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ISBN : 2253152846
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.48/5 (sur 1928 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Il existe des êtres qui ne subissent pas la loi de l'évolution. Ce sont les légumes cliniques", ou des tubes par où circule seule la nourriture. Ces tubes ne sont pas pour autant sans cervelle puisqu'il arrive que celle-ci, suite à un "accident... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par seshat123, le 06 septembre 2012

    seshat123
    Comment parler d'Amélie Nothomb ? Je vous propose une petite critique légère car il met d'humeur guillerette ce roman – cela ne peut le desservir, n'est-ce pas ?- et nada sur l'éveil de la conscience chez l'enfant et tout le tintouin je n'en ai pas envie...
    Ah les romans de Miss Nothomb... Il est impossible de ne pas reconnaître dès les premières lignes son écriture au style inimitable, sa folie inspirée et délicieusement déroutante, sa plume efficace, sa narration légère et rafraîchissante. En fait, la question est toujours la même : est-ce un bon cru ou non ? Je dirais que celui-ci n'est pas mauvais du tout.
    « Métaphysique des tubes » est un roman court (OK je ne vous apprends rien, c'est juste comme d'habitude) sur les trois premières années de la vie de l'auteure. Le récit se déroule au Japon où le père d'Amélie Nothomb est consul.
    Voilà pour le pitch.
    Vous froncez les sourcils : les trois premières années de sa vie ? Mais quels souvenirs peut-elle en avoir ?! Vous, vous ne vous rappelez de rien ? Clairement n'est pas Amélie Nothomb qui veut !! Cette enfant là n'est-elle pas divine ?
    À vrai dire, sa petite enfance reste surtout parfaitement fidèle au personnage : incontestablement dingue, déjantée, décalée et son récit est surprenant, amusant, vif...
    Dans ce roman, tout commence avec un tube et Dieu (rien que cela!). Puis le lecteur rencontre un des personnages les plus importants : le chocolat belge. Non, non, non, et non ! Ce n'est pas la gourmandise qui parle pour moi, le chocolat est crucial dans cette histoire, tout repose sur lui : sans lui, pas de livre, pas d'Amélie Nothomb. Juste un légume, d'une espèce inconnue car non précisée par l'auteure.
    Et tout se termine avec 3 carpes puisque «  ensuite, il ne s'est plus rien passé. »
    Comment cela ? Vous ne comprenez rien ??
    Et si je vous liste les autres héros du livre : des litres et des litres d'eau, salée ou pas, un aspirateur, un chanteur de Nô, Tintin, un égoutier, quelques exquis cadavres démembrés, Jésus, Marie, Joseph... Alors ? Cela ne vous aide pas non plus ?
    Vous avez sans doute deviné tout seul ce qu'il vous reste à faire : lisez le roman ! Tout ce délicieux délire vous sera expliqué par a plus b et ce pour votre plus grand plaisir.
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    • Livres 3.00/5
    Par TCHITAT92, le 16 octobre 2014

    TCHITAT92
    Deuxième immersion dans l'univers d'Amélie Nothomb, après "Le Sabotage amoureux".
    La thématique m'interpelle, une autobiographie d'un bébé, voilà un concept hors du commun, et bien mené, dois-je dire, sur le plan stylistique. Les phrases se font plus courtes, plus incisives, le lexique moins élevé, bravo, c'est une performance littéraire.
    Sur un plan plus personnel, bien que très admiratrice de l'écrivaine Amélie, un génie pour moi, d'une culture et d'un style unique, je n'adhère que modérément à sa personnalité. Sans doute devrais-je prendre au second degré ce narcissisme et cette prétention sous-jacents qui débordent de ses romans (pour la plupart très proches de l'autobiographie), mais je ne peux m'empêcher de penser qu'un tel nombrilisme affiché n'est peut-être pas que de façade, ce qui me met quelque peu mal à l'aise face à son œuvre. Bien sûr, il y a de l'autodérision, de l'humour, mais au bout du compte, l'idée qu'elle donne d'elle-même est toujours celle de quelqu'un de supérieur, au-dessus de la masse, consciente de l'être et revendiquant cet état de fait. Ce qu'elle est, bien sûr, incontestablement.
    D'un autre côté, me voilà audacieuse d'oser porter un jugement après deux lectures, c'est pourquoi je m'en vais de ce pas me plonger dans un autre de ces romans, afin d'affiner mon opinion, qui n'engage que moi, il est vrai.
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    • Livres 4.00/5
    Par comtesseoboulof, le 01 avril 2012

