> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2253152854
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
In Blonde, Joyce Carol Oates--one of America's most prestigious and versatile writers, author of numerous novels and short fictions--joins the ranks of those who have competed to tell the story of one of her nation's most compelling legends: Norma Jeane Baker, or Marily... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 14 mars 2012

    Aline1102
    La petite Norma Jeane Baker vit avec sa grand-mère, Della Monroe, jusqu'au décès de cette dernière, après lequel elle est enfin prise en charge par sa mère, Gladys Mortensen.
    Gladys travaille comme monteuse au Studio de Hollywood, elle aime le cinéma, rêve devant les demeures des stars et parle à Norma Jeane de son père, que la petite fille ne connaît pas mais qui a promis de venir un jour les chercher elle et Gladys.

    Mais la belle et mystérieuse Gladys n'est pas aussi équilibrée qu'il n'y paraît. Refusant d'être touchée par Norma Jeane, prise de pensées obsessionnelles, victime de sautes d'humeurs, elle s'enfonce petit à petit dans un monde où Norma Jeane ne peut la suivre. Un jour, après une crise particulièrement violente, Gladys est internée et Norma Jeane est envoyée à l'orphelinat.

    Quelques années plus tard, la malheureuse orpheline deviendra Marilyn Monroe...

    "Blonde" a beau être une biographie fictive de Marilyn, le roman donne l'impression de réellement pénétrer dans l'intimité de la star.

    L'écriture de Joyce Carol Oates est intense et donne la sensation de vivre les événements "de l'intérieur", comme si l'on prenait part, en tant qu'observateur direct, à la vie des différents personnages et de Marilyn, en particulier.

    Etrange et très perturbante, la vie de la petite Norma Jeane ne laisse pas indifférent. Tout au long du roman, on sent le malheur qui la guette, comme si la maladie mentale de Gladys était une sorte de malédiction menaçant à tout moment de s'abattre sur sa fille. Et certains passages du texte donnent d'ailleurs à penser que Norma Jeane souffrait du même mal que sa mère. Plusieurs fois, en particulier lors des tournages de ses différents films, l'actrice donne l'impression de souffrir de personnalités multiples: elle passe avec une facilité déconcertante d'une personnalité à l'autre (talent ou maladie?) et considère toujours "Marilyn" comme une entité extérieure, une personne qui fait partie d'elle, mais pas tout à fait. On en arrive à se demander si le métier de cette femme n'a pas précipité sa fin: Marilyn serait-elle morte aussi jeune si elle était resté Norma Jeane, jolie mais anonyme?

    Car exposée à tous les regards, et en particulier aux regards masculins, Norma Jeane est devenue extrêmement vulnérable. Jouet des hommes et ne sachant rien leur refuser, elle semble n'avoir aucun amour-propre. Après quelques relations sentimentales catastrophiques, on pourrait s'attendre à ce que Norma Jeane soit plus raisonnable, et pourtant sa relation avec le Président, sa dernière conquête avant sa mort, montre à quel point cette femme est prête à supporter toutes les humiliations: du moment qu'elle a l'impression d'être aimée, elle est prête à tout.

    La vie de Norma Jeane est aussi, bien entendu, intimement liée à Hollywood. A tel point que la jeune femme aborde l'entièreté de sa vie comme un film. Plus d'une fois, alors qu'elle bavarde avec diverses personnes, Norma Jeane se retrouve prise de cours et ne sait plus quoi répondre parce que "le scénario" ne prévoit pas le genre de situation à laquelle elle est confrontée. Ce genre de réaction renforce encore le sentiment de malaise que l'on ressent à la lecture et fait comprendre qu'il arrivera bien un moment où la jeune femme plongera dans le même abîme que sa mère. Car Norma Jeane devenue Marilyn ne vit plus sa vie, elle la joue. Et le fait d'être en représentation permanente ajoute encore à sa tension, l'amène à abuser des médicaments et de l'alcool. A tel point que sa carrière, pourtant prometteuse, finit par en souffrir.
    La force de "Blonde", c'est que le roman ne se concentre pas uniquement sur le point de vue de Norma Jeane. Chaque personnage est mis en avant et, en quelque sorte, amené à donner son avis sur la personnalité de Marilyn. Cette technique renforce encore l'impression de lire un véritable documentaire, une biographie pour laquelle Joyce Carol Oates aurait rencontré des ex-collègues et anciens amis de Marilyn et les aurait interviewé. le fait de devoir sans cesse se rappeler que l'on est en train de lire une fiction et non une biographie rend le récit encore plus intense, car cela force le lecteur à rester aux aguets, à se concentrer sur la moindre anecdote afin de se rappeler qu'elle est inventée de toute pièce par l'auteure.

