> Jean-Paul Sartre (Préfacier, etc.)

ISBN : 2707137510
Éditeur : La Découverte (2002)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
"J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde." Paul Nizan a ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    "J'avais vingt ans. Je ne laisserais personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. "
    Vous avez déjà surement entendu cette citation célèbre : il s'agit de l'incipit du texte de Paul Nizan, Aden Arabie, paru en 1931 et beaucoup moins connu.
    Paul Nizan est né en 1905 et fait la connaissance de Sartre au lycée Henri IV. En 1926, il part à Aden, au Yémen pour devenir précepteur. A son retour, en 1927, il adhère au parti communiste. En 1939, à la suite du pacte germano-soviétique qu'il voit comme une alliance entre nazis et communistes, il rompt avec le parti. C'est en 1940 qu'il tombera à la guerre.
    Si je vous raconte tout ça, c'est parce que, suite à sa rupture avec le PCF, s'est ensuivit une campagne discriminatoire sur sa personne et qu'il fut peu à peu oublié. C'est la réédition de l'ouvrage en 1960, préfacé par Sartre, qui permettra de le réhabiliter aux yeux du grand public. Et c'est cette même édition qu'on trouve encore aujourd'hui.
    La préface de Sartre fait quand même une cinquantaine de pages que j'ai allègrement sauté après les premières !
    Je dois dire qu'il va m'être très difficile de parler de ce livre que je n'ai pas complètement compris...
    Nizan y relate son voyage à Aden mais on ne se trouve pas face à un récit de voyage...
    Il commence tout d'abord par dresser un portrait particulièrement dur sur ses contemporains occidentaux et n'hésite à donner des sentences sans appel sur la fameuse Ecole Normale.
    " Il ne resta plus que l'Ecole Normale, objet comique et plus souvent odieux, présidée par un petit vieillard patriote, hypocrite et puissant qui respectait les militaires."
    " On y dresse une partie de cette troupe orgueilleuse de magiciens que ceux qui apeint pour la former nomment l'Elite et qui a pour mission de maintenir le peuple dans le chemin de la complaisance et du respect, vertus qui sont le Bien. "
    Il décide de partir pour Aden pour fuir la petite bourgeoisie, son confort et son conformisme qu'il abhore au plus haut point. Une fuite qui peu à peu se changera en révolte contre le devoir et la patrie. Nizan fait partie de la génération de l'après-première guerre mondiale qui reprochera à ses ainés de n'avoir pu empêcher une telle guerre. Une époque faite de vide qui verra les débuts d'une industrialisation galopante. Nizan rêve aux voyages de ses prédécesseurs, Rimbaud, Gauguin et autres artistes. Il attend de l'aventure.
    Mais sa désillusion va être grande : Aden est sous protectorat britannique et
    Il y retrouvera les vendeurs de pétrole et de café et les hommes d'affaires qu'il exècre. Comme en Europe, c'est la loi du profit qui règne. le portrait d'un certain Mr C. est, à ce titre, édifiant :
    " le passé dont il tirait une excessive fierté se réduisait au nombre de lakhs de roupies dont pouvait le créditer la National Bank of India "
    L'argent fait la loi et conditionne la vie des locaux qui vivent sous l'influence coloniale
    C'est écoeuré qu'il rentre à Paris et complètement désabusé sur l'utilité des voyages.
    " Avais-je besoin d'aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris ".
    Il conclut en déclarant qu'il faut combattre le capitalisme et l'esprit petit-bourgeois, à sa source même.
    Il oppose le monde des producteurs et des ouvriers à celui des capitalistes et condammne " l'Homo Economicus".
    Vu comme ça, le texte parait facile. Sachez qu'il n'en est rien !
    Nizan part dans de grandes envolées philosophiques et utilise de nombreuses métaphores qui perde complètement le lecteur non préparé à un tel texte et au contexte historique dans lequel il a été écrit.
    On y trouvera aussi de très beaux passages pleins de poésie mais parfaitement obscurs.
    On ne s'étonnera pas non plus d'y trouver une ou deux remarques, quelque peu antisémite, époque oblige.
    " Mais les bourgeois produisent et possèdent abstraitement. Comme il y a beau temps qu'ils ont hérité d'Israël, ils passent la vie à prêter à intérêt . "
    Je dois dire que ma lecture a été très très pénible et que j'ai failli abandonner en cours de route.
    Mal préparée et ne m'attendant pas à un tel pamphlet, je n'ai absolument pas adhéré à son écriture que j'ai trouvé confuse, décousue et très abstraite.
    Malgré tout, il faut reconnaitre que c'est un livre fort pour l'époque et dans lequel on pourrait tirer certaines sentences encore valables aujourd'hui. Pourtant le texte a vieilli et est devenu difficile d'accès pour les lecteurs d'aujourd'hui.
    Aden Arabie reste pourtant le cri d'un homme révolté contre un monde dans lequel il ne se reconnait pas, un monde dirigé par les enjeux économiques et les intérêts coloniaux. Symbole d'une jeunesse désanchanté, Nizan déteste le monde sur lequel il porte un regard très pessimiste.
    " Il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien. Celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée. "
    On pourra constater qu'il se rapproche un tant soit peu de Rimbaud dont le parccours offre quelques similitudes.
    Contente de l'avoir lu mais je ne le recommande pas tant sa lecture est laborieuse...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-eden-arabie-paul-nizan..
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 17 septembre 2011

