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ISBN : 2226259848
Éditeur : Albin Michel (2014)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qu’est-ce qui peut attirer la belle et sage Thérèse vers Bernard, ce rebelle un peu voyou, qui s’engage à dix-huit ans dès que la guerre éclate ? A son retour, en 1918, avide de vivre cette jeunesse qui lui a échappé, il prend goût à l’argent facile. De cette passion ne... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 24 juillet 2015

    MissG
    1914, Martial vient de finir ses études de médecine et de se fiancer avec la douce et sage Thérèse qu'il connait depuis l'enfance.
    Pour lui, sa vie est désormais toute tracée, il vient de reprendre le cabinet d'un médecin parti à la retraite, il va se marier, fonder une famille, soigner les gens et ainsi ira la vie : "Sa vie est faite d'avance, tracée jusqu'à la réussite, jusqu'à la vieillesse, jusqu'à la mort. Car, naturellement, il y a la mort. Elle a sa place dans les calculs domestiques. Mais ce n'est pas une bête sauvage, tapie, à l'affût, prête à bondir. On est en 1914, que diable ! le siècle de la science, du progrès. La mort elle-même se fait petite devant ses lumières.".
    Sauf que l'on est en 1914, que la guerre va éclater au beau milieu de l'été, qu'elle va prendre Martial le médecin, le chirurgien, le courageux, qu'il n'en reviendra pas et qu'il n'aura connu qu'une nuit d'amour avec sa toute jeune épousée avant de repartir au front.
    Thérèse prend le noir, et la guerre prend aussi le jeune Bernard, un proche de la famille de Thérèse et de Martial, exalté, engagé volontaire, persuadé que la guerre ne durera pas.
    Elle dure cette guerre, mais elle se finit, et contrairement à Martial, Bernanrd en revient, changé à jamais : "Moralement, il avait été atteint d'une blessure que rien désormais ne pourrait guérir, qui irait s'élargissant chaque jour de sa vie : c'était une sorte de lassitude, de brisure, un manque de foi, la fatigue et un furieux appétit de vivre.".
    Bernard flambe la vie, Thérèse n'a d'yeux que pour lui, ils se marient mais Thérèse est condamnée à souffrir avec un homme tel que Bernard, un profiteur de la vie attiré par l'argent et qui tel un papillon va trop s'approcher de la lumière et s'y brûler les ailes.
    Et puis une nouvelle guerre arrive.
    La quatrième de couverture ne rend pas justice à ce roman en alléchant le lecteur sur une partie uniquement de l'intrigue.
    Donc il faut se contenter d'admirer la très belle couverture et ne surtout pas le retourner, et commencer la lecture.
    Outre l'auteur, c'est le titre qui m'a attirée vers ce roman.
    J'étais intriguée, je me demandais bien quels pouvaient bien être ces feux de l'automne, et j'ai eu envie de découvrir ce qui poussait la sage Thérèse vers Bernard le rebelle.
    Le résumer ne serait pas évident, il faut lire ce roman pour bien le comprendre.
    Lire cette oeuvre qui commence par la Première Guerre Mondiale et se finit par le début de la Seconde et qui entre-temps ellipse quelques années en n'en retenant que les plus marquantes de l'entre-deux-guerres : les années Folles au sortir de la guerre et la liesse des années 30 avec le Front Populaire.
    Et c'est avec sa justesse coutumière et sans langue de bois qu'Irène Némirovsky croque le portrait de ces deux personnes aussi différentes l'une de l'autre qui ont pourtant uni leur destin, pour le meilleur et pour le pire.
    Thérèse, c'est la bourgeoise conventionnelle, celle qui respecte les valeurs de la famille, les traditions, la religion, cette bourgeoisie qui demeure fidèle à elle-même et qui n'évolue pas, alors que le monde extérieur lui bouge et est en pleine mutation.
    Bernard, c'est celui qui a été détruit par la guerre, qui y a sacrifié sa jeunesse et perdu ses illusions, ses plus belles années, et qui ne cherche plus qu'à profiter de la vie, comme s'il cherchait à rattraper ses quatre années passées dans la crasse et le sang des tranchées, comme s'il avait une revanche à prendre sur la vie, sur le monde, sur ces personnes restées à l'arrière et qui n'ont rien connu d'autres de la guerre que les suppositions qu'elles en faisaient.
    Alors il flambe, il découche, il prend une maîtresse, il envoie valser les bonnes manières et les conventions de la bourgeoisie, il s'illusionne, il se perd, cruelle vie que la sienne.
    Thérèse et Bernard, se sont deux épis de blé dans un même champ qui auront besoin de connaître les feux de l'automne, ces feux déclenchés volontairement pour purifier la terre aux prochaines récoltes, pour pouvoir se redécouvrir l'un et l'autre et enfin profiter de la vie en regardant ensemble dans la même direction.
    Et il fallait tout le talent d'Irène Némirovsky pour parvenir à saisir au vol le juste, dans ce roman publié six ans après sa disparition et écrit durant sa vie en Bourgogne.
    "Les feux de l'automne" est un magnifique roman incisif sur l'entre-deux-guerres signé de la plume parfaite d'Irène Némirovsky, une auteur qui décidément ne me déçoit jamais et me séduit assurément.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2015/07/les-feux-de-lautomne-diren..
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    • Livres 4.00/5
    Par andreepierrette, le 09 avril 2015

