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ISBN : 2081224534
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 769 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On siffle sa première pièce? Musset s'en moque, il publiera les autres pour son plaisir, insouciant d'aucune règle, sauf celle de ses caprices et de sa fantaisie douloureuse et si légère. Ce sera son "spectacle dans un fauteuil". C'est pourquoi on ne cessera jamais de j... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 10 juillet 2012

    Nastasia-B
    Étonnant cet Alfred de Musset ! Étonnant, vraiment, car on croirait dur comme fer que sa pièce a été écrite au XVII ième siècle par un dramaturge espagnol à la Lope de Vega. Il a l'art de remettre au goût du jour (au goût de SON jour, s'entend, c'est-à-dire la première moitié du XIXième siècle) des styles et des formes désuètes comme le genre théâtral du proverbe, dont il signe ici l'un des plus grands opus. (Pour ceux que cela intéresse, j'en ai dit un peu plus sur le proverbe dans ma critique d'« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » du même Alfred de Musset.) Il faudra attendre la fin du siècle pour que quelqu'un sache faire encore mieux que Musset dans le maniement du style suranné, (mais c'est tellement exceptionnel que c'est du registre de l'exception qui confirme la règle), je pense évidemment à l'immense Cyrano d'Edmond Rostand. Ce que réussit Musset avec On ne badine pas avec l'amour (ou Rostand avec Cyrano de Bergerac) est tout à fait comparable au récent succès du film muet « The artist » de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans les rôles titres, en allant tout-à-fait à contre courant du style du moment.
    C'est osé donc, quant à la forme. le fond est forcément largement contraint par l'intitulé même du proverbe « On ne badine pas avec l'amour ». Mais pour donner du relief et de l'épaisseur à la chute forcément connue, l'auteur s'ingénie premièrement à greffer une assez longue introduction, deuxièmement à créer des personnages secondaires qui portent le comique, et troisièmement à tendre les ressorts tragiques au maximum, si bien que de la modeste forme du proverbe, on arrive à une pièce en trois actes qui fait très fortement penser aux tragi-comédies espagnoles du siècle d'or et qui s'inscrit pleinement dans la mouvance romantique du moment, sans être caricaturale à l'excès. Chapeau bas, Monsieur de Musset, car c'était une vrai gageure.
    Je crois qu'il est grand temps que je vous parle un brin du synopsis car je m'enfonce par trop dans des considérations personnelles. Nous voici donc avec un baron, Homme d'importance, probablement dans la capitale, mais aussi détenteur d'un domaine en province où se déroule l'action. il est aux anges notre brave baron car c'est aujourd'hui que son fils Perdican, fraîchement promu docteur en droit, littérature, botanique et je sais plus quoi encore, vient d'accéder à la majorité (21 ans à l'époque et ce jusqu'à Giscard d'Estaing) et semble donc bon à marier. La fiancée toute désignée est sa cousine Camille, qui elle aussi précisément sort du couvent où elle a reçu une éducation sérieuse et stricte, notamment sur la morale. tout doit aller pour le mieux, ils s'adoraient enfants, il est beau comme l'air, elle est belle comme l'aube, comment pourrait-il en être autrement ?
    Mais voilà, ce vilain couvent avec ses pièces froides et austères, n'abritant que des nones ou des femmes déçues du monde, ce vilain couvent, dis-je, a injecté dans le cerveau de Camille des préceptes incompatibles avec un mariage terrestre. Et donc, la damoiselle, s'attendant fatalement à souffrir des amours humaines, en vient à exposer à Perdican qu'elle envisage de prendre le voile, et par la même, de mettre les voiles et de s'échapper dès le lendemain, direction couvent, destination paradis.
    Perdican, forcément est un peu piqué par la chose, car il sent bien qu'il l'aime, et mieux encore, il sent bien qu'elle l'aime bien elle aussi, et que ce sont ces vieilles punaises de sacristies qui lui ont fourré le crâne avec cette mauvaise farce. Celui-ci décide donc de titiller la fibre de la jalousie de sa dévote cousine en prétendant s'en fiche comme de l'an quarante et d'être tout disposé à épouser sa sœur de lait, paysanne certes, mais elle aussi belle à croquer et probablement bien plus facile à vivre et à satisfaire…
    Vous en savez déjà bien assez. Il me reste à vous avouer que cette lecture m'a paru très plaisante mais qu'elle ne pas tout de même pas emmenée dans les confins stellaires telles que d'autres lectures ont eu le pouvoir de le faire, d'où mes quatre étoiles et non cinq, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 04 septembre 2012