    Magnifique et déconcertant à la fois, "Blonde" est à classer parmi les tous bons romans, de ceux auxquels on continue à penser des jours après l'avoir refermé.
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    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 29 janvier 2012

    vanuatu2000
    Encore Marilyn!
    Encore et toujours Marilyn.
    Qui ne connait pas sa vie? Combien de livres autobiographiques, témoignages pointus sur sa vie intime, et romans ont été publiés sur elle. Mais qu'à t-elle donc cette Marilyn de continuer de nous fasciner?
    Qu'à donc de si extraordinaire sa vie?
    Enfance cahotique, difficultés à percer à Hollywood, mariages catastrophiques et problèmes d'alcool. Quoi de plus banal pour une actrice à Los Angeles?
    Que peut bien donc nous apprendre de plus ce livre qui n'a déjà été dit mille fois sur cette icône?
    Et là surprise, le roman nous parle de... Norma Jean et non de la légende éternelle, la Blonde Marilyn.
    Car le mythe Marilyn a étouffé la petite Norma Jean. On l'oublie souvent. Une Norma Jean écorchée par une vie sans affection, sans repères stables. le récit de Joyce Carol Oates, mèlant fiction et réalité, nous fait suivre le parcours sensationnel et triste de celle qui reste à jamais la Blonde éternelle.
    Destin tragique qui ne peut que parler à tous." Maman, papa aimez moi, vous tous aimez moi "ne cesse de crier l'enfant Norma Jean à l'intérieur de Marilyn.
    Toute notre vie, anonymes comme stars ne chantonnant nous pas intérieurement "Amour y-es-tu? M'accepte-tu?".
    De la Norma Jean de ce roman poignant éclate une détresse universelle.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 22 septembre 2011

    soukee
    Blonde est un roman de l'auteure américaine Joyce Carol Oates publié en 2000.
    Tout en se fondant sur des éléments de la vie de Marilyn, Joyce Carol Oates a pris le parti, avec Blonde, d'en faire un roman. Elle l'annonce dès le prologue : « Blonde est une "vie" radicalement distillée sous forme de fiction et, en dépit de sa longueur, la synecdoque en est le principe. » (p.9)
    Tout au long de ces 1100 pages, la vie de la belle actrice se déploie sous les yeux du lecteur, non pas comme une biographie, mais comme un mythe. Et c'est ce qui est intéressant. Loin de vouloir savoir à tout prix ce qui s'est passé durant les trente-six années de l'Actrice Blonde, comme elle la surnomme souvent, Joyce Carol Oates présente une femme, dans toute la complexité de ses doutes et de ses failles.
    Si j'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman - la partie consacrée à l'enfance de Marilyn est souvent pesante - je me suis par la suite complètement immergée dans cette fiction, ne sachant pas réellement ce qui était de l'ordre de la biographie et ce qui était du fantasme. L'alternance de narrateurs brouille les pistes et participe de cette impression de flou quant à la vie de Marilyn tout en faisant écho à ses tumultes intérieurs.
    Blonde s'adresse, selon moi, à un lecteur qui connaît déjà en détail la vie de Marilyn, ses films, ses mariages, ses coups d'éclat comme ses passages à vide. Car Joyce Carol Oates refuse de se faire biographe et de s'attarder sur toute la vie de la belle. Elle picore ça et là des épisodes qu'elle a estimé importants dans son parcours personnel et professionnel et nous les distille de façon parfois codée. Joe Dimmagio devient ainsi l'Ex-Sportif, Arthur Miller, le Dramaturge, et tous les réalisateurs ne sont évoqués que par l'initiale de leur nom de famille. Autant donc savoir ce qu'il en est avant d'ouvrir ce roman.
    Blonde est une lecture très forte, qui m'a émue et conquise. Quatrième livre que je lisais consacré au parcours de celle qui fut, un temps, la Blonde d'Hollywood, Blonde a su me séduire par sa longueur (j'étais pendant de longues heures au plus près de sa vie), son originalité de traitement - loin des biographies plus ou moins élogieuses consacrée à Marilyn - et son ton. Joyce Carol Oates, par sa plume poétique, plonge dans cette vie parfois minuscule pour en faire émerger la quintessence et casser l'image publique rêvée de Norma Jeane. Où s'arrêtent les souvenirs ? Où commence le mythe ? Et dans quelle mesure cette vie connue de tous est fictionnalisée ici ? Je reste sans réponse, mais là n'est pas l'essentiel.

