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ISBN : 2081224534
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 866 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On siffle sa première pièce? Musset s'en moque, il publiera les autres pour son plaisir, insouciant d'aucune règle, sauf celle de ses caprices et de sa fantaisie douloureuse et si légère. Ce sera son "spectacle dans un fauteuil". C'est pourquoi on ne cessera jamais de j... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 05 février 2015

    Nastasia-B
    Étonnant cet Alfred de Musset ! Étonnant, vraiment, car on croirait dur comme fer que sa pièce a été écrite au XVIIème siècle par un dramaturge espagnol à la Lope de Vega.
    Il a l'art de remettre au goût du jour (au goût de SON jour, s'entend, c'est-à-dire la première moitié du XIXième siècle) des styles et des formes désuètes comme le genre théâtral du proverbe, dont il signe ici l'un des plus grands opus.
    (Pour ceux que cela intéresse, le proverbe, au théâtre, est une sorte de comédie, le plus souvent en un acte, à l'origine destiné à être représenté dans les salons mondains et dont le public — un cercle d'invités — devait retrouver à quel adage, dicton ou maxime cette petite farce faisait référence. Alfred de Musset a su donner quelque relief au genre qui, bien qu'assez populaire à une époque — XVIIè puis XVIIIè s. —, n'a jamais vraiment livré à la postérité une bien longue descendance.)
    Il faudra attendre la fin du siècle pour que quelqu'un sache faire encore mieux que Musset dans le maniement d'un style suranné tombé en totale désuétude, (mais c'est tellement exceptionnel que c'est du registre de " l'exception qui confirme la règle "), je pense évidemment à l'immense Cyrano d'Edmond Rostand.
    Ce que réussit Musset avec On ne badine pas avec l'amour (ou Rostand avec Cyrano de Bergerac) est tout à fait comparable au récent succès du film muet The Artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans les rôles titres, en allant tout à fait à contre-courant du style du moment.
    C'est osé, donc, quant à la forme. le fond est forcément largement contraint par l'intitulé même du proverbe « On ne badine pas avec l'amour ». Mais pour donner du relief et de l'épaisseur à la chute forcément connue, l'auteur s'ingénie premièrement à greffer une assez longue introduction, deuxièmement à créer des personnages secondaires qui portent le comique, et troisièmement à tendre les ressorts tragiques au maximum, si bien que de la modeste forme du proverbe, on arrive à une pièce en trois actes qui fait très fortement penser aux tragi-comédies espagnoles du siècle d'or et qui s'inscrit pleinement dans la mouvance romantique du moment, sans être caricaturale à l'excès. Chapeau bas, Monsieur de Musset, car c'était une vrai gageure.
    Je crois qu'il est grand temps que je vous parle un brin du synopsis car je m'enfonce par trop dans des considérations personnelles. Nous voici donc avec un baron, homme d'importance, probablement dans la capitale, mais aussi détenteur d'un domaine en province où se déroule l'action.
    Il est aux anges notre brave baron car c'est aujourd'hui que son fils Perdican, fraîchement promu docteur en droit, littérature, botanique et je-ne-sais-plus-quoi encore, vient d'accéder à la majorité (21 ans à l'époque et ce jusqu'à Giscard d'Estaing) et semble donc bon à marier.
    La fiancée toute désignée est sa cousine Camille, qui elle aussi précisément sort du couvent où elle a reçu une éducation sérieuse et stricte, notamment sur la morale. tout doit aller pour le mieux, ils s'adoraient enfants, il est beau comme l'air, elle est belle comme l'aube, comment pourrait-il en être autrement ?
    Mais voilà, ce vilain couvent avec ses pièces froides et austères, n'abritant que des nones ou des femmes déçues du monde, ce vilain couvent, dis-je, a injecté dans le cerveau de Camille des préceptes incompatibles avec un mariage terrestre. Et donc, la damoiselle, s'attendant fatalement à souffrir des amours humaines, en vient à exposer à Perdican qu'elle envisage de prendre le voile, et par la même, de mettre les voiles et de s'échapper dès le lendemain, direction couvent, destination paradis.
    Perdican, forcément est un peu piqué par la chose, car il sent bien qu'il l'aime, et mieux encore, il sent bien qu'elle l'aime un peu aussi, elle, et que ce sont ces vieilles punaises de sacristies qui lui ont bourré le crâne avec cette mauvaise farce.
    Celui-ci décide donc de titiller la fibre de la jalousie de sa dévote cousine en prétendant s'en fiche comme de l'an quarante et d'être tout disposé à épouser sa sœur de lait, paysanne certes, mais elle aussi belle à croquer et probablement bien plus facile à vivre et à satisfaire…
    Vous en savez déjà bien assez. Il me reste à vous avouer que cette lecture m'a paru très plaisante mais qu'elle ne m'a tout de même pas emmenée dans les confins stellaires telles que d'autres lectures ont eu le pouvoir de le faire, d'où mes quatre étoiles et non cinq, mais sachez qu'on ne badine pas avec les étoiles et que ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 04 septembre 2012

