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ISBN : 2290059048
Éditeur : Editions 84 (2013)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Six mois ont passé depuis la fin de Chien du heaume. La guerrière est terrassée par la perte de ses cinq doigts gelés. Son salut vient de Bréhyr, la femme à la griffe de fer, qui lui fait forger un artefact identique au sien. Elle lui promet également de l’aider à retro... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dionysos89, le 21 décembre 2012

    Dionysos89
    Je poursuis joyeusement la bibliographie de Justine Niogret et j'attaque son deuxième roman au titre peu commun : Mordre le bouclier.
    Difficile de critiquer comme il convient un tel ouvrage quand on vient de terminer sa lecture en découvrant l'avis du cador qu'est Jean-Philippe Jaworski en postface (auteur qu'il me tarde de lire prochainement). Celui-ci a tout parfaitement résumé, mais malgré tout, tentons de cerner quelques grandes lignes de Mordre le bouclier.
    Dans cette suite directe de Chien du Heaume, Justine Niogret dévoile davantage la quête de l'héroïne pour retrouver son nom et marcher sur les traces de son père. La première partie de cette quête est bouclée très rapidement dans ce roman, la seconde en revanche s'éternise un peu plus. Nous pouvons déjà remarquer qu'à l'inverse du premier tome, celui-ci prend un départ plus poussif avant d'accélérer nettement la cadence vers la fin (peut-être cet avis est-il dû en partie au fait que j'ai lu le deuxième tome de manière plus saccadée).
    Dans tous les cas, Justine Niogret réussit habilement, par de belles scènes tantôt épiques, tantôt très personnelles, à vanter son amour des livres, à aborder des sujets aussi philosophiques que le « corps blessé » ou le « corps-objet », voire même à nouer son histoire dans un onirisme désormais complètement assumé. C'est d'ailleurs par ce dernier élément que le peu de magie du roman apparaît. Un personnage mystérieux du premier tome fait alors son retour et scelle une nouvelle fois le destin d'un ou plusieurs personnages. Ce couperet fatidique semble inéluctable et rend certaines situations particulièrement tristes et touchantes.
    À ce premier niveau de lecture, d'innombrables autres peuvent se dévoiler au gré des idées du lecteur, c'est là l'astuce de cette auteure, je crois, et Jean-Philippe Jaworski le souligne très bien en postface. Tome relatant la peur de tomber dans une folie personnelle, Mordre le bouclier prend aux tripes sans forcément qu'on se rende compte d'où vient ce mal. Malgré tout, on se prend au jeu et en creusant encore davantage, on comprend l'incroyable prégnance de la mythologie au sein de ce récit. Sans aller jusqu'à invoquer les totems et les héros divinisés comme Jaworski, je dirais que c'est l'histoire en elle-même qui pourrait faire office de mythe dans le sens où on voit sous nos yeux un monde nouveau se construire et où on suit un personnage qui découvre un monde qu'elle pensait connaître mais qui se révèle particulièrement complexe pour elle. Et finalement même, ne pourrait-on pas se questionner sur l'intérêt de la quête de Chien ? À tourner en rond dans le premier tome et à suivre Bréhyr dans le deuxième, l'héroïne peut apparaître tout au long du récit comme en train d'accomplir une non-quête, comme si elle se voilait continuellement la face. Les dernières réflexions avec Saint Roses et les dernières lignes du récit viennent un peu contredire cette idée qui avait germée en moi en lisant Mordre le bouclier. Toutefois, on peut remarquer le pied de nez de la toute dernière phrase : « Un nom ne vaut pas toute une histoire » ; l'auteure semble se moquer d'elle-même (ce qui semble être dans son caractère) et c'est assez rare chez beaucoup d'auteurs pour être souligné et apprécié à sa juste valeur.
    Mordre le bouclier est donc une nouvelle preuve du style passionnant et atypique de cette auteure, surtout quand on le met en perspective avec le ton volontairement détendu et enjoué adopté dans le lexique, rendez-vous désormais attendu et ô combien jubilatoire (Justine Niogret fait des blagues sur des poètes presque inconnus et cite une recette en latin : rien que pour ça, elle a toute ma considération !).
    La fantasy française, portée notamment par Justine Niogret, a de beaux jours devant elle…
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    • Livres 4.00/5
    Par boudicca, le 09 avril 2012

