> Olivier Philipponnat (Éditeur scientifique)
> Patrick Lienhardt (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070347818
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio se tient à l'écart, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 01 avril 2012

    mariech
    Irène Némirosky a une écriture d'une grande finesse , ici , nous sommes dans un petit village français dans les années 30 , l'auteur nous décrit une histoire de secrets de famille .
    J'aime beaucoup cet auteur , j'ai lu précedemment David Golberg et le magnifique ' Suite Française ' .
    Pour les lecteurs ( lectrices intéréssés ) , il y a un article bouleversant sur la vie d' Irène Némirosky , elle est en effet d'origine juive et se croyait à l'abri des persécutions en temps qu'écrivain française , malheureusement , elle a été arrêtée en 1942 et est morte à Auschwitz peu de temps après , l'article sur Wikipédia donne les détails sur l a ' survie ' du livre après sa mort .
    Moi qui aime les histoires vraies , j'ai été bouleversée .
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Alwenn, le 18 décembre 2008

    Alwenn
    Je suis encore sous le choc et le charme de cette lecture. Enivrée. Séduite. Conquise. Renversée.
    Il y a des livres comme ça, qu'on lit au moment opportun. Dès les premiers mots, j'ai su que ce roman touchait en mon cœur des cordes qui ne vibrent pas à tous les livres, loin s'en faut…
    « Nous buvions du punch léger, à la mode de ma jeunesse. Nous étions assis devant le feu, mes cousins Erard, les enfants et moi. C'était un soir d'automne, tout rouge au-dessus des champs labourés trempés de pluie ; le couchant des flammes promettaient un grand vent pour le lendemain ; les corbeaux criaient. Dans cette grande maison glacée, l'air souffle de partout avec le goût âpre et fruité qu'il a en cette saison ».
    D'Irène Némirovsky, je n'vais lu que Le bal, petit conte cruel qui m'avait amusée en son temps. Mais cette Chaleur du sang, profonde et insidieuse, m'a complètement bouleversée.
    Dès ces premières lignes, l'écriture d'Irène Némirovsky vous enveloppe, caresse onctueuse et fluide. Les phrases s'enchaînent, dans un beau ballet de style et de vérités simples, toujours exprimées par des comparaisons fortes et imagées.
    Je me suis laissée complètement envoûtée par ce livre, et je n'ai eu de cesse de poursuivre ma lecture jusqu'à la fin.
    L'histoire n'est pourtant pas d'une folle originalité, mais la justesse et la précision psychologique avec lesquelles Irène Nemirosky la traite la rend au contraire pleine de vigueur et d'ardeur. A l'image du titre. Cette Chaleur du sang qui irradie tout le roman.
    Irène Némirovsky a su parfaitement rendre la vie provinciale et empesée de ce village du Morvan des années 30. Aux côtés du solitaire et mystérieux Sylvio, on chemine de saisons en saisons entre fêtes de village pour un mariage, en veillées au coin du feu, en promenades automnales dans les bois, en soirées à l'hôtel des voyageurs où les secrets s'ébruitent sans oser se déclarer trop ouvertement. Mensonges, faux-semblants, illusions, passion, secrets et crimes hantent chaque personnage de cette vie rurale, renfermée et étriquée.
    Irène Némirovsky a un vrai don pour coucher sur le papier, mélange détonnant entre une eau-forte et une aquarelle, les traits de la nature humaine. C'est tout à la fois acide et subtil :
    « Je ne sais si l'être humain fait sa vie, mais ce qui est certain, c'est que la vie qu'il a vécue finit par transformer l'homme ; une existence calme et belle donne à un visage une sorte de moelleux, de gravité, un ton chaud et doux, qui est presque une patine, comme celle d'un portrait. (…) Il y a un moment de perfection quand mûrissent toutes les promesses, que tombent enfin les beaux fruits, un moment que la nature atteint vers la fin de l'été, qu'elle dépasse bientôt, et alors commencent les pluies de l'automne. Il en est de même pour les gens. »
    Chaleur du sang est beau comme un amour de jeunesse, puissant comme la jalousie qui étreint les cœurs, flamboyant comme le désir qui s'empare de la chair, simple comme les envies qu'on ne peut réfréner et qui nous perdent.
    Le dénouement rattrape le lecteur par son amertume. Comme la lie d'un vin capiteux. Tout à l'image des errances humaines dans une vie. C'est finalement tellement réaliste.
    Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi. Je l'ai trouvé tout à la fois magnifique, parlant et tellement vrai. Et curieusement, tellement toujours d'actualité. La vie des villages français n'est finalement pas plus différente dans la France de l'avant-guerre que dans celle du début du XXIème siècle. Sans doute parce que la nature humaine reste immuable dans ses désirs, ses doutes, ses carcans et ses chimères…
    Terminé le 22 novembre 2008


