & extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
SirennaSirenna20 octobre 2015
MARIANNE. – Encore ici, seigneur Octave ? et déjà à table ? C’est un peu triste de s’enivrer tout seul.
OCTAVE. – Le monde entier m’abandonne ; je tâche d’y voir double, afin de me servir à moi-même de compagnie.
MARIANNE. – Comment ! pas un de vos amis, pas une de vos maîtresses qui vous soulage de ce fardeau terrible, la solitude ?
OCTAVE. – Faut-il vous dire ma pensée ? J’avais envoyé chercher une certaine Rosalinde, qui me sert de maîtresse ; elle soupe en ville
comme une personne de qualité.
MARIANNE. – C’est une fâcheuse affaire sans doute, et votre cœur en doit ressentir un vide effroyable.
OCTAVE. – Un vide que je ne saurais exprimer, et que je communique en vain à cette large coupe. Le carillon des vêpres m’a fendu le
crâne pour toute l’après-dînée.
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SirennaSirenna19 octobre 2015
OCTAVE. – Deux mots, de grâce, belle Marianne, et ma réponse sera courte. Combien de temps pensez-vous qu’il faille faire la cour à la bouteille que vous voyez pour obtenir ses faveurs ? Elle est, comme vous dites, toute pleine d’un esprit céleste et le vin du peuple lui ressemble aussi peu qu’un paysan ressemble à son seigneur. Cependant, regardez comme elle se laisse faire ! – Elle n’a reçu, j’imagine, aucune éducation, elle n’a aucun principe ; vous voyez comme elle est bonne fille ! Un mot a suffi pour la faire sortir du couvent ; toute poudreuse encore, elle s’en est échappée pour me donner un quart d’heure d’oubli, et mourir. Sa couronne virginale, empourprée de cire odorante, est aussitôt tombée en poussière, et, je ne puis vous le cacher, elle a failli passer tout entière sur mes lèvres dans la chaleur de son premier baiser.
MARIANNE. – Êtes-vous sûr qu’elle en vaut davantage ? Et si vous êtes un de ses vrais amants, n’iriez-vous pas, si la recette en était
perdue, en chercher la dernière goutte jusque
dans la bouche du volcan ?
OCTAVE. – Elle n’en vaut ni plus ni moins. Elle sait qu’elle est bonne à boire et qu’elle est faite pour être bue. Dieu n’en a pas caché la source au sommet d’un pic inabordable, au fond d’une caverne profonde ; il l’a suspendue en grappes dorées au bord de nos chemins ; elle y fait le métier des courtisanes ; elle y effleure la main du passant ; elle y étale aux rayons du soleil sa gorge rebondie, et toute une cour d’abeilles et de frelons murmure autour d’elle matin et soir. Le voyageur dévoré de soif peut se coucher sous ses rameaux verts ; jamais elle ne l’a laissé languir, jamais elle ne lui a refusé les douces larmes dont son cœur est plein. Ah ! Marianne, c’est un don fatal que la beauté ! – La sagesse dont elle se vante est sœur de l’avarice, et il y a plus de miséricorde dans le ciel pour ses
faiblesses que pour sa cruauté. Bonsoir, cousine ; puisse Coelio vous oublier ! (Il entre dans l’auberge, Marianne dans sa maison.)
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patrick75patrick7526 juillet 2013
Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s'abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s'il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s'éloigne peu à peu de la rive; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l'entraînent en silence, et quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté; il ne peut plus ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.
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raynald66raynald6630 mars 2014
Ah ! si vous saviez sur quel autel sacré vous êtes adorée comme un dieu ! vous, si belle, si jeune, si pure encore, livrée à un vieillard qui n'a plus de sens et qui n'a jamais eu de coeur ! Si vous saviez quel trésor de bonheur, quelle mine féconde repose en vous ! en lui ! dans cette fraîche aurore de jeunesse, dans cette rosée céleste de la vie, dans ce premier accord de deux âmes jumelles ! Je ne vous parle pas de sa souffrance, de cette douce et triste mélancolie qui ne s'est jamais lassée de vos rigueurs, et qui en mourrait sans se plaindre.
Oui, Marianne, il en mourra. Que puis-je vous dire?
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SirennaSirenna19 octobre 2015
MARIANNE. – Comment s’appelle ce lait merveilleux ?
OCTAVE. – L’indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.
MARIANNE. – Bien dit. Aviez-vous préparé d’avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.
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