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Critiques sur La Naissance de la tragédie (2)


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    • Livres 5.00/5
    Par chartel le 01/08/2008


    Faire la critique d'une œuvre de Friedrich Nietzsche peut paraître ridicule, même si elle a pour objectif de témoigner des grandeurs de cette littérature. Pourtant, il n'est, en même temps, pas possible de rester muet après la lecture de "La Naissance de la tragédie", première œuvre du grand philosophe allemand. Je comprends qu'il ait pu paraître dérangé et perturbé aux esprits éclairés de son époque après la lecture de cet apparent essai philologique qui se révéla être plutôt une réflexion sur l'art prenant pour point de départ les origines de la tragédie grecque. Si ses contemporains notables universitaires ont pu lui coller l'étiquette du déréglé ce fut probablement pour ne pas s'avouer leur propre faiblesse face au génie de ce poète-philosophe. Ne pensez pas y lire un traité pompeux sur l'histoire et les codes de l'art antique, au contraire, l'imagination riche et enthousiaste de Nietzsche laisse transparaître une ode passionnée, d'un grand lyrisme, pour la reconnaissance de la véritable signification de l'Art.
    Certains passages sont d'une grande beauté, déversant un flot d'images aussi fortes qu'éphémères, même si elles ne suffisent pas à faire pencher le lecteur en faveur des principes du philosophe. Mais plus qu'une thèse proposée sentencieusement par Nietzsche, il y a dans cet essai une critique de la société moderne aiguillonnée par la science et le socratisme qui, sûre du bon sens de sa marche vers le progrès, le bonheur et la Vérité suprême, fait écho aux remises en cause actuelles du modernisme autour des problématiques environnementales et écologiques. Enfin, je conseille au lecteur de ne pas trop s'attarder sur l'introduction d'Angèle Kremer-Marietti, qui se noie dans des analyses psychologiques un peu confuses, à contresens des propos du philosophe qui se moque des vaines tentatives explicatives de la science. On peut s'amuser à expliquer Nietzsche, mais il faut avant tout le savourer, l'entendre et le sentir.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par zohar le 12/04/2011


    La place qu'accorde Nietzsche à l'art est essentielle. Il le magnifie car il le considère comme proche de la nature.
    Comme elle, il relève du domaine du mensonge, et, en tant que phénomène d'apparence, l'art camoufle les abîmes du monde sans que l'on puisse pour autant parler comme d'une production d'illusions trompeuses ou de fausse conscience.
    L'analyse qu'il en fait dans « La naissance de la tragédie » est capitale.

    L'art se confond avec la tragédie, qui a trouvé son point de perfection dans la Grèce antique.
    La tragédie antique est parvenue à équilibrer les influences dionysiaques (porteuse de démesure et de vie, la musique, par exemple) et les influences apolliniennes (véhicules de la forme et créatrices de la beauté, par exemple, la poésie).
    Dans ce système, Socrate est à l'opposé de Dionysos. Il symbolise l'homme théorique adversaire des forces vitales.
    Il en est de même du Christ, celui du moins que l'Eglise s'est efforcée d'imposer.
    Comme Socrate, il s'inflige la mort pour culpabiliser l'homme attaché à la vie.
    La conception du philosophe est intimement liée à cette vision esthétique : Socrate et le Christ présentent des exemples de comportement nihiliste qui aboutit à transformer les faibles en forts.
    Trois stades se succèdent dans ce processus : après la mise en accusation de ce qui est beau et noble, intervient la mauvaise conscience ; il ne reste plus qu'à imposer l'idéal ascétique qui, renversant les valeurs, juge la vie en partant de critères qui la condamnent.

    Si les lectures de Schopenhauer ont exercé de grandes influences sur sa pensée et ses relations avec Wagner.
    La glorification de ce dernier est parfaitement visible dans « La naissance de la tragédie » : si le lien entre les deux pôles (Dionysiaque/Apollinien) est à l'origine de la tragédie antique.
    Nietzsche fondait en Richard Wagner l'espoir d'un renouvellement de la tragédie grâce à ses drames musicales qui étaient censés pouvoir d'un côté réunir, à l'instar de la tragédie antique, l'œuvre et le public dans une forte expérience libérant les instincts de l'esprit tragique et de l'autre, permettre d'en revenir à l'époque d'avant la « décadence » initiée, selon Nietzsche, par Socrate.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






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