Dans
Les Cafards, deuxième roman de Jo Nesbø après
L'homme chauve-souris, Harry Hole à peine revenu d'Australie est envoyé en mission en Thaïlande. Bien sûr Nesbø profite de cette nouvelle enquête policière pour nous gratifier d'une visite guidée de Bangkok, sa chaleur étouffante, ses salons de « massage » et sa circulation bouchonnante. Ce petit côté « guide de voyage en polar », que j'avais apprécié dans
L'homme chauve-souris, m'a cette fois un peu agacée. La visite guidée est non seulement répétitive, mais elle a aussi l'inconvénient de ralentir considérablement l'action. Quand au bout de 200 pages les policiers se réunissent pour constater que leur enquête n'a pas encore progressé d'un millimètre, j'en étais moi-même à me faire la même réflexion et à commencer à manifester mon impatience. Heureusement les choses s'accélèrent ensuite. le roman d'enquête devient même un thriller, quand un des personnages est enlevé ou quand, en bon lecteur, on fait semblant de croire à deux reprises que la vie de Harry Hole est menacée. Mais le roman se rapproche aussi du plus classique des romans à énigme, notamment dans une scène où Harry fait à ses collègues policiers l'exposé des conclusions de son enquête. On s'aperçoit alors qu'on avait connaissance de tous les indices, mais que seul notre héros, grâce à son grand pouvoir de déduction, a su les interpréter. On se rend compte aussi à cette occasion, que le narrateur nous a fait quelques cachotteries, dissimulant par exemple quelques analyses commandées par Harry Hole. le statut de Harry entre héros et anti-héros est également assez amusant. Depuis sa précédente aventure australienne, Harry a replongé dans l'alccol. C'est donc un alcoolique qui est envoyé en mission à Bangkok, probablement pour que l'enquête n'aboutisse pas. Mais Harry va vite reprendre ses esprits, s'obstiner à rester sur place tant que l'affaire ne sera pas entièrement résolue, et briller autant dans la déduction que dans les scènes d'action.
Ce deuxième roman de la série des Harry Hole ressemble peut-être un peu trop au premier. Il y a quelques longueurs, on s'y ennuie un peu. Mais on prend aussi du plaisir à suivre les aventures de Harry Hole, toujours aussi sympathique. Jo Nesbø prend plus de libertés dans ce deuxième roman, s'amuse davantage à jouer avec les codes du polar. Néanmoins je vais attendre plus du troisième roman. Parce qu'il ne faudrait pas que les voyages de Harry Hole deviennent un système d'écriture, j'espère en particulier que sa troisième enquête se déroulera en Norvège.