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> Bruno Krebs (Traducteur)

ISBN : 2070618285
Éditeur : Gallimard Jeunesse (2009)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 186 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est l'année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d'hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, c... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sarah22, le 18 février 2013

    sarah22
    La Voix du Couteau de Patrick Ness vaut largement quelques efforts lors du début, bien trop lent, mais riche en informations.
    Tournez les pages, ne vous arrêtez pas. C'est un moment ennuyeux, certes, mais nécessaire pour la suite. Accrochez-vous, vous allez y arriver. Dans une cinquantaine de pages, tout va se délier, tout va s'accélérer, la lecture sera bien plus aisée.
    La narration choisie, interne, est déstabilisante on peut penser que l'on entend le Bruit de Todd. Et de “rentrer” dans la tête de quelqu'un est déstabilisant. Tout le monde est si différent dans sa façon de penser. Mais je pense que c'est une expérience riche autant pour le lecteur, que pour l'auteur, qui doit rester cohérent tout en expliquant l'ambiance du monde du personnage.
    Todd est le dernier garçon de sa ville, le plus jeune, et, comme tous les autres, frappé par le virus. le virus du Bruit, qui tue les femmes et rend les pensées des hommes bruyantes.
    « Un homme, c'est rien qu'un chaos sur pattes »
    Todd, depuis sa naissance, a été entouré d'un brouhaha incessant d'hommes qui se lamentent dans l'enfer de Prentissville, tristes pour leur femme, leur mère, leur fille, toutes disparues à cause du virus.
    C'est lors d'une balade au marais, que notre narrateur, notre héros avec son chien si attachant, Manchee, trouve au hasard : un trou dans le bruit, un silence. Il va faire part de sa découverte à ses pères adoptifs, Cillian et Ben, qui vont le presser de fuir. C'est là que tout bascule pour Todd : tout ce qu'il savait n'était que mensonges. C'est là que tout commence.
    J'ai été charmée par le style de l'auteur. Un style au rythme entraînant, une musique à la pulsation régulière. Un suspense sans faille, qui essouffle le lecteur. Des personnages attachants :
    - Todd, ce personnage écrasé par une société totalitaire et violente, est quoiqu'il en pense, très courageux. Il est surtout attachant par sa sincérité et par la cohérence de ses réactions. Pendant la lecture, on peut se dire que si on s'était retrouvé dans la même situation que lui, on aurait réagi similairement ;
    - Il y a aussi Viola, une fille, la première fille que Todd ait jamais rencontrée, au caractère fort, et à l'histoire assez mystérieuse. Elle aide beaucoup Todd par son éducation à elle, bien plus complète. Cela va d'ailleurs agacer Todd qui va se sentir jaloux, humilié, agacé, par tant de connaissances ;
    - Manchee, le chien de Todd est doté d'une personnalité qui servira, à insérer une touche d'humour à cette histoire si sérieuse et parfois si émouvante.
    - Et n'oublions pas tout les autres personnages secondaires dotés chacun, d'un patois particulier (comme Wilf) ou d'une histoire touchante dont un bout à été dévoilée (comme Matthew). Ces personnages permettront à Todd d'évoluer, de devenir un homme, de découvrir la vérité sur son passé et d'acquérir des expériences.
    Au contraire, on fait aussi connaissance avec des personnages tout à fait détestables. Je pense :
    - Au fanatique Aaron le fou. Cet homme va prendre une place importante au sein de l'histoire. Aaron est un prêtre très violent et permettra à l'auteur d'apporter un point de vue sur la religion et sur le fanatisme afin d'enrichir son récit.
    - Mais aussi au maire de Prentissville, qui est un homme dangereux et violent.
    - Et à son fils, Mr Prentiss Jr, légèrement benêt mais capable de meurtre, dénué d'innocence.
    Une à une, les informations que nous avaient données Todd au début du livre sont détruites. Remplacées par une vérité bien plus sombre qui aborde la violence avec philosophie. C'est de là que vient ce titre, “La Voix du Couteau”. Todd va-t-il craquer ? Va-t-il céder à la facilité ? Va-t-il succomber à la pression de cette société ?
    La Voix du Couteau dénonce également la barbarie du peuple et le racisme avec la guerre contre les Spackle, ces êtres qui sont trop différents de l'humain, le prix de ce fait : la vie de leur race. Est-ce que l'homme réagirait véritablement comme ça, s'il se trouvait dans une situation similaire ? N'est-ce pas déjà arrivé ? Certains aspects de l'intrigue de ce livre font vraiment réfléchir.
    En conclusion, j'ai adoré ce livre qui m'a fait réfléchir, et qui m'a donné envie de lire les deux autre tomes qui finissent la saga.
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    • Livres 4.00/5
    Par Melo, le 07 octobre 2011

