> Dominique Goy-Blanquet (Traducteur)

ISBN : 2848050934
Éditeur : Sabine Wespieser (2011)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Alors que le public irlandais garde vive la mémoire des chroniques, des articles et des émissions de la grande journaliste que fut aussi Nuala O'Faolain, les lecteurs français ne connaissent "que" ses romans et ses mémoires. Dans la sélection des soixante-dix textes pub... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 23 juin 2011

    nadejda
    C'est peu dire que j'ai aimé cette suite de chroniques de Nuala O'Faolain. Je les préférerais presque à ses romans, elles sont passionnantes. En les lisant on a l'impression qu'elle parle avec nous, un peu comme si elle nous racontait et commentait ses journées, ses rencontres, ses révoltes le tout avec beaucoup d'émotion, rire et larmes mêlés.
    Elle analyse, questionne et interpelle directement. Son regard affûté sait saisir des faits qui au départ peuvent paraître parfois anecdotiques ou légers, mais qui analysés finement reflètent tous les manques de la société.
    Dans ces articles qui s'étalent des années 1980 à 2008 elle nous fait découvrir une société irlandaise sous l'emprise du catholicisme, encore engluée dans ses traditions, où la pauvreté est reine, qui progressivement évolue. Elle nous fait part des souffrances engendrées par le carcan religieux et la domination masculine, dont sont victimes en priorité les enfants et les femmes, pour lesquels elle éprouve une grande compassion. 
Elle n'oublie pas de rendre hommage aussi à ses amis comme lors du décès de John McGahern ou lors de la disparition de sa petite chienne Molly "Un petit chien unique".


    Merci à elle, pour la découverte que je lui dois à travers son bel hommage, «Une vie radieuse», d'une Américano-irlandaise, Maura O' Halluran dont je lis le journal et les lettres en même temps que ces chroniques. Je trouve extrêmement touchant de voir que ces deux femmes, la journaliste et romancière et la nonne bouddhiste qui atteint le satori, ne soient pas si éloignées l'une de l'autre qu'on pourrait le croire au premier abord. Elles ont toutes les deux un grand amour de la vie et des êtres et communiquent simplement leur joie et leur peine. Et je me rappelle une interview de Nuala O'Faolain où elle parle de la maladie qui va l'emporter en gardant toute sa force de vie, sa lucidité et avec une grande sérénité.
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    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Une ultime occasion de retrouver celle qui me manque tant, avec des textes qui n'avaient pas encore été traduits...--- Sélection d'écrits journalistiques des années 80 à 2008, année du décés de l'auteur.Sur le fond, pas mal de chose à signaler.Sur la forme, je suis vraiment allergique à l'écriture journalistique.
    J'ai aimé :
    * retrouver un auteur que j'aime énormément et dont le décés m'avait laissée démunie
    * le ton, les convictions, la personnalité entière de Nuala O', bref un être humain qui devait être intéressant à fréquenter
    * améliorer encore mes connaissances sur l'Irlande et cela grâce à certains articles qui sont de petits bijoux
    * ne pas être toujours d'accord avec l'auteur (j'ai moins aimé ne pouvoir en débattre avec elle)
    J'ai moins / pas aimé :
    * le style journalistique parfois à la limite du lisible
    * le mélange entre des articles de fond et des articles légers. Même si je comprends la logique éditoriale, il me semble que la sélection d'articles aurait pu être plus homogène
    * me sentir larguée quand certains articles ne sont compréhensibles que pour les Irlandais ou des personnes ayant vécu en Irlande du fait de leur aspect très culturel (je pense par exemple à un article sur la parade de la Saint-Patrick qui m'a semblé d'un inintérêt indescriptible mais qui a peut-être un réel intérêt pour toute personne impliquée dans cet événement).
    Finalement : c'est un ouvrage nécessairement très inégal. Certains textes m'ont touchée en plein coeur ; d'autres m'ont semblé inutile et enfin d'autres encore ne m'étaient pas destinés. Même si dans l'ensemble, les articles sont intéressants (à noter que tous ne concernent pas la société irlandaise. Certains sont tournés vers le monde et la politique internationale par exemple), mon plaisir tient surtout à mes retrouvailles (inespérées !) avec la voix de Nuala O', sa façon d'haranguer le lecteur, son refus de la langue de bois, l'ensemble formant de véritables bouffées d'oxygène. de ce fait, Nuala O' est le genre de personne qui manque au monde d'aujourd'hui...
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 06 juin 2011

    kathel
    Lectrice ravie des romans, autobiographiques ou non, de Nuala O'Faolain, je me suis laissée tenter par ces textes parus dans différents quotidiens ou magazines irlandais. Et bien m'en a pris car j'ai retrouvé le même ton, franc et teinté d'humour de cette grande dame. Dans des articles de 4 à 6 pages environ, les sujets variés commentent l'actualité irlandaise ou mondiale par le côté quotidien, et surtout le quotidien des femmes. Nuala observe, constate, s'indigne, se souvient, lance des appels… et c'est toujours passionnant.
    Bon, ce n'est pas forcément à lire tout d'une traite comme un roman, mais plutôt à picorer : U2 ou Frank Sinatra, le vol d'un sac à main, les cours pour illettrés, les vacances en roulotte, la naissance d'un bébé, la disparition des petites boutiques, la transformation du paysage, la mort d'un vieil ami, le féminisme, la vieillesse, Manhattan, tout ne semble pas comparable et pourtant on lit tout avec plaisir et émerveillement devant l'intelligence tellement humaine de cet auteur. Quel que soit le thème, son regard est toujours intéressant, tout imprégné de son amour du genre humain, de sa compassion, mais n'est jamais mièvre ni moralisateur. Bref, il faut le lire, ou commencer par un de ses romans : On s'est déjà vu quelque part ?, J'y suis presque, Chimères ou Best Love Rosie

