ISBN : 220506746X
Éditeur : Dargaud (2011)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres

Tous les esclaves ne rêvent pas de liberté. 1830, Afrique noire. Atar Gull, un superbe esclave, est chargé sur le bateau du capitaine Benoît pour être vendu aux Antilles. Son prix est élevé : c est le fils d'un roi, un athl&... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 28 avril 2012

    LiliGalipette
    Bande dessinée d'après le roman d'Eugène Sue. Scénario de Fabien Nury. Dessin de Brüno.
    En Afrique, le conflit entre les petits et les grands Namaquas a pris un nouveau visage avec la traite des noirs. Désormais, la tribu victorieuse livre les vaincus aux blancs qui les embarquent dans des vaisseaux qui partent vers les colonies américaines. Voilà qui fait bien l'affaire des négriers pour qui l'homme noir n'est qu'une marchandise : ils se pensent tellement supérieurs et mieux éduqués, ces avides commerçants : « Ils ont enfin renoncé à manger leurs prisonniers pour pouvoir nous les vendre. » (p. 12) Chez les petits Namaquas, c'est la désolation. Mais Atar Gull, le jeune fils du chef, reste ferme. « Moi, Atar Gull, je ne pleurerai jamais. Jamais. » (p. 4)
    Les années passent. Sur son bateau, le capitaine Benoît ne pense qu'à en finir avec ce commerce immonde pour enfin retrouver son épouse restée en France. Mais alors que ses cales sont pleines de cette précieuse marchandise humaine, son navire est abordé par Brulart, pirate qui veut tirer parti du conflit entre les petits et les grands Namaquas pour remplir doublement ses cales et ses poches. Parmi les esclaves qu'il a volés, il y a Atar Gull, nouveau chef des petits Namaquas. Il est grand, puissant et fier. L'esclavage ne l'avilit pas et il porte sa noblesse avec arrogance.
    La traversée est longue et semée de périls. À l'arrivée à Port-Royal, en Jamaïque, la précieuse cargaison a souffert. « 17. Sur la bonne centaine au départ de l'Afrique. Il était temps qu'on arrive. » (p. 44) Atar Gull et les Namaquas survivants sont vendus à Tom Will, propriétaire de la plantation de Greenview. Les esclaves constituent la dot de sa fille. Sur les terres de Jamaïque, Atar Gull se montre un travailleur exceptionnel et un esclave obéissant. Étonnant de constater comme le chef des Namaquas est devenu docile. Jusqu'au jour où il découvre, pendu à un arbre, son père, l'ancien chef de la tribu, qui avait été capturé des années plus tôt. Atar Gull jure de venger son père et il ne laisse rien se mettre en travers de son projet. Avec l'aide de nègres marrons qui ont fui leurs maîtres, ceux que l'île appelle les « empoisonneurs », il met en œuvre une terrible machination. Son objectif est d'asservir son propre maître. « Maintenant, Tom Will n'a plus que moi au monde… et je souhaite que cela dure. » (p. 73)
    Brulart est une terrifiante figure grise. Les broderies de sa redingote lui font comme un squelette sur la silhouette. Son nez exagérément busqué et son regard à demi fou le placent parmi les monstres. Par quelques brèves incursions dans son passé, on comprend que cet opiomane est presque un mort-vivant, un être retranché du monde. À l'opposé, lui faisant face, se tient Atar Gull. Avec son corps massif, son visage dur, ses pupilles blanches et les marques qui ornent ses joues, le puissant chef des Namaquas est un personnage vivant et magnifique. Mais seule sa haine le maintient en vie. Si on l'en prive, il ne sera qu'une coquille vide et désespérée.
    En camaïeux de bruns et marron, les dessins sont très puissants et montrent des visages très expressifs dans un monde résolument dur et violent. L'image se veut brute et animale. À la fois très sensuelle et très brusque, elle oppose sans cesse les êtres et les choses. Un des contrastes les plus saisissants est celui qui réunit le doux pastel de la robe de l'héritière de la plantation de Greenview à la peau nue, noire et brillante de l'esclave dépossédé de tout, même de lui-même. Dans la première partie qui se déroule en mer, Brüno propose de superbes marines : en version 7° art, ces représentations d'ordinaire très classiques ont quelque chose de particulièrement novateur, avec un dynamisme superbe.
    L'histoire d'Atar Gull est celle d'une haine inexorable et d'une vengeance si patiente qu'elle confine à la folie pour ses deux acteurs. On est bien loin du mythe du bon sauvage qui se civilise au contact de ses maîtres. Ici, le sauvage est brutal et il ne se civilise que pour se venger et pour retourner contre ses bourreaux tous leurs pseudo bienfaits. Je ne sais s'il faut prendre le parti de Tom Will qui perd tout sous les mains meurtrières d'Atar Gull ou s'il faut prendre en pitié l'esclave qui n'avait rien demandé, mais qui, refusant de se soumettre, ferme son cœur à la bonté. le sous-titre est lourd d'ironie tragique. Impossible d'y croire, dès le début. Et la première de couverture de cette superbe bande dessinée donne immédiatement le ton : nous allons rencontrer des êtres terribles, sans pitié.
    Je n'ai pas réussi à trouver le texte d'Eugène Sue que j'ai lu il y a très longtemps. Mais je le recommande au même titre que l'œuvre de Nury et Brüno.
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    • Livres 5.00/5
    Par trust_me, le 26 octobre 2011