    Melo
    Un livre qu'on rencontre souvent sur la blogosphère accompagné de la mention coup de coeur, une quatrième de couv' qui me tente énormément puisqu'on y sent une humanité détruite puis reconstruite, et surtout ce Bruit auquel on ne peut échapper… Il ne m'en fallait pas plus pour succomber joyeusement au premier tome du Chaos en marche et me jeter très vite sur les premières pages. Voici les toutes premières premières lignes :
    La première chose que vous apprenez quand votre chien se met à parler, c'est que les chiens n'ont pas grand-chose à dire. Sur rien.
    – Faire popo, Todd.
    – Ferme-la, Manchee.
    – Popo, popo, Todd.
    – Boucle-la, je te dis.
    Franchement, comment ne pas y résister ?! :D J'ai immédiatement adhéré et c'est avec délice que je me suis retrouvée embarquée dans l'histoire de Todd, ado de 13 ans, et de son chien « tout neuf » qui ne lui sert à rien.
    Le style est clairement déroutant. le narrateur est Todd lui-même et il ne sait ni lire ni écrire. Il n'est jamais allé à l'école et là où il vit, il semble que la langue tombe peu à peu dans l'oubli. du coup, l'écriture est surprenante, les phrases sont malmenées et certains mots sont mal orthographiés. J'avoue que cela m'a décontenancée au départ mais l'auteur m'a très vite attrapée dans ses filets.
    Imaginons un monde rempli d'un brouhaha incessant. Un monde dans lequel nos moindre pensées seraient entendues par les autres. Imaginons les conséquences que ça impliquerait et le capharnaüm permanent dans lequel on évoluerait. Todd baigne là-dedans depuis toujours et trouve des trucs dérisoires pour essayer de calmer la fureur du Bruit :
    Mon Bruit écume et bouillonne tant, comme une cocotte sur le feu, je dois m'arrêter un instant pour le calmer.
    le silence, ça n'existe pas. Pas ici, nulle part. Pas quand tu dors, pas quand t'es seul. Jamais.
    Je ferme les yeux.
    « Je m'appelle Todd Hewitt. J'ai douze ans et douze mois. J'habite à Prentissville, Nouveau monde. Je serai un homme dans un mois exactement. »
    Ce truc, c'est Ben qui me l'a appris pour m'aider calmer mon Bruit. On ferme les yeux, et, bien tranquillement, bien distinctement, on se raconte qui on est, à cause que c'est ça justement qui se perd dans tout ce BRUIT.
    « Je m'appelle Todd Hewitt »
    En écoutant le Bruit des autres, Todd se rend compte que sur Nouveau monde on ment et surtout, on se ment à soi-même :
    Alors la chose à se rappeler, la chose la plus importante de toutes celles que je pourrais dire dans ce racontement des choses, c'est que le Bruit n'est pas la vérité : le Bruit, c'est ce que les hommes veulent être vrais, et il y a une rutain de différence entre ces deux choses, une différence énorme et elle pourrait bien vous tuer si vous ne faites pas très attenssion.
    Et que l'Homme est pétri de doutes et de contradictions :
    le Bruit, c'est du bruit. Ca craque et ça crépite et ça finit généralement par une grande purée de sons et de pensées et d'images, et la moitié du temps, impossible d'y comprendre quelque chose. L'esprit des hommes est rien qu'un fouillis et le Bruit, c'est comme la version active, respirante de ce fouillis. C'est ce qui est vrai, et ce qui est cru et ce qui est imaginé et ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en même temps, et même si la vérité s'y trouve forcément, comment faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui l'est pas quand vous captez tout, absolument tout ?
    le Bruit c'est un homme non filtré et sans filtre, un homme, c'est rien qu'un chaos sur pattes.
    Le Bruit fait naître la fureur, la violence et le mensonge. Todd est un garçon en colère. Il faut dire qu'il est le seul à ne pas être devenu un homme. Il lui reste encore un mois. Mais il n'aura pas le temps de découvrir en quoi consiste le passage à l'âge adulte car il va être contraint de fuir avec son chien sous l'ordre pressant de ses père adoptifs (il n'y a pas de femmes à Nouveau Monde). S'ensuit alors une course à travers « le pays » car le jeune garçon va se retrouver traqué par tout une armée.
    Patrick Ness a complètement su rendre les émotions, sentiments, faiblesses du jeune garçon. Il n'est pas un héros, il est juste un ado de 13 ans qui essaie d'y voir clair et de comprendre le monde qui l'entoure. le récit est très sombre voire apocalyptique mais l'espoir est toujours présent. J'ai particulièrement adoré les liens que Todd créé avec son chien. BIG UP à Manchee !! ♥ (et je suis très en colère contre l'auteur à ce sujet, ceux qui l'ont lu comprendront)
    Lire la suite :