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-nuala-o-faolain-ce-regar..
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    • Livres 3.00/5
    Par ignatus-reilly, le 10 août 2011

    ignatus-reilly
    Nuala O'Faolain est une femme sensible et attentive au monde qui l'entoure.
    Ses chroniques sont pleines de sensibilité et aussi d'humour.
    Elle a un regard lucide et parfois sans complaisance sur son pays : l'Irlande.
    L'Irlande dont elle nous parle est une Irlande qui a souffert notamment sous le joug d'un catholicisme patriarcal et relativement inhumain.
    C'est l'Irlande de tous les Irlandais, Nuala O'Faolain parle de tous ceux qui ont été exclus, mis de côté mais aussi de tous ceux qui font l'Irlande.
    Ces articles ont été rédigés entre les années 1980 et 2007.
    Elle aborde des sujets qui lui tiennent à coeur dont la condition des femmes, la précarité des Travellers, les enfants nés hors mariage et arrachés à leur mère - certains graves, d'autres un peu plus légers comme les vacances en voiture à cheval, le défilé de la St-Patrick à Dublin, U2.
    C'est une mine formidable de renseignements par une Irlandaise qui parle avec amour de sa contrée et de ses compatriotes.
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  • Par Kroustik, le 26 janvier 2012

    Kroustik
    vu chez Flo
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 23 juin 2011

    Temples du commerce p161
    Il n'y a pas de place pour l'altruisme humain dans une ville vouée à la vente et à l'achat. L'un des réconforts du shopping, même, c'est qu'il vous fait oublier que vous êtes humain. Sur un mail (au sens de boulevard) commercial, il n'y a pas d'humains. Alors qu'il y avait des humains dotés de pouvoir et de responsabilités dans les vieilles confiseries, boutiques de journaux, crémeries.
    Celui qui possède toutes ces chaînes de magasins n'est pas là, et personne ne se soucie de savoir s'il vous manque une livre pour atteindre le prix demandé ou si vous avez mal aux pieds ou si vous n'arrivez pas à lire les étiquettes parce que vous avez oublié vos lunettes. Personne ne se soucie de vous. Et pourtant on exploite la personne que vous êtes.
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  • Par nadejda, le 23 juin 2011

    Les écoles du sadisme (4 mars 1996)
    Aux yeux du monde, on ne pouvait faire plus respectable que d'avoir une fille religieuse.
    .... Si devenue nonne vous rêviez de partir dans une mission, ils vous obligeaient à enseigner les maths en banlieue. Si vous aviez des dons intellectuels, ils vous confiaient la charge d'une cuisine. Des générations de jeunes femmes ont adhéré à cette méthode, se sont humiliées et autodisciplinées, et ont confessé des péchés d'orgueil chaque fois que leur parfaite docilité les lâchait. Elles se flagellaient et jeûnaient et déversaient des flots de prières afin de faire entrer la cheville ronde de leur être dans le trou carré qu'on leur présentait. Pas étonnant que certaines d'entre elles soient devenues folles.
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  • Par kathel, le 06 juin 2011

    Etre libre (juin 1995) : Non que les vacances au soleil aient acheté la révolution, à vrai dire, mais elles rendent les gens heureux, et créent un domaine où ils se sentent autonomes. D’avoir en perspective pour l’avenir une chose merveilleuse adoucit le présent même s’il est presque insupportable, et les vacances sont plus faciles d’accès que le paradis. On voit bien à la manière dont se comportent les vacanciers que les vacances au soleil sont devenues le cœur d’un monde sans cœur.
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  • Par nadejda, le 23 juin 2011

    Le Dublin de Bloom p200
    C'était la ville non seulement des sans-emploi mais aussi des sous-employés et des employés évitant l'emploi. Cela en faisait une ville de gens -- allons, d'hommes, surtout -- qui occupaient le temps, allaient sans hâte d'un lieu à l'autre. De pub en pub, d'habitude, mais aussi du pub au bureau, du bureau au pub, du pub au bureau d'un autre homme pour récupérer un prêt de cinq livres, ou au moins une partie, du bureau d'un autre au pub d'un autre, et enfin, pourquoi pas, du pub au domicile.
    C'était une ville pleine de gens en route vers des tâches sans urgence particulière. Les pubs faisaient fonction de piazzas et d'oasis.
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  • Par ignatus-reilly, le 07 août 2011

    Les premières lettres d'enfants adoptés sont venues de Grande-Bretagne, vers la fin des années 1970. Puis des États-Unis, au cours des années 1980. "Ma mère adoptive", disait l'une d'entre elles, "m'a dit que j'avais des plaies sur le visage et que j'étais tout le temps affamé quand je suis arrivé d'Irlande. Pouvez-vous me dire à quoi ressemblaient les orphelinats là-bas à cette époque ? N'y avait-il pas de loi pour s'assurer qu'on s'occupait correctement des enfants ? Cela me préoccupe de penser que j'étais en si mauvais état quand ma mère adoptive m'a accueilli."

    "Petits bienfaits"
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