(édition numérique)
Longtemps que Bernard Noël, pour nous tous, est un repère essentiel pour ce qui est du lien en acte de la littérature à la politique et la société. D’une approche fondée sur Bataille et Blanchot, le geste libre de la littérature comme déni à t... > voir plus
Dans l’univers de la communication, tous les mots sont piégés à commencer par le mot « communication» lui-même qui, il n’y a pas si longtemps, désignait la meilleure part de la relation entre les humains : il s‘auréolait ainsi d’un caractère sacré alors qu’il nomme désormais un espace d’échange où comptent seulement la propagande et le commerce.
Dans ce monde sans mémoire où la perspective a sombré dans le perpétuel présent, quelque chose de très ancien est en cours d’inversion. Cela portait autrefois le nom de « destin » et désignait l’influence faste ou néfaste de forces supérieures, indépendantes du pouvoir temporel comme du pouvoir religieux
Le mépris de la misère crée un désespoir sans doute propice à la révolution, mais c’est un piège pour la raison que le désespoir est explosif et non pas révolutionnaire : il prépare une jacquerie facile à réprimer et qui, finalement, servir l'oppression.
’information s’efface dans sa compréhension alors que l’œuvre ne se contente jamais d’être comprise parce qu’elle exige sa re-création. Et la re-création est, bien entendu, le contraire de la consommation, qui exige quant à elle l’épuisement constant de ses produits. L’idée même de consommation culturelle est donc une aberration car tout ce qui est essentiel dans la culture est inépuisable.
L’immatériel est l’envers du spirituel comme l’information est l’envers de l’œuvre de l’esprit :leur utilité les épuise alors que l’inutilité des œuvres sans cesse en recharge le sens
Bernard Noël Une expérience Bernard Noël Une exprérience - Où Bernard Noël se souvient d'une expérience intriguante, avoir vu, dans un état second, un "mûr de mots" dont la lecture éloignait la douleur et se rappelle de René Daumal et son livre "Une expérience fondamentale", à Paris, le 21 avril 2011