    Lien : http://lesmotsdemelo.com/2011/10/le-chaos-en-marche-tome-1-la-voix-d..
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    • Livres 5.00/5
    Par Jumax, le 24 avril 2012

    Jumax
    J'ai TOTALEMENT adoré cette trilogie (j'ai d’ailleurs acheté le 3em tome en grand car je n'ai pas pu attendre le poche!) Et pourtant ce n'était pas gagné car au début j'avais un peu de mal avec les diverses fautes d'orthographe, grammaire, syntaxe et autres qui caractérisent le langage des personnages. Une fois cette barrière passée j'ai dévoré cette trilogie sans pouvoir m'arrêter. Un voyage cruel et haletant où la nature humaine est mise à rude épreuve.
    Pour finir de vous convaincre Patrick Ness a reçu le prix Carnegie Medal 2011 (le plus grand prix de littérature jeunesse anglais) pour ce premier tome.
    Toute la lecture je me disait que c'est le genre de livre que je verrais bien au cinéma et il se trouve que les droits viennent d'être achetés par le studio qui a réalisé Hunger Games. Il ne reste donc plus qu'à attendre et espérer une réussite !


    Lien : http://latetedelart2.blogspot.fr/2014/05/ados-de-livres.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Happy, le 30 juin 2011

    Happy
    Tout d'abord, je tiens à dire… Mon orthographe adorée ! Mes belles phrases construites ! Que vous a-ton fait ? Oui, car, dans ce livre, ne vous attendez pas à lire un éloge à l'écriture. Je suis encore toute retournée des fautes, même si elles sont là pour nous montrer que le narrateur n'est pas un génie et ne prétend pas l'être…
    Mis à part ça. L'un des protagonistes de l'histoire est un jeune garçon qui va bientôt devenir un homme, Todd Hewitt. A ceci près que, dans son village, homme n'a pas vraiment la définition que l'on connait. Il vit à Prentissville, village touché par le virus du Bruit, sur une planète nommée Nouveau Monde. Ce virus met les pensées des hommes/garçons, et animaux, au grand jour. On raconte que celui-ci fut envoyé par les Spackle – une sorte d'alien – et qu'il tua toutes les femmes. Mais, l'histoire de Prentissville est bien plus obscure que ça.
    Todd, pour des raisons qu'il ignorait totalement au début du roman, est contraint de s'enfuir de chez lui, de quitter à tous prix ce village, en compagnie de son chien, Manchee.
    Quelques pages plus tard, on fait la connaissance de Viola Eade, qui est … une fille ! Elle vient du Vieux Monde, qui est devenu inhabitable. Son vaisseau s'étant écrasé, elle échoue sur Nouveau Monde, sans ses parents, qui eux, sont morts à la suite du crash.
    Ces deux personnages, Todd et Viola, vont se rencontrer, pendant que Todd était en fuite de son village. Ils seront confrontés à différents obstacles difficiles, devront faire des choix – parfois lourds en conséquence, afin de sauver leurs vies.
    Je dois dire que le premier chapitre donne tout de suite envie de se plonger dans l'histoire, c'est très intriguant. Par contre, je ne pensais pas que le trou dans le Bruit, se serait… un silence ! Je m'attendais à un autre trou, dans le genre dérèglement spatio-temporel. J'avais des attentes assez spéciales pour ce trou, mais ce n'est pas du tout une déception. (J'avoue également ne pas avoir très bien lu le résumé, maintenant que j'y pense.)
    Dans ce livre, parfois, on se prend à vouloir étrangler Todd – pour sa mauvaise foi. Viola m'a quelque peu énervé au début du roman, à vouloir faire la ‘morale' à son compagnon de voyage – « ce n'est pas blablabla mais blablabla … » ou « il n'y a pas de mal à ne pas savoir… » (Une Hermione, en moins attachante.)
    Au fil des pages, on veut en savoir plus sur la véritable histoire de Prentissville. le suspens est présent, malgré une narration quelque peu illisible (on s'y habitue rapidement). On s'y habitue, car, elle retranscrit totalement l'état d'esprit de Todd, c'est sans artifice.
    Je dois avouer avoir versé une larme (oh, ça va, hein). Parfois, les événements sont un peu trop durs pour moi.
    Un coup de cœur : pour ce roman d'aventure (mais aussi de Science-fiction, fantastique…), ces rebondissements (auxquels, quelque fois, on s'attend), ce méchant qui revient souvent, ces teen-heroes attachants malgré leurs imperfections et cet adorable chien. Que demandez de plus, si ce n'est la suite au plus vite ?
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    • Livres 3.00/5
    Par edwige31, le 26 août 2013

