Mon premier plaisir de la rentrée littéraire est en général de m’offrir, puis de lire le dernier Amélie Nothomb.
Elle publie avec une telle régularité que je sais qu’avant même la rentrée des classes, j’aurai pu me délecter de sa prose. Un petit plaisir simple et qui possède en prime la douceur de ces ultimes fruits de l’été gorgés de soleil.
« Le voyage d’hiver » se savoure car c’est un plaisir éphémère que de le découvrir même si par la suite, on peut toujours le reconquérir. Cependant, la première fois reste magique.
Fidèle à elle-même, Amélie Nothomb raconte ici l’histoire d’un jeune homme passionné de philologie devenu agent EDF. Au cours d’une intervention, il fait la rencontre d’une écrivaine, Aliénor et de sa colocataire, Astrolabe.
Tombant amoureux de la seconde, il sait qu’en préparant un coup d’éclat, il arrivera peut-être à la séduire.
Plume incisive, humour débordant, l’auteure, une fois de plus, déploie dans ce récit les richesses de son imagination
Une nouvelle rentrée littéraire, un nouveau Nothomb, une nouvelle déception. L’antienne est malheureusement encore valable cette année avec "Le voyage d’hiver" : le récit d’un homme, Zoïle, amoureux au désespoir et sur le point de détourner un avion.
Les éléments de narration typiques de l’auteure sont toujours là : des prénoms étranges et évocateurs, des relations humaines singulières, la dualité des personnages, une écriture légère et fluide organisée en chapitres courts... et pourtant la magie ne fait plus effet. Un peu trop de déjà vu et un cruel manque de relief se conjuguent pour rendre l’ensemble insipide.
Amélie Nothomb est un écrivain qu'on aime pour sa capacité à transmettre beaucoup en peu de pages ou qu'on déteste pour ce qui fait penser à de la fainéantise ou un simple manque de talent.
Mais ce qui est sûr c'est que de ses romans, on ne sort jamais complètement indemne.
"Le Voyage d'hiver" n'est certes pas le meilleur des opus nothombiens mais je l'ai préféré au "Fait du prince", sans doute en partie car l'auteur y glisse quelques réflexions sur l'écriture et la lecture.
Dans les aéroports, quand je passe à la fouille, je m’énerve, comme tout le monde. Il n’est jamais arrivé que je ne déclenche pas le fameux bip. Du coup, j’ai toujours droit au grand jeu, des mains d’hommes me palpent de la tête aux pieds. Un jour, je n’ai pas pu m’empêcher de leur dire : « Vous croyez vraiment que je veux faire exploser l’avion ? »
Mauvaise idée : ils m’ont forcé à me déshabiller. Ces gens n’ont pas d’humour.
Aujourd’hui, je passe à la fouille et je m’énerve. Je sais que je vais déclencher le fameux bip et que des mains d’hommes vont me palper de la tête aux pieds.
Or je vais vraiment faire exploser l’avion de 13h30.
Tomber amoureux l'hiver n'est pas une bonne idée. Les symptômes sont plus sublimes et plus douloureux. La lumière parfaite du froid encourage la délectation morose de l'attente.
Le frisson exalte la fébrilité. Qui s'éprend à la Sainte-Luce encourt trois mois de tremblements pathologiques. p.63
Il n'y a pas d'échec amoureux. C'est une contradiction dans les termes. Eprouver l'amour est déjà un tel triomphe que l'on pourrait se demander pourquoi l'on veut davantage. p.56