> Olivier Philipponnat (Préfacier, etc.)

ISBN : 2207259552
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Irène Némirovsky à 20 ans
LE MONDE DES LIVRES | 25.06.10 | 18h46 • Mis à jour le 25.06.10 | 18h46

Le succès de David Golder (1929) poussa Irène Némirovsky à republier en volume, en 1930, son premier bref roman, paru presque inaperçu dans la revu... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par InColdBlog, le 06 août 2011

    InColdBlog
    Héritier de la grande bourgeoisie, ruiné par le premier conflit mondial, Yves Heurteloup est venu passer cet été 1924 sur la côte basque, en souvenir des beaux jours de son enfance.
    « Cependant il restait debout près de la fenêtre ouverte, et, peu à peu, ainsi qu'on reconnaît dans un visage modifié par les années, un sourire, un regard, et que, guidé par eux, on retrouve, en hésitant les traits aimés, de même, il redécouvrait, avec une émotion profondément douce, des lignes, des nuances, le contour des montagnes, la surface miroitante du golfe, la chevelure vivante et légère des tamaris. Et, quand il eut perçu de nouveau, dans l'air, ce parfum de cannelle et d'orangers en fleur qu'y apporte le vent d'Andalousie, il fut tout à fait réconcilié avec l'œuvre du temps, il sourit, et l'ancienne allégresse lui dilata le cœur. »

    Tandis qu'il lézarde sur une plage d'Hendaye, une poignée de sable lancée par la fillette d'une jeune femme va lui donner l'occasion d'entrer en contact avec la charmante maman qu'il observe à la dérobée depuis plusieurs jours.
    Mariée à un riche industriel souvent absent pour affaires, Denise Jessaint s'ennuie, n'ayant que sa petite fille et la gouvernante pour seule compagnie. Un jour, aux abords de l'hôtel, Heurteloup croise Denise en compagnie de son mari, qui s'avère être une de ses lointaines relations.
    Le jeune célibataire se rapproche du couple et quand Jessaint est appelé à Londres, Yves passe l'essentiel de son temps en compagnie de Denise. La jeune femme délaissée apprécie qu'un homme s'intéresse à elle et lui fasse oublier la solitude de son quotidien. C'est ainsi qu'une romance nait entre eux.
    Née sous le soleil de la côte basque, la liaison adultère tourne court sous la grisaille de Paris, où les amants se retrouvent, les vacances terminées. le charme est rompu : désormais obligé de gagner sa vie, Heurteloup a retrouvé le chemin du bureau alors que Denise poursuit son existence oisive de femme riche.

    « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. » (Saint-Exupéry - Terre des hommes, 1938). Leur regard, c'est chacun vers leur petite personne que Denise et Yves le dirigent.
    Pauvre petite fille riche gâtée par la vie, Denise n'envisage l'amour que sous le prisme d'une passion romanesque et absolue… mais à sens unique : c'est elle qui doit être le centre de toutes les attentions, l'objet de la dévotion (lire extraits ici).
    « Ce qu'il lui fallait, comme il faut de l'air pour respirer, c'était l'assurance d'être aimée. Elle ne le savait pas. Elle ne savait rien. Toujours las, fatigué, préoccupé, ennuyé, il avait, cependant, pour elle, de la tendresse et de l'attrait physique, elle le sentait. Mais, tout le temps, elle avait l'impression que c'était elle seule qui se cramponnait, de toutes ses forces, à leur amour ; si elle le quittait, elle savait qu'il ne ferait pas un geste pour la retenir, par paresse, par découragement inné et, de cela, elle éprouvait comme une immense fatigue morale, comme si elle eût porté en tremblant, entre ses mains faibles, un précieux fardeau trop lourd. »
    Pour sa part, Yves se montre incapable de répondre ne serait-ce qu'un minimum aux attentes démesurées de Denise. Avant même de l'avoir jouée, il abandonne la partie, préférant fuir et se résigner. Depuis son retour du front, Heurteloup avance dans la vie le regard fixé sur le rétroviseur. Doublement meurtri par la guerre, c'est un homme à la fois traumatisé par son expérience des tranchées et blessé de se retrouver privé de ses privilèges de nanti.
    La vie insouciante de Denise lui rappelle cruellement qu'il est dorénavant exclu de ce monde auquel il appartenait. Incapable de mettre son orgueil en sourdine, il s'enferme toujours plus profondément dans un mutisme qui deviendra source d'une incompréhension grandissante entre les deux amants.
    « Cette liaison pour lui n'était, en somme, que fatigue. A heure fixe, il fallait être tendre, amoureux, passionné ; préoccupé par les mille petits soucis quotidiens qui le harcelaient, comme des mouches un jour de chaleur, il fallait dire de jolies choses, sourire, caresser ; quand la migraine lui tenaillait les tempes, il fallait parler pour ne pas voir les yeux anxieux de Denise, pour ne pas entendre l'éternelle petite question triste : « Qu'est-ce que tu as ? à quoi penses-tu ? tu ne m'aimes pas ? » Il ne voulait pas faire de cette femme jeune et jolie, bonne et charmante, faite pour le rire, le bonheur et l'amour, la confidente de ses mille petits soucis mesquins (…) Alors il fallait se taire, ou parler de choses indifférentes ou bien dire de jolis riens qui n'étaient pas précisément des mensonges, mais qui lui causaient, parce qu'il se sentait forcé de les prononcer, une mortelle fatigue…
    Avec elle, pensa-t-il avec une irritation singulière, il faudrait toujours être moralement en smoking. Ça ne rentre plus dans mes moyens, hélas… »
    Le Malentendu, c'est l'histoire de la rencontre de deux égoïsmes qui, aveuglés par le soleil de la côte basque et la douce vie de palace, ne voient pas qu'ils courent inévitablement à l'échec. Bâtie sur une méprise, ce que Denise et Yves prenaient pour une passion tenace ne résistera pas à la réalité crue du quotidien et les humiliations nées de la différence de classes, et finira engluée dans l'amertume et le désenchantement.
    « Comme c'était étrange… Quand il était sûr qu'il allait la voir, il retardait tant qu'il le pouvait l'instant de leur rencontre ; ce n'était pas précisément de l'ennui qu'il ressentait, mais de l'absence de désir ; il avait envie de reculer l'heure, il flânait dans les rues, il inventait mille prétextes pour se mettre en retard, trop certain de sa présence, de sa tendresse, de son amour. Mais il suffisait que survînt de la part de Denise un empêchement quelconque pour qu'il se sentît de nouveau amoureux, inquiet et plein d'une impatience délicieuse ; quand il arrivait à Denise d'être un peu malade, il s'affolait, se tourmentait, devenait câlin et doux ; il avait mal dans sa chair quand elle souffrait ; il ne pouvait la quitter ; elle lui était subitement plus précieuse que tout au monde. Mais le lendemain, elle guérissait, et il recommençait à traîner son amour comme un fardeau. »
    J'ai retrouvé avec toujours autant de plaisir la plume impitoyable d'Irène Némirovsky, qui décortique avec justesse et acuité la psychologie de personnages auto centrés, et égratigne au passage la haute société de l'entre-deux-guerres.
    Cette fois encore, le parallèle avec Sagan s'impose au lecteur. Parallèle plus que jamais pertinent pour Le Malentendu puisque, comme Sagan des années plus tard dans Bonjour tristesse, Némirovsky fait preuve dans ce premier roman (écrit en 1924 et publié deux ans plus tard) d'une clairvoyance rare chez une jeune fille de seulement vingt-et-un ans.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/08/04/L%E2%80%99amour-en-fuite
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par zazy, le 24 juillet 2011

