> Michèle Valencia (Traducteur)

ISBN : 271444699X
Éditeur : Belfond (2011)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Récompensé par le très prestigieux Costa Book Award, un somptueux roman, bouleversant et sensible, où s'entremêlent des voix aussi émouvantes que troublantes pour évoquer les relations maternelles, la force des liens du sang et le pouvoir destructeur des non-dits.
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par ppette007, le 02 octobre 2011

    ppette007
    Ne vous laissez pas décourager par le titre et la couverture de ce livre, bien moins sirupeux qu'il n'y paraît au premier abord! Maggie O'Farrell y relate les destins croisés de deux femmes : Alexandra, jeune femme indépendante qui ne rêve que d'une chose: quitter sa famille pour devenir journaliste à Londres et Elina, une artiste peintre d'origine finnoise qui vit à Londres et a bien failli mourir en donnant la vie à son premier enfant. Les deux héroïnes de ce roman appartiennent à deux générations différentes: Alexandra a 21 ans au milieu des années 50 tandis qu'Elina vit à notre époque. Mais le lecteur pressent rapidement qu'un lien les unit même s'il en ignore encore la nature. C'est la découverte progressive du lien qui existe entre ces deux vies qui constitue l'intrigue de ce récit et en fait toute la saveur.
    Ce roman est une vraie réussite sur le plan de l'organisation du récit car le lecteur passe sans heurt du Soho des années soixante au Londres actuel grâce à des petits détails glanés deci delà (par exemple, la présence de téléphones portables). L'alternance entre les chapitres consacrés à la fougueuse Alexandra (affectueusement surnommée Lexie) et ceux dédiés à Elina, jeune maman en proie au doute, se fait naturellement. Cela vient du fait que Maggie O' Farrell a choisi un narrateur omniscient pour conter ces deux histoires à la troisième personne. Avec lui, le récit prend parfois des allures de scène de théâtre (à l'exemple de la scène d'ouverture où il nous annonce qu'il va se passer quelque chose d'important) ou encore de film (à l'image de la page 69, où le narrateur semble « rembobiner » une scène). de plus, il laisse parfois échapper des allusions au futur (ainsi page 68, à propos d'Alexandra : « Elle ne se doute pas qu'elle mourra jeune, qu'il lui reste moins de temps qu'elle ne le pense ») ce qui ne manque pas de piquer l'intérêt du lecteur. Ainsi après un début un peu poussif, le lecteur est vite happé par l'intrigue qui se noue progressivement autour de ces deux femmes.
    Si le personnage d'Alexandra – pourtant le plus romanesque – m'a paru relativement caricatural (en mère célibatante avant l'heure, elle traîne son enfant partout avec elle pour réaliser ses interviews), le personnage d'Elina m'a, en revanche, profondément touché. Celle-ci peine à se reconstruire après son accouchement traumatisant car personne n'ose lui révéler ce qui s'est réellement passé. Pour son mari, cette explication est en effet bien trop douloureuse et lui-même a bien du mal à gérer son nouveau statut de père. Loin de ses racines, Elina se retrouve laissée à elle-même et découvre avec appréhension les joies et les doutes propres à la maternité (qui, une fois n'est pas coutume, n'est pas sublimée ici !). Ce personnage, décrit avec une grande sensibilité, m'est apparu autrement plus crédible que Lexie. Enfin, le personnage de Ted, le mari d'Elina, m'a également intéressé par son incarnation de la douloureuse quête de la vérité sur ses origines.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 02 juin 2011

