> Matilde Urrutia de Neruda (Éditeur scientifique)
> Miguel Otero Silva (Éditeur scientifique)
> claude Couffon (Traducteur)

ISBN : 2070378225
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
« Peut-être n'ai-je pas vécu en mon propre corps : peut-être ai-je vécu la vie des autres », écrit Pablo Neruda pour présenter ces souvenirs qui s'achèvent quelques jours avant sa mort par un hommage posthume à son ami Salvador Allende.
Les portraits d'hommes cél... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par auxpagesblanches, le 24 mars 2008

    auxpagesblanches
    comment passer de la profonde campagne chilienne au plus hautes sphères politique, du fin fond de l'indonésie, à la guerre civile espagnole? comment un homme qui a vécu, le raconte et le fait revivre en toute humilité. c'est peut être ce manque d'humilité qui fait que aprés 300 pages de bonheur, les 100 dernières semblent fades. mais le plaisir des 300 vaut largement l'avanture.
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 25 juillet 2011

    EFar
    De Pablo Neruda, je ne connaissait que vaguement un poème appris sur les bancs de l'école, un poème qui dans ma mémoire dégoulinait du sang des incas. Récemment, un ami m'avait parlé du poète qu'il est, mais le souvenir du sang indien m'a détourné de ses vers, et j'ai préféré entamer son autobiographie.
    Et là, j'ai pris une petite baffe. Ce livre a été une très agréable surprise.
    Il y a des gens qui écrivent comme d'autres respirent. C'est l'impression que m'a donné le style de Néruda : quelque chose de profondément naturel - et encore, j'imagine que son style doit être un peu amoindri par la traduction. Bref c'est de la poésie en prose
    Du coup, son récit est d'une légèreté étonnante, il coule de source. Enfin à vrai dire, il s'assèche un peu sur la fin. Il est comme plus formel, plus officiel. J'ai un peu peiné à finir le texte, mais cette faiblesse finale n'est rien par rapport au bonheur de l'avoir écouté me conter sa vie.
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Citations et extraits

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  • Par micky05, le 19 mai 2012

    LA FORÊT CHILIENNE

    ... Sous les volcans, auprès des glaciers, entre les grands lacs, le
    parfum, le silence, l'enchevêtrement de la forêt chilienne... Les pieds s'enfoncent dans le feuillage mort, une branche fragile a crépité, les raulis (1) géants dressent leur stature hérissée, un oiseau de la sylve froide passe, bat des ailes, s'arrête dans les branchages noirs. Et puis, de sa cachette, sa voix s'élève comme un hautbois... Mon nez reçoit et transmet à mon âme l'odeur sauvage du laurier, l'essence indéfinissable du boido (2)... Le cyprès des Guaïtecas me barre le chemin... C'est un monde vertical : une nation d'oiseaux, une foule de feuilles... Je trébuche sur une pierre, je gratte la cavité découverte, une énorme araignée aux cheveux rouges me regarde de ses yeux fixes, immobile, grosse comme une écrevisse... Un carabe doré me crache son effluve méphitique tandis que disparaît comme un éclair son radieux arc-en-ciel... Poursuivant, je traverse un bois de fougères beaucoup plus grand que moi : celles-ci laissent choir de leurs yeux verts et froids soixante larmes sur mon visage et font frémir longtemps encore der-
    rière moi leurs éventails... Un tronc pourri : ô quel trésor!... Des champignons noirs et bleus lui ont donné des oreilles, de rouges plantes parasites l'ont couvert de rubis, d'autres plantes paresseuses lui ont prêté leurs barbes et, rapide, un serpent jaillit de ses entrailles putréfiées, telle une émanation, comme si s'échappait l'âme de ce tronc mort... Plus loin, chaque arbre s'est séparé de ses semblables... Ils se dressent sur le tapis de la forêt secrète, et chaque feuillage, linéaire, frisé, branchu, lancéolé, a un style différent, comme coupé par des ciseaux aux mouvements infinis... Une ravine; sous l'eau transparente elle glisse sur le jaspe et le granité... Un papillon pur comme un citron vole en dansant entre l'eau et la lumière... A mon côté, des myriades
    de calcéolaires me saluent de leurs petites têtes jaunes... Là-haut, gouttes artérielles de la forêt magique, ondulent les copihues (3) rouges (Lapageria rosea)... Le copihue rouge est la fleur du sang, le copihue blanc est la fleur de la neige. Dans un frisson de feuilles la vélocité d'un renard a traversé le silence, mais le silence est la loi de ces feuillages... A peine le cri lointain d'un vague animal... L'intersection pénétrante d'un oiseau caché... L'univers végétal susurre à peine jusqu'au moment où une tempête déclenche toute la musique terrestre.
    Qui ne connaît pas la forêt chilienne ne connaît pas cette planète.
    C'est de ces terres, de cette boue, de ce silence que je suis parti
    cheminer et chanter à travers le monde.
    [1. Sorte de chênes du Chili. (N. du T.) 2. Arbre chilien, de la famille des lauracées. (N. du T.) 3. Plantes grimpantes des provinces australes du Chili, réputées pour la beauté de leurs fleurs. (N. du T.)]
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  • Par micky05, le 19 mai 2012