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/22/22108449.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Giwago, le 28 avril 2008

    Giwago
    Monumental !!! J'étais relativement sceptique en entamant la lecture de ce roman et sa taille – 1 100 pages – me faisait très peur. Je me suis très rapidement laissé prendre au piège. Si on ne connaît pas la vie de Marilyn – tel fut mon cas – on est totalement incapable de séparer fiction et réalité dans ce livre. On a affaire à un personnage d'une réelle sensibilité, torturé au plus haut point, influençable et fragile. Si l'on se fie au texte de Joyce Carol Oates, Marilyn n'était pas la « potiche » que l'on peut s'imaginer. Pour ne rien gâcher, le style est simple, fluide, beau. Au final, il s'agit d'une très belle rencontre, ou plutôt devrai-je dire de deux belles rencontres : Marilyn et Joyce Carol Oates. Un vrai coup de cœur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ladybug, le 10 août 2011

    Ladybug
    Joyce Carol Oates nous dépeint Marilyn telle qu'elle était perçue par ceux qui l'aiment, une Marilyn à la candeur enfantine, d'une fragilité poignante. C'est son enfance qui m'a le plus émue. Elle ne s'en tire pas sans blessure profonde, les peurs, les expériences traumatisantes, les manques, une mère défaillante sont des freins à des relations apaisées. Ce qui frappe le plus tout au long de sa vie, c'est l'absence d'attache familiale et amicale durable. Je comprends aussi qu'elle ait pu paraître inconstante, déconcertante aux personnes qui l'ont fréquentée dans sa vie personnelle ou professionnelle, une personne instable et tourmentée demande une attention de tous les instants et une grande solidité.
    JCO a le talent de reconstituer une vie avec des détails et descriptions d'une grande intensité : enfance, vie de femme avant Hollywood, ses débuts de modèle et d'actrice, son ascension et la suite. En ce qui concerne l'écriture, j'ai quelquefois été gênée par quelques longueurs, des grandes envolées au style un peu saccadé.
    Il y a quand même quelque chose en moi qui résiste sur le fait d'aborder le destin d'une personne par le biais d'un roman, de mêler le vrai au faux, d'impliquer des personnes réelles, il s'en dégage forcément une confusion entre fiction et réalité. C'est pourquoi je ne perdrai jamais de vue que c'est un roman, que certains faits et caractères attribués à des personnes sont sortis de l'imagination de l'auteure.
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Citations et extraits

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  • Par Poiesis, le 15 mai 2012

    Il y a toujours un scénario. Mais pas toujours connu de tous.
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  • Par Yuko, le 03 janvier 2012

    Une fille au corps luxuriant dans la plénitude de sa beauté physique. Dans une robe bain de soleil en crêpe Georgette ivoire, les seins moulés dans les plis soyeux onduleux de l'étoffe. Elle est débout, jambes nues écartées sur une grille de ventilation du métro new-yorkais. Sa tête blonde est extatiquement rejetée en arrière tandis qu'un courant d'air soulève sa large jupe évasée, révélant une culotte de coton blanc. Du coton blanc ! La robe de crêpe ivoire flotte, magiquement aérienne. La robe est magique. (...) Elle rit et pousse des cris aigus comme une enfant de quatre ans quand un nouveau courant d'air soulève sa jupe. Genoux dodus, jambes musclées de danseuse. Une fille solide et saine. Épaules, bras et seins sont ceux d'une femme en pleine maturité mais le visage est celui d'une petite fille. Frissonnant dans l'été new-yorkais quand le passage d'une rame de métro soulève sa jupe comme le souffle précipité d'un amant.
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  • Par Lowra, le 22 janvier 2012

    "C'était un miracle quelquefois. D'accord, c'est un cliché, mais il se trouve qu'il est vrai. Monroe se pointait avec des heures de retard et parfois le bruit courrait qu'elle était à l'hôpital de Reno (pour avoir tenté de se suicider la veille !) et pourtant elle arrivait souvent toute douce & l'air timide & bagayant des excuses, et les acclamations fusaient même si on venait tous de maudire cette garce. Quand Monroe arrivait, on voyait que ce n'était pas une garce mais seulement une force de la nature comme un vent violent ou un orage, on voyait qu'elle était elle-même la proie de cette force de la nature et on ne demandait qu'à lui pardonner"
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  • Par vlg0901, le 20 avril 2012

    Monroe était une artiste. Elle était une des rares que j'ai rencontrées à prendre toute cette merde au sérieux. C'est ça qui l'a tuée, pas le reste. Elle voulait être reconnue pour une grande actrice et en même temps être aimée comme une enfant et on ne peut manifestement pas avoir les deux.
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  • Par soukee, le 22 septembre 2011

    Il y a quelque chose en toi que personne n'a, MARILYN. Aucune femme que je connais. Tu vis pour être touchée. Pour être soufflée comme une flamme. Pour être blessée, même ! On dirait que tu t'exposes à être blessée, je ne connais aucune femme qui te ressemble, MARILYN. Aucune image filmée ni aucune photographie n'ont montré ton âme, MARILYN, comme je l'ai vue ce soir.
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