    trust_me
    Atar Gull est le fils du roi de la tribu des Petits Namaquas. Enlevé par ses ennemis jurés les Grands Namaquas, il est vendu à un négrier et embarque pour la Jamaïque. En cours de route, le bateau est arraisonné par des pirates et la « cargaison » change de main. Après un voyage épouvantable, seuls 17 des 100 esclaves arrachés à leur terre natale arrivent en vie à bon port. Atar Gull est vendu à Tom Will, un planteur paternaliste qui traite ses esclaves plus « humainement » que nombre de ses confères. Devenant rapidement le serviteur attitré de Will, il l'accompagnera jusqu'à son dernier souffle. Mais sous l'empathie affichée à l'égard de son maître, l'esclave n'aura de cesse de mettre en œuvre une implacable vengeance…
    Atar Gull est l'adaptation d'un roman d'Eugène Sue publié en 1831. Une œuvre d'une violence et d'une modernité incroyable. L'auteur des mystères de Paris offre avec ce roman l'un des ouvrages les plus choquants de son époque. Loin de faire d'Atar Gull le bon sauvage épris de liberté qui, une fois affranchi, accède au paradis après avoir subit les pires tourments, il préfère le transformer en psychopathe prêt à tout pour se venger. Son esclave n'est pas Spartacus, il ne souhaite pas fédérer ses pairs et entrer en rébellion. Tout ce que veut Atar Gull, c'est faire payer à son maître son comportement inhumain. de victime, il va se transformer en bourreau, tuant la fille de Tom Will, empoisonnant ses bêtes et ses esclaves, allant même jusqu'à provoquer la mort de son propre fils pour parvenir à ses fins. Sournois, individualiste, impitoyable, d'une rare intelligence, Atar Gull est un personnage terrifiant. Au bout du compte, il n'y pas grand monde à sauver dans cette histoire. Des chefs de tribu aux négriers, du pirate au maître esclavagiste en passant par les esclaves eux-mêmes, tous les protagonistes sont d'infâmes salauds. Sans doute Sue a-t-il voulu dénoncer avec ce roman le paternalisme, une forme de racisme habillée avec les beaux habits de l'humanisme. Et force est de reconnaître qu'il a frappé fort !
    Avec un tel sujet, difficile de proposer un dessin hyper réaliste qui rendrait l'horreur des situations insupportable. A l'inverse, le choix du franco-belge « gros nez » à l'ancienne aurait été proprement ridicule. Avec le dessin synthétique de Brüno, c'est un parfait compromis qui est trouvé. le découpage, très cinématographique, alterne à merveille les séquences violentes et les pauses quasi contemplatives, en mer ou sur la plantation. Les couleurs crépusculaires, flamboyantes, jouant sans cesse sur le contraste entre ombre et lumière, magnifient l'ensemble. du grand art !
    Atar Gull est un album d'une grande puissance. Violent, sans concession, d'une insondable noirceur (sans jeu de mot !), il coupe le souffle comme un crochet à l'estomac. En matière de BD traitant de l'esclavage, ma référence absolue restait Les passagers du vent. Il me faut aujourd'hui reconnaître qu'Atar Gull fait au moins jeu égal avec le chef d'œuvre de Bourgeon.
    Un dernier mot pour féliciter l'éditeur d'avoir publié cette histoire en un seul volume. L'album est en effet découpé en deux chapitres de 44 pages qu'il aurait été facile de publier en deux tomes à quelques mois d'écart pour avoir davantage de rentabilité. En choisissant le One Shot plutôt que le diptyque, Dargaud respecte le travail des auteurs et offre au lecteur une histoire complète qu'il peut dévorer d'une traite sans avoir à attendre impatiemment la suite et sans passer deux fois à la caisse. C'est suffisamment rare pour être souligné.



