Note moyenne : 2.93/5 (sur 14 notes)
La preuve par le miel10Ajouter à mes livres
La confession intime qui a bouleversé le monde arabe.
Avec humour et volupté, une intellectuelle syrienne met en miroir les textes érotiques de la littérature classique arabe, ses souvenirs personnels et les témoignages qu’elle recueille autour d’elle, da... > voir plus
Salwa al Neimi, une intellectuelle syrienne, se passionne pour les traités érotiques arabes anciens. Elle évoque cette passion secrète, forcément dissimulée, ainsi que ses plaisirs, sa liberté, ses amants. Au-delà de sa propre expérience, elle évoque des témoignages de proches, d'amis et dresse un tableau de la place qu'accordent au sexe les sociétés arabes actuelles. Sujet tabou s'il en est, le sexe n'en est pas moins (omni)présent dans les esprits... Mi-roman, mi-essai, d'une expérience personnelle et de témoigages, Salwa al Neimi tire une analyse de l'importance du sexe dans nos vies. Un livre original, sensuel et impertinent. A découvrir.
Ce court roman (légèrement érotique) est construit comme un recueil de nouvelles : chaque chapitre est relativement indépendant des autres, même s'il y a bien sûr des liens entre eux puisque la narratrice reste la même. Relations sensuelles avec l'amant qui a su éveiller tous ses sens, hammam et parfum de jasmin, confidences intimes entre copines, références à la littérature érotique arabe, parallèle entre vie secrète et vie déclarée (qui vont finir par se rejoindre), la grande curiosité sensuelle de la narratrice...
J'ai beaucoup aimé, c'est très beau, joliment écrit, tout en finesse et plein de métaphores, jamais vulgaire, pas de mots crus sauf quand certains auteurs sont cités, et encore... A découvrir !
Cet ouvrage m'a rappelé l'excellente BD de Marjane Satrapi, "Broderies", où l'on "découvre" que les femmes iraniennes parlent de sexe entre elles, entre générations au sein d'une même famille...
Salwa al Neimi est une poétesse syrienne. Elle vit à Paris depuis le début des années 1970 et a travaillé dans de grandes bibliothèques. Son livre La preuve par le miel a été écrit en arabe. Il s'agit d'un récit mi roman, mi essai, sur la question du sexe dans les sociétés arabes et musulmanes. En partant de ses expériences, de sa façon d'envisager la vie par le corps et non par l'âme, Salwa al Neimi donne de la société arabe une image juste et érudite. Elle propose au lecteur en écho aux diktat imposé par la religion (censure des mots, censure de l'adultère, censure de tout ce qui touche au corps sexué…) un voyage dans la littérature arabe érotique en faisant appel à de grands auteurs : de Tifachi à Ali Ibn Nasr, de al-Samawal Ibn Yahya, à Nasir al-Din al-Toussi… y compris féminin comme El-Alfya dite la Milliaire car elle aurait baisé avec mille hommes… Un récit magnifique, érudit et sensuel.
L'objectif de La preuve par le miel est de replacer la sensualité au coeur de la culture arabe. Tiédeur du hammam, citations prises dans la littérature érotique arabe (peu nombreuses malgré tout), expérience personnelle de la narratrice (somme toute bien banale), viennent illustrer ce que nous savions déjà. Au titre accrocheur ne répond pas une écriture qu'on espérait "sucrée". L'idée était intéressante, le résultat en est décevant.
"Je ne connais pas mon âme ni celle des autres, mais je connais mon corps et je connais leurs corps. Et je m'en satisfais."
"L'amour est pour l'âme, le désir est pour le corps. Je n'ai pas d'âme. (...) Qui désire mon corps m'aime. Qui aime mon corps me désire. C'est le seul amour que je connaisse; le reste est littérature."
"En arabe, sarir est le lit, sir est le secret, deux mots de la même racine. Le désir est secret. Le plaisir est le secret. Le sexe est le secret. Le sexe est le secret des secrets."
Très tôt, j’ai su quel chemin serait le mien, à quel jeu je jouerais. Ce jeu m’amuse, il compose une part de ma vie secrète. Personne ne peut se dire l’organisateur de mes libertés. Ma vie est mienne, et mes secrets aussi.
Je me suis entraînée à cacher aux amants l’amour de l’époux, je l’ai appris de Marguerite Duras. Cacher à l’époux l’amour des amants, je l’ai appris de toutes les femmes.