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ISBN : 2266270710
Éditeur : Pocket (12/01/2017)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 66 notes)
Résumé :
"Ecoutez ! Ecoutez la sinistre et triste histoire de Mordred, le chevalier renégat !"
Face sombre des légendes arthuriennes, Mordred est le traître, fruit des amours illicites et incestueuses d'Arthur et de sa soeur Morgause. S'il fait un temps parti des chevaliers de la Table ronde, il est chassé de celle-ci avant de lever une armée pour combattre Arthur.
C'est l'histoire officielle, du moins. Peut-être Mordred n'était-il pas aussi fou que les gestes ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
29 août 2013
« Mordred » signe le grand retour en fantasy de Justine Niogret, figure désormais incontournable de l'imaginaire français, après un bref passage par la science fiction avec le sombre et percutant « Gueule de truie ». L'occasion pour les éditions Mnémos de procéder à un petit relooking (illustration plus sobre, format plus petit) et de donner le coup d'envoi de l'importante opération promotionnelle initiée par les « Indés de l'Imaginaire », collectif regroupant depuis 2013 trois maisons d'édition spécialisées (Mnémos, Les Moutons Électriques, ActuSF). En même temps que « Mordred » sont ainsi arrivés chez nos libraires le 22 août dernier « Même pas mort » de Jean-Philippe Jaworski et « La chasse sauvage du colonel Rels », recueil de nouvelles d'Armand Cabasson. Autant dire qu'il s'agit là d'auteurs qui ne jouent pas dans la petite cour ! On retrouve dans le roman de Justine Niogret cet univers médiéval qui lui est cher et dont elle use à nouveau afin cette fois de rendre hommage aux légendes arthuriennes. Un choix peu originale, pourrait-on penser, seulement ce serait mal connaître l'auteur qui trouve le moyen de nous surprendre en prenant pour héros la bête noire par excellence du mythe arthurien. Renégat, régicide, parricide, fruit de l'inceste..., les mots ne manquent pas pour qualifier le personnage de Mordred que Justine Niogret entend montrer ici sous un jour différent, non pas dans l'idée d'une réhabilitation mais plutôt dans le but de démontrer que chacun a un rôle dans une épopée, et que celui de Mordred n'est peut être pas celui que l'on croit...
Si l'originalité du sujet conjuguée au charme sans pareil du style de Justine Niogret ont rendu cette lecture fort agréable, il me faut toutefois admettre avoir été quelque peu frustrée, à défaut de déçue, par l'histoire servie ici par l'auteur. « Mordred » dispose pourtant de solides atouts, à commencer par l'ambiance très particulière, faite amertume, de mélancolique et de résignation, qui baigne l'ensemble du roman. Certes, Justine Niogret ne nous avait jamais habitué à des lectures pleines d'espoir et de joie, mais la vision proposée du règne d'Arthur frappe malgré tout par la profonde tristesse qui s'en dégage. On est pourtant loin de la violence d'un « Gueule de truie » ou même de « Chien du heaume », mais de tous les ouvrages de l'auteur c'est bien celui-ci qui se distingue de part la profonde nostalgie qu'il réveille de façon surprenante chez le lecteur. « Ces choses sont finies, elles sont passées avec Morgause et Arthur. Des couloirs venteux, voilà ce qu'il reste, et un hiver qui ne sait plus finir. Des vieilles gens, des légendes qui perdent leur délicatesse parce qu'on les laisse se couvrir de poussière. » Des mots qui illustrent très bien l'ambiance douce-amère qui imprègne du début à la fin l'histoire de ce chevalier malmené par la légende. Parmi les points forts du livre figure évidemment également le style toujours aussi travaillé de l'auteur, mélange de crudité et d'onirisme qui constituent désormais sa marque de fabrique.