    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/10/atar-gull-ou-le-desti..
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 21 mars 2012

    chocobogirl
    Atar Gull est le fils d'un roi africain de la tribu des Petits Namaquas. Mais depuis la nuit des temps, la tribu est en conflit avec celle des Grands Namaquas qui font régulièrement des razzias parmi les hommes du clan pour les revendre en tant qu'esclaves au commandant Benoit. Un jour, c'est au tour d'Atar Gull d'être fait prisonnier. Alors qu'il s'est juré de ne jamais pleurer, cet homme grand et fort adopte une attitude soumise et silencieuse devant le nouveau maître auquel il est vendu. Pourtant, se cache une terrible vengeance dans son cœur.
    Nous sommes au XIXème et l'esclavage bat son plein en Afrique. Atar Gull est une "pièce" de choix et sa force, son impassibilité vont en faire un des favoris de Tom Will, homme à l'attitude paternaliste qui se prend d'affection pour lui. Devenant rapidement son plus serviable serviteur, Atar Gull est devenu indispensable à la bonne marche de la plantation jamaïquaine de ce dernier. Mais quand l'esclave découvre que ce "bon" maître est responsable de la mort de son père, il va tout sacrifier pour assouvir sa vengeance.
    Adapté d'un roman d'Eugène Sue paru en 1831, Atar Gull est une terrible histoire romanesque qui nous plonge dans le sujet de l'esclavage. Loin d'être daté, le propos reste d'une grande force et d'une grande modernité. Car loin des récits d'esclaves qui tendent à regagner leur liberté après des années de servitude, Atar Gull présente un visage bien différent.
    Son personnage surprend par la docilité dont il fait preuve. Esclave d'un maître qui traite ces derniers comme des êtres humains, notre fils de roi est plutôt bien loti. Si le début de sa nouvelle vie se passe plutôt bien (travail pas trop éprouvant, amour naissant avec une femme esclave, confiance du maître), Atar Gull va bientôt montrer un autre visage. Si personne, excepté sa femme, ne se rendra compte du feu qui couve, le lecteur va assister aux nombreuses petites actions de l'esclave qui vont bientôt le mener à des actes bien moins estimables...
    Ainsi, l'ambivalence d'Atar Gull est bien troublante. Si on compatit face à l'horreur de cette vie asservie, on ne peut malgré tout totalement adhérer aux actes secrets de cet homme torturé qui a décidé de sacrifier son propre bonheur afin d'asservir à son tour son propre maître. La chute de cette vengeance est d'ailleurs particulièrement terrible et inattendue, et laisse un goût amer dans la bouche. Elle m'a presque laissée mal à l'aise ou même déçue devant ce gâchis implacable.
    De leur côté, les autres personnages ne sont pas totalement noirs et pas entièrement détestables. L'armateur qui transporte les esclaves est un homme simple qui tente juste de gagner un peu d'argent pour rejoindre sa femme et son fils. Tom Will, le planteur, veille au bien-être de ses esclaves. Finalement, le personnage le plus sombre de cette histoire est l'esclave lui-même avec cette envie de vengeance qui lui dévorera le cœur.
    Première découverte du dessin de Brunö, je dois dire que je me suis rapidement habitué à son trait épais. Les grands aplats de couleurs chaudes laissent une empreinte forte et contrastent avec le dessin anguleux faussement minimal. Tout cela donne une grande modernité à cette histoire datant pourtant de plusieurs siècles et beaucoup de charisme a un personnage qui n'en manque déjà pas.
    Bref, loin d'être un récit attendu et manichéen, Atar Gull surprend par son héros à la volonté implacable, à contre-courant des "gentils" esclaves qui ne méritent que la liberté. Pourtant l'esclavage et les négriers sont bien évidement dénoncés. On notera particulièrement la description réaliste des transports en bateau et des conditions plus que difficiles de ces "sous-hommes" qui ne manqueront pas de faire frémir. Aussi, il est toujours bon de rappeler cette époque révolue (normalement.... quoi que...), de souligner ces actes choquants et de montrer que l'aliénation et la cruauté n'amène que le mal chez l'Homme.
    Atar Gull est vraiment un album puissant scénaristiquement mais aussi graphiquement parlant.
    A ne pas rater donc !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-atar-gull-nury-bruno-9..
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    • Livres 3.00/5
    Par OliZ, le 25 avril 2012

