Samuel Godwin, jeune peintre étudiant à la Slade School de Londres, se voit contraint de pourvoir aux besoins de sa famille après le décès de son père. Il réussit à se faire engager par Mr Farrow, un riche veuf à la recherche d'un précepteur pour ses deux filles. Samuel se rend donc à Fourwinds, demeure située dans la campagne anglaise. Rapidement, il sent que quelque chose d'étrange règne dans l'atmosphère de cet imposant manoir de pierre à la construction si particulière. Juliana, l'ainée, se remet d'une longue maladie et semble souffrir de mélancolie alors que Marianne, la cadette, dont la beauté le fascine, est parfois prise de crises et de troubles psychiques. Perturbée par l'absence de la quatrième statue qui représente le vent d'ouest, elle affirme que tout ira mal tant qu'il ne sera pas revenu et qu'elle doit le retrouver.
Samuel s'inquiète pour les deux jeunes filles, d'autant plus que Charlotte Agnew, la gouvernante, a également l'air de cacher des secrets.
De pierre et de cendre est un roman très plaisant, dans la pure tradition du roman gothique et victorien et qui ravira les amateurs du genre. Linda Newberry a voulu rendre hommage aux auteurs qu'elle affectionne, tels que
Wilkie Collins ou
Charlotte Brontë. Mais rendre hommage ou imiter, on peut se poser la question tant j'ai eu l'impression de lire
La dame en blanc, car si l'intrigue n'est pas la même, on s'en rapproche fortement au début, ainsi qu'au niveau des décors et du genre de personnages. Mais n'est pas
Wilkie Collins qui veut et ce roman n'est finalement qu'une gentille inspiration. L'écriture reste correcte mais fait pâle figure à côté des grands auteurs du XIXème siècle dont Linda Newberry s'inspire. C'est évidemment toujours le risque lorsqu'on choisit d'écrire ce genre de récit.
Malgré tout,
De pierre et de cendre est un bon récit, qui permet de passer un agréable moment de lecture. L'écriture plus actuelle et plus fluide que celles des auteurs classiques apporte une touche de modernité, renforcée par une certaine audace dont la romancière fait preuve en intégrant des thèmes plus osés que ne l'auraient fait un
Wilkie Collins ou une sœur Brontë.
Le secret qui plane sur le manoir Farrow revêt un côté scandaleux et pervers, qui était peu abordé dans la littérature de l'époque, je pense. le reste de l'intrigue reste plus classique.
Les personnages se démarquent également de la trame habituelle. Les femmes de ce roman sont des femmes de caractères. Charlotte, la gouvernante, est une femme de tête et d'action que l'on peut sans doute apparenter à la
Jane Eyre de
Charlotte Brontë, avec son aspect austère et guindé, sous lesquels elle dissimule ses sentiments. Par contre, si Juliana se rapproche des héroïnes victoriennes, effacées et naïves, il en est tout autre de Marianne, dont la sensibilité d'artiste en fait un être volubile et fantasque.
J'ai apprécié
De pierre et de cendre dont la lecture a été vraiment plaisante. Je l'ai même pratiquement dévoré. Mais force est quand même de constater qu'il tient difficilement la comparaison avec les classiques dont il s'inspire.
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