    boudicca
    Suite directe de « Chien du Heaume », on retrouve avec « Mordre le bouclier », second roman de Justine Niogret, notre rude mercenaire toujours obnubilée par la quête de son nom et qui va s'embarquer dans un nouveau voyage aux côtés de la guerrière Bréhyr que l'on avait déjà pu rencontrer dans le tome précédent. On retrouve ici tout ce qui fait le charme de la plume de l'auteur : le souci du mot juste ; une ambiance à la fois sombre, brutale mais aussi onirique ; un décor très épuré ; des personnages complexes et torturés... Il faut dire que le voyage entreprit par les deux protagonistes est avant tout introspectif, « ce que les personnages cherchent, affrontent ou fuient relevant essentiellement du paysage intérieur », comme l'explique parfaitement Jean Philippe Jaworski dans la postface du roman.
    On suit donc avec fascination le cheminement intérieur de ces deux femmes qui nous entrainent tour à tour dans leur passé afin de nous faire comprendre le pourquoi de leur quête en revenant sur leurs vieilles blessures. Les personnages sont, certes, peu nombreux et rarement très loquaces mais leurs rares interventions donnent toujours lieu à des passages d'une profondeur et d'une poésie bouleversante, comme le récit des croisades relaté par Saint Roses (« Je ne voulais pas forcer d'autres bouches à dire Son nom, je voulais simplement le crier, moi, sous ces murailles étrangères. La foi ne se force pas, elle ne peut que s'abandonner là où l'on passe »).
    Comme dans le roman précédent, le lexique proposé à la fin du livre et contrastant nettement avec celui-ci par l'humour déployé par l'auteur pour nous (re)familiariser avec le vocabulaire médiéval, est un véritable régal. Justine Niogret est sans aucun doute un auteur que j'aurais plaisir à relire.
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    • Livres 2.00/5
    Par Davalian, le 08 mai 2013

    Davalian
    Mordre le bouclier est un roman, un court roman pour être précis, tout aussi étrange que son titre.
    A priori apparenté au genre fantasy, il mérite une place à part. Il s'agit presque d'un roman philosophique. Si les nombreuses annexes et commentaires de fin d'ouvrage parlent de récit initiatique, le trait est un peu forcé. Les nombreux rajouts post-récit sont bien plus que des pièces rapportées : ces passages ont leur identité et leur saveur propre. Quel auteur peut se vanter d'en faire autant ?
    Nous suivons ici deux guerrières – Bréhyr et Chien – lancées dans une quête. Chemin faisant, elles se dévoilent, en viennent à réfléchir (et à faire réfléchir) quant à leur rôle de paria dans une société médiévale, sans doute fixée à la fin de la Première Croisade. S'il n'y a pas vraiment d'intrigue, l'ambiance en sort renforcée : les Croisades, la violence des temps présents, une présentation sans concession et plutôt fidèle des Croisés (leur douleur, leur combat, leur rejet). Justine Niogret écrit une fable qui mérite ne serait-ce que pour cela d'être lue. Son style, imitant le vieux français, est déroutant et franchement original. La rencontre de circonstance avec des personnages haut en couleurs reste prévisible. La leçon de courage qu'offrent Saint Roses et la Petite fait bien vite pardonner ce mécanisme bien connu.
    Pour autant l'ensemble reste difficile à lire. Toute personne qui s'apprête à entrer dans ce livre doit être prévenue : le ton est morose. La vie Fitz Chevalerie, passerait pour un agréable moment de détente en comparaison. Une lecture particulière donc, éloignée des canons habituels de la fantasy ou des romans historiques et qui ne laisse pas indifférent(e). Couronné de plusieurs titres, cette suite de Chien du Heaume, premier roman de l'auteure, est une préquelle sans révélation intempestive. Son dénouement est une invite à suivre l'avenir, du moins pour celles et ceux qui auront accroché…


    Lien : http://kriticon.over-blog.com/article-mordre-le-bouclier-justine-nio..
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    • Livres 3.00/5
    Par IreneAdler, le 24 avril 2013

    IreneAdler
    Un mythe, voila ce que nous offre Justine Niogret. Avec des personnages atypiques, des quêtes qui le sont moins : filiation, spiritualité, vengeance, sens à donner à sa vie, choix à assumer. Les conséquences de tout cela.
    A lire, voire à relire. Autant pour le roman que pour la postface.
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    • Livres 4.00/5
    Par Philemont, le 18 décembre 2012