    Lien : http://fabulabovarya.canalblog.com
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  • Par LiliGalipette, le 23 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman d'Irène Némirovsky.
    Sylvio, vieil homme solitaire, observe avec détachement et indifférence Le Ballet des vies et des sentiments de son entourage. Sa cousine Hélène et son époux François sont tellement heureux et sereins quand leur fille Colette épouse le gentil Jean. Après la noyade de celui-ci, les apparences se fragilisent. le bonheur parfait et sans ombrage des parents Erard cache quelques secrets honteux. Au milieu de la campagne française, il est difficile de parler des erreurs. Tout le monde sait, mais personne ne parle. Et finalement, celui qu'on croyait éloigné des tourments du coeur se souvient...
    La langue est fluide, la narration coule avec aisance. Pas de temps morts: on passe d'évènements en rebondissements en évitant les lieux communs superflus. Les périodes heureuses sont passées sous silence afin de maintenir le texte sous la tension dramatique. Chaque personnage a son rôle à jouer dans le drame familial. J'ai apprécié cette rapidité des enchaînements. Je suis toutefois agacée par l'artifice du narrateur omniprésent, qui assiste à toutes les péripéties. C'est bien entendu nécessaire pour que le lecteur ait connaissance de l'histoire, mais l'introduction du narrateur est parfois un peu lourde. Cela dit, ce roman reste une réussite, et je le conseille en lecture estivale. Léger et agréable, il se lit rapidement et avec plaisir;
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 05 juillet 2011

    litolff
    Un court roman qui aborde dans une langue fluide les vains désirs de la jeunesse et l'apparente sérénité des gens "d'âge mûr". Irène Némirovsky prête sa plume à vieil homme solitaire, qui semble-t-il, connait tout de l'âme humaine et de la comédie des sentiments.
    Une lecture pertinente et agréable.
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    • Livres 4.00/5
    Par choupynette, le 28 mars 2012

    choupynette
    c'est l'histoire, ou plutôt les histoires de ses protagonistes, à 20 ans d'écart. Colette est mariée à Jean. Manifestement sans amour. Un soir, Jean meurt noyé. Évidemment, pour le lecteur, le doute est déjà là. Serait-ce vraiment un accident?
    A la suite de cet événement, malgré la chape de plomb qui pèse sur le village, les souvenirs, surtout ceux du narrateur, Silvio, cousin des parents de Colette, remontent à la surface.
    Autant le dire tout de suite: j'ai été conquise par la plume d'Irène Nemirovsky. Pas de fioritures, pas de phrases grandiloquentes, mais une belle richesse, et surtout une sensualité (et pas uniquement au sens érotique du terme) que j'ai rarement ressentie. L'auteure, au-delà du thème assez peu original de l'adultère, évoque surtout les âges de la vie, le contraste entre jeunesse et vieillesse, les remords et les regrets, l'amour absolu, le désir qui brûle le sang et l'âme de jeunes gens. Elle nous parle de l'âge qui vient et nous change, jusqu'à nous rendre méconnaissable à nous même ("En face de moi une glace où s'encadre ma figure ridée, ma figure si mystérieusement changée ces dernières années qu'à peine si je puis la reconnaître"), alors au soir de la vie, on ne peut que se souvenir de ce que l'on a été, ce que l'on aurait voulu, rêvé être.Et finalement, l'amnésie, bien pratique, atténue la douleur de la perte des illusions.
    Nemirovsky dépeint également la campagne française, où elle vécut plusieurs années. Et dans les paysages bucoliques de cette campagne, les paysans sombres, durs au mal, taiseux, ruminent, savent, condamnent en silence mais ne font rien. Car ils ne veulent pas avoir d'histoires. Des familles, des clans, qui agissent selon leurs intérêts, jamais dupes des mensonges des uns et des autres. Un fonctionnement ancestral qui ne semble pas vouloir laisser de place à la "Chaleur du sang" qui brûle les veines des jeunes gens. Un roman à la structure d'énigme à tiroirs, même si l'énigme n'en est pas vraiment une, qui se termine par des pages lancinantes et magnifiques.C'est à la fois simple, beau, cruel. C'est à lire absolument!