    andreepierrette
    Je viens de terminer la lecture de ce beau roman qui m'a beaucoup plu. D'une écriture,simple, élégante très visuelle, j'ai pris de d'intérêt à suivre la vie de Thérèse, jeune fille de la petite bourgeoisie parisienne, juste avant la déclaration de la guerre 14-18.
    A peine mariée, la voilà veuve d'un mari affectueux et regretté.
    Cependant la vie doit continuer; entourée de parents âgés qui lui conseillent de reprendre goût à la vie, elle tombe amoureuse d'un camarade d'enfance, le beau Bernard.
    Celui-ci engagé volontaire en 1914 a donné 4 ans de sa vie à la France. Après les souffrances que l'on sait, dans cette période effroyable des tranchées, il est bien décidé à vivre et à rattraper le temps perdu de sa jeunesse par tous les moyens,. Il entre en relations avec un ancien camarade de jeunesse, dans un cercle d'hommes d'affaires trafiquants en tous genres. Engagé dans une vie tourbillonnante : luxe, voyages, femmes légères,argent vite gagné, vite perdu mais avec remords parfois..
    Thérèse qu'il revoit de temps à autres espère de lui un amour qu'il semble mettre en réserve,. Sa nouvelle vie de luxe lui semble parfois indigne et superficielle.
    La seconde guerre s'annonce, Thérèse est toujours là mais Bernard est de nouveau appelé sous les drapeaux.
    Cette seconde partie du roman donne un portrait historique de cette époque et de la drôle de guerre.
    Ce roman, très finement écrit, pose des sujets de réflexion, offre le portrait de personnages très vivants; un vrai plaisir de lecture qui réserve des surprises d'intrigues jusqu'à la dernière page.
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 17 mai 2011

    ChezLo
    Thérèse est une jeune fille sage, qui, dans le Paris de la petite bourgeoisie des années 1910, se marie à son cousin Martial, jeune homme amoureux, sensible, et futur médecin. Mais dès le lendemain, l'heure de la guerre a sonné, les jeunes mariés n'ont pas le temps de s'installer que Martial est appelé dans les tranchées, d'où il ne reviendra jamais... Veuve inconsolable, Thérèse poursuit sa vie de femme seule, avant de prendre conscience du gâchis que la guerre a fait de sa vie. N'a-t-elle pas droit au bonheur elle aussi ? Alors que l'entre-deux-guerres voit les hommes faire avidement fortune et les femmes s'amuser follement, Thérèse est attirée par Bernard, ce jeune engagé, homme cynique et volage, qui a pris goût à l'argent facile. Et si un second mariage devait suivre, Bernard l'aimera-t-il ? Comment croire que ses déceptions ne seront pas immenses ?

    Irène Némirovsky nous plonge rapidement dans son époque, romançant ainsi l'histoire de Thérèse et de son entourage familial depuis la guerre de 14 à celle de 39-45. Autant dans les faits, qui nous font revivre nos cours d'histoire, que dans la forme, par ce style classique d'avant, dont on peut être nostalgique parfois, tout contribue à créer cette ambiance du passé. Ensuite, il ressort de cettre fresque romanesque une critique acerbe de la bourgeoisie de l'époque : des gens hypocrites, protocolaires, égoïstes, matérialistes. Leurs choix de vie doivent se faire en considérant les intérêts potentiels. Et la condition des femmes comme Thérèse, elle n'est pas bien glorieuse. Contrairement à celles qui ont peu de scrupules, Thérèse subit, elle subit l'absence puis la perte de Martial son premier mari, elle subit le veuvage qui inquiète les autres, elle subit les frasques de Bernard, ses adultères répétés, elle élève leurs enfants, bien seule, elle subit la mort de son fils, elle attend des années sa libération alors qu'il est fait prisonnier pendant la Seconde Guerre Mondiale, prête à tout lui pardonner. Plus elle s'évertue à être irréprochable, plus le mauvais sort semble s'abattre sur elle. Irène Némirovsky en ferait presque un contre-exemple à ne pas suivre, une vie maladroitement gâchée.
    [la suite sur le blog]