    Ces Mémoires ou souvenirs sont intermittents et parfois oublieux parce que, précisément, la vie est ainsi. L'intermittence du sommeil permet de supporter les jours de travail. Nombre de mes souvenirs se sont estompés en les évoquant; ils sont tombés en poussière comme un cristal irrémédiablement
    blessé.
    Les Mémoires du mémorialiste ne sont pas les Mémoires du poète. Le
    premier a peut-être moins vécu mais il a davantage photographié et il nous
    récrée par la précision des détails. Le second nous offre une galerie de fantô-
    mes secoués par le feu et l'ombre de leur époque.
    Peut-être n'ai-je pas vécu dans mon propre corps; peut-être ai-je vécu
    la vie des autres.
    De tout ce que j'ai laissé écrit dans ces pages se détacheront toujours
    - comme des forêts à l'automne et comme à l'époque des vendanges - les
    feuilles jaunes qui vont mourir et le raisin qui revivra dans le vin sacré.
    Ma vie est une vie faite de toutes les vies : les vies du poète.
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  • Par vda, le 28 juillet 2009

    Des années entières je le parcourus, de marché en marché. Car le Mexique n'est pas dans les chansons gutturales des films, ni dans les cavaliers moustachus et bardés de pistolets : il est dans ses marchés. Le Mexique est une terre de châles carmin et bleu turquoise phosphorescent. Le Mexique est une terre de pots et de cruches, une terre de fruits ouverts sous un tourbillon d'insectes. Le Mexique est un champ sans fin d'agaves bleu acier avec une couronne d'épines jaunes.
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Poema 5 - Para que tú me oigas... poema de Pablo Neruda musicado por Vicente Monera www.musicaypoemas.com POUR QUE TU M'ENTENDES Pour que tu m'entendes mes mots parfois s'amenuisent comme la trace des mouettes sur la plage. Collier, grelot ivre pour le raisin de tes mains douces. Mes mots je les regarde et je les vois lointains. Ils sont à toi bien plus qu'à moi. Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre. Ils grimpent sur les murs humides. Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable. Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. C'est eux qui ont peuplé le vide où tu t'installes, ma tristesse est à eux plus qu'à toi familière. Ils diront donc ici ce que je veux te dire, et entends-les comme je veux que tu m'entendes. Habituel, un vent angoissé les traîne encore et parfois l'ouragan des songes les renverse. Tu entends d'autres voix dans ma voix de douleur. Pleurs de lèvres anciennes, sang de vieilles suppliques. Ma compagne, aime-moi. Demeure là. Suis-moi. Ma compagne, suis-moi, sur la vague d'angoisse. Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour. Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli. Je fais de tous ces mots un collier infini pour ta main blanche et douce ainsi que les raisins;











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