    OliZ
    En pleine traite négrière, dans une contrée qu'on ne connaît pas vraiment, mais qui de toute évidence se trouve quelque part en Afrique noire, deux tribus s'affrontent : les Grands Namaquas et les Petits Namaquas.
    Pendant ce temps là, à quelques milles nautiques, deux capitaines de négriers vont se livrer une lutte à coups de canons pour le contrôle de la route maritime, mais également du commerce et de la marchandise humaine.
    Une lutte qui mettra de nombreuses vies en périls. Nègres, négresses, négrillons, combien y sont restés ?...
    A ma gauche, le capitaine Benoit, homme blanc, brave, bien en chair, connaisseur reconnu dans la traite d'esclave, fidèle et avisé, il tiens la barre du célèbre navire, sa divine « Catherine ».
    A ma droite, le capitaine Brulart, grand et fort, homme noir, autoritaire et sans pitié. Il est à bord de la « Hyène » menant un équipage de bras cassés, prêt à tout pour vendre des nègres.
    Au centre, un navire de guerre, une frégate Anglaise pour contrôler la Traversée.
    Et, au coeur de ce voyage, parmi les siens, enchaînés et traînés dans les soutes d'un navire, soumis à un destin d'esclave à la merci des planteurs d'une Jamaïque coloniale, nous avons, Atar Gull.
    Atar Gull, est plus qu'un article spécial, beaucoup plus qu'une masse de muscle. Son sort de chef des petits Namaquas vaincus, va se transformer. Tel une bête blessée, ce jeune africain va se nourrir tout doucement, presque sagement d'une vengeance secrète, féroce et implacable en vers son acheteur... Tom Will.
    Tom Will a quitté son pays pour aller exploiter une terre colonisée et faire du commerce. L'époque y est propice. Tom Will, est un humaniste qui va se prendre d'affection pour un de ces esclaves, Atar Gull. Mais tous les esclaves ne ressemblent pas à Atar Gull et certains sont "hors d'usage"... A cela, Tom Will, passera outre la moral, pour faire d'une perte, un profit, sur le supplice d'un vieil esclave. L'acte de trop...
    Atar Gull, est un homme et un nègre.
    Il ne l'oublie pas. Il sait d'où il vient et pourquoi il est là, esclave du colon Tom Will.
    Sa force est sans mesure, sans retour. Ce costaud personnage ne rêve que d'en découdre avec tous ceux qui ont participé à son exil et son malheur.
    C'est une histoire proche de l'horreur, d'une vie trop lointaine et inhumaine pour la comprendre et la défendre. Qui est le bon, qui est le méchant dans cette histoire ??
    Un sujet difficile, où les auteurs Fabien Nury et Bruno Thielleux, nous plongent au cœur d'une période que l'humanité voudrait oublier. L'esclavage n'est jamais un sujet léger !
    Tout au long des 88 pages, c'est un personnage atypique que nous allons suivre difficilement. Pas facile de s'attacher à ce protagoniste central, un anti-héros ?
    Le scénario est sensible, et même s'il n'est pas compliqué de comprendre l'esprit de vengeance véhiculé, j'ai trouvé complexe le passage des traversées maritimes, d'une part. Et d'autre part, la cruauté autour de cette vendetta, les châtiments exercés, sont extrêmement sauvage et donc pas forcément aisé pour la lecture. Maintenant, la couleur, le cadrage et les dessins sont vif et accentués. Ils renforcent la tension vécue et donnent une impression dramatique sur les événements.
    Fabien Nury, scénariste, qui a reçus le prix de la meilleure série au Festival international de la BD d'Angoulême pour « Il était une fois en France » et le dessinateur Brüno, qui, lui, a récemment reçu à Saint-Malo, le Grand Prix du festival Quai des Bulles, nous ont retransmis les mots d'Eugène Sue en nous amenant dans un univers du surmoi qui domine l'être humain. Mais au final, qui dirige qui ? ...


