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ISBN : 2918597015
Éditeur : Les liens qui libèrent (2009)


Note moyenne : 4.46/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j'ai changé d'avis et de goût. Derrière une côte de bœuf, j'ai fini par voir un bœuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon... On peut parler d'un choc, immense et l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 16 mars 2013

    colimasson
    La Bidoche… C'est derrière ce terme aux sonorités ronflantes, évocateur à lui seul de tout un arsenal symbolique de confort, de plaisir et d'authenticité bien franchouillarde que se dissimule ce qui, aujourd'hui et selon Fabrice Nicolino, n'a plus rien à voir –je veux parler de l'industrie agroalimentaire de la viande.

    Fabrice Nicolino n'y va pas par quatre chemins : son livre réunirait à lui seul toutes les informations jamais dévoilées jusqu'alors concernant la bonne bidoche du supermarché, consommée à hauteur de 92 kg par an et par habitant en moyenne en France. Pour ce faire, il double son essai d'une construction narrative digne d'un thriller d'autant plus absorbant et scandalisant que tout est authentique. Même si, on le verra, à force d'être convaincante, la lecture de Bidoche risque de se prendre à son propre piège de fiabilité et d'objectivité des sources…

    Il est indéniable en tout cas que Fabrice Nicolino n'emprunte aucune des voies déjà longuement arpentés par les écologistes les plus médiatisés. En cela, son livre diffère radicalement des propos parfois trop proprets destinés au grand public en recherche de rédemption, et livre des considérations surprenantes qui conduiront souvent le lecteur bien plus loin que prévu. Je n'aimerais pas énoncer quelques-uns des sujets abordés dans Bidoche car tout résumé serait forcément réducteur, mais comment rendre compte autrement de l'affolement justifié que provoque cette lecture ? Affolement qui ne tient pas à l'écriture sèche et ironique de Fabrice Nicolino, bien loin de l'alarmisme forcené de confrères qui chercheraient à convaincre le plus réfractaire aux avertissements écologiques. Ceux-ci sont sans doute pris au piège d'un dualisme étroit entre émotion –poids de l'imagerie populaire de force et de santé véhiculée par la viande, sentiment d'appartenance à la fratrie humaine victorieuse, vengeance assouvie de siècles de domination de la nature…- et raison –que Fabrice Nicolino cherche à renforcer en nous livrant maints arguments qui devront nous faire prendre conscience de l'influence gigantesque de l'industrie agroalimentaire animale. Croire que l'opposition à ce système se réduit à vouloir sauver de mignons animaux dans un monde qui relève de l'innocence des Bisounours, c'est poser des visières à son regard et limiter la viande à l'animal. Or, ce n'est pas le cas. La viande interroge également les questions du développement durable, de l'accès des populations pauvres à un mode de vie digne et respectueux des droits de l'homme, de la juste répartition des denrées alimentaires à travers le monde et des conséquences sanitaires d'une surconsommation d'antibiotiques. La viande nous apprend également que nous ne batifolons pas dans la plus transparente des sociétés, et que derrière les démocraties les plus perfectionnées en apparence, les lobbies continuent à se livrer à des duels dignes des assauts de cavalerie du Moyen Âge.

    C'est dans ce dernier aspect que la Bidoche de Fabrice Nicolino commence véritablement à prendre le goût de la pourriture. Que l'industrie de la viande ait des conséquences néfastes sur l'environnement, le développement social et économique des populations pauvres ainsi que sur notre sécurité sanitaire est plus ou moins connu de tout le monde. Chez certains, comme le rappellera non sans humour Fabrice Nicolino, cet aspect prendra rapidement des tournures volatiles grâce au génie du déni tout-puissant :

    « La conscience humaine dispose de mécanismes d'une rare puissance pour se préserver de l'angoisse de certaines révélations, du constat de certains faits. On regroupe ces phénomènes sous le nom de déni, et chacun sait que cela peut aller très loin. »

