Un essai sur le livre et la lecture aujourd'hui. Rien de neuf (les choses évoluent vite à l'heure du numérique), mais toute la passion et l'intelligence d'
Hubert Nyssen qui transparaissent ici, qui plus est avec des mots simples et justes.
Hubert Nyssen, un vrai passeur.
L'auteur
Rappelons le
Hubert Nyssen est le créateur des éditions
Actes Sud qui ont le très bon goût d'avoir publié
Nancy Huston,
Alberto Manguel,
Michel Tremblay,
Zoé Valdès,
Russel Banks et j'en passe. Beaucoup d'auteurs qui ont une place très chère à mon cœur. Mais il est également écrivain, avec à son actif, des romans, des essais, des poèmes, etc.
Ce qu'il nous dit
Dans ce petit livre d'une centaine de pages et qui date de 2004,
Hubert Nyssen s'adresse à une lectrice fictive au joli nom d'Esperluette. (L'esperluette c'est le doux nom du & en « langage typographique » ).
Hubert Nyssen nous livre ici son ressenti sur l'avenir du livre et de la lecture, avec ses yeux d'amoureux de la lecture, du livre et de la littérature et sa grande expérience de défricheur de talents (Il a notamment fait traduire et connaitre Nina berberova et
Paul Auster en France).
Ce que j'en ai pensé
Bien sur on n'échappe pas à quelques poncifs, « c'était mieux avant » et on n'apprend pas grand chose. Mais on ne fait que mieux entrevoir la passion de Nyssen pour la littérature, le goût et le désir des mots. La force du livre (ou la grande intelligence de Nyssen) c'est de faire passer cet amour infini avec des mots simples et universels, jamais pompeux. Et à travers ce livre se dresse le portrait de cet éditeur de talent que j'avais déjà eu plaisir à apprendre à connaitre avec La sagesse de l'éditeur, a
ux éditions L'œil neuf.
Ce que j'ai aimé
Quand il analyse la « crise » (ce terme utilisé à toutes les sauces et ça prend encore plus de relief ces derniers temps).
Quand il s'en prend au monde de l'édition de best sellers (la quantité contre la qualité).
Quand il explique comment les 4èmes de couverture sont devenues de purs outils de communications/business, au détriment même du livre.
Quand il s'en prend aux prix littéraires qui sont encore une fois qu'une opération de communication/business/gros sous, et cette critique acerbe du système prend particulièrement de sens cette année.
Quand il dit qu'il faudrait que les bibliothèques ouvrent le soir, la nuit… des « bibliothèques de rêve ».
Et puis il rend hommage aux femmes qui lisent et qui aiment passionnément partager leur lectures (au contraire des hommes).
Lien : http://delphinesbooksandmore.fr/lira-bien-qui-lira-le-dernier-hubert..