    juliette2a
    Cette pièce est la deuxième d'Alfred de Musset que je dévore. La faute à ces histoires passionnantes mais surtout je crois à la plume si raffinée De Musset, le poète déçu en amour, tout comme les deux personnages principaux de cette pièce en trois actes : Camille et Perdican. La première est une jeune fille de dix-huit ans, la nièce du Baron, qui vient de sortir du couvent où elle a entendu bon nombre d'histoires de coeurs brisés et de désespoir qu'elle ne souhaite jamais vivre ; le second, Perdican, est le fils du Baron -et donc cousin de Camille- et vient de recevoir un doctorat. Ces deux héros sont amoureux l'un de l'autre depuis leur plus tendre enfance mais Camille ne fait plus confiance aux hommes, et par conséquent préfère éviter Perdican. Ainsi, en jouant de leurs sentiments, Camille et Perdican finiront par provoquer la plus terrible des erreurs.D'ailleurs, la réplique finale : "Adieu Perdican" nous révèle la gravité de la situation causée par ces êtres si innocents mais finalement coupables...
    J'aime beaucoup les drames romantiques comme celui-ci où les personnages se tournent autour avant de s'avouer leurs sentiments, où le décor et les autres acteurs renforcent le caractère tragique de la scène et où l'on découvre avec stupeur la fin de la pièce si chargée en émotions ! Bien évidemment, toutes les pièces de théâtre sont différentes mais celles d'Alfred de Musset sont un peu comme des petits diamants que l'on ne se lasse jamais d'admirer.
    A lire !!
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    • Livres 4.00/5
    Par Darkcook, le 01 mai 2013

    Darkcook
    Une pièce immensément connue, qui se doit d'être lue, très brève mais qui en dit tant sur l'amour... Ou comment la jalousie et les caprices humains mènent à la déraison et à la perte, chez l'homme comme chez la femme, Perdican n'est pas davantage coupable que Camille, même si ses manigances à lui ont coûté la vie à une tierce. Les deux sont pour moi à égalité, ils ont été chacun victimes de travers, d'incompréhensions propres à leur sexe. Cette pièce, qui commence comme une farce sympathique, finit donc progressivement en tragédie... Avec une réplique très célèbre de Perdican, acte II scène V, et une succession de paysages qui font voyager l'esprit, comme seul le romantisme en est capable...
    Cet auteur avait une réputation niaise quand j'étais au lycée, et j'ai mis longtemps à me pencher sur lui, le comble quand on pense que je suis souvent qualifié de niais... Il faudra que je me procure Lorenzaccio sans faute!
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    • Livres 5.00/5
    Par jadzia, le 30 mai 2012

    jadzia
    Il ne pouvait en être autrement. du théâtre, une histoire d'amour impossible, de la jalousie, une mort. En bref, tout pour plaire.
    C'est la première fois que je lis Musset, je ne connaissais pas, je suis donc conquise et je recommanderais chaudement cette petite pièce à toute personne voulant découvrir le théâtre classique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 16 août 2012

    Iboo
    "Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux...
    "Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses...
    "Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces êtres si imparfaits et si affreux..."
    Ne me dites pas que ça ne vous donne pas envie de le lire... Quelle petite merveille que cette oeuvre !
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Citations et extraits

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  • Par angelique-c, le 26 mars 2015

    Perdican - Tu me fends l'âme. Quoi ! pas un souvenir, Camille ? Pas un battement de coeur pour notre enfance, pour tout ce pauvre temps passé, si bon, si doux, si plein de niaiseries délicieuses ? Tu ne veux pas venir voir le sentier par où nous allions à la ferme ?
    Camille - Non, pas ce soir.
    Perdican - Pas ce soir ? Et quand donc ? Toute notre vie est là.
    Camille - Je ne suis ni assez jeune pour m'amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le passé.
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  • Par angelique-c, le 26 mars 2015

    Camille - [...] Ne souriez pas Perdican ! Il y a dix ans que je ne vous ai vu, et je pars demain. Dans dix autres années, si nous nous revoyons, nous en reparlerons. J'ai voulu ne pas rester dans votre souvenir comme une froide statue, car l'insensibilité mène au point où j'en suis. Ecoutez-moi, retournez à la vie, et tant que vous serez heureux, tant que vous aimerez comme on peut aimer sur la terre, oubliez votre soeur Camille ; mais s'il vous arrive jamais d'être oublié ou d'oublier vous-même, si l'ange de l'espérance vous abandonne, lorsque vous serez seul avec le vide dans le coeur, pensez à moi qui prierai pour vous.
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  • Par angelique-c, le 26 mars 2015

    Perdican - Tu me fends l'âme. Quoi ! pas un souvenir, Camille ? Pas un battement de coeur pour notre enfance, pour tout ce pauvre temps passé, si bon, si doux, si plein de niaiseries délicieuses ? Tu ne veux pas venir voir le sentier par où nous allions à la ferme ?
    Camille - Non, pas ce soir.
    Perdican - Pas ce soir ? Et quand donc ? Toute notre vie est là.
    Camille - Je ne suis ni assez jeune pour m'amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le passé.
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  • Par angelique-c, le 26 mars 2015

    Maître Bridaine - Je connais peu les femmes, mais il me semble qu'il est difficile qu'on admire ce qu'on ne comprend pas.
    Le Baron - Je les connais, Bridaine ; je connais ces êtres charmants et indéfinissables. Soyez persuadé qu'elles aiment à avoir de la poudre dans les yeux, et que plus on leur en jette, plus elles les écarquillent, afin d'en gober davantage.

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  • Par angelique-c, le 26 mars 2015

    Jamais l'amour et le bonheur ne poseront leur couronne fleurie sur un front plus beau ; son mari l'a trompée ; elle a aimé un autre homme, et elle se meurt de désespoir.

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Bande annonce du film Confessions d'un enfant du siècle adapté du roman d'Alfred de Musset avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg.











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