Voici deux ans, je lisais le second tome des aventures d'Harry Hole,
Les Cafards de
Jo Nesbo.
Mon avis était assez expéditif (je n'écrivais pas des articles aussi longs que maintenant) et je garde encore aujourd'hui un vif souvenir du vif agacement qui m'avait saisi à cette lecture. Qu'en est-il aujourd'hui avec ce premier tome ?
Je me demande franchement si j'ai envie de lire toute la série. Harry Hole n'est ni Kurt Wallander, ni Erlendur Sveinson, deux personnages fort différentes, certes, et avec lesquels j'ai parcouru un bout de chemin littéraire. Personne n'est parfait, me direz-vous. Kurt et Erlendur non plus !
Harry Hole est l'exemple même de l'anti-héros poussé à ses extrêmes limites. Il a pu me paraître un tout petit peu sympathique au début, il ne l'était plus du tout au tiers du livre, après les révélations sur son passé. Il n'est pas seule en cause bien sûr, et la volonté de bienséance de la police norvégienne n'est pas à négliger dans cette histoire. L'image si policée de la Norvège en prend un sacré coup. Il n'est guère que l'épilogue (les toutes dernières pages entretiennent le suspens) qui m'aurait donné envie de poursuivre l'aventure avec lui - si je ne connaissais déjà la suite.
Harry Hole a tout du cow boy solitaire à l'inspecteur Harry - interprétation peut-être erronée de ma part du choix de ce prénom. Je ne parlerai pas non plus de sa vie sentimentale. J'ai rarement vu un tel désastre - et je me retiens de vous révéler ce que cache ce mot désastre.
Il faut tout de même reconnaître que la bétise de la police australienne se dispute à celle de la police norvégienne. Il se pose très peu de question, notre Harry Hole, ou du moins, pas au bon moment. Quant à celui qui est chargé de l'enquête, il ne doit surtout pas suivre ses intuitions, ou alors, pour faire exactement le contraire. Espérons qu'à l'avenir il s'y tiendra.
En effet, nous sommes en Australie, ce qui est l'occasion de nous plonger dans le drame des aborigènes et d'écouter leurs légendes.Je ne vous cache pas que si l'histoire des aborigènes était passionnante et racontée sans concession, les légendes qui arrivaient comme un cheveu sur la soupe au beau milieu de l'enquête commençait sérieusement à m'agacer.
Mine de rien, il ne faut pas oublier qu'il y a une enquête et une victime. Sur les 474 pages, ni l'une ni l'autre ne paraissent être les éléments essentiels. le rythme est très lent, il faut attendre un rebondissement qui apparaît aux deux tiers du livre pour qu'enfin l'action se mette en train. Bien sûr, Harry Hole plaide avec régularité la différence entre une "vraie enquête" et l'enquête "modèle" dans les romans policiers. Il faudrait malgré tout qu'Harry se montre moins passif, moins inattentif (je n'ose dire "naïf") pour espérer que l'enquête aboutisse.
L'homme chauve-souris est pour moi un second rendez-vous décevant avec Harry Hole.