    Non seulement cette réaction devrait-elle être mortificatoire par sa seule existence, elle est en plus encouragée par la manipulation de brillants membres des lobbies les plus puissants –ceux qui cherchent à affirmer la pérennité et l'hégémonie d'un système capitaliste dont la réussite se mesure à l'aune du taux de croissance. Présentée telle quelle, cette affirmation ne provoquera peut-être rien de plus que l'évidence : nous savons tous qu'aucune société n'est totalement transparente, que chacun cherche à défendre ses intérêts propres, mais ce que nous pouvons en revanche ignorer, c'est dans quelles proportions se manifeste ces concours de langues de bois. Pourquoi cherche-t-on à tout prix à nous refiler de la viande ? Pour le savoir, plusieurs points de départ sont admis. La première rupture peut être théologique : c'est celle qui met fin à un certain animisme et qui propose une religion au sein de laquelle les animaux deviennent les représentations malsaines des mauvais penchants de l'âme –le Diable/taureau en tête. Elle peut être aussi cartésienne : c'est celle qui réduit les animaux à la vision de machines. Elle peut enfin être économique : c'est celle d'une France détruite par les ravages de la Seconde Guerre mondiale et qui admire l'industrie triomphante et radicale de ses victorieux alliés les Etats-Unis. Fabrice Nicolino se concentre surtout sur cette dernière rupture pour expliquer l'achèvement de l'industrie agroalimentaire telle que nous la connaissons aujourd'hui, même si les précédentes ruptures ont également pu contribuer à la modification en profondeur des rapports entre l'homme et l'animal.

    Ces chapitres sont passionnants. Ils montrent comment l'homme, dans sa quête du meilleur, dans les énormes appétits qu'il nourrit à court terme, peut se laisser griser par des solutions miraculeuses sans jamais réfléchir sur leurs conséquences. A partir des années 40, tout paraît simple : la relance économique de la France passerait par l'imitation du système économique américain. Une agriculture forte permettrait de relancer l'industrie, et le reste suivrait en fanfare. En quelques mesures, en quelques années, tous les problèmes disparaissent. Les animaux ne prennent plus de place : on les entasse en leur ôtant les moyens de réguler le stress résultant de la promiscuité. Les animaux coûtent moins cher : on leur donne de la merde à bouffer, les condamnant parfois au cannibalisme. Les animaux deviennent plus productifs : les antibiotiques augmentent rapidement leur croissance et les sélections des animaux les plus fertiles permettent de faire plus de marmaille plus rapidement. Entre autres. A se demander pourquoi personne auparavant n'avait jamais osé y penser.

    Lorsqu'une réponse à cette dernière interrogation finit par prendre forme, lorsque les premiers signes de la non-durabilité de ce système commencent à apparaître, l'emballement est devenu tel qu'il n'est plus vraiment possible de faire marche arrière. Les mangeurs de bidoche sont déjà fermement convaincus que le confort et la modernité sont indéniablement liés à la consommation de viande. Pour éviter qu'ils ne changent d'avis, il faut continuer à les entretenir dans cette croyance. C'est l'éclatement kafkaïen d'une myriade d'institutions aux noms tous plus opaques les uns que les autres, employant des membres d'autant moins reconnaissables qu'ils passent d'un lobby à un autre avec une habile discrétion, rendant les tours de passe-passe difficilement reconnaissables. L'Inra perd son mythe d'objectivité scientifique lorsqu'on apprend que Coca-Cola peut financer sans problème une étude concernant l'hydratation des Français, et l'Eufic (Conseil européen de l'information et de l'alimentation) siégeant à Bruxelles ne semble pas non plus digne de confiance :

    « Ne siègent au conseil d'administration de l'Eufic, outre Danone, Mc Do et Coca, bien connues de Mme Belliste, des représentants de Barilla, Cargill, Cereal Partners, DSM Nutrional Products Europ Ltd. , Ferrero, Kraft Foods, McCormick Foods, Mars, Nestlé, Novozymes, PepsiCo, Pfizer Animal Health, Procter et Gamble, Südzucker, Unilever… »