    comtesseoboulof
    La voici ma véritable rencontre avec Amélie Nothomb!
    Merci à vous tous de m'avoir poussé à lire « Métaphysique des tubes », c'est drôle et brillant.
    J'ai les yeux fixés sur la couverture de ce poche et je me dis quel terrible enfant ! Car enfin elle est terrible cette petite Amélie avec ce regard qui vous transperce et cet esprit qui vous stupéfie.
    De l'inertie , pouvoir du tube nourrisson, aux cris, colère divine contre l'incapacité encore de parler, ce bambin est une énigme pour son entourage jusqu'à la découverte de la volupté par un chocolat blanc belge, qui à deux ans et demi le connecte enfin au monde.
    « A quoi bon se rappeler ce qui n'est pas lié au plaisir? le souvenir est l'un des alliés les plus indispensables de la volupté. »

    Et la suite est encore plus jubilatoire, l'apparent enfant modèle, développe une pensée surpuissante, choisissant jusqu'à son appartenance « je serais japonaise » , triomphant de son statut d'enfant roi auprès de sa nourrice , régnant même sur les éléments naturels, choisissant chaque nouveau mot à offrir à son entourage.
    Désopilant, extrêmement pertinent, le passage sur le cadeau espéré pour ses trois ans (un pachyderme en peluche qu'elle appellerait éléphant) qui se transforme en trois carpes monstrueuses à la bouche écœurante rappelle à tous ces moments de dégoût enfantin qui vous trouble toute une vie.
    « Dix ans plus tard, en apprenant le latin, je tombais sur cette phrase : Carpe diem.
    Avant que mon cerveau ait pu l'analyser, un vieil instinct en moi avait déjà traduit : « une carpe par jour ». Adage dégueulasse s'il en fut, qui résumait mon calvaire d'antan. »

    Me voilà connecté au phénomène Nothomb.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 07 décembre 2012

    Corboland78
    Amélie Nothomb, née en 1967 à Kōbe au Japon, est une écrivaine belge francophone. Elle partage sa vie entre la France et la Belgique. Publié en 2000, Métaphysique Des Tubes est son huitième roman.
    Dans ce livre autobiographique Amélie Nothomb nous raconte les trois premières années de sa vie qui se déroulèrent au Japon, pays d'affectation temporaire pour son père diplomate. le roman débute par des considérations sur la nature de Dieu qui ne serait qu'une sorte de tube digestif et il se termine par une constatation réduisant les carpes à de simples tubes digestifs elles aussi, ce qui boucle joliment la boucle.
    Entre ces deux extrémités, Amélie Nothomb nous raconte sa courte vie à peine débutée, au passage on pourra s'étonner qu'elle soit aussi chargée mais surtout qu'elle en ait autant de souvenirs si précis. Mais qu'importe, il s'agit d'un roman, donc l'imagination de l'écrivain a toute liberté pour s'exercer à construire à partir d'éléments vécus.
    Troisième enfant de la famille avec un frère et une sœur, Nothomb se peint comme un enfant roi/dieu qui à peine entré dans le cercle familial en régente la vie. Nous avons alors droit à de savoureuses pages ironiques sur la relation entre parents et nouveau-né dont l'auteure se sert pour élargir sa réflexion. La découverte de la parole par l'enfant l'amenant à en déduire que ce qui n'est pas nommé, n'existe pas. Là encore, Amélie Nothomb se mettant dans sa propre peau de bébé, nous fait profiter de ses réflexions ou découvertes du monde qui l'entoure et c'est toujours très drôle car le poulot est particulièrement futé pour son âge. le contraste entre les sujets abordés par le roman, pensées sur la vie, la mort ou les rapports entre les hommes, et l'âge de celle qui en est à l'origine, créé des situations cocasses et fort amusantes.
    Au fil des pages nous ferons aussi plus ample connaissance avec sa famille, parents dont le père consul chante le nô, André son frère, Juliette sa sœur, grand-mère venue de Belgique pour un court séjour et qui réussira à la faire parler à deux ans et demi seulement, grâce à un morceau de chocolat blanc, et surtout sa gouvernante japonaise Nishio-san avec laquelle elle nouera une affection profonde et durable.
    Bien entendu Amélie Nothomb nous livre quelques passages sur la vie au Japon. Des cerisiers en fleurs aux carpes en passant par l'art du nô, nous touchons de loin l'âme japonaise, mais une fois encore je constate que l'auteure ne s'appesantit pas. Nul ne contestera sa connaissance du pays – elle en parle la langue d'ailleurs – mais jamais je n'ai lu sous sa plume quelque chose de réellement profond sur cette nation.
    Une fois encore, on retrouve le style si plaisant d'Amélie Nothomb. Une écriture simple faite de phrases courtes qui ne cherchent pas à en mettre plein la vue, avec un humour sous-jacent très pince-sans-rire, ce qui n'empêche pas de glisser dans le texte quelques remarques pertinentes. Un bouquin très agréable à lire, c'est une évidence.
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    • Livres 1.00/5
    Par carre, le 11 mars 2012

