> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2290341886
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 3.3/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées parle coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gilli... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 09 janvier 2012

    LiliGalipette
    Gillian se remémore ses années étudiantes, au sein du Catamount College. « Ceci n'est pas une confession. Comme vous le verrez, je n'ai rien à confesser. » (p. 8) Est-elle innocente ou sans remords ? Que faut-il penser de la vague d'incendies criminels qui éclatent un peu partout à Catamount ?
    En 1975, Gillian a presque vingt ans et elle est furieusement éprise de son professeur, Andre Harrow. Mais « lorsqu'on aime un homme marié, on existe dans une relation non déclarée, secrète et singulière, avec son épouse. » (p. 13) Dorcas, la femme d'Andre, est une sculptrice au talent certain mais aux productions controversées. le couple est superbe et fait l'objet de toutes les envies. Gillian et ses jeunes camarades espèrent toutes attirer son attention et partager son intimité. Prêtes à tout pour s'illustrer, les jeunes filles dévoilent leurs journaux intimes. « La tenue de notre journal se mit à nous obséder. » (p. 67) Ce qui n'était au début qu'un exercice universitaire devient une scène terrible où chacune exhibe ses blessures, quitte à en créer de nouvelles pour nourrir la curiosité vorace d'un professeur au comportement trouble.
    Si Gillian doute d'obtenir la faveur de son professeur, elle nourrit à l'envi des fantasmes plus ou moins chastes. « Je rêverais de l'homme au visage lumineux et bon, dont la caresse, quoique légère, quoique nullement sensuelle ni avide, me pénétrerait de joie. » (p. 43) Mais quand le fantasme s'incarne enfin, l'euphorie devient perverse et vénéneuse. Désir ou amour, la relation qui se noue entre Gillian, Andre et Dorcas n'est pas de celles qui s'achèvent en happy end.
    Il s'en passe de belles dans cette université pour filles ! Joyce Carol Oates nous montre un microcosme étouffant et écœurant et écrit avec brio la violation d'intimité et le dévoilement forcé. Bien que très court, ce roman n'est pas simple à lire : les mots prennent à la gorge et l'histoire met mal à l'aise. Poussant à l'extrême certaines légendes des collèges de jeunes filles, l'auteure nous fait pousser la porte d'un monde où la vilenie et la perversion sont proposées comme moteur de la création. À manipuler avec précaution !
    De la même auteure, je ne peux que vous conseiller l'imposant et superbe Mon cœur mis à nu.
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 06 février 2012

    carre
    Gillian jeune et brillante étudiante universitaire est follement éprise de son charismatique professeur de poésie André Harrow. Avec son épouse, sculptrice, il forme un couple très en vue. le professeur pour faire entrer ces étudiantes dans son cercle intime (en vérité un stage avec son épouse)demande à ces élèves d'écrire le journal intime qui sera lu en cours. Gillian osera t'elle se découvrir ?
    Joyce Carol Oates nous entraine dans un jeu pervers qui installe une sorte de malaise pour le lecteur, mais le tout est fait de façon subtile, sans provocation, formidablement bien rendue. On espère de tout coeur que tout cela vient seulement de l'imagination de l'auteur. Mais qui sait ?
    En tout cas, j'ai hâte de découvrir un peu plus l'univers de Oates.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Aela, le 30 novembre 2011

    Aela
    Un sujet délicat, très délicat: les agissements pervers d'un couple "en vue" formé d'un intellectuel professeur d'Université aux Etats-Unis et de sa femme, sculpteur reconnue.. sujet délicat donc mais traité avec beaucoup de pudeur par cet écrivain américaine de grand talent qu'est Joyce Carol Oates.
    Un roman court, certains diront trop court... mais remarquablement maîtrisé où l'on voit Gillian Brauer, jeune étudiante de 20 ans, tomber progressivement sous la coupe de son professeur de littérature et de sa femme.
    A travers les activités de l'atelier d'écriture qu'il dirige, Andre Harrow va exercer des pressions répétées auprès de ses jeunes étudiantes pour qu'elles dévoilent les moindres faits de leur vie privée.. Une surenchère malsaine dans l'étalage de leur vécu va naître chez les étudiantes de même qu'une rivalité sans bornes pour obtenir les bonnes grâces du Professeur..
    C'est ce que va vivre la jeune héroïne jusqu'à ce qu'elle découvre...jusqu'à quel point va la perversité de ce couple "branché".. mais je vous laisse le soin de le découvrir!!
    Un roman brutal, court et incisif qui nous dépeint un monde cruel où des jeunes étudiantes sont abusées dans leur naïveté par des personnes abusant de leur situation d'autorité..
    Un sujet grave donc, mais remarquablement traité..
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Beasts
    Traduction : Claude Seban
    "délicieuses pourritures" évoque une fleur carnivore. Non pas l'une de ces luxuriantes plantes amazoniennes qui s'épanouissent sans aucune discrétion mais la plus fine, la plus insidieuse et j'irai même jusqu'à écrire la plus fragile de ces implacables machines à tuer.
    Pour ceux que rebutent l'aspect "pavé" de la majeure partie des oeuvres de Joyce Carol Oates, je tiens aussi à préciser qu'il s'agit là de l'un de ses plus courts romans (126 pages en édition de poche).
    Au centre du roman, un poème de D. H. Lawrence :
    "Je vous aime, pourries,
    délicieuses pourritures.
    J'aime vous aspirer hors de votre peau
    Toutes brunes et douces et de suave venue,
    Toutes morbides ...
    Sorbes, nèfles aux couronnes mortes.
    Je l'atteste, merveilleuses sont les sensations infernales,
    Orphique, délicat,
    Dionysos d'en-bas.
    Un baiser, un spasme d'adieu, un orgasme momentané de rupture
    Puis seul, sur la route humide, jusqu'au prochain tournant
    Et là, un nouveau partenaire, à nouveau se quitter ...
    Une nouvelle ivresse de solitude parmi les feuilles périssantes glacées de gel.*
    L'un des poèmes - et l'un des auteurs - préférés de Andre Harrow, professeur de littérature anglaise sur le campus de Catamount College. Toutes ses étudiantes (le collège est non-mixte) sont amoureuses d'Andre - non, il n'y a pas d'accent. Mais Andre est déjà marié à une femme un peu plus âgée que lui, Dorcas, la sculptrice mi-française, mi-grecque, dont les oeuvres soulèvent l'ire des féministes lorsqu'elles sont exposées à Catamount College.
    Au début, les étudiantes qui s'intéressent à leur séduisant professeur sont jalouses de Dorcas. Et puis, par on ne sait quelle alchimie, elles finissent par devenir les stagiaires de Dorcas. Jamais plus d'une à la fois cependant. Une jeune fille émerveillée et énamourée qui devient pratiquement la commensale du couple mais qui est priée de ne jamais évoquer devant ses condisciples les privilèges - forcément inouïs - que cela lui confère.
    Gillian, la narratrice de "délicieuses pourritures", ne confiera d'ailleurs son expérience qu'à vous, lecteurs potentiels. Et vous auriez tort de refuser de l'entendre car, sincèrement, son histoire est vénéneuse à souhait.
    Bonne lecture. ;o)
    * "Nèfles & Sorbes" - Oiseaux, bêtes & Fleurs - Traduction : J. J. Mayoux.
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    • Livres 4.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 04 janvier 2012