    Au-delà des informations brutes suffisamment évocatrices livrées par Fabrice Nicolino, son livre nous pousse à nous interroger sur les raisons et les possibilités d'existence d'une pareille mauvaise foi, celle évoquée par Jean-Paul Sartre dans L'être et le néant. La disproportion entre les intérêts sauvegardés à court terme et les risques que nous encourons à long terme, par la survivance de ces premiers, relève d'une absurdité que le système inhumain de l'industrie animale traduit parfaitement.

    Peut-être, pour se défendre dans ses propres habitudes de consommation, pour se reclure dans une bulle de confort que Bidoche ne parviendrait pas à atteindre, peut-on prendre Fabrice Nicolino à son propre piège et lui demander des comptes concernant ses propres sources et références. Celles-ci sont toujours indiquées et semblent bien n'avoir aucun rapport avec les lobbies économiques les plus puissants, mais qui peut vraiment savoir et revendiquer l'exactitude des chiffres, des faits ? L'industrie agroalimentaire a des conséquences sur le monde entier –c'est une des raisons de l'horreur qu'on ressentira à la lecture- et devant l'ampleur d'une telle domination digne d'un paradigme moderne, qui peut encore prétendre avancer des données exactes ?

    On reconnaîtra là que ce n'est qu'un détail. Les statistiques et données chiffrés peuvent n'être pas tout à fait représentatives, ce serait encore de la mauvaise foi d'affirmer qu'un défaut de décimale ou de virgule, ainsi que le relève le site Agriculture et Environnement (lien), réduit à néant l'analyse et la réflexion que devront inévitablement provoquer la lecture de Bidoche. Encore plus convaincant que Jean-Paul Sartre, Fabrice Nicolino nous renvoit à nous-mêmes et à notre propre conscience. Lire Bidoche, c'est se forcer à se positionner vis-à-vis de la question de l'industrie agroalimentaire, aussi bien que l'on décide de ne rien faire et de nier les conséquences, ou que l'on décide de se remettre en cause à quelque niveau que ce soit.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-bidoche-l-industrie-de-la-vi..
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    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 06 octobre 2011