    carre
    L'auteur le plus prolifique de la littérature française, (belge pardon), puisque à chaque rentrée le Nothomb nouveau est dans les meilleurs ventes. Et bien, chers amis, un conseil si vous voulez découvrir cet auteur au demeurant charmante, passez votre chemin avec ce "Métaphysique des tubes" car il est aussi passionnant qu'un magasine people, tout est râté, à pleurer par tant de philosophie à deux balles. On déguste certe, mais pas comme on l'imaginait.
    Pas si grave, sa bibliographie étant bien au dessus de ce roman.
    D'habitude je suis plutôt preneur.
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Citations et extraits

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  • Par vanillabricot, le 27 août 2008

    Il existe depuis très longtemps une immense secte d'imbéciles qui oppose sensualité et intelligence. C'est un cercle vicieux: ils se privent de volupté pour exalter leurs capacités intellectuelles, ce qui a pour résultat de les appauvrir. Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur conviction d'être brillants - car on n'a rien trouvé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
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  • Par leluez, le 11 novembre 2013

    Il existe depuis très longtemps une immense secte d’imbéciles qui opposent sensualité et intelligence. C’est un cercle vicieux : ils se privent de volupté pour exalter leurs capacités intellectuelles, ce qui a pour résultat de les appauvrir. Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur conviction d’être brillants – car on n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
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  • Par x-Kah-mi, le 18 décembre 2010

    - Mais non, tu ne mourras pas.
    En effet: je mourais déjà. Je venais d'apprendre cette nouvelle horrible que tout humain apprend un jour ou l'autre: ce que tu aimes, tu vas le perdre. "ce qui t'a été donné te sera repris": c'est ainsi que je me formulai le désastre qui allait être le leitmotiv de mon enfance, de mon adolescence et des péripéties subséquentes. "Ce qui t'a été donné te sera repris": ta vie entière sera rythmée par le deuil.
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  • Par leluez, le 08 novembre 2013

    En vérité, Dieu était l’incarnation de la force d’inertie – la plus forte des forces. La plus paradoxale des forces, aussi : quoi de plus bizarre que cet implacable pouvoir qui émane de ce qui ne bouge pas ? La force d’inertie, c’est la puissance du larvaire. Quand un peuple refuse un progrès facile à mettre en œuvre, quand un véhicule poussé par dix hommes reste sur place, quand un enfant s’avachit devant la télévision pendant des heures, quand une idée dont on a prouvé l’inanité continue à nuire, on découvre, médusé, l’effroyable emprise de l’immobile.
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  • Par TCHITAT92, le 10 octobre 2014

    Sa bouche le trahissait. Il ne doutait pas un instant de sa divinité et s'indignait que ses propres lèvres n'aient pas l'air au courant.
    La mère s'approchait de lui et prononçait des mots simples en articulant très fort :
    - Papa ! Maman !
    Il était furieux qu'elle lui propose d'aussi sottes imitations : ne savait-elle pas à qui elle avait affaire? Le maître du langage, c'était lui. Jamais il ne s'abaisserait à répéter "Maman" et "Papa". A titre de représailles, il hurlait de plus belle et de plus laide.
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