ISBN : 2246760313
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
C’est l’histoire d’une passion unique, brûlante, entre deux écrivains, Unica et Roberto. Envoûtante, sensible, tourmentée, Unica a choisi de couper les ponts avec sa famille. Roberto, lui, a fui le Chili sous la dictature de Pinochet. Leurs chemins se croisent dans la B... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Bigmammy, le 14 décembre 2011

    Bigmammy
    Lorette Nobécourt décrit ainsi la trame de son neuvième roman : « Roberto a fui la dictature chilienne, Unica celle de son père. Ils se rencontrent à Barcelone. de leur union nait ce fils, Kola, qui, après le suicide de sa mère, doit affronter les démons historiques et familiaux. Il est aidé par son père, mais aussi par Alejandra, la psychiatre qui a suivi Unica à la fin de sa vie, et avec laquelle Roberto découvre l'amour au-delà des passions. Avec toute l'insolence qui lui est propre, Kola accomplit un retour aux sources susceptible de lui révéler le sens de son destin et le foisonnement du monde. La littérature ne fait rien d'autre. »
    Qu'est-ce qui fait que l'on choisit un roman : le distinguer parmi d'autres sur la table d'un libraire bien achalandé ? Connaître déjà les œuvres antérieures de son auteur, en avoir entendu parler par les critiques ? Parce que sa couverture vous a fait de l'œil et que son résumé vous donne envie ? Un peu tout cela sans doute. Ou parce qu'un ami vous l'a offert. Ce fut le cas de ce roman pour moi, aussi me suis-je donnée l'impératif de le lire jusqu'à son terme, moi qui lis si peu de romans « littéraires » !
    Car l'histoire n'est pas très gaie, à vrai dire. Celle d'un couple d'écrivains chiliens venus en Europe pour diverses raisons. Unica, la mère, est atteinte de troubles bipolaires. Elle en souffre au point de mettre fin à ses jours malgré l'amour qu'elle porte à Roberto, et surtout à son fils Kola qui va sur ses sept ans. le livre commence à ses obsèques. Il Nous emmène ensuite de Barcelone et Abraxas en France, en Italie, dans l'Himalaya puis au Chili enfin, plus précisément en Patagonie. Nous suivons l'itinéraire de cet enfant, pas tout à fait comme les autres en fait, très marqué par l'histoire personnelle de ses parents, de ses grands-parents aussi. Nous entrons dans sa tête – avec ses crises fugaces d'épilepsie – et, avec lui classons tous les personnages qui attirent son attention d'un groupe d'adjectifs : échine/froid/os/trembler, ou encore vif/rousse/blanc.
    La langue de l'écrivain est belle, imagée, s'enroule et se déroule comme une fleur grimpante. C'est ce qui permet d'aller jusqu'au bout. Les descriptions érotiques, nombreuses, émanent d'un point de vue féminin, humide, profond. Ce qui agace trop souvent, ce sont les multiples références littéraires jalonnant le texte : Tarkovski, Yazuki, Debord, Baudouin de Bodinat, j'en oublie. Une façon insupportable de narguer le lecteur inculte qui n'apporte rien au récit.
    Une quête initiatique sur les origines familiales, les secrets d'amours flamboyantes mais inabouties, de destins piétinés, dont le héros central, le jeune Kola, parvient sans doute à s'extraire ….encore que …

    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Matatoune, le 29 décembre 2011

    Matatoune
    Qu'est-ce qui fait qu'on choisit un livre plutôt qu'un autre ?
    En lisant « Grâce leur soit rendue », j'ai su que c'était pour la phrase suivante:
    « Nous allons ouvrir la porte de la chambre, et leur dire au revoir. Dire au revoir à nos morts. Tu cueilleras toutes ces pivoines, c'étaient les fleurs préférées de Térésa, et Nous irons les jeter dans les eaux pour qu'ils rejoignent ce monde auquel ils appartiennent. Et, après Nous ferons une sieste au soleil.»
    C'était, bien, pour cette phrase et d'autres encore nombreuses que j'ai accepté d'entrer dans l'histoire des personnages : Unica, Roberto, Alejandra et Kola et tous les autres.
    L'émotion est venue. Fulgurante mais inéluctable et profondément nécessaire. Mais, avant tout ce roman Nous parle de littérature.
    Car la « sale besogne » d'écrivain, comme la désigne Lorette NOBECOURT, Nous relie plus sûrement à la vie que la vie elle-même : on s'y plonge, sans comprendre pourquoi on reste accrochée.
    Littéralement piégée par le récit de ces trois générations où l'enfant d'Unica et de Roberto, Kola, essaye de relier les fils de son histoire pour s'en détacher et réinventer son destin.
    La syntaxe est ici si intense et si poétique qu'elle souligne ce désir et cette liberté incroyablement constante tout au long du récit.
    C'est donc le récit d'une transmission réussie où les morts et la folie seront pulvérisés par cette ode à la vie.
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 12 octobre 2011
    De son expérience personnelle de femme décalée, tenace, éperdue d'absolu et assaillie d'angoisses, elle a su tisser un roman vibrant, en prise sur son temps, traquant le vide béant pour s'y nicher et résister. Comme toujours, ses livres se lisent le crayon en main, la joie au cœur, à l'affût des sentences dont elle a le secret, d'une vérité poétique et tranchante.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 13 octobre 2011

    Il n'y a rien de plus extraordinaire pour un auteur que la sensation d'avoir été lu à la mesure de ce qu'il a été tenté d'écrire. Y compris dans ses maladresses. C'est un événement compliqué, rare et précieux. De l'ordre de la communion.
    (...)
    Le verbe se paie comptant, et c'est sa propre vie qu'il convient de mettre sur la table, la seule monnaie d'échange qui vaille en ce type de contrat. Ce n'est pas propre d'écrire, ni doux, parce que la liberté n'est jamais douce. C'est une sale besogne, difficile, nécessaire et parfois sublime. p 94-95
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  • Par nadejda, le 13 octobre 2011

    --- Que pensez-vous du qualificatif de "mystique" que l'on vous attribue parfois ?
    --- Si l'on prend la plus simple définition du mot : "qui a un sens caché", je me reconnais entièrement dans cette appellation. Le langage porte sa part de mystère que nous avons le devoir de dévoiler. Notre vie est un texte qu'il nous revient d'interpréter. C'est le devoir magnifique de chaque homme. Nous sommes les rabbins de notre propre Torah. En ce sens, je suis mystique et c'est là, me semble-t-il l'état naturel de l'homme. p 93
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  • Par nadejda, le 13 octobre 2011

    Unica était née pour la lumière, mais elle en a été exilée. Unica était née pour l'absolu, mais est-ce que l'absolu est une part de ce monde ? Avec elle j'ai cru en l'espérance, avec elle j'ai cru en l'infini. Et j'ai appris qu'il faut peut-être plus de courage pour vivre que pour mourir. "J'appelle Christ, me disait-elle, j'appelle Christ, cette puissance de chaque individu à être un homme aussi bien qu'un dieu." p 19
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  • Par nadejda, le 13 octobre 2011

    Mais qu'est-ce que c'est Kola, une sacrée vie, sinon toutes ces douleurs sourdes et fières que même le silence ne peut dire, que l'on finit peut-être par appeler l'expérience, et qui n'est rien d'autre qu'une accumulation extravagante de pertes et de chagrins... p 434
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  • Par nadejda, le 13 octobre 2011

    Incipit
    --- Il faut bien que certains prennent en charge l'ombre du monde, sans quoi le monde deviendrait encore plus fou et plus malade qu'il ne l'est...
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