Le roman n'est cela dit pas exempt de tout défaut. On pourrait notamment reprocher à l'auteur une narration trop décousue liée aux allers-retours permanent du passé du personnage (son enfance auprès de Morgause, sa rencontre avec Arthur, ses premiers combats...) à son présent (l'impuissance et la douleur dues à ses blessures). le roman se caractérise également par sa très grande pudeur, trait déjà très présent dans les précédents ouvrages de l'auteur mais qui cette fois est poussée trop loin à mon goût et rend l'attachement aux personnages et l'investissement du lecteur dans l'histoire assez compliqué. Cet excès de pudeur touche essentiellement aux relations entre les personnages, qu'il s'agisse d'Arthur et Morgause ou surtout d'Arthur et Mordred. le non dit permanent concernant la véritable nature des liens les unissant les uns aux autres (père/fils ? oncle/neveu ? frère/soeur ? amant/amante ?) est à mon avis une bonne idée, seulement la majorité de leurs échanges finissent par se trouver plombés par ce tabou et à devenir ainsi bien trop sibyllins. Un peu comme si le lecteur surprenait sans le vouloir une conversation entre les personnages en sachant qu'il n'est supposé ni l'entendre ni la comprendre. Une impression renforcée par la trop grande brièveté du roman qui dépasse à peine les cent-soixante pages, ainsi que par le manque de relief de la plupart des (peu nombreux) personnages, à l'exception de Mordred. C'est notamment le cas des femmes, Morgause autant que Guenièvre, qui n'interviennent quasiment jamais dans le roman, si ce n'est lors d'une ou deux brèves scènes ou lorsque Mordred et Arthur se prennent à les évoquer.
Un roman sans aucun doute atypique, tant de part le choix de son protagoniste que par l'ambiance très particulière dans lequel il plonge le lecteur. La trop grande brièveté de l'ouvrage ainsi qu'une trop grande pudeur dans le traitement des relations entre les personnages empêchent toutefois le roman de véritablement décollé. Ceux qui avaient déjà apprécié les précédents ouvrages de Justine Niogret devraient cela dit tout de même trouver leur bonheur dans ce « Mordred », bien loin des légendes traditionnelles.
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Relax67
08 novembre 2016
Deuxième livre de Justine Niogret que je lis et qui confirme mes ressentis du premier : une très belle plume mais de grandes difficultés à m'accrocher le long de son récit.
Tout le long de ma lecture, j'ai eu du mal à ne pas laisser mes pensées se disperser. J'ai même éprouvé des moments d'ennui certain. La plume est belle, mais elle est là avant tout pour créer une ambiance mêlant les décors physiques et les pensées décortiquées de Mordred. Par moments j'ai eu l'impression de regarder des scènes d'un film de Sergio Leone, avec ses gros longs plans sur le robinet qui fuit goutte à goutte ou sur la mouche qui se balade sur le nez du vilain gangster. Dans cette mer d'ennui, je m'accrochais au moindre rocher d'action qui affleurait, le suçant doucement comme un bonbon.
Parmi ces scènes agréables, le prologue qui conte une pièce avec Renart et le loup Ysengrin, la lutte contre l'Aspic… et puis la bataille. L'auteure se métamorphose dès qu'il s'agit de montrer la violence d'une bataille, ou plutôt elle intègre la violence crue dans son style, l'exaltant et multipliant son impact, comme si les coups étaient portés au ralenti.
Je vous le disais, c'est une ambiance avant tout.
Et l'histoire dans tout ça ? Eh bien je l'ai cherchée tout du long, me demandant où Justine Niogret voulait m'emmener avec cette douleur insupportable qui agresse Mordred, avec ses flashback sur son enfance ou sur ses premiers temps de chevalier. Tout le récit est conté du point de vue de Mordred, et pourtant il nous cache suffisamment ses pensées pour que l'on ne sache pas à quoi on a vraiment affaire.
Jusqu'à la fin où, quelques pages avant le final indescriptible, j'ai compris.
Et là le puzzle s'est assemblé comme par magie. J'ai compris pourquoi Mordred supportait sa douleur depuis des mois, et pourquoi Arthur lui disait qu'il pouvait lâcher prise. Mordred refusait de jouer le rôle que la légende lui avait assigné. Arthur, lui, l'avait accepté. Comprendre le sens de la toile quand on s'en éloigne un peu fait un bien fou. du coup je reste sur cette bonne impression, en n'oubliant pas le dur chemin qui m'a mené là.