    zazy
    Eté 1924. Yves Harteloup, jeune homme ruiné et rescapé de la guerre 14-18, est en vacances dans un hôtel de luxe à Hendaye, ville de son enfance riche et insouciante qu'il ne peut oublier. Endormi sur la plage, une poignée de sable lancée par Francette va changer sa vie et peut-être plus…………..
    Francette est la fille de Denise en vacances avec son mari et résidant dans le même hôtel que lui. Il s'avère que ce Monsieur JESSAINT, le mari et père, est une vague connaissance qui se renoue au gré de ces vacances. Puis, advint ce qui devait arriver : le mari épousé mais non aimé, s'en retourne à ses affaires………………. Yves, Denise et Francette poursuivent leurs vacances communes. Puis Yves et Denise (Francette est laissée aux bons soins de sa nurse) entament une relation amoureuse sous le ciel de plus en plus terne de ce mois de septembre.
    De retour à la vie parisienne, la relation continue. Harteloup, homme lâche et sans passion, s'ennuie dans son travail sans intérêt de scribouillard dans un quelconque ministère, dépense sans compter pour combler ou suivre la vie virevoltante de sa maîtresse. Tous ces petits problèmes pourrissent la vie de Harteloup qui s'enferme dans un certain mutisme, devient fuyant, refusant même de la recevoir. Denise, petite fille riche, innocente, égocentrique qui rêve d'un Amour absolu uniquement tourné vers elle. Cet amour de vacances ne va pas résister à la froideur parisienne. Ils ne pourront dépasser leurs égoïsmes respectifs et le fossé entre eux va s'agrandissant
    Le livre se termine sur cette phrase : « Voilà, voilà, c'est fini…. Et je n'ai pas su que c'était le bonheur. »
    Ce livre est fort bien écrit, les descriptions des états d'âme des deux héros sont parfaites dans leur crescendo. du Sagan avant l'heure !! Mais…………. Parce qu'il y a un mais : je me suis ennuyée, terriblement ennuyée.
    Chaleur du sang m'avait emballée. Et là, il y a vraiment eu un malentendu
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par liliba, le 24 août 2011

    liliba
    Yves Harteloup est enfin en vacances, près d'Hendaye, dans un endroit où il a passé son enfance. Il retrouve les odeurs, les sensations et les souvenirs des jours heureux sous le soleil du mois d'août. Il s'est installé à l'hôtel, même si le train de vie est bien trop onéreux pour son budget. Mais ce sont ses seules vacances de l'année, sa seule sortie même, et il veut en profiter au maximum. Il faut dire que cet homme issu de la grande bourgeoisie mais sans le sou, obligé de travailler comme employé de bureau pour subvenir à ses besoins, meurtri par la guerre, n'est guère d'un caractère joyeux et optimiste.

    C'est sur la plage qu'il croise la belle Denise, une femme mariée accompagnée de sa petite fille, dont il tombe tout de suite amoureux. Délaissée par son homme d'affaires de mari, Denise finit par tomber elle aussi éperdument amoureuse d'Yves et les deux amants roucoulent sous le soleil du Sud-Ouest jusqu'à ce que revienne le mari. Celui-ci (aveugle ?) prend Yves d'amitié et l'invite à se revoir à Paris, car les vacances se terminent bientôt.

    Mais le retour dans le train-train quotidien a raison de l'amour de Yves pour Denise. Il redevient le terne jeune homme qu'il était auparavant, sans ambition, sans désirs, un peu dépressif, en tout cas pas gai du tout, et de plus, fauché et ne pouvant pas assumer des dépenses inconsidérées lors des sorties et des folles soirées (nous sommes ne 1924). Denise souffre de cette mélancolie permanente et va bientôt sortir avec un autre homme.

    On ne sait pas vraiment si Le Malentendu de cette histoire d'amour réside dans la différence de condition sociale des deux amoureux, ou dans leur caractère, sans doute les deux... Toujours est-il qu'à peine cet amour éclos, il avorte, par manque de communication et de dialogue... comme toujours, pourrait-on dire ! Chacun des deux amoureux campe sur sa position et ses idées sans vouloir expliquer à l'autre ce qu'il pense et pourquoi, et bien sûr, l'autre gamberge, se fait des films... et tout fout l'camp ! C'est l'histoire malheureuse de bien nombreux couples...

    On peut noter aussi que les deux amants ne recherchent pas la même chose dans cette relation : "les émotions de l'amour, des plaisirs extraordinaires et des douleurs nouvelles, et des mots, des mots, des mots..." pour Denise, alors que lui est incapable de se lâcher, d'ouvrir son coeur...

