> Myriam Anissimov (Préfacier, etc.)

ISBN : 207033676X
Éditeur : Editions Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petit... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 06 février 2012

    carre
    Suite Française racontel'exode de juin 1940, qui jeta sur les routes des français de toutes classes sociales abasourdies par l'invasion allemande. Irène Némirovsky décrit au plus près cette tragédie ou lâchetés et égoisme se disputent à la solidarité et à la bravoure. C'est la grande force du livre, l'auteur dépeint avec justesse ces drames qui se jouent devant ces yeux. Puis elle montre l'occupation par le portrait d'un village ou les tensions ne cessent de monter avec l'arrivée allemande. Roman intimiste, sur les peurs, le désarroi, le fatalisme d'une population incrédule et perdue. Mais je ferai juste un petit reproche qui m'a géné dans ma lecture les portraits sont souvent caricaturaux et naifs.
    Mais par le destin tragique de l'auteur puis par l'incroyable génèse du manuscrit édité plus de cinquante ans après la disparition de Némirovsky, ce roman mérite une lecture par le plus grand nombre.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nini82, le 25 septembre 2010

    Nini82
    Le premier mot qui me vient à l'esprit pour ce roman est: bouleversant! L'auteur a écrit ce roman pendant la guerre et n'a pu le terminer de l'écrire car elle trouvera la mort à Auschwitz le 17 aout 1942. C'est grâce à ses filles que ce livre a put être publier.
    Elle décrit la guerre,les sentiments des gens d'une manière à ce que j'ai cru voir un film devant mes yeux au fil des pages. Lorsque j'arriva à la dernière page du roman, j'en voulais tout simplement plus.
    Irène Némirovsky souhaitait l'écrire en cinq parties mais n'en a écrit que deux :
    -Tempête en juin, on racontre petit à petit des groupes de personnages si n'est des familles qui fuient Paris vers le sud pour échapper au pillage prévu comme la famille Péricand se dirigeant vers Nîmes, rejoindre de la famille; le couple Michaud qui travaillent à la banque sont envoyés vers Tours et s'y rendent à pieds alors qu'ils sont sans nouvelles de leur fils unique Jean-Marie soldat, et d'autres personnages. Avec eux, l'auteur décrit la guerre en elle.même avec les bombardement, in hospitalité des gens, l'égoïsme car après tout c'est chacun pour soit surtout que la nourriture se fait rare, et comme le pensera un des personnage, Cabriel Corte, se sera une véritable jungle. On hésitera pas à voler...En bref, l'horreur de la guerre.
    -Dolce, dont la scène est la petite ville de Bussy avec son paysage. Là, l'auteur décrira l'Occupation allemande qui parait paisible, ils tiennent le pouvoir, et obtiennent tous ce qui est requis, avec des affiches placarder un peu partout pour faire comprendre que quiquonc ne respect leur règlement sera promis à une peine de mort.
    L'histoire se tournera surtout sur Lucile Angellier, dont le mari infidèle est emprisonné. Elle vit avec sa belle-mère, et comme leur maison est l'une des plus importante de la ville, et pour cette raison un commandant allemand,Bruno von Falk logera chez eux. Lucile se surprendra à penser à lui alors que ca belle-mère ne pourra supporter la place de cet ennemi sous son propre toit.
    A côté de cette histoire vient celle de la famille de Benoît, jeune paysan, prisonnier de guerre échappé, qui rentre chez lui, pas loin de Bussy, et se marie à sa fiancée Madeleine (on retrouve ses deux personnages, surtout Madeleine dans ''Tempête de juin''). Il ressent qu'elle a encore une tendresse pour Jean-Marie Michaud qu'elle a soigné pendant des mois; jaloux de nature, il croît qu'elle risque aussi d'être séduite par l'interprète allemand, Bonnet, qui loge chez eux. En braconnant près du château de Montmort, il se fait interpeler, puis arrêter comme possesseur d'un fusil. Il réussit à s'échapper, et utilise son arme pour tuer Bonnet. À la demande de Madeleine, Lucile accepte de le cacher chez elle: tout le monde comprit que la présence de Bruno dans la maison, et la sympathie entre lui et Lucile, la protègeront des fouilles allemandes. La nécessité de cacher Benoît rapproche Lucile et sa belle-mère.
    Dans une scène étonnante et bien réussie les Allemands fêtent l'anniversaire de leur occupation de Paris. La fin de Dolce correspond au mois de juillet 1941, quand, à l'autre extrémité de l'Europe, l'Allemagne commence son invasion de l'Union soviétique. Les soldats jusque là cantonnés à Bussy se trouvent soudainement envoyés au Front de l'Est.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Heureuse, le 04 octobre 2010