    Lien : http://alamagie-des-yeux-doli.over-blog.com/article-atar-gull-de-nur..
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    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 04 avril 2012

    liratouva2
    Le roman d'Eugène Sue dont cette BD s'inspire fit scandale à sa parution en 1831. Il traite de l'esclavage sous un jour nouveau à une époque où les villes côtières de l'Atlantique comme Nantes et Bordeaux s'enrichissaient grâce à ce trafic. Mêlant cruauté et humour sarcastique, l'écrivain s'insurgeait contre de telles pratiques.
    La BD de Nury et Bruno reprend cette histoire d'un fils de roi africain qui, ayant réussi à survivre à la traversée meurtrière, dans des conditions effroyables, se retrouve favori de son maître, dans une plantation, mais sa vengeance sera terrible.
    Dans ce récit pas de pitié: les hommes sont plus mauvais les uns que les autres: cupides, cruels, sournois, traîtres, criminels, sans scrupules. La nature se montre dure et sauvage, dangereuse, entre tempêtes, naufrages, sécheresse, animaux venimeux ou carnivores, épidémies, incendies...Quant à la société, pas d'espoir de ce côté non plus tant elle peut être féroce et injuste. Alors quel sera le destin de l'esclave modèle, Atar Gull dans un tel contexte? Terrible bien sûr: le supplice continue et les morts, les épidémies, les destructions se succèdent autour de lui, seulement le bourreau cette fois n'est plus le même!
    La construction est habile. Deux livres, de même longueur, racontent les faits : «La traversée», tout d'abord puis «La plantation». L'épilogue, lui, se concentre sur la vengeance, à Nantes.
    Ce n'est pas que l'histoire me plaise en soi mais j'ai apprécié la façon dont elle est racontée et mise en images. Les dessins, les couleurs, tout est parfaitement en place et au service de l'intérêt du lecteur. C'est une belle réussite mais vu la noirceur des personnages et la violence de l'ensemble, ce n'est pas une BD dont je me souviendrai vraiment. C'est loin d'être un de mes coups de cœur. Je ne l'ai pas trouvée suffisamment attachante pour ça.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.fr/2012/04/atar-gull-ou-le-destin-dun-esc..
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Critiques presse (7)


  • ActuaBD , le 10 janvier 2012
    Fabien Nury fait une fois de plus la preuve de sa maîtrise de raconteur d’histoires, tandis que Brüno se révèle être un des nouveaux talents avec lesquels il va falloir compter désormais.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD
  • LeFigaro , le 05 décembre 2011
    Adapté d'un beau roman maritime d'Eugène Sue (Les Mystères de Paris), Atar Gull est surtout l'occasion pour le dessinateur Brüno, soutenu par l'ample scénario de Fabien Nury, de réaliser l'un de ses meilleurs albums. L'auteur de Biotope transcende son dessin stylisé, lui donne un grand coup de cinémascope et atteint des sommets graphiques qu'il convient de saluer.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Telerama , le 23 novembre 2011
    C'est tout l'art du scénariste, Fabien Nury, de savoir jongler avec les ellipses et les ambiguïtés qui propulsent vers l'inconnu une action sous tension. Et c'est en parfaite harmonie que Brüno joue d'une ligne claire et expressionniste, un trait net, incisif, où l'épure produit une étincelante stridence dramatique.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • BulledEncre , le 23 novembre 2011
    Fabien Nury et Brüno nous proposent là un chef d’œuvre poignant, avec une aventure tragique mais vraiment représentative de ce qu’a pu être la traite des Noirs dans les années 1830, des conditions de transport abominables à la vie dans les plantations en passant par la vente sur les marchés comme de vulgaires objets.
    Lire la critique sur le site : BulledEncre
  • BoDoi , le 19 octobre 2011
    Puissant et montrant sans détour l’atrocité de la traite des Africains, le récit original est parfaitement transposé par Fabien Nury, dans une bande dessinée sobre et sans un gramme de gras. Chaque case, chaque page, chaque dialogue sert un propos intelligent et documenté, porté par des personnages terriblement humains.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • BDSelection , le 14 octobre 2011
    Le scénario de Fabien Nury […] est parfaitement ciselé et le dessin de Brüno, magnifique, le porte avec vigueur et flamboyance. Quant à la mise en couleurs effectuée par Laurence Croix, elle est somptueuse et contribue également pleinement à la magie de cet album.
    Lire la critique sur le site : BDSelection
  • Sceneario , le 03 octobre 2011
    « Atar Gull » ou le destin d’un esclave modèle est un récit superbement mis en scène aussi fascinant qu’il est terrifiant. Sans nul doute possible un must à posséder d’urgence.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par lisalou, le 20 mars 2012

    Beufry: - Le gouvernement de la Jamaïque offre une prime de 60 guinées pour le supplice de tout esclave reconnu coupable de meurtre ou de vol. Il vous suffit de saisir votre vieil impotent, de lui adjoindre deux témoins -blancs, cela va de soi- qui l'accusent de vol... et de le faire pendre... De la sorte, vous ferez d'une perte, un profit... sans compter que cela motivera les autres à travailler jusqu'à la fin de leurs jours!

