> Olivier Philipponnat (Préfacier, etc.)
> Patrick Lienhardt (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070342514
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Nice, 1920 un jeune médecin affamé, Dario, accepte de pratiquer un avortement clandestin sur une flamboyante aventurière new-yorkaise afin de sauver de la déchéance Clara, sa femme, et leur nourrisson. Une solution qui permet à ce fils de marchand vagabond et métèque de... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 11 mai 2010

    litolff
    Irène Némirovsky porte un regard impitoyable sur la société de son époque avec un style fourni et cette facilité à tracer des portraits d'une grande profondeur. Elle dissèque les doutes et les obsessions de ses personnages ambigus : un médecin juif obsédé par l'argent dont le seul but est de s'enrichir, et de s'élever par tous les moyens dans une société hypocrite et futile qui le rejette comme médecin, mais l'idolâtre, en exotique charlatan capable de soigner les âmes.
    Un roman âpre, sombre et grinçant.
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    • Livres 4.00/5
    Par ramettes, le 10 mai 2012

    ramettes
    Qui est le plus malade le patient ou le médecin ? comment chacun vit avec son passé, ses souffrances, ses vices... voilà ce à quoi ce roman me fait penser...
    Les descriptions des personnages et de la société sont sans ménagement... c'est ce qui rend incisif ce qu'elle dit...
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    • Livres 3.00/5
    Par zabeth55, le 06 février 2012

    zabeth55
    de l'influence d'une société, de l'importance d'un acte dans une vie.
    Très bel exercice d'écriture
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Quand il rentrait chez lui au terme d'une longue journée de travail, avant de retrouver Clara, il lui arrivait d'attendre quelques instants au seuil de sa demeure. C'était la seule minute où il eût l'esprit libre. Chez lui, il trouverait la note du gaz et de l'électricité ; il compterait les vieilles dettes, il verrait les yeux de Clara, rouges et à demi fermés pour avoir trop cousu, la veille sous la lampe ; il se souviendrait que l'enfant avait besoin de souliers et lui-même d'un pardessus neuf. Il s'accordait une seconde de répit dans cette rue bruyante, en face de ce pont de fer ; il ne regardait plus ces pauvres arbres effeuillés, le brouillard de l'automne, les gens maussades et tristes qui se hâtaient ; il cessait d'avoir conscience de cette odeur de maladie et de misère dont il ne pouvait se débarrasser ; elle flottait sans cesse autour de lui et imprégnait ses vêtements. Il ne pensait à rien... Il ramassait ses forces, comme dans une bataille inégale où, si un instant encore la mort vous est épargnée et qu'on ne peut fuir, on serre dans sa main ses armes, on songe à un être chéri, et on se jette en avant, ayant compris enfin dans son coeur que l'on ne ménagerait rien, ayant accepté de perdre son âme s'il faut à ce prix gagner l'existence.
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    - Comment voulez-vous que je vive ? s'écria-t-il, personne ne me connaît dans votre ville. Voici quatre mois quej'habite Nice.J'ai fait tous les sacrifices pour venir m'installer ici. A Paris, la fortune était à ma porte. Il ne fallait qu'attendre. (Il mentait. Il désirait la convaincre à tout prix .) Ici, je ne soigne que des Russes. Je ne connais que des émigrés affamés. Pas un Français ne m'appelle. Personne n'a confiance en moi. C'est ma figure, mon accent, je ne sais quoi, dit-il, et, en parlant, il passait la main sur ses cheveux de jais, ses maigres joues brunes, ses paupières aux longs cils de femme qui cachaient à demi des yeux durs et fiévreux.
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Oui, vous tous, qui me méprisez, riches Français, heureux français, ce que je voulais, c'était votre culture, votre morale, vos vertus, tout ce qui est plus haut que moi, différent de la boue où je suis né!
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Sa vie ne l'avait pas préparé à la révolte, mais à l'obstination, à la patience, à l'effort sans cesse déçu, sans cesse renouvelé, à la résignation apparente qui augmente et concentre les forces de l'âme
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Je crois à une fatalité, à une malédiction. Je crois que j'étais destiné à être un vaurien, un charlatan et que je n'y échapperai pas. On n'échappe pas à sa destinée.
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