Il faut bien le noter, Justine Niogret s'éloigne beaucoup de la légende. Elle écrit une variation qui veut dédouaner Mordred, le débarrasser de ce rôle de traître. Elle ne s'intéresse qu'au « renégat » et à Arthur, les autres personnages sont quasi absents, même Merlin est réduit au rang de simple mire. Si vous êtes fan des récits sur le Graal et tout ça, vous risquez d'être déçus. Allez voir la critique de lyoko avec qui j'ai fait cette lecture commune.
Je suis maintenant à peu près convaincu que Justine Niogret se trompe en publiant ses livres dans le domaine de l'Imaginaire. Elle écrit des livres qui s'intéressent plus à ses acteurs qu'à l'histoire, avec une portion de fantasy extrêmement congrue (ici il n'y en a pas). Elle ferait mieux de publier dans les collections littérature blanche. Je crois, d'ailleurs, qu'elle a commencé : elle a publié un thriller sous le pseudonyme de Misha Halden
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lyoko
07 novembre 2016
J'ai un gros problème avec ce roman...
Tout d'abord j'ai trouvé qu'il n'y avait pas d'histoire.. enfin si il y en a une mais la quatrième de couverture décrit tout le contenu du livre en 4 lignes. Mordred souffrant le martyr repense a son passé, son enfance au côté de Morgause, au jour ou Arthur,son oncle est venu le chercher pour en faire un guerrier..
Mordred est un des chats noirs de l'épopée arthurienne... et du coup on ressent bien les sentiments pessimistes du garçon, ses peines, ses regrets.
Un des personnages incontesté des légendes arthuriennes est Merlin et j'ai ici, ressenti son absence comme une "trahison" de la part de l'auteure. En effet, Mordred qui souffre de façon incroyable, et qui est pourtant plus qu'aimé de la part d'Arthur, son oncle et son père ne reçoit les soin que d'un "simple" mire. Je pense que l'amour paternel aurait du pousser Arthur a faire intervenir le plus grand magicien de l'époque pour sauver son fils... la sagesse n'a plus de mise quand on aime et qu'on est capable de tout pour essayer de sauver les siens... mais cette réflexion n'engage que moi .
J'ai donc trouvé cette histoire pas très passionnante , MAIS il faut quand même reconnaitre que l'auteure a une plume extraordinaire qui rend même une histoire ennuyeuse relativement agréable à lire. Sa prose est simple , efficace, perspicace et incroyablement poétique. Que ce soit pour décrire une scène de guerre, la douleur ou encore le souvenir du vent dans les arbres.
Alors oui j'avoue que je suis complètement sous le charme de la façon d'écrire de Justine Niogret mais le manque d'histoire m'a pesée.. je trouve ça bien dommage parce que je n'aime pas ressentir ce sentiment mitigé à la sortie d'une lecture alors que j'apprécie la plume d'un auteur
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BlackWolf
11 septembre 2013
En Résumé : J'ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui vient nous proposer une présentation de Mordred différente de ce qu'on peut voir d'habitude. Une histoire vraiment humaine et intime le tout porté efficacement par l'univers moyenâgeux dont on ressent bien la passion de l'auteur. le personnage de Mordred est vraiment intéressant et attachant. Mais voilà le côté cour du livre dessert un peu le récit, l'auteur ne se consacrant que sur 4-5 souvenirs du héros et surtout les relations entre les différents personnages ont du mal à s'épanouir. La plume de l'auteur est vraiment soignée, dense et complexe et colle parfaitement à cette histoire pleine de silence et de zones d'ombres. Je lirai de nouveau avec grand plaisir les prochains romans de l'auteur.
Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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MarieC
06 février 2014
Justine Niogret, c'est un souffle, une voix... Pour chacun de ses romans, tout tient dans le style et l'ambiance qui lui sont propres, entre violence et onirisme cruauté laide et tendresse, réalisme et non-dit. le lecteur adhère et adore (c'est mon cas) ou le livre lui tombe des mains, car en dehors de cette écriture sublime et de ces personnages si forts et ténus à la fois, il n'y a pas grand chose... En ce sens, Mordred se situe dans la parfaite lignée des précédents livres de Justine Niogret. Mais à mon avis, il est encore plus réussi que les suivants, avec deux atouts : sa brièveté, qui s'accorde parfaitement au personnage taiseux et prédestiné qu'il décrit, et le fait qu'il s'appuie sur une histoire déjà connue. le personnage de Mordred s'enrichit ainsi des références aux romans de la Table Ronde que le lecteur a pu lire ultérieurement. Arthur, Morgause et Mordred prennent ainsi une dimension supplémentaire, celle de leur légende, et des diverses interprétations qu'ils ont suscité. Les ellipses du récit de Justine Niogret sont partiellement comblées, de la manière dont le lecteur le construit...
