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ISBN : 2246151341
Éditeur : Grasset (2002)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.87/5 (sur 124 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Antoinette vient d'avoir quatorze ans ; elle rêve de participer au bal qu'organisent ses parents, les Kampf, pour faire étalage de leur fortune récemment acquise. Mais sa mère, plus pressée de jouir enfin de cette opulence tant attendue que de faire entrer sa fille dans... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 25 juin 2012

    latina
    Comment être totalement d'accord avec la vengeance d'une jeune fille de 14 ans...
    J'ai accroché tout de suite à l'histoire simple, vieille comme le monde, d'une jeune fille en conflit avec sa mère. Mais il faut dire que cette mère se comporte d'une façon odieuse ! C'est vrai qu'à l'époque (fin des années 20) les enfants n'avaient rien à dire jusque très tard, mais ici, on se rend compte que la mère ressent une sorte de dégoût et même de haine envers sa fille. Alors, quand celle-ci se venge, d'une façon non préméditée, donc, excusable, je ris ! Et je suis soulagée ! Qu'est-ce que ça fait du bien !
    Bref, comme une gamine, je me suis glissée dans la peau de cette adolescente ... Peut-être, vaguement, ai-je ressenti par la suite, comme la jeune fille, un soupçon de pitié envers la mère, mais celui-ci m'a vite quittée.
    J'espère que mes élèves vont en tirer un aussi grand plaisir, car l'année prochaine, je le leur fais lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par Syl, le 21 mai 2012

    Syl
    Antoinette a quatorze ans et se retrouve toujours confinée à la nursery. Elle grandit, vite, elle a des envies, ceux d'une jeune adolescente qui s'éveille, elle a des espérances, des attentes... dont celle de participer au bal que vont donner ses parents.
    A peine l'idée est émise par Mme Kampf, qu'un émerveillement s'épanouit dans le coeur d'Antoinette. Un bal... cela sous entend préparatifs, robe longue, coiffure, fleur au corsage, euphorie, peut-être un peu de rose sur les lèvres, une petite coupe de champagne, une danse, Deux danses, un cavalier, son début dans le monde, devenir une personne...
    Mais à la seconde où Antoinette envisage ce mirage, tout disparaît dans une terrible humiliation. Avec distance et froideur, Mme Kampf renvoie la jeune fille dans son rôle d'enfant. de plus, sa chambre sera réquisitionnée pour servir de vestiaire. Antoinette et Miss Betty, sa gouvernante, devront passer leur soirée dans la lingerie.
    Mme Kampf a toujours vu ce bal comme un songe inaccessible. D'origine modeste, secrétaire, elle a épousé un gratte-papier, un petit banquier. Tout un cortège de fantasmes l'a alors accompagné durant sa vie, jusqu'au jour, Deux ans plus tôt, où Mr. Kampf gagne une fortune en spéculant à la bourse.
    Parée de fierté, dans l'expectative de sa nouvelle existence, Mme Kampf souhaite concrétiser ce conte et vivre pleinement cette seconde destinée, sans valise... famille, mari, fille.
    Deux cents invitations sont à envoyées. Une liste qui s'étire et qui s'illustre de titres, baron, comte, marquis, acceptant pour la parade les petits gigolos aux toilettes sophistiquées. Indispensable... il faut aussi quelques membres de la famille qui attesteront auprès des autres de leur réussite... Ce bal sera leur introduction, leur première marche.
    Antoinette bouillonne. Rabaissée, reléguée dans un autre monde, presque reniée, elle perçoit l'offense comme un abandon ou une exécution. La tragédie s'infiltre dans ses pores et cherche vengeance. Elle se sent adulte dans son chagrin, elle se sent mûre pour imaginer une sentence et enrayer l'ascension de sa mère. Si elle se tuait, il n'y aurait plus de bal !
    Puis... une autre forme de justice, bien moins radicale, s'offre à elle...
    J'ai trouvé cette nouvelle très plaisante à lire malgré l'histoire impitoyable et grinçante.
    Les tourments qu'endurent mère et fille sont très différents mais soulignent leur profonde solitude et l'ivresse d'être reconnue. Une satyre, une fable, l'épilogue conduit à un ricanement sinistre, sans morale, avec une conscience affûtée et pernicieuse. J'en suis ressortie troublée. Si au début j'ai pu avoir de la compassion pour Antoinette, si j'ai souri à ses transports passionnés et dramatiques, je l'ai trouvé par la suite trop calculatrice et sans bonté. Et la mère ? Mérite-t-elle ce dénouement ?... D'une certaine manière je dirai oui, si elle en tire les conséquences et si elle retrouve ses dignes priorités. Mais je doute ! Cette femme, très antipathique, n'est ni mère ni épouse.
    En une centaine de pages, l'auteur a su créer une atmosphère, des personnages, une intrigue et une conclusion, dans une cadence fluide, très active et sans répit pour le lecteur.
    Un livre que je recommanderai.
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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 26 septembre 2012

    ballad
    J'ai bien aimé ce livre qui décrit les caprices d'une adolescente, qui veut assister au bal que donnent ses parents et ne supporte pas d'en être écartée. le récit montre toute l'inconscience de l'adolescence, ses angoisses, ses fièvres, et aussi toute la vanité sociale. Les dialogues sont très beaux.
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    • Livres 2.00/5
    Par Under_The_Moon, le 17 novembre 2012