    Philemont
    Six mois après les évènements narrés dans Chien du Heaume, le personnage éponyme se morfond de la perte de ses doigts dans le château du Seigneur Bruec. Mais ses amis l'aident, l'un lui forgeant une griffe de fer pour remplacer son pouce manquant, l'autre l'entraînant dans son ultime quête. Chien accompagne ainsi Bréhyr sur les traces du dernier homme qu'elle doit tuer pour que sa vengeance soit complète. Ce faisant, Chien retrouvera sa mère et apprendra enfin son nom, et tentera surtout de donner un sens à sa vie.
    Car comme Chien du Heaume, Mordre le bouclier est avant tout un roman introspectif. le bruit et la fureur du Moyen Age ne sont qu'un cadre physique à un univers psychique, lequel est la résultante de personnages torturés et fragiles en dépit de leur force apparente. On y trouve aussi une dimension mythologique, laquelle était quasi inexistante dans Chien du Heaume. Encore est-il que cette dimension est toute relative dans la mesure où elle est incarnée par ces chevaliers de retour de la première croisade, et pendant laquelle ils n'ont trouvé que mort et souffrance, à défaut de Dieu.
    Et puis il y a toujours l'écriture de Justine NIOGRET. Percutante et superbement travaillée, elle rend l'univers décrit parfaitement crédible et allie de la plus belle des façons qui soit la violence d'une époque aux émotions des humains qui y vivent et la font.
    Avec ce deuxième roman Justine NIOGRET confirme donc ses grandes qualités de romancière. On peut donc la rassurer en la paraphrasant : elle a bel et bien produit un « bon peigne ».
    Saluons également la postface de Jean-Philippe JAWORSKI qui nous apporte un éclairage passionnant sur le roman.
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Critiques presse (2)


  • Elbakin.net , le 27 juin 2011
    En quelques pages à peine, l’auteur brosse la puissance des thématiques du roman, revient sur son cadre mythique, l’importance du sacré notamment à travers les personnages féminins bien sûr, leur nature fragile et terriblement humaine… Tout est dit.
    Lire la critique sur le site : Elbakin.net
  • SciFiUniverse , le 14 juin 2011
    Mordre le bouclier est une excellente suite. Justine Niogret passe un cap avec ce roman. A ce rythme, d'auteur en devenir, elle se fait une place de plus en plus importante dans l'imaginaire français, et nul doute, vu ce roman, qu'elle fera partie des écrivains majeurs dans un futur de plus en plus proche. C'est un joyau plus tout à fait brut.
    Lire la critique sur le site : SciFiUniverse

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Citations et extraits

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  • Par Davalian, le 05 mai 2013

    Zoire ne savait pas cela avant de devenir vieux ; que la cervelle pourrit autant que la chaire et qu'elle devient triste et à peine tiède, poisson pêché laissé sur la berge, que les fièvres s'éteignent, que les idées s’amollissent comme bougies usées, et que le caractère se décourage un peu plus chaque matin où l'on se perd soit-même.

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  • Par Dionysos89, le 22 décembre 2012

    Rutebeuf est un poète. Il m’a toujours plu. Je l’ai toujours lu avec plaisir. « L’amour est morte, il ventait devant ma porte », disait-il, et le vent emporte les amours comme papiers gras mais ça je l’ai rajouté un jour que je passais devant un Quick, je me suis dit : « Punaise, on dirait du Rutebeuf », mais en fait les vigiles m’ont tabassée.

    (Définition du lexique final, à l’entrée « Rutebeuf »)

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  • Par boudicca, le 19 janvier 2013

    J'ai toujours trouvé l'amour mesquin. La plupart jouent, la plupart profitent, la plupart se mentent. Et passe le carnaval avec ses masques et ils repartent pour un autre amour oubliant ce qu'ils avaient juré, ce qu'ils avaient fait, ce qui explique à quel point ils le pensaient. Les serments de guerre sont autre chose. Ils se tiennent et savent leur engagement. Je ne crois jamais l'homme ou la femme parlant d'amor, mais je donne mon cœur et mes tripes à celui qui me chante l'honneur à la guerre.
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  • Par Dionysos89, le 05 janvier 2013

    Tu crois me faire peur ? grinça-t-elle en penchant la tête sur le côté, à la façon d’un oiseau qui cherche à voir. Que ton dard va me faire reculer comme un renard malade devant une lanterne ? Sais-tu à qui tu causes, petit homme ? Tu parles à une morte, voici le fait ; une morte. Et pourtant je respire toujours, et plus rien ne bat à l’intérieur. Tu peux toucher ma chair, fils de chien, plus rien en elle ne bouge. Alors, que me chaut ta gueule de fieffé branleur d’ânes, corniaud de merde ?

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  • Par boudicca, le 05 avril 2012

    Arbalète : l'arbalète est mon arme favorite... L'Eglise avait, cette histoire est connue, décrété que l'arbalète était une arme de lâche, ce qui est difficile à contredire quand on sait que la plupart des gens de l'époque se battaient avec des bottes de foin et des petits briquets taillés en pointe. Ce qu'on sait moins, c'est la grande campagne de publicité menée par les arbalétriers qui se promenaient sur les champs de bataille et devant les écoles maternelles avec de grands drapeaux sur lesquels était peint le slogan "l'arbalète, tu peux pas test". (Dans le lexique à l'usage des étrangers aux armes, armures et pièces d'équipement médiévaux)
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Vidéo de Justine Niogret

Le 22 mai 2010, au salon des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, le Grand Prix de l'Imaginaire, prix du roman francophone, est attribué à Justine Niogret pour Chien du Heaume (Mnémos)








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