    Une situation classique, donc, mais qui prend toute sa valeur sous la plume de l'auteur, âgée de 23 ans seulement lorsqu'elle a écrit ce roman, et qui a su non seulement décrire de manière très précise et juste la naissance et la mort de cet amour, mais aussi l'ambiance caractéristique du Paris des années folles et l'état d'esprit de cette époque.


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/08/20/20753379.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fabie_r, le 18 janvier 2012

    fabie_r
    Cette histoire vient s'ajouter à une liste de livres bien particulière : ceux que nous considérons comme de bons, voire de très bons livres, mais que nous préférerions ne pas avoir lus, tant l'histoire et le message qui leur sont associés nous ont déplu.
    L'auteur nous raconte avec justesse, et sans détails inutiles, une histoire d'amour, tantôt passionnelle, tantôt ennuyeuse, parfois haineuse et souvent désespérée. Nous suivons le chemin de ce couple, sans jamais apercevoir d'autre itinéraire possible. Là réside la cause de mon sentiment ambigu envers ce livre que je conseille vivement.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Valette, le 19 mai 2012

    Valette
    Décryptage de la passion bien original car le couple adultère se rencontre dépouillé de vêtements puisque l'été veut qu'on arbore des tenues pratiques; puis vient l'hiver et les costumes, signes extérieurs de richesse: la relation fusionnelle est remise en question. la lutte des classes peut-elle être un frein à l'amour?
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par InColdBlog, le 06 août 2011

    - Yves, vous m’aimez ? Dites-moi que vous m’aimez… Vous m’êtes si cher. Dites-moi, parlez-moi…
    Obstinément, il se taisait. Elle avait l’impression de se cogner désespérément contre une porte fermée, de la battre en vain de sa tête douloureuse, comme un pauvre oiseau dans une chambre sans lumière ; et, cependant, elle répétait avec le terrible et maladroit entêtement féminin :
    - Dites-moi… Parlez-moi…
    Il finit par répondre :
    - Je ne sais pas parler, Denise, ma petite Denise ; donnez-moi le calme, le repos, la tendresse… J’ai besoin de vos mains sur mon front, sur mon cœur, de votre douce voix fraîche qui rit près de moi… Mais je ne peux pas, je ne sais pas dire des paroles d’amour… Songez que pendant tant d’années je me suis tu… Ne me forcez pas à dire de jolis mensonges… Je ne veux pas… Je suis si fatigué… Donnez-moi du repos… J’ai besoin de repos…
    - Mais moi, dit-elle révoltée, moi, j’ai besoin de tout ça… J’ai besoin qu’on me dise que je suis la plus belle, et la plus chère, et la seule. J’ai besoin de paroles, même si je sais qu’elles mentent… J’en ai besoin…
    - Je ne peux pas vous donner ce que vous me demandez. Ce n’est pas ma faute, Denise. Je suis pauvre de sentiments autant que d’argent, peut-être, je ne sais pas… Mais je vous donne tout ce que je peux donner…
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par lauravanelcoytte, le 27 juin 2010

    Extrait
    "L'amour qui naît de la peur de la solitude est triste et fort comme la mort. Son désir d'Yves, de sa présence, de ses paroles, devenait pareil à une morne folie. Quand elle était loin de lui, elle se torturait l'esprit à imaginer ce qu'il faisait, où il était, avec qui ? Quand elle reposait dans ses bras, l'angoisse du lendemain était si forte qu'elle pénétrait peu à peu sa joie comme un lent poison. Sur son coeur, sous la chaleur de ses caresses, elle avait toujours présente à la mémoire l'heure qui s'écoulait (la dernière peut-être ?) si vite, si vite... Il lui arrivait, quand sept heures sonnaient, de se cramponner à lui, comme si elle se noyait, si pâle et si tremblante qu'il prenait peur. Et quand elle s'expliquait tant bien que mal, il lui caressait le front, comme à une enfant malade, et soupirait : "Petite, petite..." Mais il ne comprenait pas ce besoin féminin de sécurité, ce frénétique désir de sa présence et cette espèce d'épouvante de le perdre, comme si, sauf lui, plus rien au monde n'eût existé. Mais même ces minutes de souffrance âpre et savoureuse étaient rares. Le plus souvent, leur liaison, comme celle des trois quarts des couples illégitimes à Paris, se bornait à de brèves rencontres entre six et sept heures, à la sortie du bureau d'Yves, à des propos insignifiants, à quelques caresses inachevées... Le samedi, une après-midi de gestes amoureux, de silences, le masque absorbé, méchant de l'homme qui prend sa maîtresse, comme on boit du vin, pour soi... Si peu de chose, si peu..."