    juliette2a
    Cette pièce est la deuxième d'Alfred de Musset que je dévore. La faute à ces histoires passionnantes mais surtout je crois à la plume si raffinée De Musset, le poète déçu en amour, tout comme les deux personnages principaux de cette pièce en trois actes : Camille et Perdican. La première est une jeune fille de dix-huit ans, la nièce du Baron, qui vient de sortir du couvent où elle a entendu bon nombre d'histoires de coeurs brisés et de désespoir qu'elle ne souhaite jamais vivre ; le second, Perdican, est le fils du Baron -et donc cousin de Camille- et vient de recevoir un doctorat. Ces deux héros sont amoureux l'un de l'autre depuis leur plus tendre enfance mais Camille ne fait plus confiance aux hommes, et par conséquent préfère éviter Perdican. Ainsi, en jouant de leurs sentiments, Camille et Perdican finiront par provoquer la plus terrible des erreurs.D'ailleurs, la réplique finale : "Adieu Perdican" nous révèle la gravité de la situation causée par ces êtres si innocents mais finalement coupables...
    J'aime beaucoup les drames romantiques comme celui-ci où les personnages se tournent autour avant de s'avouer leurs sentiments, où le décor et les autres acteurs renforcent le caractère tragique de la scène et où l'on découvre avec stupeur la fin de la pièce si chargée en émotions ! Bien évidemment, toutes les pièces de théâtre sont différentes mais celles d'Alfred de Musset sont un peu comme des petits diamants que l'on ne se lasse jamais d'admirer.
    A lire !!
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    • Livres 4.00/5
    Par Darkcook, le 01 mai 2013

    Darkcook
    Une pièce immensément connue, qui se doit d'être lue, très brève mais qui en dit tant sur l'amour... Ou comment la jalousie et les caprices humains mènent à la déraison et à la perte, chez l'homme comme chez la femme, Perdican n'est pas davantage coupable que Camille, même si ses manigances à lui ont coûté la vie à une tierce. Les deux sont pour moi à égalité, ils ont été chacun victimes de travers, d'incompréhensions propres à leur sexe. Cette pièce, qui commence comme une farce sympathique, finit donc progressivement en tragédie... Avec une réplique très célèbre de Perdican, acte II scène V, et une succession de paysages qui font voyager l'esprit, comme seul le romantisme en est capable...
    Cet auteur avait une réputation niaise quand j'étais au lycée, et j'ai mis longtemps à me pencher sur lui, le comble quand on pense que je suis souvent qualifié de niais... Il faudra que je me procure Lorenzaccio sans faute!
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    • Livres 5.00/5
    Par jadzia, le 30 mai 2012

    jadzia
    Il ne pouvait en être autrement. du théâtre, une histoire d'amour impossible, de la jalousie, une mort. En bref, tout pour plaire.
    C'est la première fois que je lis Musset, je ne connaissais pas, je suis donc conquise et je recommanderais chaudement cette petite pièce à toute personne voulant découvrir le théâtre classique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 16 août 2012

    Iboo
    "Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux...
    "Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses...
    "Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces êtres si imparfaits et si affreux..."
    Ne me dites pas que ça ne vous donne pas envie de le lire... Quelle petite merveille que cette oeuvre !
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Citations et extraits

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  • Par Bloodyrose, le 01 décembre 2008

    Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueuilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompés en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueuil et mon ennui.
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  • Par neimad6891, le 28 septembre 2010

    PERDICAN
    Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”
    Il sort.
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  • Par Nastasia-B, le 18 juillet 2012

    CAMILLE : Connaissez-vous le cœur des femmes, Perdican ? Êtes-vous sûr de leur inconstance, et savez-vous si elles changent réellement de pensée en changeant quelquefois de langage ? Il y en a qui disent que non. Sans doute, il nous faut souvent jouer un rôle, souvent mentir ; vous voyez que je suis franche ; mais êtes-vous sûr que tout mente dans une femme, lorsque sa langue ment ? Avez-vous bien réfléchi à la nature de cet être faible et violent, à la rigueur avec laquelle on le juge, aux principes qu’on lui impose ? Et qui sait si, forcée à tromper par le monde, la tête de ce petit être sans cervelle ne peut pas y prendre plaisir, et mentir quelquefois par passe-temps, par folie, comme elle ment par nécessité ?
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  • Par jadzia, le 29 août 2012

    On est souvent trompé en amour souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois : mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

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  • Par Sly, le 04 juillet 2010

    "Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux, ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui est ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."
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Vidéo de  Alfred de Musset

Bande annonce du film Confessions d'un enfant du siècle adapté du roman d'Alfred de Musset avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg.











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