> Marielle Morin (Traducteur)

ISBN : 2877307476
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2004)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Dans un pays comme le nôtre où le célibat est souvent associé à l'idée de solitude, voire d'échec, il est bon de lire Compartiment pour dames. Anita Nair, auteur indienne, sait en effet que, dans son pays, le célibat est avant tou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par myrtille81, le 26 mai 2012

    myrtille81
    Akhila a 45 ans, et a toujours habité avec sa famille. Un jour, sur un coup-de-tête, elle décide de partir en voyage dans le sud de l'Inde à "Kanyakumari, là où les trois mers se rencontrent. La baie du Bengale, l'océan indien et la mer d'Arabie." Et d'y partir seule. Dans le compartiment, réservé aux femmes, elle rencontre quatre autres voyageuses avec qui un petit lien se nouent. Chacune va tenter, en racontant sa vie de femme, de répondre à la question d'Akhila : est-qu'une femme peut s'en sortir seule ? On va donc tour à tour connaître la vie de ces femmes en parallèle à celle d'Akhila.
    Ça a été un grand plaisir de suivre ces destins de femmes si différents. Janaki, la plus âgée et heureuse avec son époux, Margaret qui a réussi à maîtriser les penchants de son époux d'une manière originale, Prabha Devi qui cherche l'équilibre entre bonne épouse et femme épanouie, Marikolanthu qui a connu une vie tragique. Et Akhila, qui a dû mettre sa vie entre parenthèse pour s'occuper de sa famille.
    J'ai aimé cette plongée au coeur de l'Inde et de ses traditions. La place des femmes dans cette société est questionnée, analysée,disséquée. Mais le propos, pourtant bien encré dans la société indienne, arrive à être universel. Ce qui fait pour moi la force du roman.
    L'écriture est très sensuelle ; combien de fois est-je salivé devant la description de tous ces plats ! Et très imagée aussi ; quelle délice les métaphores chimiques de Margaret !
    Enfin, l'auteur alterne les propos graves avec des passages plus légers, voire drôles. Ainsi, la lecture n'est jamais pesante, sauf dans le dernier récit qui est vraiment le plus dur.
    Un livre que je recommande vivement !

    Lien : http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4123268431032460456#editor/t..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par solsol, le 04 novembre 2011

    solsol
    Akhila prend le train. Pour la première fois depuis des années, elle pose un geste mû par sa seule envie. Fille aînée, elle a, depuis la mort du père, vécu exclusivement pour sa famille. A 45 ans, elle ne peut s'empêcher de désirer une autre vie. de vouloir vivre pour elle. Vivre seule et prendre son destin en mains.
    Mais que diront ses frères et sa sœur ? Que diront les membres de sa caste ? Akhila ne peut s'empêcher d'avoir peur. Une femme n'a-t-elle pas besoin d'un homme pour vivre ?
    Dans son compartiment, cinq femmes, qui vont tour à tour se livrer, répondant à ses interrogations, à ses peurs. Six portraits de femmes indiennes, marquées par l'omniprésence de l'homme et l'image inculquée de la femme fragile.
    Ces dialogues chuchotés, volés, ces confidences seront le moteur ultime d'Akhila, reconnaissant en chacune d'elles une part d'elle-même, écrasée par le joug masculin.
    C'est un roman agréable à lire, qui berce le lecteur au rythme de ce train de nuit. Dans ce Compartiment pour dames, vestige d'une ségrégation sexuelle omniprésente dans le roman, j'ai découvert des destins différents, mais unis dans cette soumission au mâle. Toutes, elles mettent en lumière la difficulté à être femme avant d'être épouse ou mère. L'impossibilité dans cette société hiérarchisée de se construire d'abord comme être à part entière. Mais ensemble, au-delà du panorama effrayant de la société indienne, ces six femmes donnent aussi à voir une étincelle, dont Akhila reprend le flambeau. La fin de ce roman est une vraie bouffée après le dernier portrait sombre et écrasant.
    Instructif et bien écrit, ce plaidoyer pour la liberté féminine est une belle découverte dont je remercie les membres du club de lecture des blogueuses.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 06 décembre 2010

    litolff
    Voici un roman étonnant pour les contrastes qu'il développe : un ton résolument moderne qui se heurte à chaque page aux traditions rigides de l'Inde contemporaine. L'héroïne, Akhila, en est d'ailleurs un exemple vivant : elle prend tous les jours le train pour aller travailler en banlieue mais ne prend aucune décision personnelle sans en référer à ses frères, elle qui a été élevée par ses parents dans l'idée que la femme est inférieure à l'homme...,et que son seul destin est dans le mariage.
    Dans une société où une fille n'est qu'un tas "d'embêtements" car il faut lui constituer une dot, la rendre docile et bien élevée pour pouvoir la marier, être une femme, c'est toujours vivre par procuration. Certaines femmes indiennes rêvent devant la liberté supposée ou réelle des femmes occidentales, libérées de la tutelle des hommes. Mais comment adapter cette liberté en terre indienne, où le poids des castes et des traditions est un frein à l'émancipation?
    A travers les confidences des ses compagnes de voyage, faites de renoncements, de frustrations et parfois de révoltes, Akhila recherche la réponse aux questions qu'elle se pose : un homme est-il indispensable au bonheur d'une femme ? Comment redevenir maitresse de son destin ?
    Voilà donc un magnifique livre sur la condition des femmes en Inde.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 21 mars 2012