    Melopee
    Cela faisait longtemps que je souhaitais découvrir l'oeuvre de Maggie O'Farrell. Dans ma bibliothèque il y a notamment L'étrange disparition d'Esme Lennox, qui attend patiemment que je le lise. Mais c'est du dernier-né que je me suis emparée, le très joliment dénommé Cette main qui a pris la mienne.
    Autant que je vous dise que l'écriture de Maggie O'Farrell a su me happer. Elle sait instiller une aura de mystère derrière une intrigue somme toute quasi banale.
    Lexie et Elina sont deux femmes qui, a quarante ans de différence, nous livrent leur histoire personnelle. Qu'est-ce qui les lient? Pourquoi Lexie, jeune femme indépendante et éprise de liberté se trouve-t-elle logée à la même enseigne qu'Elina et son compagnon Ted? Il faudra attendre plus de la moitié du roman pour trouver des réponses à cette énigme.
    Lexie est une jeune femme rebelle qui, à la fin des années 50 n'a qu'une idée en tête : quitter son Devon natal pour gagner Londres et toutes ses paillettes. Il suffit d'une rencontre, celle de l'étincelant Innes, qui l'incite à bel et bien vivre sa vie, sans rendre de comptes à personne. Ni une ni deux, voilà Lexie qui débarque, pleine d'espoir et avec sa machine à écrire sous le bras. Mais le charme londonien ne conduit pas à tout et Innes est une pièce maitresse dans cet accompagnement vers l'émancipation.
    Parallèlement à l'histoire de Lexie, il y a le quotidien d'Elina et Ted qui se dessine sous nos yeux. Tout jeunes parents, ce grand chamboulement ravive de lointains traumatismes, des peurs enfouies. Elina est marquée par l'accouchement, qu'elle n'a pu vivre pleinement (il a failli lui coûter la vie). Son compagnon quant à lui semble encore plus perturbé et énigmatique. La naissance de leur enfant rend en effet Ted méconnaissable et insaisissable. Est-ce simplement un baby blues ou la plaie est-elle bien plus ancienne?
    Qu'ai-je pensé de ce roman aux multiples facettes? Je l'ai déjà trouvé extrêmement bien construit car le dénouement est loin d'être prévisible. le lien entre ces deux histoires n'apparaît qu'en explorant les tréfonds de l'âme humaine et en confrontant les expériences de chaque protagoniste. Les femmes ont la part belle avec leur sensibilité, leur force et leur pouvoir de maternité. J'aime cet enchevêtrement par pallier ou tout se densifie à chaque découverte, où chaque question trouve ensuite sa réponse dans l'histoire narrée conjointement.
    Et en amont c'est la couverture qui m'a plu (subjectif mais ça joue) et le titre très poétique qui à l'heure actuelle me laisse encore quelques interrogations. Place à l'interprétation et ce n'est pas plus mal !
    Je me suis donc laissée surprendre, très agréablement, et suis donc tout à fait emballée à l'idée de lire un nouvel ouvrage de Maggie O'Farrell !
    C'est donc une thématique liée à la féminité et à la transmission (de gènes, de courage, d'émotions) et j'en ai presque été bouleversée d'en être !
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 31 août 2011

    chocobogirl
    Milieu des années 50. Alexandra, 21 ans, ne rêve que d'une chose : quitter sa campagne du Devon insipide et les récriminations maternelles pour aller à Londres. Elle croise par hasard, un jeune londonien en panne, Innes Kent qui bientôt lui ouvrira les portes de la vie londonienne. En effet, nous retrouvons la jeune femme quelques mois plus tard dans la capitale et c'est Innes, charmé par Lexie (comme il l'a surnomme) qui va l'initier à la vie moderne. Rédacteur en chef d'une revue d'art, il va l'embaucher comme secrétaire, lui apprendre le journalisme. Devenue son amante, Lexie prend son envol mais c'est sans compter les hasards malheureux de la vie...
    Parallèlement à l'histoire de Lexie et 40 ans plus tard, nous découvrons le nouveau quotidien d'Elina. Elle vient d'accoucher dans des circonstances difficiles et semble totalement perdue devant cette maternité qu'elle ne comprend pas totalement. Ted, son mari, est sujet à d'étranges réminiscences ou absences qui perturbent de plus en plus sa vie de famille. N'ayant aucun souvenir de ses années précédant ses 9 ans, sa nouvelle paternité le renvoie à ses propres parents et réactive des souvenirs perdus.
    Les 2 histoires sont bien évidemment liées mais ce n'est qu'à la fin de l'ouvrage que le lecteur découvrira ce qu'il en est réellement.
    Après la lecture de 2 précédents romans de Maggie O'Farrell ( La distance entre nous ; La disparition d'Esme Lennox), ce nouvel opus m'a séduit tout autant même s'il n'en devient pas mon préféré.
    On retrouve ici le type de construction qu'elle aime employer : 2 narrations différentes qui finissent par se recouper d'une manière ou d'une autre.
    Nous suivons ici 2 parcours à 50 ans de distance. Lexie personnifie la jeune femme qui s'émancipe en faisant fi des règles de l'époque. Elle vit avec un homme marié, plus âgé que lui qui plus est, fait un enfant presque toute seule et l'assume avec force et courage. J'ai aimé cette figure maternelle qui fait preuve de combativité et ne s'en laisse pas compter. La relation qu'elle noue avec son enfant est forte et semble même l'aider à se dépasser.
    Bien plus tard, c'est au tour d'Elina d'être mère. Artiste peintre, son accouchement et la mort vue de près l'a complètement déstabilisée. Son attitude envers le bébé nous fait craindre le pire. On découvre à travers elle la naissance du sentiment maternel, la difficulté d'y faire face mais aussi les petits bonheurs qu'une naissance offre. Alors qu'elle reprend pied pourtant, c'est son mari qui commence à réagir étrangement. Un drame se prépare mais sûrement pas celui auquel on s'attendait.
    Tout l'art de l'auteur est là : la manière dont elle alterne les 2 intrigues et provoque chez le lecteur l'attente du petit détail qui nous permettra de comprendre le lien. Si on connaît assez rapidement le sort de Lexie qu'elle révèle en avance, O' Farrell prend son temps pour fusionner les différents destins de ses personnages et se plaît à décrire avec force détail leur destinée. Mais loin de faire traîner en longueur son roman, elle nous raconte avec beaucoup de sensibilité leur vie, leurs attentes, leurs espoirs et leurs déceptions. On se passionne pour chacun, on les voit grandir, mûrir, apprendre à être mère ou père.
    Une fois de plus, c'est encore une histoire de secret de famille et de non-dits qui bouleversera les vies de chacun. Pour ma part, la révélation finale qu'on finit par soupçonner a réussi à me surprendre et m'a laissé la gorge bien serrée devant l'émotion du personnage.
    Si je n'ai pas eu de coup de coeur, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman qui prend son temps pour raconter les destins de plusieurs femmes, pour évoquer à des époques différentes les questionnements de la filiation et de la transmission. On pourra même y trouver une évocation lointaine de la création et de l'artiste, avec le personnage d'Elina. Son écriture est toujours fluide et se laisse aborder sans difficultés. On regrettera peut-être un petit manque d'originalité et on pourrait lui reprocher de ne pas se renouveler dans la construction de ses textes. Néanmoins, Cette main qui a pris la mienne vaut d'être découvert tant pour l'émotion qui en ressort que pour la belle analyse de la maternité et de la paternité.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-ta-main-qui-a-pris-la-..
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    • Livres 4.00/5
    Par irenelec, le 08 mai 2012

