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> Pierre Deshusses (Traducteur)

ISBN : 274275296X
Éditeur : Actes Sud (2004)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Chien est le livre de la plus radicale des ruptures, l'histoire d'un homme qui a rompu les amarres, quitté sa famille, dénoué tout lien amoureux, répudié les valeurs du travail et de l'appartenance civique. Posté à l'angle d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Davjo, le 13 mai 2013

    Davjo
    C'est la vie d'un type retiré de tout, qui a abandonné toute attache sociale, qui s'imagine, posté à son coin de rue qu'on le traite de rebut social, sorte d'épouvantail, un déserteur, quelqu'un qui refuse d'obéir, un meuble oublié. Qui a simplement dévié, parce qu'il connaissait tout d'avance et que le monde connu s'étendait devant lui comme un désert, vivant dans ses pensées, incapable d'obéir à une discipline de vie et de travail, comme les honnêtes gens qu'il voit attachés à des cordes, d'échéances en échéance. Qui a pris des chemins de traverse où il vit une autre vie.
    « Je plongeai dans le mutisme et mes rêveries habituelles. »
    Avec des phrases simples, il parle de sa vie et de ses pensées, la rue, les gens qu'il voit, son passé récent et son enfance (dans un hôtel, dans les jambes des autres, sans père), le tout entremêlé. Et la nostalgie d'un chien. Belles descriptions du mammifère insouciant. C'est fluide, le lecteur s'immerge comme si ce livre vivait dans les pensées du lecteur, une autre vie inventée, au rythme d'une marche contemplative.
    Parfois, Paul Nizon raconte une histoire, ça commence par « J'ai lu dans le journal...» et il revisite une histoire vraie d'êtres en rupture, Jean Paul Romand, Paul Catrain/Catrovitch, le jeune suicidé au pull-over, Drancy ce camp d'internement français et ces faits divers ouvrent des fenêtres dans le flux du récit, des échappées belles auxquelles rêve ce semi-clochard devenu invisible aux créatures féminines.
    Paul Nizon transforme son narrateur en figure universelle. Pour tous ceux qui ont la nostalgie d'un chien, qui ont un chien imaginaire en mémoire.

    Lien : http://killing-ego.blogspot.fr/2013/05/le-chien-miroir-de-lhomme.html
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    • Livres 3.00/5
    Par cicou45, le 23 juillet 2011

    cicou45
    Livre qui devrait plutôt être qualifié d'anti-romanesque avec pour personnage principal un anti-héros. En effet, le protagoniste est un homme solitaire qui a décidé de vivre sans attache, à savoir sans famille, sans amis, sans relation amoureuse et n'appartient à aucune communauté quelle qu'elle soit. Il estime que si l'on intègre dans sa voit n'importe laquelle de ces valeurs qui sont pourtant propres à l'homme, on en devient rapidement esclave et lui, ce qu'il recherche, c'est la liberté. La seule "excentricité" qu'il s'autorise est celle d'adopter un chien. Mais là encore, il se rend compte qu'il fait fausse route car, même avec un animal de compagnie, on n'est pas entièrement seul et ce serait dons se détourner de sa volonté de rompre totalement ses liens avec le monde.
    Mais, peut-on réellement vivre comme cela ? le livre est intéressant pour ça car l'auteur nous fait en fait découvrir sa philosophie de la vie à travers ses réflexions et la vie de bohème que le personnage a décidé de mener. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmanuelleT, le 23 janvier 2012

    EmmanuelleT
    À la recherche de l'essentiel, il a renoncé à tout. Âpre, simplissime, magnifique.

    Lien : http://souslepommierleblogdelecritoire.wordpress.com/2011/08/27/chie..

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Citations et extraits

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  • Par Davjo, le 13 mai 2013

    Il y en a des millions comme moi, rejetés de leur emploi, de leur chez-soi, dans la rue. C'est le siècle des déportations, des exodes, des camps, des nettoyages ethniques, des grandes migrations qui se termine maintenant. Des millions de gens sont le rebut de la société, morituri. Je suis comme eux, et je suis une sorte de simulateur parmi eux - suivre le mouvement. Manifestement, je n'ai jamais eu le vrai goût de la vie et la gravité qui est son corollaire, surtout la persévérance. Je pourrais évoquer les circonstances familiales, défaut dans ma trame. En place d'une maison, d'un enracinement familial : un lieu de passage, un hôtel. Je ne cherche pas d'explication, les choses sont comme elles sont. Simplement, je ne sais pas si elles vont pouvoir continuer. Je suis trop vieux pour la Légion étrangère. Trop indolent pour mener une vie de gangster, trop lâche. (P.102)
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  • Par mandarine43, le 17 mars 2011

    Il [le chien] est parfaitement capable d'alliances et d'attachements, mais la terre natale, il la crée au fur et à mesure autour du groupe auquel il se sent appartenir. Contrairement à ce que prétendent certaines mauvaises langues, il n'est pas lié à un endroit, le chien de ferme attaché à une chaîne est une perversion du chien. Grâce à sa capacité d'amour il n'est lié qu'aux individus. Il est d'ailleurs l'incarnation du désir de liberté.
    Il est la curiosité à l'état brut, toujours à flairer. Il est comme le fil du télégraphe vibrant de tous ces messages inconnus. Quand il court, il invente de petits paysages, des choses jamais vues qu'il me met sous les yeux. J'ai l'impression que je vivais à travers lui, que je me laissais contaminer et pouvais moi-même devenir le conquérant de l'instant. Il était mon avant-garde. Notre passion était le présent. Quand je suis de plain-pied avec le présent, je suis en vie ou bien sur terre, à quoi bon une terre natale - pensais-je à cette époque.
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  • Par fanfanouche24, le 03 septembre 2013

    Dès que j'avais un emploi, je le jouais plus que je ne l'exerçais. Je ne pouvais jamais m'y donner vraiment, j'avais d'emblée l'impression d'être dans des vêtements d'emprunt et de circuler avec de faux papiers. (...) Comme si non seulement je n'avais aucun droit au travail, aucune légitimité, mais aussi aucun droit à l'existence. Et bien vite je partais. Un seul objectif, retrouver la rue et plonger. Il n'y a que dans la rue que je me sentais bien, en transit, enfoncé dans le quotidien des autres. (p.31)
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  • Par Outis, le 24 septembre 2007

    Je ne voyais pas pourquoi il me fallait peiner à l’école, tout comme plus tard je n’eus pas la concentration nécessaire pour faire des études et obéir à une discipline de vie et de travail. Il y avait toujours quelque chose qui me retenait. Je déviais toujours. En fait je n’ai pas fui les mariages et les emplois, j’ai simplement dévié. Je ne pouvais vivre qu’en transit, ou bien entre deux chaises, comme on dit. Dès que j’étais installé dans un appartement ou un emploi, les choses perdaient leur saveur. Je connaissais tout d’avance, et ce monde connu s’étendait devant moi comme un désert. Comme je m’ennuyais !
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  • Par Outis, le 24 septembre 2007

    Dès que j’avais un emploi, je le jouais plus que je l’exerçais. Je ne pouvais jamais m’y donner vraiment, j’avais d’emblée l’impression d’être dans des vêtements d’emprunt et de circuler avec de faux papiers. Est-ce bien moi ? Ou est-ce que je me donne simplement un rôle ? La peur d’être démasqué me taraudait, me rongeait, tant et si bien que je me faisais l’impression d’être un escroc, même si je faisais mon travail au mieux comme tout un chacun. Escroc ? pire encore : comme si non seulement je n’avais aucun droit au travail, aucune légitimité, mais aucun droit à l’existence.
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