    Heureuse
    A lire absolument !!!
    Irène Némirovski est née en Russie en 1903. En 1919 sa famille se réfugie en France et Irène étudie à la Sorbonne. Remarquée à 26 ans dès son premier roman "David Golder", Irène devient rapidement une auteure internationalement reconnue. Son mari et elle se convertirent au catholicisme et eurent deux petites filles.
    Pendant la guerre, ils se réfugièrent en province mais Irène se fit arrêter le 13 juillet 1942 et déportée à Auschwitz le 17 juillet. Elle y est assassinée, affaiblie et malade, le 17 août de la même année.
    Pendant ce temps-là son mari, Michel Epstein, n'a cessé de se battre pour obtenir sa libération. Son couvert était mis à chaque repas. Il alla même jusqu'à se proposer en échange de sa femme pour aller en camp de travail "voyez, voulez-vous, s'il ne serait pas possible de nous faire échanger nos places, ma femme et moi - je pourrais peut-être rendre plus de services à la sienne et elle serait mieux placée ici".
    Comme seule réponse il est déporté à son tour à Auschwitz et gazé à son arrivée avec sa soeur le 6 novembre 1942.
    En 1942 Iréne Némirovski a commencé un roman sur la débâcle, la guerre. un roman qu'elle voulait ambitieux, son oeuvre majeure. Elle l'a écrit dans l'urgence "je suppose que ce seront des oeuvres posthumes" sur du papier de mauvaise qualité, au crayon. Elle l'a écrit sans savoir l'issue de cette guerre. Dans l'air du temps.
    Ses filles, âgées de de 4 et 11 ans à l'époque, ont été sauvées par leur nourrice, et sont passées d'un refuge précaire à l'autre. Après la guerre, elles ont été prises en charge par les éditeurs d'Irène qui avaient uni leurs efforts pour essayer de faire libérer la jeune femme.
    Pendant des années elles ont emporté dans leur valise les feuillets des derniers écrits de leur mère. Incapables de les ouvrir et encore moins de les lire.
    Tardivement elles décidèrent de confier la dernière oeuvre de leur mère à l'Institut Mémoire de l'Edition Contemporaine. Ce qu'elles prenaient pour une suite de notes était un roman immense et bouleversant.
    Publié en 2004.
    Une oeuvre magnifique. Il faut lire la préface, qui raconte la genèse ainsi que la postface où on trouve les notes de l'auteur, sa correspondance, ainsi que celle de son mari, une fois Irène disparue.
    Pour ne pas oublier Irène Némirovski.
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    • Livres 4.00/5
    Par ides60, le 09 juillet 2011

    ides60
    Cette oeuvre posthume d'un écrivain déporté en juillet 42 est très édifiante. La première partie relate essentiellement l'exode et on y suit plusieurs familles notament des gens aisés : grosses fortunes, artistes, banquiers ; en contraste un couple d'employés qu'on laisse sur le carreau. On constate très vite que les chances ne sont pas les mêmes, mais si au bout de quelques temps la tendance s'inverse et les plus démunis sont les plus débrouillards. Seulement voilà, les gens fortunés ou célèbres ont des appuis partout et la donne est faussée.
    Dans la seconde partie, on vit l'occupation du territoire par les troupes allemandes et on s'aperçoit que tout est une affaire de personne. Ce n'est ni tout blanc, ni tout noir mais autrement nuancé. Il y a des hommes avec leur tempérament, leur caractère et l'influence qu'a sur eux la loi martiale à laquelle on ne peut se dérober. Et là, on voit qu'en un trimestre, la population s'accoutume, parvient même à sympathiser, des liens se tissent qui restent fragiles, équivoques, sans lendemain.
    Ce livre est magnifique de justesse.
    Il est titré "Suite Française" parce que l'auteur prévoyait un ou deux tomes supplémentaires qu'elle n'a pas eu le temps d'écrire suite à son assassinat. Ce roman est très dense et encore plus dans cette édition où il est préfacé et où on nous donne à lire en annexe les notes d'Irène concernant son livre, puis quelques correspondances suivies de celles de son époux qui remue ciel et terre pour tenter d'obtenir de ces nouvelles et enfin celles de la tutrice jusqu'au constat de fin de guerre qui laisse une désolation immense. Deux morts, deux orphelines, des problèmes de santé, d'argent, la solitude, l'abandon et un immense talent sans lendemain...
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 31 octobre 2011