    edwige31
    J'ai découvert ce livre grâce aux critiques élogieuses de Babelio. le thème du livre, très original, a fini par me convaincre et j'avoue que c'est un roman de grande qualité.
    Nous suivons donc le jeune Todd, dernier jeune garçon dans un village, Prentissville, ravagé par une étrange maladie, qui a décimée toute la population féminine. Ce monde a pour particularité de ne pas connaitre le silence : chacun peut entendre les pensées de l'autre (homme ou animal d'ailleurs), ce qui fait qu'il existe un brouhaha perpétuel où chacun doit être vigilant, non pas à ce qu'il dit mais à ce qu'il pense. Monde totalitaire où aucune distraction n'existe (musique, lecture, cinéma…) : le village est dirigé par le maire Mr Prentiss et par le mystique et étrange Aaron. Accompagné de son chien Manchee, il va être confronté à l'impossible dans le marais: le silence... Cette rencontre va modifier toute sa destinée car il devra fuir le village pour sauver sa vie et laisser ses deux frères adoptifs, Cillian et Ben, affronter la colère des villageois. Au cours de son périple, par les rencontres qu'il fera, toutes ces certitudes seront balayées et une autre vérité va se découvrir.
    J'avoue que le début de ce roman m'a déstabilisé : c'est long, lent et on est surpris par la narration qui mêle le Bruit et le déroulement du récit. Et puis, miracle, tout s'accélère et cela ne s'arrête jamais, sans aucun temps mort avec un suspens crescendo. On s'habitue aux divers dialogues, au vocabulaire et au phrasé distordu et malmené par une transmission essentiellement orale. L'analyse de ce monde, qui se coupe peu à peu de toute connaissance, de tout savoir ou culture, est très pertinente. le rejet de l'Autre, de la différence, le repli communautaire sont malheureusement d'actualité et ce livre a le mérite de questionner le lecteur (jeune ou moins jeune) sur ces questions : la vie en paix et multiculturelle ne peut exister que si l'homme entend, écoute, partage, dépasse sa peur primitive devant ce qu'il ne connait pas. C'est un excellent moment de lecture et j'ai hâte de lire la suite
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°132 - décembre 2009 - Todd Hewitt habite Prentissville, Nouveau Monde, au bord d'un marais « pourrissant ». Orphelin, élevé par deux hommes qui le considèrent comme leur fils, il n'aime pas ce lieu étrange d'où toutes les femmes ont disparu, victimes d'un virus, et où le Bruit des pensées intérieures « que les hommes répandent hors d'eux-mêmes... même quand ils dorment... », invite chacun au mensonge. L'histoire raconte « qu'il y avait d'autres agglomérations éparpillées à Nouveau Monde, que tous les vaisseaux ont atterri à peu près en même temps, puis que la guerre a éclaté avec les spacks » qui « ont lâché les virus et toutes les autres « agglorémassions » ont été anéanties, complètement ». La ville rescapée rejette la corruption du Vieux Monde et rêve d'un nouvel Eden.