    PerdreUnePlume
    Un des romans les plus ambigus et à l'ambiance la plus lourde qu'il m'ait été donné de lire !
    Éminemment bien réussie que cette plongée dans l'univers universitaire féminin sous la coupe d'un professeur pervers et dominateur ; effrayant.
    L'ambiance "pensionnat de jeunes filles" parfaitement décrite en début de roman vire peu à peu et avec virtuosité vers celle plus étouffante du trio Gillian / Harrow / sa femme qui donne froid dans le dos jusqu'au coup d'éclat final.
    Une nouvelle fois Oates n'est pas là où on l'attend, son style comme son fond étonnent et surprennent. Je crois que le pire dans tout çà c'est qu'elle a véritablement l'art de décrire et d'imaginer le pire (délit, perversité, tension sexuelle ambigüe, fantasmes malsains...) sans jamais tomber dans l'obscénité ou le montage façon fait divers ; pourtant l'ensemble reste peu suggéré et assez explicite, Oates ne se cache pas derrière les mots !
    Ça reste juste, neutre, presque chirurgical. Définitivement une grande plume.

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2012/01/04/D%C3%A9licie..
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 30 novembre 2011

    Dans l'amour de loin, il faut inventer tant de la vie. Dans l'amour de loin, on apprend les stratégies du détour.
    Car, même tout près, à quelques centimètres d'Andre Harrow, j'étais loin de lui. Moi, Gillian Brauer, qui parvenais à parler de façon cohérente et intelligente dans mes autres cours, restais muette devant cet homme. Je ne pouvais le regarder en face comme je l'avais fait pendant son cours magistral du printemps précédent, mais j'avais une conscience intense de sa présence, de chaque nuance de son expression, de chacune de ses remarques, pendant les quatre-vingt-dix minutes de notre atelier.
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  • Par LiliGalipette, le 09 janvier 2012

    « Je rêverais de l’homme au visage lumineux et bon, dont la caresse, quoique légère, quoique nullement sensuelle ni avide, me pénétrerait de joie. » (p. 43)
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  • Par Aela, le 30 novembre 2011

    "Le meurtre d'âme, ça existe , dit Pénélope. Sauf qu'il n'est pas visible comme l'autre. Il y a des gens mauvais. Il y a des gens cruels. Des gens qui devraient être punis. S'il y avait quelqu'un pour les punir."
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  • Par Lilly, le 10 juillet 2011

    Le meurtre d'âme, ça existe, dit Penelope. Sauf qu'il n'est pas visible comme l'autre. Il y a des gens mauvais. Il y a des gens cruels. Des gens qui devraient être punis. S'il y avait quelqu'un pour les punir.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par kathel, le 13 septembre 2010

    Depuis le « malentendu » entre M. Harrow et moi, je me savais isolée dans l’atelier. Ma fragile petite barque était ballottée, désemparée. M. Harrow se montrait maintenant d’une politesse froide à mon égard. S’il souriait, son sourire était ironique. il ne me taquinait plus en m’appelant « Philomèle » ; il ne m’appelait pas « Gillian » non plus. Il ne se tournait jamais vers moi pour demander mon opinion. J’étais assez naïve pour penser que, comme moi, il regrettait ce qui s’était passé ; je fus longue à comprendre qu’il était furieux et devait être apaisé.
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La chronique de Gérard Collard - J'ai réussi à rester en vie
J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates aux éditions Philippe Rey Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "J'ai réussi à rester en vie" par l'éditeur : le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où l'on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci. J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. de poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie pendant près d'un demi-siècle. En proie à l'angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés ...








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