    --------------------------------------------------------------------------------
    Le Malentendu, p. 115
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 06 août 2011

    Elle se pencha vers lui, le prit par les épaules.
    - Yves, est-ce que vous m’aimez ? demanda-t-elle, et sa voix ne ressemblait pas à celle d’une amoureuse qui murmure : « Tu m’aimes ? », comme une affirmation, divinement sûre d’avance de la réponse ; elle était pleine d’anxiété et de souffrance, au contraire. Tout de même, elle espérait. Il ne répondait rien. Il dit enfin :
    - A quoi bon les mots, Denise ? les mots ne signifient rien.
    - Dites-le moi quand même, je vous en prie… Je veux le savoir.
    - C’est que, justement, je me demande si je peux aimer, aimer comme je voudrais, soupira-t-il. Et, cependant, Denise, je sens que vous m’êtes infiniment chère. Le désir que j’ai de vous est mêlé à une immense tendresse…
    - Mais, c’est cela, l’amour, balbutia-t-elle, comme une imploration, le cœur serré, les yeux attachés sur lui.
    Il répondit simplement :
    - Si vous jugez que c’est l’amour, je vous aime, Denise.
    Elle sentit, pour la première fois, une sorte de barrière entre leurs deux cœurs, comme une petite frontière mal définie, mais infranchissable. Mais elle ne dit rien ; elle préféra fermer les yeux, s’oublier, ne pas voir, ne pas être sûre, mais ne pas le perdre, surtout ne pas le perdre. Et, furtivement, tandis qu’il l’embrassait, elle essuya de la main deux grosses larmes qui débordaient de son cœur trop lourd.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 06 août 2011

    Cette liaison pour lui n’était, en somme, que fatigue. A heure fixe, il fallait être tendre, amoureux, passionné ; préoccupé par les mille petits soucis quotidiens qui le harcelaient, comme des mouches un jour de chaleur, il fallait dire de jolies choses, sourire, caresser ; quand la migraine lui tenaillait les tempes, il fallait parler pour ne pas voir les yeux anxieux de Denise, pour ne pas entendre l’éternelle petite question triste : « Qu’est-ce que tu as ? à quoi penses-tu ? tu ne m’aimes pas ? » Il ne voulait pas faire de cette femme jeune et jolie, bonne et charmante, faite pour le rire, le bonheur et l’amour, la confidente de ses mille petits soucis mesquins (…) Alors il fallait se taire, ou parler de choses indifférentes ou bien dire de jolis riens qui n’étaient pas précisément des mensonges, mais qui lui causaient, parce qu’il se sentait forcé de les prononcer, une mortelle fatigue…
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par InColdBlog, le 06 août 2011

    Comme c’était étrange… Quand il était sûr qu’il allait la voir, il retardait tant qu’il le pouvait l’instant de leur rencontre ; ce n’était pas précisément de l’ennui qu’il ressentait, mais de l’absence de désir ; il avait envie de reculer l’heure, il flânait dans les rues, il inventait mille prétextes pour se mettre en retard, trop certain de sa présence, de sa tendresse, de son amour. Mais il suffisait que survînt de la part de Denise un empêchement quelconque pour qu’il se sentît de nouveau amoureux, inquiet et plein d’une impatience délicieuse ; quand il arrivait à Denise d’être un peu malade, il s’affolait, se tourmentait, devenait câlin et doux ; il avait mal dans sa chair quand elle souffrait ; il ne pouvait la quitter ; elle lui était subitement plus précieuse que tout au monde. Mais le lendemain, elle guérissait, et il recommençait à traîner son amour comme un fardeau.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le Malentendu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (31)

> voir plus

Quiz