    litolff
    C'est le premier roman d'Irène Nemirovsky que j'ai lu, et qui m'a immédiatement donné envie d'enchainer avec le reste de sa bibliographie.
    Roman de la guerre et de l'exode, Suite Française s'attache à nous montrer l'homme dans toute son Humanité, c'est-à-dire ses grandes faiblesses et ses élans de grandeur sinon d'héroïsme. Il ne s'agit pas d'un roman sur la guerre mais d'un roman qui montre un aspect de la guerre : la déroute des français pendant l'exode de juin 1940 qui brassa le peuple français dans son ensemble, du grand bourgeois à la cocotte, des familles huppées aux plus modestes, puis l'occupation à travers la vie d'un petit village de campagne où cantonne une garnison allemande. Théatre de toutes les lâchetés, cette époque a également vu s'accomplir des actions magnifiques ; de sa plume acerbe et lucide, Irène Némirovsky traque sans complaisance et avec beaucoup d'intuition la petitesse humaine, l'opportunisme d'un peuple, parfois traversé d'élans patriotiques et généreux.
    Deux ans plus tard, elle était arrêtée par des gendarmes français et déportée à Auschwitz…
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Citations et extraits

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  • Par audey40, le 09 février 2012

    J'ai beaucoup aimé ce livre qui raconte l'exode de juin 1940.
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  • Par horline, le 01 décembre 2008

    Ceux qui l'entouraient, sa famille, ses amis, éveillaient en lui un sentiment de honte et de fureur. Il les avait vus sur la route ceux-là et leurs pareils, il se rappelait les voitures pleines d'officiers qui fuyaient avec leurs belles malles jaunes et leurs femmes peintes, les fonctionnaires qui abandonnaient leurs postes, les politiciens qui dans la panique semaient sur la route des pièces secrètes, les dossiers, les jeunes filles qui après avoir pleuré comme il convenait le jour de l'Armistice se consolaient à présent avec les allemands. "Et dire que personne ne le saura, qu'il y aura autour de ça une telle conspiration de mensonges que l'on en fera encore une page glorieuse de l'Histoire de France. On se battra sur les flancs pour trouver des actes de dévouement, d'héroïsme. Bon Dieu ! ce que j'ai vu, moi ! Les portes closes où l'on frappait en vain pour obtenir un verre d'eau, et ces réfugiés qui pillaient les maisons ; partout, de haut en bas, le désordre, la lâcheté, la vanité, l'ignorance ! Ah ! Nous sommes beaux !"
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  • Par horline, le 01 décembre 2008

    _ Nous oublions tout très vite, c'est à la fois notre faiblesse et notre force ! Nous avons oublié après 1918 que nous étions vainqueurs, c'est ce qui nos a perdus ; nous oublierons après 1940 que nous avons été battus, ce qui peut-être nous sauvera !
    _ Pour nous autres, Allemands, ce qui est à la fois notre défaut national et notre plus grande qualité, c'est le manque de tact, autrement dit défaut d'imagination ; nous sommes incapables de nous mettre à la place d'autrui ; nous le blessons gratuitement ; nous nous faisons haïr, mais cela nous permet d'agir d'une manière inflexible et sans défaillance.
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  • Par balooo, le 17 septembre 2010

    Chaude, pensaient les Parisiens. L'air du printemps. C'était la nuit en guerre, l'alerte. Mais la nuit s'efface, la guerre est loin. Ceux qui ne dormaient pas, les malades au fond de leur lit, les mères dont les fils étaient au front, les femmes amoureuses aux yeux fanés par les larmes entendaient le premier souffle de la sirène. Ce n'était encore qu'une aspiration profonde semblable au soupir qui sort d'une poitrine oppressée. Quelques instants s'écouleraient avant que le ciel tout entier s'emplît de clameurs. Elles arrivaient de loin, du fond de l'horizon, sans hâte, aurait-on dit ! Les dormeurs rêvaient de la mer qui pousse devant elle ses vagues et ses galets, de la tempête qui secoue la forêt en mars, d'un troupeau de b?ufs qui court lourdement en ébranlant le sol de ses sabots, jusqu'à ce qu'enfin le sommeil cédât et que l'homme murmurât, en ouvrant à peine les yeux.
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  • Par line70, le 24 mars 2011

    - Mais enfin qu'est-ce qui te console alors ?
    - La certitude de ma liberté intérieure, dit-il après avoir réfléchi, ce bien précieux inaltérable, et qu'il ne dépend que de moi de perdre ou de conserver. Que les passions poussées à leur paroxysme comme elles le sont maintenant finissent par s'éteindre. Que ce qui a eu un commencement aura une fin. En un mot, que les catastrophes passent et qu'il faut tâcher de ne pas passer avant elles, voilà tout. Donc d'abord vivre: Primum vivere. Au jour le jour. Durer, attendre, espérer.
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