    Folfaerie
    Après avoir refermé l'ouvrage de Fabrice Nicolino, je me suis félicitée d'être végétarienne depuis une vingtaine d'années ! Je ne cacherai pas que cette lecture, bien que nécessaire et indispensable, est éprouvante. Parce qu'au-delà des problèmes liés à l'industrialisation de la production de viande (pollution de notre environnement, risques sanitaires, déforestation...) il s'agit aussi de parler d'êtres vivants transformés en machines, en produits, des animaux pour lesquels personne n'a de considération, de leur naissance à leur mort. Des misérables vies, des créatures condamnées à un univers carcéral pour finir par être... bouffées.
    « Un Français mange en moyenne 92 kg de viande, 250 œufs et une centaine de kg de produits laitiers par an ».
    Il serait vain de vouloir résumer ce livre foisonnant et très bien documenté, je me contenterai donc de retracer brièvement quelques faits parmi les plus édifiants : L'auteur nous fait découvrir comment nous sommes passés des fermes à cette industrialisation des élevages, les standards imposés, les innovations copiées sur le modèle américain. Dans les années 1970, l'INRA expérimente les vaches à hublot ( !!) pour mieux comprendre le mécanisme de digestion et décider ensuite que les bovins ne devaient plus manger d'herbe et de fourrage mais plutôt des céréales. C'est l'ère du productivisme, des élevages hors-sol (surtout porcs, poulets). On teste, on sélectionne, bref on torture pour accroître les rendements et les animaux doivent grossir de plus en plus vite.
    Dans cet univers concentrationnaire où les risques de maladies sont démultipliés pour les animaux, on comprend vite l'utilité des antibiotiques. Une manne financière pour l'industrie pharmaceutique et la nutrition animale. Car tandis qu'on « soigne » (imaginez, 30 000 volailles parquées à 25 par mètre carré…) on en profite aussi pour « améliorer » : injections d'hormones, élaboration de nouvelles nourritures, le soja transgénique, etc. On retrouve sans surprise quelques grands noms : Rhône-Poulenc, Adisseo. Que dire aussi de Nucleus ? le leader français de la génétique porcine. Les chercheurs en blouse blanche, à l'abri d'unités top secrètes, nous concoctent pour l'avenir de la viande issue d'animaux génétiquement manipulés et clonés.
    Pensez-vous que tout risque sanitaire soit écarté pour autant ? Absolument pas. Même sans lire le livre de Fabrice, il suffit de remonter dans les archives de la presse pour se remémorer tous les scandales : la vache folle, les veaux aux hormones, le poulet à la dioxine, la grippe aviaire, la grippe porcine… Ces maladies sont liées aux conditions d'exploitation des animaux mais aussi à la nourriture qui leur est donnée. le pire n'est pas d'avoir remplacé l'herbe par des céréales mais d'avoir pensé aux fameuses farines animales, celles qui contiennent aussi les résidus de nos fosses septiques. Bon appétit !
    Ces élevages industriels polluent aussi notre environnement, ce qu'on appelle la Nature, sols et eaux ne sont pas épargnés. Un seul exemple pour vous convaincre : la Bretagne. La production de viande est également responsable de la déforestation en Amérique du sud (pâturages et culture du soja), laquelle joue un rôle dans le réchauffement climatique. Sans compter que le besoin effréné de viande des pays occidentaux condamne à la famine les pays du Tiers-Monde…
    La FAO y est même allée de son rapport, rappelant les volumes d'eau nécessaires pour produire de la viande. « L'élevage envoie 9% des émissions anthropiques de gaz carbonique (CO2) : fabrication et emploi de machines agricoles, quantités énormes d'énergie nécessaire à l'engraissement des animaux, transports, appauvrissement des sols, déforestation, - Il émet 37% du méthane ( produit par le système digestif des ruminants Une vache émet 100 kilogrammes de méthane par an ), qui a un pouvoir réchauffant global (PRG) 23 fois supérieur à celui du gaz carbonique CO2,
    - Et 65% des émissions de protoxyde d'azote (émanant du fumier ou du lisier) qui a un PRG 296 fois plus élevé que le gaz carbonique ». L'élevage industriel représente 18% des gaz à effet de serre d'origine humaine, soit plus que le secteur transport (avions, trains, automobiles..) ».
    Je ne parle même pas de la biodiversité des animaux de ferme, la plupart des races rustiques ont disparu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bookworm84, le 15 janvier 2013