    Dans ce récit où l'on devient homme à 13 ans, à la veille de sa cérémonie d'initiation, Todd « entend » le silence, un trou dans le Bruit. Et tout bascule. Les hommes de Prentissville à ses trousses, il doit fuir, avec pour viatique, le journal de sa mère et un couteau. Il se découvre une compagne inattendue, Viola, venue d'un autre monde pour conquérir le sien, à bord d'un engin spatial qui s'est abîmé dans le marais. Dans leur fuite éperdue, ils découvrent des résistants. Mais des innocents et la jeune Viola meurent. Bien que Todd soit confronté en permanence à la tentation de tuer, une sorte de faiblesse, dont ses assaillants se moquent, l'empêche de passer à l'acte. Il lui reste à tenter de devenir un homme autrement.
    On entre avec effort dans ce livre dont le langage estropie le nôtre avec un malin plaisir jusqu'au moment où l'on comprend que tout est lié à la confusion qui habite Todd. Et l'on se laisse prendre au jeu de découvrir avec le héros, le sens de ce chaos, de reconstituer, en même temps que lui, le puzzle de sa vie. De ce récit, entre sciencefiction et roman d'aventures, le lecteur ressort brisé, étourdi par un monde où rôde le danger de la pensée unique, où le pouvoir dévoie les consciences. Le mépris de la personne humaine éclate dans les rites de passage à l'âge adulte : dans ce monde, on devient un homme en tuant. Une suite en deux tomes est annoncée, on ne peut que l'attendre avec impatience. Nicole Wells

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Citations et extraits

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  • Par Radicale, le 27 septembre 2010

    Le Bruit, c'est du bruit. Ça craque et ça crépite et ça finit généralement par une grande purée de sons et de pensées et d'images, et la moitié du temps, impossible d'y comprendre quelque chose. L'esprit des hommes est rien qu'un fouillis et le Bruit, c'est comme la version active, respirante de ce fouillis. C'est ce qui est vrai et ce qui est cru et ce qui est imaginé et ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en même temps, et même si la vérité s'y trouve forcément, comment faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas quand vous captez tout, absolument tout ? Le Bruit, c'est un homme non filtré, et sans filtre, un homme, c'est rien qu'un chaos sur pattes.
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  • Par Radicale, le 27 septembre 2010