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/05/les-feux-de-lautomne.html
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    • Livres 3.00/5
    Par PetiteMarie, le 05 mars 2009

    PetiteMarie
    Je l'ai lu assez facilement et pourtant j'ai été déçue… Sûrement qu'à me faire trop d'idée sur le contenu du livre, je ne peux être que déçue quand il ne correspond pas à ce que j'espérais ! En fait, je croyais que le livre parlerait surtout de Thérèse… Puis vu comment ça commençait, je me suis dit que ça décrirait la guerre du côté des femmes : celles qui attendent leur mari, leur fils, la débrouille pour se nourrir, survivre…
    Mais non, en fin de compte, c'est un mélange d'un peu de tout, pas vraiment de personnage principal, pas vraiment de point de vue précis….
    Mais un livre agréable à lire tout de même !

    Lien : http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-zuFKL90zcqSVg15KKAdN.4dC.w--?cq=1&..
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Citations et extraits

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  • Par MissG, le 24 juillet 2015

    Sa vie est faite d'avance, tracée jusqu'à la réussite, jusqu'à la vieillesse, jusqu'à la mort. Car, naturellement, il y a la mort. Elle a sa place dans les calculs domestiques. Mais ce n'est pas une bête sauvage, tapie, à l'affût, prête à bondir. On est en 1914, que diable ! Le siècle de la science, du progrès. La mort elle-même se fait petite devant ses lumières.

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  • Par MissG, le 24 juillet 2015

    Moralement, il avait été atteint d'une blessure que rien désormais ne pourrait guérir, qui irait s'élargissant chaque jour de sa vie : c'était une sorte de lassitude, de brisure, un manque de foi, la fatigue et un furieux appétit de vivre.

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  • Par ChezLo, le 15 mai 2011

    On descendait plus bas encore, jusqu’au terre-plein de l’Arc de Triomphe, jusqu’à l’avenue du Bois de Boulogne, jusqu’à l’hôtel de Boni de Castellane, dont les rideaux de soie lilas flottaient aux balcons dans la brise légère. Enfin, enfin, dans une poussière glorieuse les équipages apparaissaient, revenant des courses.

    Les familles étaient assises sur leur petite chaise de fer. Elles contemplaient les princes étrangers, les millionnaires, les grandes courtisanes. Mme Humbert croquait fébrilement des chapeaux sur un carnet qu’elle sortait de son sac. Les enfants regardaient, admiraient. Les grandes personnes se sentaient placides, satisfaites, sans envie, mais pleines de fierté : « Pour les deux sous de nos chaises et le prix du métro, nous voyons tout ça, pensaient les Parisiens, nous en jouissons. Nous sommes non seulement spectateurs de la pièce, mais aussi acteurs (de la plus humble figuration), avec nos filles joliment parées, leurs frais chapeaux, notre bagout notre gaîté légendaire. Nous aurions pu naître ailleurs, après tout, songeaient les Parisiens, dans ces pays où de voir seulement les Champs-Elysées sur carte postale tous les cœurs bien nés battent plus forts ! »

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  • Par ChezLo, le 17 mai 2011

    Les unions heureuses sont celles où les époux savent tout l'un de l'autre, ou bien celles où ils ignorent tout. Les mariages médiocres sont fondés sur une demi-confiance : on laisse échapper un aveu, un soupir ; on livre une parcelle de désir ou de rêve, puis on prend peur ; on se rétracte ; on s'écrie : "Mais, non, tu n'as pas compris..."; on murmure lâchement : "Tu sais, il ne fallait pas prendre à la lettre ce que j'ai dit" ; on se hâte de renouer les cordons du masque, mais, déjà, l'autre a vu ces larmes, ce sourire, ce regard inoubliable... S'il est sage, il ferme les yeux. Sinon, il insiste, s'acharne : "Mais tu as dit... Ecoute, je ne te comprends pas, tu m'as avoué toi-même..." Puis "Jure-moi que tu ne regrettes pas cette femme... Jure-moi que tu ne regrettes pas cette vie..."


    Thérèse, dans l'ombre du lit conjugal, répétait à voix basse :


    - Jure-moi que tu ne penses plus à Renée... Jure-moi que tu es heureux...
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Suite française, bientôt au cinéma, déjà en livre audio
Extrait audio de "Suite française" écrit par Irène Némirovsky, lu par Dominique Reymond. Plus d'infos ici : http://www.audiolib.fr/livre-audio/suite-francaise-de-irene-nemirovsky-lu-par-domin...








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