    Sharon
    Ce roman est ma troisième incursion en Inde cette année. Les romans de Kalpana Swaminathanétaient encore très anglais dans le ton et dans l'intrigue. Ils levaient le voile, parfois, sur la société indienne et ses tragédies domestiques. Ici, j'ai eu l'impression de découvrir véritablement l'Inde, sa réalité au-delà des apparences.
    Six femmes, six destins, et tant d'autres vies que nous entrevoyons.
    Akhilaest la narratrice principale, cinq autres récits s'enchâssent au cours de ce voyage. Elles ne se connaissent pas, elles ne se reverront jamais, aussi les confidences se font sans conséquences, pensent-elles.
    Dans ce voyage, tous les âges de la vie sont représentés :
    - Janaki est une vieille femme digne, au mariage heureux et à la vie de famille accomplie. Son récit est le moins tragique mais il peut toucher chacune. Elle raconte le désamour, le train train, les rôles bien définis et immuables au sein d'un couple.
    - Sheela, une toute jeune fille, est victme des contradictions de sa famille, entre modernité et tradition. Elle évoque la difficile nuance entre transmission et acceptation des changements.
    Viennent ensuite deux jeunes femmes modernes. L'une, Margareth, a beau être instruite (elle enseigne la chimie) et avoir épousé l'homme qu'elle aime, sa soumission, puis sa prise de pouvoir sur son mari, un être dont elle révèle la perversité, m'ont fait froid dans le dos. L'autre, Prabha Devi, a tout pour être heureuse (encore un cliché très européen) et se trouve prise au piège.
    Entre ces témoignages, Akhila nous raconte sa propre existence, faite de sacrifices et de renoncements.Bramane, elle montre le poids terrible des traditions, dont elle même a été l'agent.
    Le sujet a beau être grave, le style est alerte, sans fioritures ni maniérisme. Il incite à progresser dans notre lecture, et nous recevons ces témoignages comme si c'était à nous qu'ils étaient racontés.
    Si vous avez bien compté, vous devez vous être aperçus que je n'avais évoqué que cinq femmes, sur les six.
    La dernière ne se livre pas, elle met Akhila face à la réalité, brutale, quasiment insoutenable à notre époque - et à n'importe laquelle.
    Compartiment pour dames est un roman très riche, qui montre la complexité de la condition féminine en Inde et qui ne aisse pas indifférent (e).

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-compartiment-pour-dam..
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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 26 août 2010

    maevedefrance
    Je referme ce livre mais je suis toujours en Inde, avec toutes les femmes croisées dans ce roman, avec leurs luttes pour se faire respecter des hommes et de la société indienne si conservatrice envers elles. Soit belle ma fille/ma femme mais tais-toi.Les divers personnages qui racontent leur vie à Akhila dans le wagon d'un train sont d'âge différents et parfois de milieu social différent, mais toutes ont vécu la même chose : l'humiliation (consciente ou non) de la part des hommes et de la société indienne.
    Toutes racontent leur parcours, leurs stratagèmes pour exister en tant qu'être humain à part entière. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, elles ne sont pas forcément cloîtrées à la maison. Certaines ont un travail et ont fait des études supérieures, comme Margaret, la reine de la chimie devenue enseignante; Akhila,45 ans, est fonctionnaire et c'est elle qui subvient aux besoins de sa famille, même après le décès de ses parents. Alors qu'elle rêve d'avoir son appartement pour elle toute seule, sa soeur et le mari de celle-ci joue "l'incruste" sous des prétextes discutables. Jusqu'au jour où Akhila se révolte et décide de vivre pour elle-même et non comme les autres voudraient qu'elle soit.
    On a aussi un petit aperçu des préjugés des Indiens sur les Européens. C'est assez drôle.
    Anita Nair raconte, avec beaucoup de délicatesse, ce qui se trame derrière les saris colorés et les odeurs épicées de l'Inde contemporaine, dans un roman dense où s'emboîtent plusieurs récits. J'ai aimé son analyse fine des différentes personnalités féminines du roman et la note d'espoir qu'elle insuffle. En effet, tout le roman est porté par un vent de liberté qui lui donne beaucoup de charme.
    Une première expérience avec la littérature indienne il y a quelques années m'avait laissée perplexe et pas franchement convaincue. Ici, Anita Nair m'a réconciliée avec la littérature de son pays


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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Citations et extraits

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  • Par myrtille81, le 20 mai 2012

    Et les morts, que pensaient-ils du chaos entraîné par leur disparition ? Subramani Iyer ? Appa ? La souffrance les tenaillait-elle, dans leur royaume de non-retour ? Ou étais-ce tout simplement ça la mort ? Pouvoir partir. Cesser d'être concerné. Etre libre.
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  • Par myrtille81, le 17 mai 2012

    Akhila est de ces femmes-là. Celles qui font ce que l'on attend d'elles et qui rêvent du reste.
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    Akhila réalisa soudain que c'était en racontant leur vie que toutes ces femmes, Janaki, sheela et même Margaret, qui s'enorgueillissait de son indépendance, tentaient de lui donner un sens. Et moi qui croyait être la seule à essayer de définir les contours de mon existence ! Elles ont toutes besoin autant que moi de justifier leurs échecs. C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues.
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    Ne deviens pas une de ces femmes qui se soignent pour séduire. La seule personne à qui tu dois plaire, c'est toi. Quand tu te regardes dans la glace, c'est à toi que ton reflet doit plaire.
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  • Par castabea, le 03 septembre 2011

    L'amour est un liquide incolore et volatil. L'amour enflamme et brûle. L'amour ne laisse aucun résidu : ni fumée, ni cendres. L'amour est un poison déguisé en esprit-de-vin.
    Au cours de cette première année, mon amour pour Ebe eut l'effet d'un solvant. Il relâcha et affaiblit la tenacité et la détermination qui faisaient jusqu'alors partie de mon caractère. J'étais tellement ivre de mes sentiments pour lui que je n'avais qu'un souhait : être avec lui. Lui plaire. Lui montrer de mille façons à quel point je l'aimais. Rien d'autre ne comptait
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