Mon 1er Nothomb...
Dès les premières pages j'ai su que quoi qu'il adviendrait, ça ne serait pas le dernier. J'ai découvert un style d'écriture bien particulier et très plaisant. de l'ironie, de la surprise là où on ne s'y attend pas, même si Nothomb a une certaine réputation qui la précède... bien entendu.
Pour ce qui est du livre... court... 130 pages environ mais pas de déception pour autant, je décrirais ce livre comme un récit original et "intelligent" sur un sujet finalement vu, vu et revu (ou lu, lu et relu), ce qui expliquerait peut-être la déception de certains lecteurs, adeptes de l'univers nothombien.
Donc l'histoire, finalement, n'est "qu'une" histoire d'amour...
Bref un amour impossible, entre un homme un peu trop conscient et une femme un peu trop morte... oui je l'ai trouvé molle cette Astrolabe, peut-être même plus que la "neuneu" d'écrivain: Aliénor.
Je m'explique :
on a d'un côté Zoïle, un homme qui ne doit pas être complètement idiot et qui fait preuve d'un minimum de conscience dans un monde où la plupart des gens en sont dénués mais un homme qui pour tenter de survivre dans ce monde, devient finalement lui-même le cliché de l'incompris, de l'éternel insatisfait complètement perché qui tombe amoureux de l'idée qu'il se fait de l'Amour et qui se rue donc vers l'échec quoi qu'il arrive.
de l'autre côté, on a Aliénor, une écrivain douée, goinfre à souhait qui est autiste et donc peu bavarde mais très observatrice dont la vie est intimement liée à celle d'Astrolabe, la scribe des temps modernes, toute entière dévouée à l'artiste, toute entière dévouée à une vie qui ne lui appartient pas et tellement heureuse de contribuer... de simplement contribuer à quelque chose qui s'approche de l'esquisse d'un accomplissement.
La belle et la bête d'un côté et le fou de l'autre.
Zoïle craque pour la belle Astrolabe, femme un peu creuse mais pleine de potentiel.
Oui... j'ai vu dans ses yeux à elle, une tristesse qui m'a conquise, j'ai vu dans ses yeux un dévouement qui allait au-delà du "simple" don de soi.
Astrolabe m'est apparue bien plus comme l'autiste de l'histoire qu'Aliénor, de par son discours, son attitudes et son regard sur le monde.
Astrolabe... ou une femme qui devrait se chercher mais qui a renoncé, une femme qui s'est trouvé une place et qui compte la garder quoi qu'il lui en coûte, de peur de déborder, de ne pas bien faire, de ne pas savoir agir autrement que comme elle le fait déjà.
La saison choisie par l'auteur se révèle parfaite, chaque personnage reste figé dans ses décisions et dans son rôle.
C'est comme si en entrant dans le livre on entrait dans une reconstitution... ce qui est le cas mais d'habitude quand un livre nous fait entrer dans ce type de récit, lors du flash back il nous intègre à l'histoire, nous y plonge entièrement afin que l'on vive et découvre avec les personnages ce qui se passe dans le passé en le vivant au présent...
Or dans ce livre, la sensation de reconstitution des événements est permanente et donne une ambiance bien particulière au récit, comme si nous étions face à des statues de glace qui s'animeraient un instant pour l'illusion puis retourneraient à l'immobilité.
Comme si tout n'était qu'un mirage, comme si tout n'était que le film de sa vie...
Oui, car Zoïle est déçu par Astrolabe donc il va détourner un avion et le faire s'écraser en plein Paris...
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