    Will: - C'est ingénieux... Mais est-ce vraiment moral?

    - Moral? Je vais vous dire, ce qui n'est pas moral... Tous les planteurs me payent pour traquer les esclaves qui ont fui leurs plantations... Un vrai fléau, ces nègres "marrons". Ils se terrent dans les parties les plus reculées de l'île. Il est bien difficile de les déloger... et quand ils sortent de leur tanière, ces "empoisonneurs", c'est pour mener des razzias sans pitié contre d'honnêtes gens comme vous et moi!
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  • Par liratouva2, le 04 avril 2012

    Mon père…Pourquoi les femmes pleurent-elles?- Elles pleurent leurs hommes disparus…enlevés par nos ennemis de la tribu des Grands Namaquas.- Mais alors, pourquoi les hommes pleurent-ils?- Ils pleurent pour leur tenir compagnie.- Mon père, pourquoi pleures-tu?- Parce que …Je suis leur chef. Leur souffrance est aussi la mienne. Et toi, mon fils, n’as-tu pas envie de partager les larmes de ton peuple?- Non, moi, Atar Gull, je ne pleurerai jamais. Jamais…
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  • Par MagB, le 08 janvier 2012

    - Combien nous reste-t-il de nègres?
    - 17, capitaine.
    - Tous bien vendables, au moins? Quelle allure ont-ils?
    - Bah... J'irais pas jusqu'à dire qu'ils sont gras, mais bon... Ainsi va le commerce, tous les planteurs le savent. [...]
    - 17. Sur une bonne centaine, au départ de l'Afrique! Il était temps qu'on arrive...
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  • Par lunch, le 22 novembre 2011

    _ Ton navire est à moi, désormais, ainsi que ta vie.
    _ Mais... je ne vous ai rien fait !
    _ Non, rien. Je préfère ça. C'est plus cruel, plus injuste. Si tu m'avais porté grief, ce ne serait qu'un vengeance...
    _ Je... Je suis marié, et...
    _ Marié ? Tant mieux ! As-tu des enfants, comme tout bon chrétien qui se respecte ?
    _ Un f... fils.
    _ Parfait ! Je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Brulart. Tu ne veux pas savoir quel sort je te réserve ? Moi, j'ai envie que tu saches... Je veux contempler ta face de bourgeois, pendant que tout espoir t'abandonne.
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  • Par LiliGalipette, le 28 avril 2012

    « Maintenant, Tom Will n’a plus que moi au monde… et je souhaite que cela dure. » (p. 73)
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CHRONIQUES DE LEGION T3 & 4 / Bande-annonce .
--- TOMES 3 et 4 DISPONIBLES EN LIBRAIRIE LE 30 MAI 2012 ---VLAD DRACULA TEPES EST MORT LE 14 DECEMBRE 1476.VOICI CE QUI LUI EST ARRIVE APRES...D'époque tourmentée en guerre fratricide, Vlad Tepes se promène au fil du sang de ses victimes : c'est, pour lui et pour Radu son frère, un véhicule de choix. Ce à quoi ils n'avaient pas songé, c'est qu'à leur tour ils vont être envahis par des pensées et des sentiments inconnus... tellement humains. Désormais, leurs choix ne sont plus vraiment les leurs et leur destin pourrait bien en être modifié à jamais.Trois époques, trois visages du Mal, trois incarnations de Vlad Dracula Tepes. Dans leurs veines coule le même sang et pour cette raison, ils vont tous trois être engagés dans le duel fratricide qui dure depuis des siècles entre Vlad et Radu. Fabien Nury, scénariste primé à Angoulême pour la série Il était une fois en France, revient à ses premières amours et nous révèle les vies qu'ont connues Vlad et Radu avant leurs incarnations de Je suis Légion. Pour servir ce scénario aussi virtuose que glaçant, la crème des dessinateurs de trois pays : Tirso, Mario Alberti et Zhang Xiaoyu.Plus d'info et feuilletage des premières planches sur le site Glénat BD : http://www.glenatbd.com/bd/les-chroniques-de-legion-tome-3-9782723479288.htmDevenez fan sur Facebook ! http://www.facebook.com/editions.glenat.bd








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