    irenelec
    Roman très émouvant qui m'a emporté. Deuxième lecture de Maggie O'Farrell j'ai vraiment beaucoup aimé. Une petite gêne cependant : le schéma narratif employé est en tout point identique à celui de son précédent roman "L'étrange disparition d'Esme Lennox". Cela ne m'empêchera pas de lire les autres romans mais j'espère ne pas être lassée, cela serait dommage...
    Roman très émouvant donc qui traite de l'amour maternel et des difficultés que cela peut présenter. Il traite aussi des ravages produits sur un homme à qui l'on a menti toute sa vie concernant sa petite enfance et qui confronté à la naissance de son fils voit le passé resurgir. Très intéressant aussi par la peinture de la société londonienne à la fin des années 50 à travers la vie d'une femme libre. C'est aussi un très beau roman d'amour.
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    • Livres 3.00/5
    Par SD49, le 21 mai 2011

    SD49
    J'ai été un peu déçue par ce livre d'autant plus que j'avais aimé "Quand tu es parti" et "L'étrange disparition d'Esme Lennox" du même auteur.
    Deux histoires de femmes : voila tout ce que je savais avant de commencer ce livre, c'est pour cela que j'ai censuré la quatrième de couverture, pas besoin d'en savoir plus.
    Le lien entre ces deux histoires de femmes s'est fait pour moi aux deux tiers du livre, mais peut être suis-je passée à côté d'indices sans les voir ? du coup cela m'a paru un peu long même si l'histoire est plutôt agréable à lire.
    J'ai été plus touchée par l'histoire de Lexie, à la fin des années cinquante il ne devait pas être simple d'être une femme indépendante et libre. J'ai trouvé ce personnage plutôt sympathique et dynamique.
    Les chapitres sur Elina et Ted m'ont moins accrochée. Ces deux personnages ont un comportement un peu surprenant, on apprend un peu à la fois ce qui a traumatisé Elina pendant son accouchement.
    J'ai préféré le dernier tiers du livre qui voit arriver des révélations auxquelles je ne m'attendais pas.


    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par stephtoc, le 29 avril 2012

    ...cet élan féroce auquel elle ne s'attendait pas, ce sentiment que le terme "amour", bien trop réducteur, est impuissant à décrire, car, parfois, elle croit qu'elle pourrait s'évanouir tant elle a besoin de cet enfant qui lui manque cruellement quand il n'est pas juste à côté d'elle - cette sorte de folie, de possession qui la pousse souvent à se faufiler dans la pièce où il vient de s'endormir juste pour le regarder, pour s'assurer que tout va bien, pour lui parler tout bas.
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  • Par Theoma, le 10 avril 2012

    Ecoutez. Dans cette histoire, les arbres s'agitent, frémissent, se redressent sous les bourrasques qui soufflent de la mer. A voir leurs branches fébriles, les mouvements impatients de leurs cimes, on a l'impression qu'ils savent que quelque chose va se produire.
    Le jardin est vide, la cour désertée hormis quelques pots de géraniums et delphiniums qui frissonnent au vent. Sur la pelouse, deux fauteuils font poliment face à un banc. Une bicyclette est appuyée au mur, mais ses pédales sont au repos, sa chaîne bien graissée immobile. On a sorti un landau pour que le bébé dorme au grand air et, enveloppé dans son cocon de couvertures rêches, il ferme obligeamment les yeux. Une mouette est suspendue dans le ciel, silencieuse elle aussi, le bec clos, les ailes déployés pour profiter des courants ascendants.
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  • Par Theoma, le 10 avril 2012

    Vous autres, les jeunes, vous êtes obsédés par la vérité. C'est une chose qu'on surestime souvent.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






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