> Michel Chrestien (Traducteur)

ISBN : 2070384624
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
" Lorsque j'ai commencé à écrire Pnine, j'avais un projet artistique précis : créer un personnage comique, pas séduisant physiquement - grotesque, si vous voulez - et le faire ensuite apparaître, par rapport aux individus soi-disant normaux ", comme, et de loin, le plus... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 13 mars 2009

    lolo71
    Timofeï Pavlovitch Pnine, la cinquantaine, est un savant russe qui enseigne dans une université aux Etats-Unis. Il a immigré en 1940, après un long séjour à Paris où il avait trouvé refuge après la révolution bolchevique. Ce n'est pas pour ses talents de pédagogue qu'il est employé par cette université (il y donne des cours de russe, alors qu'il est titulaire d'un doctorat de sociologie et économie politique), mais plutôt pour son excentricité qui détonne dans le milieu universitaire : « Pnine, cependant, en dépit de ses lacunes très réelles, gardait un charme dont le Dr Hagen son défenseur convaincu, affirmait aux membres du Conseil d'Administration de l'université de Waindell qu'il constituait un de ces précieux articles d'importation pour quoi il valait la peine de payer le prix en devises fortes ». On se moque de lui, on ne le prend pas au sérieux, mais on l'aime, en particulier ses étudiants, « en raison de ses digressions », de ses « bagatelles autobiographiques », de ses « vagabondages nostalgiques en anglais balbutié » . Car Pnine ne maîtrise pas très bien l'anglais non plus.
    De plus, il est affublé d'un physique difficile : « Idéalement chauve, bronzé par le soleil et rasé de frais, il commençait de façon plutôt impressionnante par ce vaste dôme brun, ces grosses lunettes à monture d'écaille […], cette lèvre supérieure simiesque, ce cou massif et ce torse d'athlète[…], mais pour se terminer de façon un peu décevante par une paire de jambes maigres… » Si l'on ajoute à cela des attitudes comiques et une tendance certaine à la distraction et à la maladresse, un personnage lunaire et comique prend forme sous nos yeux.
    Cependant, Pnine n'est pas qu'un personnage ridicule. Il sait faire preuve de beaucoup de grandeur d'âme. En particulier lorsqu'il accepte d' « adopter » le fils de son ex-femme, qu'elle a eu juste après l'avoir quitté et lui avoir joué un bon tour. Car c'est avant tout un homme bon et sensible, nostalgique de son passé, alors même que la vie ne l'a pas épargné. Erudit et humble, rêveur, débonnaire, déraciné, Pnine est un perpétuel inadapté et un éternel exilé dont la vie semble vouée à l'échec. C'est le genre de type dont on dirait de nos jours, avec ironie, « il est gentil ». Il l'est effectivement, dans la meilleure acception du mot, ce qui le rend, à mes yeux, attachant.
    J'ai beaucoup aimé ces pages douce-amères où peu à peu la mélancolie l'emporte. La scène finale est d'ailleurs très émouvante. Même s'il ne s'agit pas, à mon avis, du meilleur livre de Nabokov, j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver son style unique, à la fois érudit et léger.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2007/11/23/pnine-de-vladimir-nabo..
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    • Livres 4.00/5
    Par mdhennin, le 05 décembre 2011

    mdhennin
    Un roman tendre et finement ciselé, en forme de miroir déformant pour Vladimir Nabokov. On sent la nostalgie du pays, la douce critique des exilés russes, inadaptés à la vie américaine. Tout cela au travers de l'histoire touchante, le portrait haut en couleur d'un homme peu banal, pninien en quelque sorte.
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Citations et extraits

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  • Par Dravot, le 30 octobre 2011

    Son existence n'était qu'un long combat livré à des objets déments qui se désagrégeaient ou se ruaient sur lui, ou se refusaient à fonctionner, ou
    malignement encore, disparaissaient dès qu'ils pénétraient dans la sphère de son existence. Inapte des deux mains à un degré rare, il ne s'en croyait pas moins remarquablement doué d'adresse et de talent mécanique parce qu'il savait improviser sur le champ une flûte avec une cosse de pois, parce qu'il réussissait dix ricochets au moyen d'un seul caillou plat sur la surface d'une mare, qu'il faisait avec ses doigts un lapin en ombres chinoises (oeil compris), et qu'il connaissait plusieurs autres de ces trucs que les Russes ont dans leur sac à malice.
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