ISBN : 225301611X
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Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Quatrième de couverture : Dans ces années 1944-1947, Anaîs Nin est entourée de jeunes artistes, mais toutes ces rencontres avec des gens plus ou moins célèbres ne seraient rien s'ils ne figuraient dans cette quête de soi-même et de l'individu contre la société qui fait ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par cequejelis, le 05 avril 2012

    cequejelis
    Ce Journal échappe désormais au temps. Œuvre importante. En tant que document. Mais, surtout, dans la mesure où s'y exprime totalement une femme qui nous initie d'autant mieux au secret et au mystère de toutes les femmes qu'elle est singulière et ne ressemble à aucune autre ".
    Claude Mauriac (Le Figaro).
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Citations et extraits

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  • Par cequejelis, le 07 avril 2012

    Leonard écrit : " Chacun de mes rêves transformé en histoire, couché sur le papier et livré au public est un rêve de moins pour moi, et j'en ai déjà si peu. "

    Je lui réponds :

    Beaucoup d'écrivains ont éprouvé ce que vous ressentez. Maurice de Guérin répugnait tellement à livrer ses pensées intimes qu'il les écrivait dans un Journal secret qui ne fut publié par sa sœur qu'après sa mort. Amiel écrivait un Journal intime et c'est tout. Rilke se plaint de cela dans ses lettres à un jeune poète que je vous enverrai plus tard. J'irai jusqu'à dire que l'écriture d'une poésie énigmatique est une expression de cette répugnance : on y est revêtu de symboles, protégé par le mystère d'une complète exposition au monde. Mais il y a un autre aspect à cela. Ecrire signifie tout donner. Impossible de rien garder pour soi. Les meilleurs écrivains sont ceux qui donnent tout. Il y a cependant le choix du vêtement : fiction, symbolisme, poésie, etc. Je partage votre opinion qu'un rêve donné ne nous appartient plus, mais il est vrai aussi que plus on donne de rêves, plus on produit de rêves pour combler le vide, et cette faculté se développe à mesure qu'on l'exerce. C'est comme l'amour. Plus on la dépense, plus on libère de nouvelles sources, de nouvelles énergies. Refuser de tout dire dessèche, inhibe et en fin de compte tue les graines. Lorsque vous communiquez votre rêve, vous risquez de vous sentir pauvre au début. Mais l'instinct, comme celui de la nature, est de renouveler, de féconder. C'est vrai, ainsi que j'ai pu m'en rendre compte. Plus j'écris, plus je donne, plus j'aime, plus puissante jaillit la source. L'écrivain, s'expose sous n'importe quelle forme, en définitive, ainsi que nous faisons en amour, mais c'est un risque que nous devons prendre.

    Je me rappelle fort bien à votre âge j'étais paralysée de timidité et n'osais rien écrire en dehors du Journal où je me sentais à l'abri des regards inquisiteurs ou critiques. Et puis n'oubliez pas que les rêves engendrent les rêves. Si je n'avais pas raconté mon rêve de la péniche, écrit une histoire, et renoncé ainsi à mon secret, ma propriété personnelle, l'histoire n'aurait pas été lue par un garçon de dix-sept ans à Yale, et il ne serait pas venu me trouver pour m'offrir un rêve de Gaspard Hauser.

    Juillet 1945, Le Livre de Poche, p. 104.
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  • Par cequejelis, le 07 avril 2012

    Visite de Frances à qui j'ai montré les aquarelles de Léonard. Elle les a trouvées techniquement très belles, très bien faites, mais lointaines.

    Comme Léonard se plaint de ne pouvoir exprimer ce qu'il ressent, je lui écris :

    Exprimer ce que l'on ressent est lié directement à la création. J'ai été aidée en cela par mon habitude de tout confier au Journal. Vous vous trouvez dans un environnement stérile et vous avez tendance à vous replier sur vous-même. Cela sera mauvais pour vous en tant qu'artiste, écrivain ou peintre. Il faut être capable d'exploiter les richesses du sentiment et de l'imagination, c'est là que réside le secret de l'abondance. Le repliement risque d'engendrer la stérilité ou le dessèchement. Essayez d'écrire dans votre Journal pour entretenir cette petite flamme. Développez, ouvrez, nommez, décrivez, exclamez-vous, peignez, caricaturez, dansez, sautez dans vos écrits. Nous sommes ici en tant qu'écrivains pour dire tout. Parlez pour vos humeurs, rendez votre silence éloquent. Les dessins que vous n'avez pas envoyés sont un visage fermé au monde.

    Journal : mai 1945 p. 104
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  • Par cequejelis, le 05 avril 2012

    Je découvre sans cesse que le Journal est un effort pour ne pas perdre, pour me garantir contre l'éphémère, les morts, les déracinements, les dessèchements, les irréalités. Je sens que lorsque que je l'enferme, je sauvegarde tout. Cela vit ici. Lorsque quelqu'un partait, je me disais qu'il était présent dans ces pages.

    Journal, janvier 1946. p. 212
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