    Under_The_Moon
    Irène Némirovky fait partie de ces "phénomènes de librairie" que je voulais lire, sans pour autant commencer par le fameux Suite Française. J'ai donc choisi Le Bal car j'en avais entendu beaucoup de bien et le quatrième de couverture m'a convaincue.
    Alfred et Rosine Kampf sont des nouveaux riches et pour savourer pleinement leur ascension sociale, ils décident d'organiser un bal avec le gratin de la société : des comtes, des marquis ou autres nouveaux riches. Mais cette victoire sociale, ils veulent la savourer entre adultes. Antoinette, comme on pourrait s'y attendre de la part d'une adolescente, est profondément vexée de ne pouvoir faire partie de la fête et de se voir refuser le droit de se montrer. Alors, quand l'occasion de présente pour elle de se venger de cet affront, elle la saisie....
    La cruauté et le narcissisme des adolescents est bien dépeint dans le personnage d'Antoinette. Alors, certes, Antoinette se prend très au sérieux - comme toute adolescente qui se respecte - mais elle comprend aussi très bien ce qui se passe autour d'elle. Si sa vengeance est vaine et mesquine elle permet à l'auteur de lever le voile sur les faux semblants et les convenances en vigueur en ce début de 20ème siècle dans la société bourgeoise.
    Quant au personnage de la mère, Rosine, elle est à mi-chemin entre Cendrillon et le personnage que Maupassant a créé dans la parure.
    Le récit focalise donc sur le portrait des personnages féminins : Antoinette, Rosine et Melle Isabelle, la professeur de piano. On oublie vite la dimension du conflit pour s'apercevoir qu'il s'agit en fait de l'affrontement de 2 narcissiques et de 2 egos féminins forts, chacune voulant faire sa place dans le monde.
    C'est un livre qui se lit très vite de par l'écriture et la longueur. Par contre j'ai quand même été gênée par ces ressemblances avec d'autres récits.
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Nous sommes début XXème. Les époux Kampf sont de nouveaux riches qui cherchent à mettre en valeur leur nouvelle opulence. Ils décident d'organiser un bal qui assoiera leur nouveau statut. Antoinette, leur fille de 14 ans, rêve bien sûr d' y assister mais sans compter le refus et la rigidité de sa mère qui lui refuse tout signe d'affection et lui dénie toutes projections dans sa vie de future adulte. Il en résultera un acte malveillant de la part d'Antoinette, fait dans l'innocence et la méchanceté de l'enfance, qui amènera un joli drame dans la famille.
    "Le bal", écrit en 1930, est un court récit sur l'adolescence tourmentée, les relations mère-fille mais aussi une critique sociale acerbe sur les nouveaux riches et leur ambition.
    Le couple pathétique de parvenus cherche tant bien que mal à intégrer l'aristocratie et espère lui en mettre plein la vue en organisant un bal dantesque, paré des meilleurs mets et visité par tout le gratin mondain de l'époque. L'auteur n'hésite pas à tourner en dérision ce couple, plus préoccupé à se faire une place dans le monde qu'à aimer leur fille unique.
    "Dis donc, tu vois d'ici la tête de la tante Loridon qui s'est brouillé avec moi parce que j'avais épousé un Juif, et de Julie Lacombe et de l'oncle Martial, tous ceux dans la famille qui prenaient avec nus un petit ton protecteur parce qu'ils étaient plus riches que nous, tu te rappelles? Enfin, c'est bien simple, si on n'invite pas Isabelle, si je ne sais pas que le lendemain ils crèveront tous de jalousie, j'aime autant ne pas donner de bal du tout !"
    Fille unique, justement, plus encombrante qu'autre chose... Refusant Le bal à sa fille et la reléguant dans une lingerie pour laisser place au bal et à ses festivités, Mme Kampf l'estime comme une quantité négligeable, juste bonne à être sage et à faire ses devoirs. Les face à face entre la mère et sa fille sont violents et dénués de toute affection.
    " Mme Kampf éclata subitement :
    - Ca, par exemple, ça, c'est magnifique, cria-t-elle d'une voix enrouée de colère : cette gamine, cette morveuse, venir au bal, voyez-vous ça !... Attends un peu, je te ferai passer toutes ces idées de grandeur, ma fille... Ah ! Tu crois que tu entreras 'dans le monde' l'année prochaine ? Qu'est-ce qui t'a mis ces idées-là dans la tête ? Apprends, ma petite, que je commence seulement à vivre, moi, tu entends, moi, et que je n'ai pas l'intention de m'embarrasser de sitôt d'une fille à marier... Je ne sais pas ce qui me retient de t'allonger les oreilles pour te changer les idées, continua-t-elle sur le même ton, en faisant un mouvement vers Antoinette. "
    On pénètre dans l'incompréhension de l'adolescence, ses tourments à travers les pensées d'Antoinette qui, cherchant à suivre les traces de sa mère, s'en voit finalement refuser l'accès. Quelle ironie !
    "Un bal... Mon dieu, mon dieu, ce serait possible qu'il y eût là, à deux pas d'elle, cette chose splendide qu'elle se représentait vaguement comme un mélange confus de folle musique, de parfums enivrants, de toilettes éclatantes...de paroles amoureuses chuchotées dans un boudoir écarté, obscur et frais comme une alcôve...et qu'elle fût couchée ce soir-là, comme tous les soirs, à neuf heures comme un bébé... Peut-être des hommes qui savaient que les Kampf avaient une fille demanderaient-ils où elle était ; et sa mère répondrait avec son petit rire détestable : "Oh, mais elle dort depuis longtemps, voyons..." Et pourtant qu'est-ce que ça pouvait lui faire qu'Antoinette, elle aussi, eût sa part de bonheur sur cette terre ?... Oh ! mon Dieu, danser une fois, une seule fois, avec une jolie robe, comme une vraie jeune fille, serrée dans des bras d'homme... Elle répéta avec une sorte de hardiesse désespérée en fermant les yeux, comme si elle appuyait sur sa poitrine un revolver chargé :
    - Seulement un petit quart d'heure, dis, maman ?"
    La vengeance non-préméditée de cette dernière (que je vous laisse découvrir !) provoquera un véritable séisme chez la mère, qui n'aura d'autre consolation que de se réfugier auprès de sa fille.
    Une conclusion on ne peut plus cynique sur l'honnêteté des sentiments maternels !
    Un petit roman très fort et très cruel à ne pas rater !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-bal-irene-nemirovsk..
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 15 février 2012

