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ISBN : 2253064947
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Avenue Coloniale, à Montréal, Roch, sculpteur, québécois, vit depuis vingt ans avec David, danseur, apatride. L'atelier de Roch est leur point de chute. Montréal est leur port d'attache. Tous deux sont atteints du sida, phase terminal... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 2.00/5
    Par Petitebijou, le 05 décembre 2013

    Petitebijou
    Il vaut mieux avoir le moral avant de lire ce roman d’Yves Navarre. Mais si vous l’avez, cela ne durera pas car c’est un livre désespéré et désespérant à plus d’un titre.
    Roch et David, sculpteur et danseur, vivant une histoire d’amour depuis vingt ans, installés à Montréal, sont tous deux atteints du Sida et en phase terminale. David, le danseur, a décidé d’arrêter tout traitement, et Roch l’accompagne dans son agonie et en fait le récit pour l’après, l’après lui, et l’après eux, puisqu’il va mourir deux mois après David.
    Le contexte est celui du début de ce que l’on a appelé les années Sida, et David et Roch se sentent pestiférés, et dans l’expiation de quelque chose. Comme si le destin (ayant frappé sous les traits d’un jeune garçon croisé en vacances et doublement consommé) jugeait et condamnait leur couple, leur sexualité, leur créativité. Roch va se transformer en Michel-Ange et nous dépeindre le jugement dernier. Ce sera terrifiant, mais ce sera beau, esthétique, jusqu’au bout.
    Roch va relater le quotidien en sublimant par l’écriture la tragédie de la fin.
    Je dois dire que si comme pour ses autres œuvres je reconnais à Yves Navarre un style magnifique, ici, cette volonté de sublimation, de lyrisme parfois, m’a embarrassée et même laissée incrédule, avec une pointe de colère.
    Roch décrit David comme un Dieu subissant une épreuve mythologique. Lui le veille, l’assiste, l’observe dans tous les gestes les plus sublimes comme les plus triviaux, et plus le récit avance, s’acharne à vivre le plus abject comme un moment d’amour.
    Le récit commence au moment où le couple se coupe de tout volontairement.
    Les deux hommes ont décidé de ne plus voir leurs amis, pourtant très présents, danseurs et artistes pour la plupart, qui n’ont pas de rejet envers eux parce qu’eux-mêmes plus ou moins concernés.
    Du côté des familles, si l’acceptation de l’homosexualité des deux hommes a été difficile, puis de leur couple, à cause de la personnalité difficile de David, au moment de la maladie les sœurs et les mères essaient de garder le contact, même maladroitement. En vain.
    Bien que vivant dans l’aisance financière, David et Roch ne travaillant plus, leur situation matérielle se dégrade également, mais Roch fait en sorte que David ne manque de rien. De toute façon, il ne mange presque plus, et il n’y a plus de médicament à payer.
    C’est ainsi que les deux amants deviennent une bulle, un monde clos. Leur amour est bouleversant, mais pour moi, Roch/Yves, s’il ne nous épargne rien de la dégradation des corps, nous montre deux personnes exemplaires, sans colère, presque résignées, attendant la mort quasiment comme l’ultime représentation artistique. Le récit de Roch s’envole en fictions lyriques, ce ne sont plus des hommes, ce sont des divinités, avant de devenir des anges. Roch porte David jusqu’aux toilettes, et c’est la descente du Christ en croix. Il le lave, et c’est Marie-Madeleine essuyant le Christ. J’avoue qu’ici je n’ai pas pu suivre. Je ne peux pas adhérer à la transcendance d’un tel fléau. Oui, par amour, certaines personnes sont aptes à supporter des horreurs, mais, si je ne soupçonne pas l’auteur de complaisance, on est loin je pense de la majorité des cas en réalité.
    Mais ce roman n’est pas un documentaire, par conséquent mes réserves ne sont pas très recevables, mais elles sont le fruit de mon expérience, pour avoir – non pas au quotidien, mais d’assez près, accompagné un ami séropositif jusqu’au bout de ses quinze ans de lutte, et ayant connu le très relatif confort de la trithérapie, ce qui n’est pas le cas de Roch et David. Sans doute cette expérience m’a trop marquée pour que je puisse accepter ce roman comme tel.
    Toutefois, Yves Navarre, et Roch, arrivent à une impasse, puisque la fin survient. Roch trouvant David mort évoque un tableau, toujours la vie transcendée par l’art, mais ce n’est pas lui qui termine le récit, mais le docteur qui avait suivi les malades, après l’inéluctable mort de Roch.
    Le récit du docteur n’est en rien lyrique, si ce n’est qu’il y est inclus la lecture de la dernière lettre de David à Roch, le jour même de sa mort, lettre magnifique, certes, mais je n’y étais plus.
    J’ai fermé ce livre déprimée, car j’ai une fois de plus pensé que cette œuvre d’Yves Navarre n’est que le constat d’un échec, dans sa tentative désespérée à croire que l’écriture sauve de tout.
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    • Livres 5.00/5
    Par Madimado, le 12 octobre 2011

    Madimado
    Ce roman, qui aborde le sujet de la maladie, est absolument magnifique. Plus que le sida, c'est l'amour qui unit ces deux hommes qui est mis en avant ; la maladie vient le sublimer, montrer toute sa force dans l'adversité. Un des plus beaux textes que j'ai lu sur le sujet. Un livre très touchant, tout en retenue. Une belle ode à l'amour et à la vie.

    Lien : http://madimado.com/2011/09/19/yves-navarre-ce-sont-amis-que-vent-em..
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Citations et extraits

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  • Par Madimado, le 12 octobre 2011

    La parole est à double tranchant et [...] les parleurs font souvent les reproches qu’ils n’osent pas se faire. Ils se débarrassent ainsi du fardeau de leurs jalousies et de leur manque à l’échange.

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  • Par Madimado, le 12 octobre 2011

    Tout ce qui est écrit est factice ?

    Si la société est un frein, c’est la société qu’il faut changer. Tout est toujours possible.

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  • Par Madimado, le 12 octobre 2011

    En chacun de nous, une sorte de long monologue intérieur se poursuit toute la vie. On ne peut pas l’interrompre, pas plus qu’on ne peut arrêter la pensée.

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