    cicou45
    Il est difficile de donner une étiquette précise à cet ouvrage puisqu'il est à la fois pamphlet, récit de voyages et récit autobiographiques. J'ai découvert Paul Nizan tout à fait par hasard lorsque j'étais à l'université et qu'en cours, nous étudions Jean-Paul Sartre. C'est donc l'un de mes professeurs de littérature qui m'a poussé à aller découvrir cet auteur, qu'il m'a décrit comme un grand ami de Sartre.
    Lors de ma lecture à l'époque, je n'ai pas compris toute la puissance de cet ouvrage et ce n'est que des années plus tard, en me remémorant cette lecture et, au vu de ce qui se passe en ce moment dans le monde, que j'en comprends la signification. L'auteur a énormément voyagé, d'où le titre du livre mais pour se rendre finalement compte que le monde n'est pas forcément meilleur ailleurs. Dans cet ouvrage, Paul Nizan ne cache pas ses mots en émettant une virulente critique contre la bourgeoisie avec tout son confort et plus que tout, l'aliénation de l'homme par l'homme. Ce livre a été publié en 1931, à vous de voir si vous trouvez que le monde a beaucoup changé depuis ...En tous cas, moi, je ne le pense malheureusement pas !
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    • Livres 5.00/5
    Par Uzbek, le 20 juillet 2011

    Uzbek
    Voilà un livre à machouiller, à tarabiscutailler, à revenir, à poser, à s'agacer, à revenir.
    Un vrai livre en somme, où, pour une fois, l'autobiographie n'est pas un boulet coulant ( je ne dis cela que parce que c'est devenu une plaie mortelle de ce qui se dit littéraire de nos jours ), mais justel un mode d'écriture pour un esprit qui se confronte au monde, celui des bourgeois, celui de l'aventure de Rimbaud, celui de cet étranger anglais qui croupit et rougit au soleil.
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Citations et extraits

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  • Par cicou45, le 17 septembre 2011

    "Je vais vivre parmi mes ennemis. Constamment, c'est-à-dire non passivement, mais sans laisser le temps m'endormir du bruit paresseux et aimable de son cours, avec patience, attention et colère. Il me faut la vertu qui nous fit le plus constamment défaut, la constance.
    Mais il est plus facile d'être constant avec la guerre qu'avec la poésie, qu'avec une femme. La poésie et les femmes passent, mais la révolution n'est jamais passée."
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  • Par cicou45, le 17 septembre 2011

    "J'avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
    Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde."
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  • Par aleatoire, le 10 mai 2011

    Les évènements ne viennent pas à domicile, les évènements ne sont pas un service public comme le gaz et l'eau. Mais il y a des routes, des ports, des gares, d'autres pays que le chenil quotidien : il suffit un jour de ne pas descendre à sa station de métro.

    A quels jeux employer si tard dans la journée la vacance insolite des mains, la liberté provisoire de la promenade des prisonniers ? Où sont les femmes, où sont les amis introuvables, ces choses aussi simples que l'eau et que le pain?
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  • Par petitours, le 07 janvier 2010

    J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
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