    Attendre... et ces mauvais désirs... pourquoi cette envie honteuse, désespérée, qui ronge le coeur en voyant passer deux amoureux au crépuscule, qui s'embrassent en marchant et titubent doucement, comme ivres... Une haine de vieille fille à quatorze ans ? Elle sait bien pourtant qu'elle aura sa part ; mais c'est si long, ça ne viendra jamais, et, en attendant, la vie étroite, humiliée, les leçons, la dure discipline, la mère qui crie... (p. 36-37)
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  • Par Lybertaire, le 03 mars 2012

    Et un jour… pour la première fois, ce jour-là elle avait désiré mourir… au coin d’une rue, pendant une scène, cette phrase emportée, criée si fort que des passants s’étaient retournés : "Tu veux une gifle ? Oui ? " et la brûlure d’un soufflet… En pleine rue… Elle avait onze ans, elle était grande pour son âge… Les passants, les grandes personnes, cela, ce n’était rien… Mais, au même instant, des garçons sortaient de l’école et ils avaient ri en la regardant : "Eh bien, ma vieille…" Oh ! ce ricanement qui la poursuivait tandis qu’elle marchait, la tête baissée, dans la rue noire d’automne… les lumières dansaient à travers ses larmes. "Tu n’as pas fini de pleurnicher ? Oh, quel caractère !... Quand je te corrige, c’est pour ton bien, n’est-ce pas ? Ah ! et puis, ne recommence pas à m’énerver, je te conseille…" Sales gens…
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  • Par Syl, le 21 mai 2012

    "Je voudrais mourir, mon Dieu faites que je meure... mon Dieu, ma bonne Sainte Vierge, pourquoi m'avez-vous fait naître parmi eux ? Punissez-les, je vous en supplie... Punissez-les une fois, et puis, je veux bien mourir...
    Elle s'arrêta et dit tout à coup, à voix haute :
    - Et sans doute, c'est tout des blagues, le bon Dieu, la Vierge, des blagues comme les bons parents des livres et l'âge heureux..."
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  • Par litolff, le 08 mai 2010

    Mme Kampf éclata subitement :
    - Ca, par exemple, ça, c'est magnifique, cria-t-elle d'une voix enrouée de colère : cette gamine, cette morveuse, venir au bal, voyez-vous ça !... Attends un peu, je te ferai passer toutes ces idées de grandeur, ma fille... Ah ! Tu crois que tu entreras 'dans le monde' l'année prochaine ? Qu'est-ce qui t'a mis ces idées-là dans la tête ? Apprends, ma petite, que je commence seulement à vivre, moi, tu entends, [... ]
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  • Par Spilett, le 20 octobre 2010

    C'était une longue et plate fillette de quatorze ans, avec la figure pâle de cet âge, si réduite de chair qu'elle apparaît, aux yeux des grandes personnes, comme une tache ronde et claire, sans traits, des paupières baissées, cernées, une petite bouche close... Quatorze ans, les seins qui poussent sous la robe étroite d'écolière, et qui blessent et gênent le corps faible, enfantin... les grands pieds et ces longues flûtes avec des mains rouges au bout, des doigts tachés d'encre, et qui deviendront un jour les plus beaux bras du monde, qui sait ?... une nuque fragile, des cheveux courts, sans couleur, secs et légers...
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