    Bookworm84
    Premier essai chroniqué sur ce blog. Premier essai, mais qui ne sera pas le dernier ! Il s'agit d'un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, mais son contenu me semble si essentiel à partager que je le chronique ici, plutôt qu'ailleurs.
    Cela fait déjà pas mal de temps, une paire d'années si ce n'est plus, que je suis sensibilisée aux dégâts de l'industrie agro-alimentaire. Et c'est cette sensibilisation qui m'a fait me tourner vers quelques ouvrages sur le sujet. Je les ai, pour la plupart, dénichés via les bons conseils de Fa, dont le blog est une mine autant sur ce sujet que sur bien d'autres, tous Earth- & Human-friendly. Parmi ces titres, j'avais lu Faut-il manger les animaux ? [Eating Animals en V.O.] de Jonathan Safran Foer (éditions de L'Olivier, 2010, disponible en poche chez Points depuis 2012). J'avais beaucoup apprécié le fait que cet ouvrage ne se voulait pas donneur de leçon, mais bien un livre pour informer, ouvrir les yeux. Qui plus est, écrit par un citoyen comme vous et moi. Mon seul reproche avait été que, étant écrit par un américain ayant enquêté par ses propres moyens, tous ou presque les exemples cités étaient américains. de fait, les lecteurs français auraient pu penser que le problème ne les concernait pas. Moi-même, naïvement, j'avais cru que certaines pratiques (l'injection en masse d'antibiotiques) étaient interdites en France.
    Et puis j'ai lu Bidoche, que Fa avait très justement qualifié de « pavé de rumsteack dans la mare« . Dans cet essai, Fabrice Nicolino livre des exemples français. Beaucoup. Quelques firmes internationales aussi, mais dans un monde occidental capitalisé et mondialisé, il n'y a rien d'étonnant à cela. Envolée ma naïveté. Durant ma lecture, j'ai été révoltée. Révulsée. Scandalisée. Car en France comme ailleurs, le consommateur de produits carnés est vu ni plus ni moins comme une vache à lait. Et oui, chez nous aussi les animaux destinés à la consommations sont gavés de médicaments. Pas seulement pour leur santé : mais aussi parce que ces antibiotiques leur font développer plus de chair… plus de poids.. donc plus d'argent pour l'industriel. Mais ce n'est là qu'infime partie de ce qui se cache derrière les emballages plastiques fièrement estampillés « viande française » ou autres Labels rouges…
    Fabrice Nicolino nous présente tout l'envers du décor. [Lire la suite de la critique sur le blog]

    Lien : http://lullastories.wordpress.com/2013/01/15/bidoche-lindustrie-de-l..
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Que ceux qui redoutent les donneurs de leçons se rassurent. Ce livre ne nous exhorte pas à devenir du jour au lendemain végétarien. L'auteur lui-même reconnaît volontiers qu'il ne l'est pas.
    Par contre, l'investigation qu'il mène sur l'industrie de la viande peut difficilement être plus convaincante. En effet, les scandales de la vache folle et du boeuf aux hormones avaient retenti comme des sonnettes d'alarme. Fabrice Nicolino, lui, démonte méthodiquement les mécanismes de production de cette industrie qui banalisent les risques sanitaires, la pollution et qui, comble pour une activité agro-alimentaire, aggrave la famine!
    Si la charge est lourde, elle n'en reste pas moins d'une extrême pertinence. Elle repose ainsi sur un historique détaillé et documenté de ce modèle de production qui, à l'échelle mondiale, est devenu une des représentations les plus malsaines du tout-économique.
    Qui a dit qu'il était noble de vouloir nourrir le monde?
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    • Livres 5.00/5
    Par pbazile, le 07 janvier 2010

    pbazile
    Fabrice Nicolino est un journaliste spécialisé dans le domaine de l'écologie. Il anime un très bon blog sur le sujet.
    Le présent livre s'attaque à un sujet souvent abordé dans le monde de l'écologie mais rarement traité dans le détail: la consommation de viande et son impact écologique incroyablement important.
    L'auteur fait un tour très complet de la question : l'évolution de l'élevage et des abattoirs dans les dernières décennies, l'impact sur la santé d'une grosse consommation de viande peu naturelle, sur l'atmosphère (gaz à effets de serre notamment), les épidémies d'origine animale, pollution des rivières (Bretagne..) etc...
    L'intérêt d'un livre sur le sujet est que chacun peut en tirer des conclusions radicales sur son mode de vie.
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 17 juin 2013

    Le MSRA […] est au départ une bactérie, une simple bactérie dont le nom français est hélas bien connu : staphylocoque doré. Mais c’est une bactérie mutante, qui résiste désormais à l’antibiotique qui la terrassait, la méthicilline. Des chiffres américains officiels montrent que le MSRA a tué aux Etats-Unis près de 19 000 personnes en 2005, soit davantage que le sida.
    Et l’on ne trouve pour l’heure aucune parade. S’agirait-il d’autre chose, on peut penser que la presse en ferait d’énormes titres, car simplement à réfléchir on peut légitimement parler d’une épidémie mondiale, peut-être hors de contrôle, du moins dans l’immédiat.
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  • Par colimasson, le 13 juin 2013

