Coeur-Brisé, c'est la forme de la marque apposée sur les vaches du ranch de Dan O'Brien par le fer à marquer. Après pas mal d'années à tenter de garder la tête financièrement hors de l'eau dans ce coin sauvage des Grandes Plaines du Dakota et de faire bouillir la marmite en animant par exemple des ateliers d'écriture en université ou en écrivant des bouquins, il se lance dans l'élevage de bisons. Une sorte de retour aux sources pour ces vastes territoires où circulaient des millions de bisons avant leur quasi extermination au 19ème siècle.
L'idée est d'agir sur un écosystème mis à mal par l'élevage intensif de vaches (animaux sympathiques au demeurant mais importés dans la région) en réinstallant les bisons originaires de ces grandes plaines. Voilà ce que ça donne:
"Les bisons étaient là depuis un été et déjà on remarquait que les arbustes poussaient touffus comme jamais, que la population des tétras et des oiseaux chanteurs augmentait. Les bisons refusaient aussi de piétiner au bord des points d'eau, comme le font régulièrement les vaches. l'herbe autour des étangs était abondante et propre. L'eau n'était pas souillée par les déjections animales. Les étangs étaient devenus des habitats plus propices pour les autres animaux."
Oh tout n'est pas une histoire à la bisounours! Les bébés bisons de vingt kilos feraient fondre n'importe qui, mais face à un mâle de 500 kilos, on rigole moins. de plus le climat du Dakota est rude en hiver, le cours du bétail fluctuant, alors que les emprunts, eux, restent à rembourser. Dan O'Brien sait magnifiquement peindre la vie rude mais exaltante des propriétaires de ranch, le travail incessant, sans oublier les moments d'entraide et de solidarité. Il évoque les habitants passés et présents de la région, méfiants au départ à l'égard des étrangers et des nouvelles méthodes d'élevage.
Ajoutons qu'il est fauconnier, d'où des scènes fulgurantes de chasse au faucon pèlerin; il a travaillé à la réintroduction du faucon pèlerin dans son habitat pollué par le DDT. Il a créé aussi le Wild Idea Buffalo Company pour commercialiser ses bisons (il faut bien vivre, non?) élevés traditionnellement.
Sans étonnement, apprenez que j'ai adoré ce récit, qui plus est bourré d'humour, bien écrit et enthousiaste.
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