    Lien : http://ya-dla-joie.over-blog.com/article-chaleur-de-sang-101948606.h..
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Citations et extraits

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  • Par ides60, le 25 août 2010

    Ce soir si doux, je me suis assis sur le banc qui est derrière la cuisine, d'où je vois ce petit jardin que je me suis mis à cultiver, car pendant longtemps je ne lui demandai que les quelques légumes nécessaires à la soupe, mais depuis plusieurs années je le soigne. J'ai planté moi-même ces rosiers, sauvé cette vigne qui se mourait, bêché, désherbé, taillé les arbres fruitiers. Je me suis attaché peu à peu à ce coin de terre. Les soirs d'été, au crépuscule, ce bruit de fruits mûrs se détachant de l'arbre et tombant d'une chute molle dans l'herbe me donne une sorte de bonheur.
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  • Par soelmaju, le 05 février 2009

    Mais le mieux pour qu'il vienne (j'entends un véritable amour, honnête et sain) c'est de ne pas trop y penser, de ne pas l'appeler. Sans quoi on se trompe. On met le masque de l'amour sur le premier et le plus vulgaire visage.
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  • Par choupynette, le 28 mars 2012

    "Dîners de ma province! Soupe épaisse dans laquelle tient la cuiller, le brochet fourni par l'étang du domaine, énorme, onctueux mais tellement farci d'arrêtes qu'on croit avoir dans la bouche un fagot plein d'épines. Aussi personne ne dit mot. Tous ces gros cous penchés en avant et qui mâchent lentement, comme ceux des boeufs dans l'étable. Après le brochet, vient la première viande, une oie rôtie de préférence, puis la deuxième viande, en sauce celle-là, et son odeur d'herbe et de vin. Et pour finir, après les fromages que les convives mangent à la pointe de leur couteau, la tourtière aux pommes ou aux cerises selon la saison. Après, il n'y a plus qu'à entrer au salon et choisir dans ce cercle de jeunes filles en rose (avant la guerre toutes les jeunes filles à marier portaient des robes roses, du rose fade de la dragée au rose cru du jambon en tranches), parmi toutes ces jeunes filles, avec leur petit médaillon d'or sur le cou, leurs cheveux noués en chignon sur la nuque; leurs gants de filoselle et leurs mains rouges, la compagne de sa vie."
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  • Par litolff, le 05 juillet 2011

    Il y a dans une assemblée de gens mûrs quelque chose d'imperturbable ; on devine des organismes qui ont digéré tous les plats lourds, amers, épicés de la vie, qui ont éliminé tous les poisons, qui sont pour dix ou quinze ans dans un état d'équilibre parfait, de santé morale enviable. Ils sont satisfaits d'eux-mêmes. Ce pénible et vain travail de la jeunesse par lequel elle essaie d'adapter le monde à ses désirs a déjà été accompli par eux. Ils ont échoué et maintenant, ils se reposent.
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  • Par Inextenso, le 19 septembre 2011

    Je croyais rechercher la fortune ; en réalité, j'étais poussé par la chaleur de mon jeune sang . Mais comme ces ardeurs sont éteintes maintenant, je ne me comprends plus. Je pense que j'ai fait beaucoup de chemin inutile pour revenir à mon point de départ.
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