Contrairement à d'autres lecteurs de Babelio, j'ai perçu dans ce roman une tendresse et un optimisme absent des précédents romans. L'amour de Mordred pour la nature, les plantes, la rivière de son enfance et pour sa mère illuminent la plus grande partie du livre.
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Les critiques presse (2)
Culturebox10 février 2014
La romancière porte un nouveau regard sur la mort d'Arthur et de Mordred que la légende affirme être tombés sous les coups l'un de l'autre lors de la bataille de Camlaan.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Elbakin.net23 août 2013
Et si vous parvenez à vous laisser emporter par cette lente marée douce-amère, vous découvrirez un roman à la hauteur des précédents ouvrages de son auteur et qui mérite incontestablement que l’on s’y attarde, rentrée ou pas !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
lyokolyoko05 novembre 2016
Un corps qui semblait dur et empli de tendons, fort et sec, mais un ventre qui trahassait son âge ; et l'enfant se dit sans aucune pitié, puisque lui-même ne s'était jamais imaginé plus vieux que maintenant, que c'était la le ventre d'un guerrier fatigué. De même, il se tenait les épaules lourdes, et il faudrait encore des années à Mordred pour comprendre qu'on porte avec soi une part de sa vie, des choses dont on ne sait se débarrasser; et même lorsqu'on y parvient, on soutient le poids du travail accompli, et du deuil, et des quêtes perdues et du mal que l'on a fait sans le vouloir.
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Relax67Relax6707 novembre 2016
De derrière la maison, un homme arriva en renouant la cordelette de son pantalon. Il se figea en apercevant Mordred, et le petit garçon se durcit lui aussi. Il comprit sans en avoir jamais rencontré que c'était un garde. Sans doute à cause du regard de l'homme. Celui de tous ceux qui font ce métier, ceux qui voient et ne parlent pas, ceux qui sont témoins mais n'existent pas.
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Relax67Relax6709 novembre 2016
Les seules choses ayant une existence, en cette petite aube, étaient le calme de la nuit pas encore finie, le silence des couloirs et des pièces autour de la chambre du chevalier. Le vent, dehors, peut-être; jouant pendant que personne ne le regarde. Une tranquillité d'oiseau qui a froid, qui attend caché sous les branches que la pluie cesse. Mordred savait que le rêve n'avait aucune importance. Dehors, il faisait noir. Il faisait noir, et le matin à venir dirait si le chevalier allait mourir.
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lyokolyoko07 novembre 2016
Et Mordred lui aussi se rendit compte qu'il se sentait trahi par cette douleur qui le rongeait, cette tristesse de la chair, il haïssait d'avoir compris enfin ce que disait les prêtres à propos de la viande du corps, à peine alouée quelques instants à l'humain ; promise à la mort, à la déchéance ; à peine sortie du ventre, elle pourrissait déjà. Sac de viande abritant les pensées, l'espace d'un lent battement de coeur. Rien. Le corps ne servait à rien . On le pensait, on le croyait en imbécile; on le trouvait beau, agréable, on osait s'en vanter, le voir en vaisseau porteur de joie, et un jour il cassait, et il se révélait vain et creux autant qu'une conque, qu'un cor de guerre ; seul le souffle l'anime, et sa structure n'est qu'un cadavre.
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Relax67Relax6705 novembre 2016
- Combien de temps, maintenant ?
Il voulait dire "depuis la blessure". Mordred avait appris à compléter ces vides, ces mots manquants. Tout comme l'histoire du chevalier faisant sous lui avait été dite pour consoler Mordred d'avoir pissé au lit deux fois, trop fatigué pour que son corps jugeât bon de le réveiller malgré l'envie.
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