    Le Bruit, c'est du bruit. Ça craque et ça crépite et ça finit généralement par une grande purée de sons et de pensées et d'images, et la moitié du temps, impossible d'y comprendre quelque chose. L'esprit des hommes est rien qu'un fouillis et le Bruit, c'est comme la version active, respirante de ce fouillis. C'est ce qui est vrai et ce qui est cru et ce qui est imaginé et ce qui est rêvé, et ça dit une chose et son contraire total en même temps, et même si la vérité s'y trouve forcément, comment faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas quand vous captez tout, absolument tout ? Le Bruit, c'est un homme non filtré, et sans filtre, un homme, c'est rien qu'un chaos sur pattes.
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  • Par juliem, le 20 décembre 2011

    On arrive au sommet de la colline et une autre plaine se déroule devant nous, la rivière cascadant pour la rejoindre et puis s'écoulant à travers comme une veine d'argent à travers un rocher plat et partout sur la plaine, marchant d'un côté à l'autre de la rivière, il y a des criatures.
    Des criatures comme j'en ai jamais vu des pareilles, de toute ma vie.
    Elles sont énormes, font bien quatre mètres de haut, plus peut-être, sous leur fourrure d'argent mitée, avec une grosse queue touffue, et puis des cornes blanches toutes recourbées et un long cou qui s'abaisse jusqu'à l'herbe de la plaine, l'herbe que leur grosses lèvres tondent pendant qu'elles avancent lourdement, puis boivent l'eau en traversant la rivière, et il y en a des milliers, des milliers qui s'étendent de l'horizon à notre droite jusqu'à l'horizon à notre gauche, et le Bruit de toutes, c'est un seul mot chanté à différents moments sur différentes notes, mais un mot qui les relie toutes ensemble, les unit en un seul groupe pendant qu'elles traversent la plaine.
    - Ici, dit Viola. Elles chantent "ici".
    Elles chantent Ici. Elles s'appellent comme ça, dans leur Bruit.
    Je suis Ici.
    Nous sommes Ici.
    Nous allons Ici.
    Tout ce qui compte est Ici.
    Ici.
    C'est...
    Comment le dire?
    C'est comme le chant d'une famille où tout est toujours bien, c'est un chant d'appartenir qui vous fait appartenir rien qu'en l'entendant, c'est un chant qui prendra toujours soin de vous et qui jamais vous quittera. Si vous avez un cœur, ça le brise, si vous avez le cœur brisé, ça le répare.
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  • Par Melo, le 07 octobre 2011

    Mon Bruit écume et bouillonne tant, comme une cocotte sur le feu, je dois m’arrêter un instant pour le calmer.
    Le silence, ça n’existe pas. Pas ici, nulle part. Pas quand tu dors, pas quand t’es seul. Jamais.
    Je ferme les yeux.
    « Je m’appelle Todd Hewitt. J’ai douze ans et douze mois. J’habite à Prentissville, Nouveau monde. Je serai un homme dans un mois exactement. »
    Ce truc, c’est Ben qui me l’a appris pour m’aider calmer mon Bruit. On ferme les yeux, et, bien tranquillement, bien distinctement, on se raconte qui on est, à cause que c’est ça justement qui se perd dans tout ce BRUIT.
    « Je m’appelle Todd Hewitt »
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  • Par camillette02, le 24 octobre 2010

    Le couteau est vivant. Tant que je le tiens, tant que je l'utilise, le couteau vit, il vit pour prendre la vie , mais il doit être commandé, il doit m'avoir pour lui dire qui tuer, et il le veut, il veut pointer, plonger et pousser, et trancher et vider, mais je dois le vouloir aussi, ma volonté doit se joindre à sa volonté.

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