    Encore un point notable : ne jamais oublier le rôle des déchets dans l’alimentation des poulets industriels. Rien n’est jeté, ce serait trop bête. On garde les plumes, la crotte, les lisières les plus souillées, que l’on transforme en une joyeuse farine qui servira à engraisser un peu plus vite les animaux pénitentiaires. Or l’on sait que H5N1 peut survivre jusqu’à 35 jours dans les excréments du poulet. Le virus a donc tout le temps qu’il lui faut pour circuler d’un bout à l’autre de la terre, en se moquant, comme il se doit, des rarissimes contrôles vétérinaires.
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  • Par colimasson, le 11 juin 2013

    Revenons donc au H5N1. Ou plutôt à la douteuse théorie qui fait des migrateurs l’une des causes majeures de la dispersion du virus. […]

    Pendant trois ans, de 2002 à 2005, ces scientifiques ont multiplié les prélèvements chez des oiseaux migrateurs fréquentant des sites asiatiques. Au total, 13 115 échantillons ont été examinés sous tous les angles. Et combien de souches de H5N1 au total ? 6. Oui, 6 !

    Au même moment, […] des études concordantes, chinoises, démontrent que le virus est bien plus présent dans la volaille domestique : on le trouve dans 1% des 5 000 volailles –apparemment saines- étudiées sur des marchés du sud de la Chine, de même que 5% d’autres types viraux. C’est énorme !

    Au total et en résumé, tout indique que les oiseaux sauvages jouent un rôle parfaitement marginal dans le drame. Et que la cause essentielle, massive, repose sur une industrie concentrée qui reproduit sans cesse les conditions du malheur en expédiant sans précaution, chaque jour, des millions d’animaux qui n’en sont plus réellement. Les routes commerciales de l’élevage intensif sont le vecteur principal de la dissémination.
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  • Par colimasson, le 09 juin 2013

    En quelques années, la relation millénaire entre l’homme et le veau s’est transformée en une opération industrielle surveillée de près par un donneur d’ordres. L’animal est un produit commercial dans lequel un technicien injecte quelque chose, non sans effacer derrière lui toutes les traces. Le paysan est devenu un ouvrier salarié, qui a grand intérêt à rendre service à son patron en certifiant des factures qui ne sont pas les siennes. C’est bien simple : on se croirait dans le Meilleur des mondes d’Huxley. Ce qui n’a rien d’étonnant, puisque c’est le cas. Rappelons que, dans l’Etat mondial créé par le romancier, chacun prend sa dose de soma pour oublier le reste. Remplacer soma par billets de banque, et faire passer avec un verre d’hormones.
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  • Par colimasson, le 07 juin 2013

    « De tous les élevages, c’est le veau qui est le plus trafiqué. C’est celui qui livre aux consommateurs les produits les plus dangereux. […] L’utilisation généralisée –bien qu’interdite- d’hormones est bien plus grave encore. On peut dire que la quasi-totalité des veaux en élevage intensif en reçoivent sous la forme d’injections ou d’implants. […] Cela permet d’accroître la prise de poids, qui est normalement de 1 kilo par jour et passe ainsi à 2 et même 2,5 kilos par jour. […] Comment expliquer autrement que ces jeunes bêtes présentent déjà des pis ou des organes génitaux particulièrement développés ou même des caractéristiques du sexe opposé (une mamelle chez un taurillon, par exemple) ? » » Que choisir, juillet-août 1973
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Interview de Fabrice Nicolino, auteur de Qui a tué l'écologie ? .
L'auteur n'a pas peur de se fâcher avec les ONG environnementales.








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